Plutarque, Alcibiad., VI[. Cf. Platon, Sympos., p
3- n y avait deux péans, l'un que l'on entonnait avant la bataille, l'autre que l'on chantait après la victoire.
4. L'érection d'un trophée après la victoire était une sorte de sacrifice aux Dieux. Les coutumes grecques avaient toutes un fond religieux ; mais la plupart des historiens négligent de le faire sentir. Avec les armes des vaincus, on élevait un trophée en i'honneur de quelque Divinité, principalement de Zeus ou d'Hère. Ces armes, appendues à un arbre ou amassées sur le sol, étaient sacrées. On ne pouvait en enlever aucune sans commettre un sacrilège. Une inscription qui y était attachée, désignait le Dieu auquel elles étaient consacrées, le peuple vainqueur, le peuple vaincu, les circonstances de la victoire et le catalogue des dépouilles. Mais ces trophées tombaient bien vite d'euxmêmes, car il était défendu de les rétablir. C'eût été chercher à raipmer les haines nationales éteintes (Le scoliaste d'Aristophane, PJttl., V, 453 ; Virgile, JEn.^ XI, v. 4 ; Plutarque, Quxst. Kom , XXX, VI I; Suidas, s. v. Tpoicata; Lycophron, Cass.y v. 1328.
5. Thucydide, I, 63, — On sait que les Grecs et particulièrement les Athéniens considéraient l'oubli de ce devoir comme l'un des plus grands crimes.
174 HISTOIRE d'aLCIBUDB.
plète'. Instruit de. cette délibération, Alcibiade courot aussitôt aux stratèges, dit qu'il devait la vie à Socrate qui s'était vaillamment conduit, et demanda que la couronne fût décernée au philosophe *. Mais les généraux, voulant, autant à cause de la bravoure dont il avait fait preuve que de son nom, décerner à Alcibiade lui-même cette insigne récompense, Socrate fut le premier à approuver l'intention des stratèges et à témoigner des droits d'Alcibiade à ce grand honneur'. Alcibiade reçut donc la couronne et l'armure devant le
1. Platon, Sympos,, p. 220; Plutarque, Alcibiad., VII; Isocrate, de Big,,XlL Cf. Homère, Ilias, T, v. 330 -, Virgile, JBn. VIII, v. 620.— La civilisation grecque a tout créé. Nous Tenons de voir le drapeau dans renseigne; voici maintenant la décoration, c'est-à-dire la couronne et l'arme d'honneur.
2. Plutar^e, Âîcibiad,, VII ; Platon, Sympot., p. 220. — Voir sur la présence et la belle conduite de Socrate à la bataille de Potidée, qui étaient aussi mentionnées dans les écrits perdus du Cynique An« tisthène (Athénée, V, 15), le chapitre xv du livre V, du Banqjiei des savants. Athénée, dans son ardeur à convaincre Platon de mensonge, a accumulé lui-même erreurs sur erreurs et confond, soit par ignorance, soit par mauvaise foi, les dates et les faits pour prouver que jamais Socrate ne porta les armes. Saumaise dans son commentaire a fait justice de ces allégations et a rétorqué victorieusement, avec Tautorité de Platon, de Plutarque et d'Ântisthène, les arguments sans valeur d'Athénée. En voici un entre autres : « Si Socrate avait été à « Potidée, Thucydide qui raconta ce siège et cette bataille n'eût pas « manque de le nommer. » Comme si Thucydide pouvait ae perdre dans rénumération de tous les soldats de l'armée athénienne !