SOURCES HISTORIQUES
Pour la guerre de Schmalkade :
17. Louis d’Avila , Espagnol , général de Charles V , Commentaires de la guerre de Charles V en Germanie, 2 vol. ; ouvrage écrit en espagnol, traduit en latin à Anvers, 1550. Il est tout à fait pour Charles et par conséquent ennemi des protestants.
18. Frédéric Horlleder, né en 1579, mort en 1G40, conseiller du prince de Weimar. Traité et Développement des Motifs de la Guerre contre la Ligue de Schmalkade; il a puisé dans les archives de Weimar.
Pour le concile de Trente.
19. Paul Sarpi , né à Venise , 1552 , mort en 1625, moine et conseiller de la ville. Histoire du Concile de Trente; ouvrage écrit en italien, édité à Londres en 1619, sous le nom de Petrus Suavis ; en Allemagne , en 1761, sous celui deRambach; à Halle , 1761.
20. Pour répondre à Sarpi , qui a écrit trop librement, il y a l’Histoire du Concile de Trente, par le jésuite Sforlia Palavicini , né à Rome en 1607, mort en 1667.
Biographies de quelques hommes célèbres de ce temps.
21. Adami Reisneri comrn. de vitâ et reb. gest. Georgii et Casp. Frundsbergiorum ; Francfort, 1568.
22. Joachim Camerarius , né en 1500 , mort en 1547, ami de Melanchton, profess. à Tubingen et à Leipzig. Cita Melanchthonis et aussi Cita Mauritii electoris.
25. Gœtz de Berlichingen, mort en 1562; sa vie, par lui-même.
24. Sébast. Schærtling de Burtenbach , général des villes dans la guerre de Schmalkade ; sa Vie , par luimême.
25. La troisième et quatrième partie du Recueil de Sehard , Script, rer. germ., sont à consulter pour le temps de Ferdinand 1er et de Maximilien 11.
Pour tout le temps jusqu'à Ferdinand II et même au delà , et surtout pour la guerre de trente ans :
26. François Christ, comte de Rbévenhuller , conseiller impérial et grand-maître, mort en 1650. Annales Ferdinandei , de 1578 ù 1657.
27. Nicolas Bellus ; Affaires d’Allemagne pendant la paix comme pendant la guerre , sous Mathias et Ferdinand II, de 1617 à 1640.
28. Guillaume Lamormian , jésuite, confesseur de Ferdinand II , mort en 1648 ; Virtules Ferdinandei , à Vienne , 1657.
29. Pierre-Bapt. Burgus , Génois et témoin oculaire des actions de Gustave-Adolphe, par conséquent en sa faveur. Comrn. de Bello Suecico , de 1618 à 1632.
30. Eberh. Wassenberg d'Emmerich , historien de Wladislas , roi de Pologne. Florus Germanicus de Bello inter Ferd. Il et III , et eorum hostes ab anno 1618-40 gesto ; très-zélé contre les protestants.
51. De même que les historiens italiens de la guerre de trente ans: Jos. Ricci, Jac. Damiani, Galeazzo Gualdo , etc.
32. Phil. de Schemnitz, historien et conseiller en Suède , mort en 1678. La guerre des Suédois en Allemagne en 9 parties , dont deux seulement ont été imprimées; les autres sont conservées dans les archives de Stockholm.
33. Le célèbre Samuel Puffendorf, conseiller et historien à Stockholm , en dernier lieu conseiller à Berlin , mort en 1694. Son ouvrage, De rebus suecicis sub Gust. Adolpho usquè ad abdicationem Christinœ.
34. Tobias Pfanner, conseiller de Saxe , né en 1640. Hist. pacis ICestph.
35. Avec l’année 1617 commence l’ouvrage Theatrum Europœum; 19 vol. composés par plusieurs écrivains, souvent de peu de mérite.
Pour quelques hommes remarquables :
56. Actions du Duc de Saxe-Weimar, par Ernest Sal. Cyprian Gotha , 1729.
57. La vie de Wallenstein , par Galcozzo Gualdo. A Lyon , 1645.
58. Lettres originales de Wallenstein , de l’année 1627 à 1654, qui donnent une nouvelle lumière sur sa vie et son caractère , mises au jour par Fred. Fœrster, à Berlin, 1828.
six i km i: époque. 1520 — 1048.
Élection de l’empereur Charles V.
Le trône impérial, vacant par la mort de Maximilien, demandait un successeur. L’état de tension dans lequel était l’Europe et la confusion qui régnait en Allemagne, où le droit de la force semblait vouloir se relever après la mort du vieil empereur, exigeaient un souverain d’une main puissante, pour maintenir l’équilibre à l’intérieur comme à l’extérieur. La guerre continuait toujours entre l’Espagne et la France, au sujet de l’Italie; or ni l’une ni l’autre des deux puissances n’avait de droit. Il ne convenait qu’à l’Empereur de décider quelque chose sur ce pays incapable de se gouverner par lui-même. A l’est, les Turcs menaçaient; la Hongrie, affaiblie par une mauvaise administration aussi bien que par la mollesse et le luxe du peuple, ne pouvait plus servir de boulevard contre eux, et par conséquent l’Empereur avait encore à se porter le protecteur de l’Europe de ce côté. Deux grandes guerres s’étaient élevées dans le sein de l’Allemagne. Le duc Ulric de Wurtemberg ayant une injure à venger, était tombé tout d’un coup, dans l’hiver de 1319, sur la ville libre de Reutlingen, l’avait emportée de vive force et se l’était appropriée ; et comme il ne lit aucune attention aux avertissements de la ligue de Souabe que l’Empereur avait chargée de conserver la tranquillité intérieure, celle-ci lui ayant fait la guerre l’avait chassé de son duché. — Dans la basse Saxe, il s’était élevé une guerre encore plus sanglante. Deux gentilshommes, seigneurs de Saldern , mais vassaux de l’évêque de Ilildesheim, lui avaient déclaré la guerre; ils étaient soutenus par les ducs de Wolfenbutten et de Kalemberg ; tandis que , de son côté , l’évêque trouvait un appui dans le duc de Lunebourg et les comtes de Lippe, de Hoya et de Diepholtz. Le 28 janvier 1519, les deux partis en étaient venus à une bataille dans les plaines de Sollau, dans le Lunchourg; l’armée de l’évêque avait remporté la victoire; un grand nombre des adversaires étaient prisonniers, et 4,000 étaient restés sur le champ de bataille.
— De pareils exemples étaient dangereux. La landefriede (paix du pays ) avait à la vérité mis fin aux brigandages des simples chevaliers; mais si l’on voulait que les princes ne prissent pas leur place et qu’ils ne continuassent pas la guerre, afin d’agrandir leurs domaines, bien qu’en réalité il n’y eût pas encore d’exemple d’un prince entièrement ruiné par une guerre particulière, il fallait un empereur puissant qui put soutenir l’autorité des lois.
Maximilien avait dans le cours de son règne gagné plusieurs voix à son petit-fils , Charles, déjà roi d’Espagne; mais beaucoup de princes pensaient qu’il fallait y réfléchir mûrement avant de donner la puissance impériale à un souverain qui régnerait sur la moitié de l’Europe; car Charles, comme héritier des maisons d’Espagne et d’Autriche, possédait, outre l’Espagne et le royaume de Naples et de Sicile, les belles provinces autrichiennes et tout l’héritage de Bourgogne dans les Pays-Bas. Si à une pareille grandeur on ajoutait encore l’éclat de l’ancienne couronne impériale, il était à craindre, ainsi le pensaient-ils, que sa maison ne devint trop puissante et ne conçût l’orgueilleusé pensée d’en imposer à la liberté des princes allemands et de rendre l’Empire héréditaire et indépendant en Allemagne.
D’un autre côté, il avait pour compétiteur à la couronne impériale le roi de France, François Ier. Le pape favorisait son élection , du moins il en prit l’apparence; d’ailleurs le jeune roi s’était fait une grande réputation par sa première expédition en Italie, et son peuple élevait son mérite jusqu’aux nues. Les envoyés français remirent aux princes électeurs , assemblés à Francfort , un écrit panégyrique de leur maître, dans lequel, à propos du grand danger qui menaçait de la part des Turcs, on concluait ainsi : « Celui-là , en effet , serait bien fou qui , dans un temps où l’orage menace d’éclater, balancerait encore à confier au plus habile le gouvernail du vaisseau. »
Mais , malgré l’assurance de ces discours , les princes sentirent le danger de nommer un roi de France empereur d’Allemagne; et après avoir offert la couronne à l’électeur de Saxe , Frédéric le Sage, qui la refusa, mu parles plus généreux sentiments, parce que sa mai-