‹ Histoire d'Allemagne depuis les temps les plus reculés jusqu'à l ..., Volume 2Chapitre 22 sur 59 · RODOLPHE II · texte numérisé non relu

RODOLPHE II

bientôt après l'occasion d'une semblable dans Strasbourg, où G ebliard s'était retiré avec trois chanoines de son chapitre, protestants comme lui ; et la ville de Donawerth, qui jusque alors était demeurée ville libre et impériale et dont le plus grand nombre des habitants s'étaient faits protestants, fut mise aussi elle-même au ban de l'empire par suite de division en matière de religion, et tomba ainsi au pouvoir du duc de Bavière , qui fut chargé d'exéculer la sentence contre elle (1607).

L'Autriche elle-même fut, au temps de l'empereur Rodolphe, le pays d'Allemagne le plus agité et le plus déchiré. Maximilien II avait accordé la liberté de religion aux protestants, et même il leur avait fait disposer une liturgie par un théologien de Rostock , David Chytraeus. Cependant , comme il voulait écarter leurs offices de la capitale, il leur avait donné quelques églises dans la campagne aux environs de la ville. Bientôt leur nombre s'accrut extraordinairement; plusieurs de leurs docteurs, particulièrement un certain Opicius , s'attachèrent injustement et avec le plus grand zèle à gagner tous ceux d'une autre croyance ; les plaintes devinrent de plus en plus fortes, et Rodolphe, qui suivit en cela les conseils des gens de parti , alla jusqu'à fermer les églises qu'il leur avait auparavant données et à leur enlever le droit de citoyen dans toutes les villes d'Autriche. Mais ces mesures excitèrent bientôt de si grands troubles, tandis que d'un autre côté la guerre des Turcs et les troubles de Hongrie lui rendaient

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l'assistapce de ses états nécessaire , qu'il fut obligé dç revenir à des procédés plus pacifiques.

. En Hongrie, on était généralement mécontent de son gouvernement; parce qu'il ne s'occupait pas des pays, et surtout parce que, non seulement il n'assistait à aucune des assemblées de la province, m^is il n'avait pas parii une seule fois dans le pays et y laissait ses. soldats allemands se livrer à des actes aussi licencieux qu'impudents^ Aussi y eut-il, ay. commencement de ce nouveau siècle , le dix-septième, une dangereuse révolteen Hongrie, à la fête de laquelle était uh gentilhomme, ËtiénileBotschkai, qui s'unit avec les Turcs et s*empara d'une grande partie du pays. Par-dessus tout, l'çmpereur devenait de plus en plus indolent dans son gouvernement. Les sciences du ciel et de la nature l'occupaient bien plus que son royaume, et cette inclination, le mît bientôt entre les mains d'hommçs. trompeurs qui se vantaieat de lui apprendre 1 avenir d'après les astres et l'art de faire de l'or ; car de même que de pareils fourbes se trouvaient k ïa cour, mêlés avec des savants tels que Tiçno-Brahé et Keppler, ainsi se confondaient dans l*àme de Rodolphe, d'une manière étonnante, les plus nobles sentiments avec de folles inclinations. Les anlique$,les statues, les pierres ciselées, aussi bien, que les tableaux, lui faisaient le .plus grand plaisir, et illeur consacrait de grosses sommes d'argent. Les ateliers d'alchimie, où Ton devait faire de Torr n'avaient pas pour lui moins d'attrait; et ceux qui voulaient causer avec lui des

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«flaires importantes de l'enipf i^e, allaktot le tfouVe* dans te» tfettries , &k il oyait coutume de pà$sér une partie delà journée. Cette indolence et èette ih*ôti+ ciance, la révolte de la Hdftgine et les de'aordtfe* dès autres provinces miirichienAe&he fjoirfttiéttl pàfsétre rrôd'atl œil iiïdifféi^rtlpf les frèfëtf et tatosina de empereur, d'autant plos qu'il n'avait poitil d'enfoui. Ils déKh^èluftt dbft© erisemhle s(i^ ce que demandait le? bien de ta maison et ib tofcfclwwit eftfift un trokeT eh i6Ô6y d'après leqiiely MathtHs* frère de rempërpot, fat charge èe r&abtër l'vtàt* en Horigrte et coi Autrtehè* Rodolphe en ftii d*na le prineîjfe fort; ritMOfrtént ; éepembm ty r)ueh]ue& anhéès plirt ta*d, il oon&Ufeit de bo» gré à iiv*e* à Màtllta* la pftftte afctrtèhiedae au-delà et èn^deçÉ* de T£ns et fc royaume de Hongrie; «afin que cëpdys, qui avait tatrt souffert dans l'absence de l'empereur pendant èei«e aps de guette* pût recouvrer là traftquillitéet le bienêtre sous le gouvernement de Mathias. » Et en effift ce prince réussit à tranquilliser la Hongrie et à k soumettre entièrement à séft obéissance, à la moVt deBotschkai qui arriva kient^t ftprès.

Il ms restait donc à Pempereur Rodolphe, outfe sa dignité impérial que eetlé de hoî de ItàliArt*. L*s iétata prbfcestants de çé paya voulant tir* parti du monaqnt favorable^ oi* leur maître était sâttspttisîâatibe et fnéme en division avec sa famille, l'aceafblèrentdeleuri instances jusque oe qu'ils5 nient obtenu le libre exercice de leur religion, un consistoire, le renvoi de l'académie de Prague, etu^uieledi^yrtde

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bâtir en Bohême de nouvelles églises et écoles outre celles qu'ils avaient déjà. Cet écrit important s'appela la lettre de majesté, et ce fut la première occasion de la guerre de trente ans.

L'union protestante. 1608. — La défiance se réveillait en Allemagne entre les partis religieux. En même temps, la division delà maison d'Autriche qui avait été le soutien des catholiques, ralliait les états protestants plus intimement les uns aux autres et leur inspirait la pensée d'une nouvelle ligue offensive et défensive. C'était la maison palatine qui y poussait le plus activement; elle y prit un grand rôle, et ce fut pour le malheur de l'alliance; car comme le palatin était un zélé calviniste, les luthériens en conçurent des idées toutes défavorables, et le plus grand nombre d'entre eux refusa d y entrer. Quand donc l'électeur Frédéric palatin parvint, dans l'année 1608, à constituer après les plus grands efforts une nouvelle ligue qui prit le nom d'C/h/bn, il n'y eut que le margrave de Brandebourg , le comte palatin, Philippe-Louis de Neubourg, le duc de Wurtemberg, et le margrave de Bade, avec les importantes villes de Strasbourg, Nuremberg et Ulm , qui voulurent en faire partie avec lui. «On devait s'aider mutuellement de conseils et d actions, surtout protéger la religion; le palatin devait avoir la direction pendant .la paix, et la ligue devait durer dix ans. » On s'efforça d'attirer plusieurs autres membres ; l'électeur de Brandebourg ne s'en montrait pas trop éloigné, mais la Saxe était prononcée daus son refus et répondit; « Si on ré-

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