‹ Histoire d'Allemagne, depuis les temps les plus reculés jusqu'à l'année 1838;Chapitre 42 sur 116 · EMPEREURS DE DIFFÉRENTES MAISONS · texte numérisé non relu

EMPEREURS DE DIFFÉRENTES MAISONS

Rodolphe de Habsbourg. 1175— 1291.

Le désordre en Allemagne fui d’aulant plus grand qu’il fui plus long; et quand Richard mourut en Angleterre, en 1272, comme Alphonse ne se donnait pas de grands soucis pour l’Empire, les princes s’assemblèrent en une diète à Francfort, en 1273, pour choisir un empereur qui fût au goût de tous. Il fallait un homme fort et sage pour rétablir la dignité

impériale, et cependant pas un homme trop puissant, afin que les princes n’eussent rien à redouter pour leur propre puissance. C’était une alliance difficile à trouver ; mais la bonne fortune de l’Allemagne présida à cette élection.

Il y avait en Suisse un comte, Rodolphe de Habsbourg, qui n’était pas puissant par l’étendue de ses terres et le nombre de ses sujets; mais qui avait gagné l’estime des grands et du peuple par sa magnanimité, sa sagesse et son équité. Autrefois il avait été le compagnon et l’ami de l’empereur Frédéric II, qui même l’avait tenu sur les fonts de baptême, en l’année 1218, et l’avait armé chevalier dans une expédition d’Italie, probablement après l’heureuse bataille de Cortone. Pendant les temps barbares de l’interrègne, il vivait dans ses terres ; et aussi loin que pouvait s’étendre son bras, il protégeait l’opprimé contre l’injustice et la cruauté du brigandage. Longtemps il fut le protecteur et le gouverneur de Zurich , Strasbourg et des villes situées au pied du mont Saint-Gotliard dans les Alpes. Il avait dans ses mœurs cette simplicité naturelle et cette franchise qui signalent un grand homme; et l’archevêque de Cologne , dans une lettre au pape, disait à son sujet : qu’il recherchait la gloire de l’Église, qu’il aimait la justice, que c’était un homme de bon conseil et d’une vraie piété, aimé de Dieu et des hommes, et doué d’une ligure agréable ( il avait un nez grand et arqué; une ligure pâle et grave, mais qui, quand il parlait, entraînait la confiance de ses auditeurs ). Werner, archevêque de Mayence, par-dessus tous les autres, en faisait grand cas. C’est que, dans son premier voyage à Rome , quand il alla chercher son manteau archiépiscopal , comme la route à travers les montagnes de la Suisse ne lui semblait pas trop sûre, ayant demandé au comte Rodolphe de l’accompagner depuis Strasbourg jusqu’aux : Alpes et pour le retour, Rodolphe le fit avec toute la fidélité d’un chevalier. Rendant ce voyage, l’archevêque apprit à connaître ses vertus aussi grandes qu’elles étaient simples, et il lui dit en prenant congé, qu’il ne désirait vivre longtemps que pour trouver l’occasion de lui valoir le service qu’il avait reçu de lui. Alors se présenta donc l’occasion : il recom- j

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