SI^GE DB POTIDÉB
front des troupes en armes et aux acclamations de tons*.
Les Corinthiens vaincus et refoulés dans les murs de Potidée, les stratèges athéniens pressèrent le siège de la place. Leurs troupes l'investirent et établirent des travaux de circonvallation du côté de la Ghalcidique, tandis qu'un renfort de seize cents hoplites, venus d'Athènes sous les ordres dePhormion, la bloquait du côté de Pallène, et que deux escadres athéniennes en croisière, Tune sur le golfe Thermaïque, Tautre sur le golfe Toronaîque, fermaient la mer aux Potidéates et à leurs alliés'.
Malgré l'investissement complet de la place, le siège
1. Plutarque^ Àlcibiad,, VII; Platoo, Sympos,^ p. 220. — Isocrate (de Big., XII) semble donner le môme témoignage quand il dit:
> Lorsque Phormion conduisit mille hoplites athéniens contre les
> Thraces^ Alcibiade se distingua tellement au milieu des dangers qu'il « reçut une couronne et une armure complote des mains du stratège. » Hais il confond la seconde armée athénienne , commandée par Rallias, et la troisième commandée par Phormion, laquelle, d'ailleurs, n'était pas composée de mille hoplites, mais de seize cents (Thucydide, I, 64), et n'était pas dirigée contre les Thraces, mais contre les Potidéates (Thucydide, I, 64). De plus, le corps de Phormion ne livra aucun combat. Arrivé en Ghalcidique après la bataille -de Potidée, il fut seulement employé au blocus de la ville. Thucydide, I, 64.
2. Thucydide, I,' 64. — Si complet que fût le blocus, le Corinthien Aristéus put pourtant sortir de la ville avec quelques troupes en se dérobant à la croisière athénienne (Thucydide, I, 65). Mais durant tout le siège aucun renfort ni aucun ravitaillement ne pénétrèrent à Potidée.
dura fort longtemps et fat pénible pour les Athéniens. Souvent ils manquèrent de vivres. Un hiver rigoureux les fit aussi beaucoup souffrir '. Ce fut à ce rude siège que y selon l'admirable loi athénienne , soldat avant d'être général, Alcibiade fit son apprentissage de Fart de la guerre. Et quelle école militaire vaut le vie des camps, la vie de simple soldat, pour un jeune homme comme Alcibiade, quand des maîtres habiles lui ont déjà enseigné toutes les règles de la tactique, tous les principes de la stratégie ! Après la théorie qu'il a entendu professer à Athènes, voici la pratique qu'il juge par lui-même à Potidée, sous les flèches de l'ennemi. Simple soldat, il se rend compte des besoins, des plaisirs, des souffrances, des opinions, du faible et du fort du soldat. Plus tard les souvenirs de ce soldat serviront au général. Ses peines, ses désirs, ses joies, ses espérances, ses découragements de la vingtième année, l'aideront à améliorer le sort de ses troupes, à pénétrer leurs plus secrètes pensées, à faire d'elles les instruments dociles et confiants de ses projets. Cette grande maxime, qu'on a depuis érigée en principe : obéir, c'est apprendre à commander, la République
d'Athènes l'avait mise en pratique. Qu'on s'étonne donc alors de voir de simples citoyens, encore inconnus,