PIEUX
MORT DE LUDWIG -tE-
De l'an 835 à l'an 840.
L'ei^périence ne servait de rien à Ludwig-ie- Pieux. Si l'on peut dire d'autres personnages qu'ils n'apprencnt rien et n'oublient rien au milieu des plus grands événemens, on peut dire de lui qu'il oublia tout et n'apprit jamais rien. Ou bien, s'il devint plus prudent, il manqua toujours de Ténergie nécessaire pour tenir bon même peu de temps. Il hésita continuellement dans ses mouvemons ; tantôt il se jeta trop à droite, tantôt trop à gauche, cherchant toujours son but, et manquant toujours la route qui devait l'y conduire.
Ses premières pensées, après son nouveau rétablissement, furent consacrées aux églises et aux couvens. Il envoya des missi par tout l'empire, les chargeant de rétablir Fancien ordre de choses. Certes la décadence était grande, et le rétablissement de Tordre était désirable. Mais ses envoyés ne furent pas bien accueillis dans tous les couvons, et son fils Pippin ne reçut pas avec plaisir l'injonclion de restituer tous les biens que, dans son royaume, il avait enlevés aux églises et aux monastères pour les donnera ses fidèles, ou dont ces vassaux s'étaient emparés eux-mêmes. Les passions furent donc réveillées dans le moment même où il importait le plus de les apaiser. Et il ne servit de rien contre elles que Ludwig prit quelques mesures pour détruire les bandes de brigands qui, durant les longs troubles de l'empire, s'étaient formées partout et avaient commis de grands désordres. Ces vues étaient bonnes; le mal était grand ; mais le but ne fut pas atteint.