‹ Histoire d'Allemagne, depuis les temps les plus reculés jusqu'à l'année 1838;Chapitre 33 sur 116 · PEPIN LE BREF · texte numérisé non relu

PEPIN LE BREF

Le pape Zacharie répondit : « Celui-là doit I être roi qui en a la puissance. »

Saint Boniface avait habitué les Francs à consulter le pape sur certaines affaires de conscience, cl l’on doit considérer cette décision du pape comme une réponse aune question faite antérieurement, comme un conseil qui indique le bien, et non pas comme une déposition en vertu d’une puissance accordée au pape sur la couronne. Les Francs se rassemblèrent donc pour ce sujet à Soissons, arrachèrent la couronne à Childéric III, le dernier Mérovingien, lui coupèrent sa longue chevelure, la marque de sa dignité de roi de France, et le condamnèrent à passer sa vie dans un couvent; alors Pépin, fds de Charles-Martel et petit-fils de Pépin d’Héristall, fut sacré roi des Francs, l’an 752, par l’archevêque Boniface, 260 ans après que Clovis eût, par sa victoire sur Syagrius dans ces mêmes plaines de Soissons, fondé la monarchie des Mérovingiens.

Pépin augmenta par son courage et sa sagesse la puissance de son peuple. Il fut sacré une

deuxième fois par le pape, qui avait passé les Alpes pour venir demander son secours contre les Lombards (i). Plus tard, il passa lui-même en Italie, conquit sur le roi Atolphe la ville de Ravennes, qui appartenait avant aux empereurs grecs , et en fit cadeau au pape. Tel fut le commencement des États de l’Église.

Pépin mourut en 768, à l’âge de 54 ans, et les Francs pleurèrent sa mort comme s’il fût sorti de l’ancienne famille des rois. Il était petit de taille, mais très-fort. On raconte qu’assistant un jour à un combat de bêtes, comme on le plaisenlait sur sa taille, il sauta dans l’arène, tira son épée, et d’un coup trancha la tète du lion. « Si je ne suis pas grand , dit-il , du moins mon bras est fort. »

Ses deux fils, Charles et Carloman, furent élus rois dans une assemblée générale des Francs, et se partagèrent l’empire également entre eux.

(1) C’est le premier exemple d’un pape qui quitte l’Italie, depuis la fondation de l’Église.

LE MOYEN AGE

jusqu’à

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