UY. VIII, CHAP. X
gneore, le$ peuples leultchs paraissent avoir perfectiooné lear fie suitant leor caractère propre sans s^inquièter du nom frank ; sinon MDS dissensions, sans contestations ou sans lotte, du moins sans grands lk>uleversemens (1). Ils tenaient peu de compte , il est vrai, du lieo qui les attachait à l'empire des Franl^s : tootefois les Franks n'oublièrent pas ce lien. L'influence que les Franks avaient acquise sur le peuple teatsch ne cessa pas non plus son action. L'histoire ne donne pas les détails, il ne Doos est resté de traditions que sur la propagatk», l'affermissement, et l'on peut bien ajouter Torganisation du christianisme dans leTeutschlaod ; mais oes traditions ont subi tant d'additions et de mélange qu'on peut rarement y diitingner l'or du vil métal , et par cette raina elles ont perdu pour l'histoire la plus gnode partie de leur valeur (2). Car les trafaui entreprit par de pieui personnages pour cette œuvre sainte n'ont pas été décrits, comme Mtts l'avons déjé fait observer, pour faire conaattre l'état où ces personnages avaient trouvé le psys et les taommes, ce qu'ils firent ou opérèrent, la manière dont tout se fit et arriva. Hais ces travaux ont été rédigés en grande partie par leurs disciples ou par des hommes Tenus longtemps apr^ et qui partageaient leurs dispositions, pour édifier les hommes et disposer les Ames A la piété, à l'humilité, à la foi. Aossi les hommes dont la mémoire devait être A Jamais sacrée parmi les Teutschs se trouvent placés (avec de bonnes intentions nnt doute, mais mal A propos) A une hauteur pour ainsi dire si aérienne , qu'ils y sont inacceiaibles pour le vulgaire; ils ont été arrachés en quelque sorte A la vérité des choses réelles pour ètre^nsportés dans des circonstances qui ont semblé propres A confirmer la puissance miraculettse de la foi qui s'était emparée de l^irs Ames. On a fait d'eux les instromens d'one puissance surnaturdle plutôt qu'on ne kl a considérés comme les auteurs de leurs propres actions , bien que la faiblesse toute bnmaine de ceux qui ont écrit leur vie n'ait pu dépouiller ces saints personnages de toute fai- N«ne naturelle A l'homme. Dans ces biographies, bieu des choses restent soumises A un doute légitime. Il est certain néanmoins que depuis l'époque où saint Columban était venu de la lointaine Irlande pour annoncer la parole et Tœuvre du Sauveur , la même carrière fut
suivie par une série d'hommes pieux, soit en face de la génération dont nous venons de parler, soit en face des générations qui suivirent immédiatement : il n'est pas moins certain que ces hommes ont travaillé A la destruction du paganisme chez tous les peuples teutschs, depuis les plus hautes cimes des Alpes Jusqu'aux rivages de la mer teutonique, habités par les Frisons. Ces hommes sans doute n'ont pas répandu la première semence du christianisme dans les cantons de la patrie ; car nous avons dèJA remarqué que depuis longtemps la doctrine chrétienne s'était répandue dans l'intérieur du Teutschland, et les moines de la Gaule, dont le nombre allait augmentant chaque Jour A mesure que la vie y devenait plus misérable , avaient exercé leur influence de plus d'une manière. Dans le fait aussi, ces hommes tant célébrés rencontrèrent, partout où ils parvinrent, des prttres chrétiens avec leur culte. Mais A côté du christianisme qui s'efforçait de s'élever, vivaient encore les anciennes superstitions paTennes; cet être mystérieux sur lequel le Teutsch ne portait ses regards qu'avec respect, était encore honoré, suivant les pratiques anciennes, dansles forêts sacrées. Ces personnages et leurs compagnons ont combattu avec une force nouvelle et plus énergique contre les superstitions, œuvre de l'éternel ennemi de l'homme; ils ont puissamment influé sur la société, et s'ils ne réussirent pas A bannir les passions du cœur des hommes, ils firent faire du moins des progrès A l'agriculture, répandirent des connaissances et rendirent possibles pour l'avenir des temps meilleurs.
Le disciple et le collègue de Columban, Gailus, avait déJA laissé le souvenir de son nom dans les hautes Alpes et fondé dans le monastère qui porte son nom une sorte de séminaire qui a produit d'heureux fruits (3). Saint Emmeran, le Frank (4), vint A cette époque en Bavière, où, selon Aribo, qui a écrit sa vie, il trouva un pays excellent. Au milieu de sombres forêts s'étendaient des plaines riantes, couvertes de moissons qui s'agitaient comme les vagues au souffle du vent. Les collines étaient or* nées de vignes précieuses. Les habitans étaient vigoureux , de haute taille , gais, heureux et d'un cœur bienveillant. L'organisation ecclésiastique était complètement établie parmi eux. Dans le vieil ouvrage des Romains, dans la magnifique R^dcspona (Regensburg ou Ratis-
HISTOIRE DU PEUPLE ALL^^AND
bonne), conslraita atec magnificence, fortifiée i d'une manière formidable par des tours et de haulcs murailles, siégeait, au milieu d'une multitude satisfaite de son sort, le ducTheodo, TAgiloIfinge , dans son château princier. Ses sujets, pleins .d'allégresse, célébraient ses victoires sur les Avares; et les déserts, qui s'étendaient sur la rive de TEns et séparaient les Bavarois des Avares, prouvaient que les Bavarois étaient restés fidèles aux anciennes mœurs des Suëves. La vie de saint Emmeran À la cour du noble duc Theodo, qu'il gagna fa* cilement par ses manières douces , son humi* lité et ses discours pleins d'onction, présente un caractère équivoque. Après avoir reçu Thos^ pitalité pendant trois ans, il quitta secrètement Ratisbonne. UUa, fille du duc, l'accusa de l'avoir séduite: il fut poursuivi, arrêté ei massacré par le frère delà princesse déshonorée ; mais cette accusation ne fit pas de tort à sa sainteté. Cet événement, aussi bien que la description du pays des Bavarois, est un témoignage irrécusable relativement aux peuples teutschs (5). Ici la foi était forte et inébranlaUe, la puissance des ecclésiastiques était grande, le pays était sûr, l'action rapide, la yie animée et les progrés ne se faisaient pas attendre. Un peu plus tard, saint Kilian, venu d'Irlande^ pénétra le long du Mein dans l'intérieur du Teutscbland. Sur la montagne où est bâtiWurtzbourg résidait un prince ieutseh appelé Gozbert: on ne sait s'il était duc ou non. On a cru qu'U était le petit-fils de ce Radulf qui, après la mort deDagobert, obtint la dignité ducale en Thuringe, et que peut-être il avait transporté sa résidence dans cette contrée pour se mettre en état de résister plus efllcacement aux incursions desSIaves ; mais ce ne sont là que des conjectures (6). Il est d'ailleurs difficile de croire que le prince Gozbert et le peuple de cette contrée vécussent encore dans le paganisme (7) et qu'ils n'eussent été convertis à la foi chrétienne , à l'insUgation de l'évêquede Rome, que par saint Kilian , comme plus tard on l'a prétendu à tort. On ne peut pourtant douter du point le plus important : c'est que dans le Teutschland central, comme dans le Teutscbland méridional , des étrangers enthousiastes ont fortement travaillé à l'affermissement de la foi chrétienne et à la propagation de la civilisation. La même chose eut lieu dans le Nord , car lorsque déjà plusieurs ecclésiastiques ve-
Qus de la Gaule eurent travaillé dans le mênie esprit et avec le même zèle pour la re* ligion sur le bas Rhin et sur les c^les de U mer(8), on vit paraître, parmi les Frisons, Wii* frid, qui avait été privé ouire-mer de son év6ché d'York , et à lui commence une série d^hommes qui continuèrent avec la plus grande constance l'œuvre sainte qu^il avait entreprise.
Ce qui ne semble pas indigne de remarque, c'est qu'on raconte de presque tous ces hommes pieux qu'ils se rendirent à Rome oo se lièrent avec le pape. Il est possible sans doute que cette assertion n'ait pris naissance (|oe plus tard ou qu'elle n'ait été introduite dans leurs biographies que lorsque la puissance da saint-siége fut arrivée à son plus haut degré et qu'elle voulut paraître légitimement fondée sur une haute antiquité. Mais il est possible que le souvenir de l'ancienne domination e( de la puissance de Rome ait réellement poossé ces hommes vers la ville éternelle (9). Et biei que la plupart de ces saints ouvriers n'aient es d'autre but que celui que le vénérable Beda attribue à saint Eckbert , de prier sur le tombeau des saints apôtres et des martyrs (10), ils durent néanmoins arriver à une allianee étroite avec le siège papal, et, par cette alliance, l'influence du pape s'étendit aussi lois que la foi chrétienne trouva accès.
Pendant ce temps , les reiattoos se développèrent de plus en plus dans l'empire des Franks , et le trône royal fut de plus en pi» dépouillé de toute puissance et de tout Mat; le roi Childérich n'eut pas phis de crédit dans l'empire réuni que n'en avaient eu ses prédécesseurs dans l'empire divisé* Le traité qu'il avait conclu avec les Bourguigpons et les Neustriens pour donner à chaque royaume un maire du palais particulier (11) ne paraît pas avoir été exécuté; vraisembiablementcetteexécution fut empêchée par le même homme qui avait le plus contribué à la ruine d'Hébrc^n. Wulfoald resta, il est vrai, maire du palais ; mais l'évoque Léodegar eut la direction des affaires ; il excita bientôt contre lui de grands mécontentemens : « Car, dit son biographe, le monde vieillissant, chargé de vices, ne put supporter la vertu d'un citoyen du ciel(l*)-» On conspira contre lui de tous côtés ; bientôt il eut des discussions avec le roi. L'évéqoe confondait le temporel et le spirituel ^ il W*"»*'^