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yait pressenti. Les ehôses prirent de tonte nécessité aoe marche que personne ne pouvait vouloir. Un pas amena un pas nouveau , et chaque pas fèlt en avant dut rendre la retraite pkis difficile. Longtemps l'oppression put ne peser que sor les classes inférieures de la société*, mais dans la suite on dut sentir partout, dans les haotes régions comme dans les basses, tme contrainte réciproque. De grandes Torces purent sans doute se développer, des actes liérol^aes purent être accomplis ^ mais la seule chose qui donne à la vie sa valeur et sa dtgniiô fut impossible dans cet état de ehosei.
Toutefois Tesprit humain ne s'endort pas , et le cœur de Thomme ne perd pas ses désirs. Les besoins de la vie s'accrurent-, les tendances à des plaisirs délicats se propagèrent. On eut besoin de l'adresse et de la force dont la main de l'homme est douée, et la science fit valoir ses droits imprescriptibles. Les villes durent donc se relever, et personne n'eut la force nécessaire poor s'opposer à leur régénération. La liberté ne put être refoulée-, le système féodal dut s'écrouler.
Mais dés le principe, une ennemie, FEglise, s'était amicalement placée k côté de ce système-, elle ne contribua pas peu à lui donner son complément et par là même à le renverser.
Au premier abord*, l'humanité peut être choquée de voir que les prêtres de la religion de Jésus-Christ n'aient pas senti de répugnance à prendre part au pillage que les Franks exercèrent contre les peuples qui avaient cédé à leurs armes ^ qu'ils n'aient pas poussé leurs usurpations avec moins de cupidité que les Franks eux-mêmes, et qu^ils aient cherché à attirer à eux le plus qu'ils purent de biens fiscaux aussi bien que d'aïeux -, que bien plus lisaient en recours, comme le prouvent plusieurs exemples signalés par l'histoire , à des moyens ignobles pour augmenter et agrandir leurs possessions. Ce qui peut être pardonnable chez Tes hommes grossiers de la violence el du glaive semble ne pouvoir recevoir d'excuse chez les serviteurs de la parole et de la Toi. On ne peut nier non plus que les ecclésiastiques, en se mêlant à lacommunaulédesleutes, ne soient devenus plus d'une fois étrangers aux bommes pauvres et opprimés, qui avaient le ptttsb^a dele«r assistance et des consdalions
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de la religion , et que le sort de ceux-ci n*ait été peut-être d'autant plus dur qu'ils étaient abandonnés même par les ministres des autels ellivrés en proie à Tarbitraire.On ne peut nier davantage que les efforts des ecclésiastiques n'aient pris des directions diverses : des choses mondaines furent mêlées aux choses du ciel, et le soin des Ames fut plus d'une fois oublié pour l'administration des biens terrestres. On ne peut nier enfin que d'un côté les vassaux ecclésiastiques n'aient été entraînés dans la vie grossière et abrutissante des vassaux laïques , et que d'un autre côté, les laïques n'aient été provoqués à convoiter les dignités ecclésiastiques, non parce que leur âme était remplie d'un zèle pieux et d'un dévouement divin, mais parce qu'ils étaient séduits par les jouissances mondaines. Toutes ces causes durent amener un déplorable mélange du sacré et du profane, mélange qui rendit la vie d'autant plus corrompue et d'autant plus affligeante.
Mais les époques sont diiïérentes. Ce qui peut mériter un blâme sévère dans les temps modernes trouve facilement sa justification dans les temps anciens; et des maux des siècles précédens peut jaillir une source de biens variés pour les siècles suivans. Les Franks étaient une race grossière , belliqueuse ; les vérités éternelles du christianisme étaient trop élevées pour eux et leur étaient inaccessibles. La religion avait bien poussé des racines, mais il lui fallait encore beaucoup d'alimens pour se déployer dans toute sa plénitude et dans toute sa force. Aussi les ecclésiastiques durent-ils s'efforcer d'acquérir une position solide, de rester en communication constante avec tous ceux qui étaient grands et puissans. Et quel autre chemin leur était ouvert pour arriver â ce but, si ce n'est l'acquisition de quelques-uns de ces fiefs- qui furent la base de l'empire des Franks? Mais une fois qu'ils furent entrés dans cette voie, il leur fut difficile de trouver un point d'arrêt. Et pourquoi se seraient-ils imposé une limite? Les terres par hasard étaientelles en meilleures mains si elles étaient possédées par un seigneur laïque que si elles étaient au pouvoir d'un seigneur ecclésiastique ? Le sort des hommes des classes inférieures qui dépendaient d'une terre était-il plus heureux s'ils étaient soumis â Tcpéc que s'ils étaient soun}is au bâton pastoral ? Il est difficile de croire que le monde germanique çûl pu être
enlevé, par la force du glaive déployée par des guerriers orgueilleux, à la barbarie pour s'é* lever à la civilisation si l'Eglise n^avait pas brisé celle force et donné à Tinlclligence de la lumièreet deFespace. La querelle entre le glaive et la crosse est aussi ancienne que la société humaine : elle a toujours été salutaire pour Tintelligence et pour la liberté ; Tunion du glaive et de la crosse au contraire a produit Tabrutissemenl et l'esclavage. Mais dans Tempire des Franks et dans tout le monde germanique, celle querelle ne pouvait être dirigée avec succès que dans le cas où les prêtres auraient élé placés au niveau des guerriers , pour opposer À la menace des armes la menace de la parole comme un bouclier capable de briser même la lame la mieux trempée. Les biens ecclésiastiques garantissaient aussi une possession pour des temps postérieurs , qui purent se Téliciler de celte acquisition. Les ecclésiastiques, il est vrai, furent, dans le principe, si intimement mêlés par ces acquisitions aux affaires de rÉlat et amenés à une liaison si étroite avec le système Téodal qu'ils n'auraient élé en étal d'employer les forces qu'ils avaient gagnées que pour le système féodal et non contre lui , s'ils s'étaient trouvés seuls et s'ils n'avaient pas eu de secours & attendre. Mais réternelle providence y avait déjà pourvu. La pensée d'une Église unique et universelle dont le clergé de chaque pays devait former une partie était née depuis longtemps, et fut maintenue cl conservée partout, à travers toutes les tempêtes et toutes les relations. Cette pensée, produite et soutenue par la foi générale en la vérité évidcmmcnl une et en la divinité de la doctrine de Jésus-Christ , conduisit nécessairemenl dans la suite à la papauté. Et ce fut par la papauté seulement que la séparation de la puissance temporelle et de la puissance spirituelle, dont la base avait été posée dès le temps de Constanlin-le-Grand , reçut son importance complète-, la puissance spiriluellt? obtint par là une force à laquelle rien ne pouvait résister.
Toi est le système féodal. Les circonstances l'amenèrent nécessairement à de grands maux et ai de grands troubles ; mais il rendit des services 6 rinlelligence et n'exclut pas le progrès de la vie humaine.