‹ Histoire d'Alcibiade et de la république AthénienneChapitre 83 sur 241 · LES DOCTRINES POLITIQUES DE SOCRATE · texte numérisé non relu

LES DOCTRINES POLITIQUES DE SOCRATE

tontes les sections de la science politique. Ensuite, chose plus importante encore, ces conversations, qui embrassaient l'universalité des connaissances, lui élargirent l'esprit, lui apprirent à tout connaître, à penser et à raisonner sur tout^ Alcibiade n'appartenait pas à cette classe d'hommes politiques qui circonscrivent leur intelligence à la politique seule, affectant d'estimer indignes d'eux la philosophie, les sciences, les arts, les lettres. Grâce à Socrate, il aurait pu justement s'écrier, comme le Chrêmes de Térence :

Homo sum et nil humani a me alienum puto.

Les leçons de Socrate proGtèrent à Alcibiade homme privé ; homme public, elles lui furent inutiles, elles lui forent même nuisibles. 11 ne suivit pas dans une seule drconstance la ligne politique que lui avaient • tracée les doctrines socratiques; et par une inconséquence unique, les Athéniens le soupçonnèrent toujours, mal-

1. D'après les témoignages anciens, l'intelligence d'Alcibiade était pour ainsi dire encyclopédique. Sans parler de ses talents politiques et militaires et de son éloquence, il était un digne élève de Socrate en philosophie, méritait en lettres et en arts le titre de elegans admirator^ et était môme initié aux sciences proprement dites. Il avait de grandes connaissances en médecine Cf. Ëlien, Var. Hislor., XIII, 38; Dioscoride, IV, 25, 26 ; Fabricius, Bibliotheca grascaft. VI, p. 9; t. XIII, p. 48.

158 msToiRB d'algibiade.

gré les preuves qu'il avait données de son attachement à la démocratie, d'aspirer à la tyrannie d'après les conseils de son mattre, l'aristocrate Socrate. Ce fut là la véritable cause !du second bannissement d'Alcibiade.

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