Thucydide, I, 98. Diodore de Sicile, XI
ATHÂNES AU CINQUIÈME SliE:LE. 157
nîens, répriment la révolte de l'Eubée et forcent l'armée Spartiate du roi Plistonax à se replier sans combattre*.
La tribu Ërechthéide érige Tinscription célèbre qui nomme ses citoyens tués à Fennemi, dans une seule année, en Egypte, en Phénicie, à Gypre, à Haliées, en Ai^olide, à Mégares et à Égine. Quel bulletin victorial égale cette simple inscription I
Par ses victoires et ses conquêtes, Athènes de- Tient la première cité de l'agrégat hellénique. Sparte elle -même , l'altière Sparte, humiliée et Yaincue, reconnaît sa suprématie. Le traité d'Aris* tide met Athènes à la tête de la Confédération de Délos, lui assure la suzeraineté de toutes les villes grecques des Iles et du continent asiatique, lui donne chaque année trois millions de francs* de contributions étrangères pour subvenir aux frais de
1- Thucj'dide, I, 97-98, 100-118; Diodore de Sicile, XI, 60-6*2 , 74, 77-85, XII, 3-7 , 22-28; Plutarqvie, Pericles, XXXI-XLII.
2. 460 talents selon Thucydide (I, 96) et selon Plutarque [ArùHdes, XL); 550 talents selon Diodore de Sicile (XI, 47). La contribution annuelle des alliés s'élevait donc à Torigine de la diète au moins à deux millions quatre cent soixante mille francs. Dans la suite cette contribution fut portée à six cents talents, parce que les villes rebelles avaient été punies par Taugmentation du tribut, et enfin, peu à peu, à la somme énorme de treize cents talents. (Plutarque, Aristides, XL. Thucydide, H, 13, 56; V, 18.)
158 HISTOIRE d'aLCIBIJU)E.
guerres et des contingents formidables d'hommes et de vaisseaux, enfin la fait commander à mille cités*. L'omnipotence dans les affaires eitérieures , la suzeraineté de rionie, les victorieuses expéditions, l'organisation d'une puissante armée, la création d'une marine de guerre sans égale , ce n'est là qu'une des multiples manifestations du génie athénien. Pendant que se gagnent ces batailles et que se concluent ces traités, Aristide, Éphialtes et Périclès, par des réformes successives, perfectionnent les lois et le gouvernement de la cité S et achèvent ce magnifique monument poli* tique et social , idéal inaccessible des démocraties, qui s'appelle la Constitution Athénienne.. Corinthe, Mëgares et Égine voient leur commerce décroître devant la pro* digieuse extension du commerce des Athéniens, dont les longs vaisseaux sillonnent en tout sens la mer Egée et la mer Ionienne et exportent au loin les produits de la terre et de l'industrie. Athènes devient c la grasse < Athènes, XiirapaC 'AO^vat >. Athènes devient aussi la splendide Athènes. Le foyer des arts et des lettres s'é-
1. Thucydide, 1, 95-97 ; Diodore de Sicile^ XI, 47 ; Plutarque, Àristid„ XXXIX-XLI.
2. Aristophane, Vesp. y v. 705. ~ Dans ce chiffre, qui ne paraît pas exagéré, Aristophane comprenait les villes tributaires, les cités aUiées et les colonies.