‹ Histoire d'Allemagne depuis les temps les plus reculés jusqu'à l ..., Volume 2Chapitre 21 sur 59 · RODOLPHE 1U · texte numérisé non relu

RODOLPHE 1U

Rodolphe 11. 1576 — 1615.

Le long règne de cet empereur qui a accumulé surl'Âllemangne de nouvelles tempêtes de violence et de désordre, est une triste preuve que, dans les temps difficiles, l'irrésolution et rindolenee peuvent avoir un effet plus funeste que la mauvaise volonté. Car on ne pouvait pas reprocher à Rodolphe une mauvaise intention, pas plus que de l'ignorance, ou un défaut d'intelligence ; mais il était beaucoup plus occupé d'autres devoirs que de ceux qu'il aurait dû remplir comme empereur , et par conséquent tous les événements qui survinrent, arrivèrent à son insu et sans sa volonté, souvent même contre sa volonté. Il était d'ailleurs soumis à l'influence de mauvais conseillers.

Les esprits qui s'étaient un peu calmés au sujet de la différence de religion , prirent une nouvelle excitation quand les princes catholiques, sur le conseil des jésuites, commencèrent à réformer leurs pays, c'est-à-dire à forcer les protestants de revenir, à l'ancienne croyance ou de quitter le pays s'ils ne voulaient pas y consentir. D'après le traité de religion d'Augsbourg, les autres princes ne pouvaient à la vérité leur faire aucun reproche à ce sujet; cependant ils ne pouvaient non plus s'empêcher de voir dans ces procédés une violente attaque à la liberté de conscience et comme une marque de leurs intentions hostiles contre tout leur parti, Lu France

154 sixième époque. 4630—4648.

et les Pays-Bas donnèrent, à cette époque, un bien triste exemple du résultat auquel pouvaient conduire ces inimités. La lutle que ce dernier pays eut à soutenir pour la liberté de religion contre Philippe et l'impitoyable duc d*Àlbe (*), non seulement excita vivement ies esprits en Allemagne, oà l'on était t&fioin des Hostilités commises sur sa frontière ^ mais elle vint encore de temps pu temps jefow la guerre et l'effroi sur ïiotre territoire, lorsque l'armée espagnole», forcée par la disette et la méwa* site, sortait des Pays-Bas, entrait en Westpkalîe et dévastait tout le pays.

En ontre, <fe graves érénemeitts se passaient «dans les montrées allemandes de la frontière» A Afo,, des émigrés des Pays-Bas, ayant avec eox un ministre p£©lesta«fcj avaient tellement augmente le nombre de leurs adhérents, qu'ils se crurent bientôt asfcea ntfrtforeux pour prétendre partager les <lroks des catholiques. Dès Paimée 1581, Ik proposèrent àeità bourgmestres pris parmi eux ; et ooimne les ad wsalres sfy refusèrent, ils prirent les arme», s%mphrêvent de l'anfeenal et obtinrent par k fioi^éc tse qu'ils demandaient,— ttaislç pays voisin, à Cologne, il y avait encore <le plu$ grands «troubles, l)él&&tw (i^blwrd aimait la beiljeeoftttêsse Agn^s 4e Mâuôfckt,

(*) Le duc tf Albe se vantait, fc son roiour en Espagne, d* avoir fait mourir par l'4iét* dans tes t ay*tBsi > plus *k dix-UoH nriète fiotames * «tt il w«t rait que, quelque vieux qu'il f«H. i\ voulait perdre un dç ses membres si son roi, qui pourtant n'état pas très indulgent, éjtait encore plus avide que lui de guerre etdeiviôféncr.

chanoinesse de Gerresheim f ^et afia 4e réponse^ il passa dans la nouvelle église, comme l'exigeait le frère de la jeune comtesse. Mais aussitôt le chapitre et le conseil de Cologne s'adressèrent à Rome et à l'empereur, et obtinrent contre l'archevêque l'excommunication de l'Église et le ban de l'empire. Le chapitre choisit le prince Ernest de Bavière pour son successeur , et il le mit ^u possession du pays, avec Je secours de troupes bavaroises et espagnoles, Gebhard s'enfuit d'abord dans les Pays-Basf et plus tard il se rendit à Stx*asbourgf où il était do/en xhj chapitre. Il y mourut en 4601, Qr, les prineps pr©^ testants souffrirent p% déposition et son expulsion sans remuer, et cependant unp npnvelk ypix ipos le conseil électoral aurait é\é pour eu* de la plus, grande importance. Peutrëtre que le respect po#r la paix de religion fut epuse de leur neutralité, et ce principe était noble ejt honorable; njais la voix pu* bli<j*jeles accusa d'avoir refusé leijr secours i Geb+. hard, parce que étant lnthrfriens eux-u^nes, i'éieo teur avait pris les doctrines de Calvin, et qu'ils: haïssaient presque autant les calvinistes que 1$$, catholiques. Toujours est-il certain qu'il n'y put que, le comte palatin, prince calviniste, Jeaq Casimir r qui fit une tenjtative pour Gebhard; il s'avança avec quelques troupes devant Cologne et bloqua la ville un moment; mais le retour des Bavarois et le manque de solde ramenèrent son armée.

Ce prinPÊj Jean Casimir, palatin, était un «élé partisan pour £on égjise. Jl no ypubjit pa$ çnUfld«3

166 sixifeMB époque. 1520—1648.

parler de la croyance de Luther, et chassa de son pays tous ceux qui enseignaient sa doctrine. Aussi aucun pays en Allemagne n'a ressenti les tristes effets de la haine des partis protestants, comme le Palatinat. L'électeur Frédéric III était entré dans l'église des calvinistes; or, de ses deux fils, le plus jeune qui fut appelé le comte palatin Jean Casimir, fut aussi calviniste; mais l'aîné, l'électeur Louis, fut si attaché à la confession d'Augsbourg, qu'il ne voulut pas même permettre que Faumônier calviniste de son père, prononçât son oraison funèbie. Alors de tout côté on enleva aux calvinistes leurs églises, et les prédicants aussi bien que les professeurs furent chassés du pays; il y en eut plus de deux cents. Mais à la mort de Louis, qui fut prématurée, Jean Casimir eut la tutelle de son fils, Frédéric IV, et changea tout; les luthériens furent à leur tour traités comme l'avaient été les calvinistes, et le jeune Frédéric, âgé de neuf ans , fut éloigné soigneusement du luthéranisme et instruit avec la plus grande sévérité dans le catéchisme de Calvin. C'est ce qu'on appelait un zélé chrétien pour la foi ! et grâce à ce zèle, le Palatinat changea trois fois d'église dans le laps de soixante ans; de sorte qu'il fut d'abord luthérien, puis calviniste , redevint luthérien , et enfin calviniste*

Peut-on s'étonner de voir que l'ancienne Eglise crût avoir le droit d'en agir de la sorte avec la nouvelle, quand celle-ci était si exaltée contre ses propres enfants. En effet, celte dissension à Cologne fut

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