‹ Histoire d'Allemagne (volume 3)Chapitre 161 sur 165 · CHARLES VIL · texte numérisé non relu

CHARLES VIL

Marie-Thérèse avait perdu la moitié de ses États, et ses ennemis projetaient de lui enlever l'autre. Elle ne perdit pas courage. Les Hongrois prirent les armes; de l'Esclavonie et des bords de la Drave, accoururent des essaims de pandours , de talpaches , de hussards ; elle eut des armées. L'Angleterre et la Hollande lui fournirent des secours en aident. On vit même les dames de Londres se cotiser et lui offrir cent mille livres sterling qu'elle refusa. D'un autre côté, la mésintelligence de ses ennemis loi rendit la supériorité. Kevenhuller, en présence du grand*duc , força la garnison de Lintz, chassa les alliés de l'Autriche, pénétra dans l'électorat de Bavière, dont il s'empara. Le prince Charles de Lorraine, frère du grandduc, essuyait des revers en Bohême. N'ayant pu s'opposer à la pris.e d'Egra par le comte de Saxe , il fut bien plus malheureux en voulant empêcher le roi de Prusse d'opérer sa jonction avec les alliés pour achever la conquête de la Bohême. Il perdit la bataille de Czaslaw ; et le prince de Lobkowitz se laissait battre dans le même temps, aux environs de Budweiss^ par le maréchal de Belle-lsle. La Bohême entière allait tomber an pouvoir des vainqueurs. Marie- Thérèse ne vit de moyen de la sauver qu'en décidant à la paix Frédéric , avec lequel elle

HlâTOfflË fttf PCePtÉ Attitf Afflj

iié^ddiâit deptiis quelque lempi pur l'éhtrëttti^ de rAngieterre et de la Hollande. Par m traité rigQé ft Breilatt , elle céda aii roi le comté dé Glat2 et la haute et baâse Silésie ^ à la réâèrye de la pribcipauté de Tesclien et dû duché de Troppad. A ce J)rix , f rédêrifc s'engagea à retirer seé th)ùpe8 de la Bohème ^ et à garder Qhe parfaite neutralité durant la guerre. En Vain Belle -lâlè s'efforça de lo retenir dans l'alliance ; Il n'ëcoiUà que sort avantage : J'aii répôUdit*il , dotmé ma parole. Dès lors les armées de ta reihe pressèrent de tous côtés les Français et les BaTàrois. Bellé-lsie, a[)î*ès aroir souffert toutes lés horreurs de la famine dans Prague, assiégée par le prince de Lbbkotvitî, s'échappa^ et sduva, par une rétraite difficile, éflviron treize niille hommes. TdUs lé& États héféditail*es furent évacués. Les troupes de là teiiie s'échappèrent Une seconde fois de là Batiéré , et Charles VU se thdUVa de nouveaii sanj États.

Les Anglais s'étaient mis en marche pour venir au secoui*s de Marie-Thérèse (4743). Leur armée, à laquelle s'était rendu le roi George II, fttëc le dUc de bumberland^ 6ou second ftls, était ddns l'éiectdrât de Mdyence. Le maréchal dé Koailles l'y joigUit avec l'armée française près d'Ëttingen , lui coupa les vivres, et la réduisit ft ne pouvoir échapper que par une ba« taille malheureuse. Le maréchal , dont les or^ dres furent mal exécutés, dut battre en retraite. Oh négociait la paix, l'empire se portait pour méUiateUr ; Charles Vil offrait de renoncer à toutes 6es prétentions sur les pays héréditaires, à condition que la reine lui restituerait la Bavière ; Louis XV désirait sincèrement la paix ; mais l'issue de la bataille d'Ettlngen Té^loigna. Marte*Thérèse ayant recouvré ses Etats, maîtresse de ceux de l'électeur, dont elle déclarait nulle l'élection à l'empire, encouragée par les promesses des Anglais et des Hollandais , y était d'auiant moins disposée que ses armés triomphaient en Italie. Le roi de Sardatgne , qu'elle avait détaché de la ligue, chastoit les Espagnols de la Savoie, emportait avec les Autrichiens Modène et la Mirandole, tandis qu'une escadre anglaise, menaçant de bom* barder Naples , contraignait don Carlos à retirer ses troupes de Tarmée espagnole.

Jusqu'alors la guerre s'était faite sans déclaralidn. Louis XV la déclara enfin à Marie-Thérèse et à George IL La cour de ^Vienne eut d'à-

Vbrû lieu de regfmét 1^4 Dt>poHtlèll à M pk\ti Le prince de LoVkôWife et le eonfto de Brauri Airent battiis à Vélétri par lé duc de Hbdène et le roi de l^aples. une armée combinée dis France et d^Espâgile i sous la conduite de dot) t^hilippé et du prince de Conti^ enleva puttr la Meonde fois la Savoie ftU roi dé Sardaigtie , taitdls que Louis xV et le maréchal de Sàse fMsalent ddr conquêtes rapides en &a«è. Si le pHtic6 Charii^ de Lorraine passa le Rhin et répandit la tari-enr et la désolation en Atsâce et jttsqa'ën Lorraine ^ cette invasion f^it suivie d'une prompte retraite, à l'approche des Français qtii enlèvèinent Fri^ bourg. Le roi de Prusse se ligUA d« noorèan contre la reine de Hongrie ; il saMt fins^iant où les forces autrichiehnei , dispersées en Italie et È\xr le Rhin , làistoîent Ik éobêcue preâ|iii sans défense* Il fondit sur ce royaume, foit* Prague en dix Jours 4 et fit prlsôntiièré là garnison , composée de quinte mille hdmiîies. Le prince Charies^ malgré là précipitation dé sa marche, n'arriva qu'après cette conquête diî roi; mais il eut la gloire, khn^ fivrer de bv taille , de lui fiiirë évacuer Pi*ague et toute ta Bohème. Quoique renforcé par les ti^Upes d* Auguste III , qui s'était réconcilié Avec la rekie , il évita d'accepter le cimbat que Frédéric de cessait de lui présenter, et il ()ar^int, parla senle habileté des marches et des màausavfes , à l*é» Idigner de la Rohéme : il passa même I^EIbeea présence du moharque , et ft'àvataçà Jdsqo*eA Silésie.

Chartes VIT mourut au miois dé Janvier 4745, à l'âge de 47 ans , aecablé de maladies et de chagrins, et presque sans Btats. La paix semblait devoir être la suite naturelle de cèténtoe^ ment : Louis XV y était disposé ; mais là guerre continua, car les Anglais soudoyèrent tous les alliés. Mais ceux-ci ne furent pas henrent; Gènes traita avec TEspagbe, et donna un libre passage aux troupes. Les Autrichiens el le roi de Sardaigné s'enfuirent devant les Fratiçais et les Espagnols, qui s'emparèrent de Milan ^ I^arme , Plaisance , du Montferrat , da Tortoonais , etc. Le mai*échal de Saxe gagna la bataille de Fontenoi sur lés Anglais , les Hanovriens , les Hollandais et quelques Autrichiens, réunis sous le commandement du duc de Ciimberiand. Peu de jours après, Frédéric remporta une victoire éclatante sur le prince Charles, fje roi de France , offrant la paix à chacune de ses conquêtes^ poursuivit aveo une étooiMile rapi-

mémm m fmiMi Aumim.

BOf

dite m âvamàgës , et ^è tenait maitre dé toiité la Flâ&di'é:

tïUNÇOIS li'.

C'est att milien des triomphes de âes ennemis qne Marié-Thérèse parvint à élever sur le trône impérial le grand-dae son mari. Ses troupes ùoiitHrent Prâncfot-t, mirent les électeurs ert sftreté contre iltt col'ps de Français qui était dans le voisinage , et François de Lorraine fdt 'élu empercnr. Le roi de Prusse et rélectéor pâlalîri avaient rappelé leurs ambassadeurs de là diftte électorale : ils protestèrent contre l'élection ; mais, comme elle était conforme aux lois de rertij)ire5 elle n'en ent J^as moins son eflbt. Frédéric se Vengea par dé nouveaux succès. Aux confins de la Sllésié et de la fiohème, il battit le pridce ChaHes , femporta fane seconde victoire iiai-eiJIe à belle de Friëdberg , chassa les Autrichiens de là Silésie , et envahit \û Saxe. L'alliance de Télecteur, roi de Pologne, avec la cour de Vienne , fut le principal grief qu'il allégua. Le prince d'Anhalt gagna une bataillé sur les Autrichieris et les Saxons ailx portes dé Dresde , et se rendit maitre dé Leipzig. Le rdi arriva avec son corps d'armée , se présenta detarit la capitale, et y entra le 48 décehibre. Sept joilrs après il y signa an traité avec l'inlpératrice-reiné et rélecteur. On lui ratifia la cession de ta Silésie et du comté de Glatz ; Auguste s'engagea à lui payer un million d'éeus; tout ce ^u'il accorda fut de reconnaître François I" empereur.

Le traité imprévu de Dresde nuisit autant aux alliés qu'il fut favorable à là cour de "Vienne. Marie-Thérèse fit passer eh Italie les troupes dont elle n'avait plus besoin contre le roi de Prusse. Le roi de Sardaigîie, au moment de signer un traité avec la France et l'Espagne , rompit les conférences, surprit Asti , et fit prisonniers sept mille Français qui ne s'attendaient pas à cette perfidie. Le général comte de Browti enleva Guastalla et Parme. Le prince de Lichtenstein battit devant Plaisance les Français et les Espagnols, et emporta la place. Les alliés , abattus par cette défaite, consternés de la mort de Philippe V, ne connaissant pas les dispositions de son successeur Ferdinand VI, se retirèrent et abandonnèrent leui*s conquêtes. Les vainqueurs se présentèrent devant Gènes, qui leur ouvrit ses portes ; Brown pénétra Jttsqtt'en

Protenee et en Dtttip1ilfi8, 8ù II ^oHS lè {ffllàgé et la eônstëi'dâtidn: Mstié il ftit bientôt fofrcë dé Quitter cèè provinces , et l'on perdit Gébe^^ qtlë Ton voulait opprimer et qui chassa les AutH^ chiens. Ceux-ci faisaient d'autres pertes Aani les Pays-Bas, que la France acheva d'enléven La Hollande fut envahie en 4747. Les Français,' vainqueurs à Laufeld , prireht Berg-op-Zborài D'autre part , le roi de Sardaignë gagnait lé bataille meurtrière de l'Assiette sur le èômté dé Belle-lsie , frère du maréchal , qui voulaii rentrer en Italie; Les Aiiglais, vaincus stif terre, dominaient sur met et en Amérique. Lek cours de Vienne et de Saint-James refnsèreilt encore la paix offerte par Louis XV (4t48.) Hais lorsqu'on vit le maréchal dé Saxe sui* l6 point dé prendre Haêàtricht, les HbllaUdàid z frappés dé terreur, denriândèrënt là pA\x^ et avec eux JeiirS alliés. Le^ prélimidaireâ eii furent signée â Aix-la-Chàpélle le ÎO atril : léd hostilités cessèrent ; et le traité déflditif , MgM le 48 octoi)re, fixa enfin leè droite et lés pi^éiehtions. Toutes les conquêtes furent restituée^ dé part et d'aiUre. Le dUc de Môdètie et la ^épu^ blique de Gènes furent rétablis dans ledrsEtaté et dans leurs droits. On garantit au rdi dé Prusse la Silésie et le comté de Glât2 , èttivatit la teneur des traités de Bl-eslafa et de Dtèddé.' L'impératricé-reiiie cëdà à l'infant dou i'bi-t lippe lés duchés de Parltlë et de Plaisance { ponr lui et ses Héritiers mftiés , avec la élànsé de réversibilité à la maison d'Autriche, ail défaut des derniers. Ainsi lifanë-Thérésë ne perdit que de faibles jpartiës de sa vâsté âuc« cession.

Mais , dans cette paix , on h'avait (iâs totit prévu. Quelques contestations s'élevèrent entré la France et l'Angleterre au sujet des limitée de l'Acadie : il n'en fallut pas davantage pôtir recommencer la guêtre. George II , crâigiiftrit pour son électoral de Hanovre , s'allia avec le roi de Prusse ; et cette alliance en produisii une autre , celle de la France et dé la cour dé Vienne. Elle était l'Ouvrage du cardinal de Bcrnis. Les hostilités étaient déjà commencées; les Français avaient pris Port-Mahon. Le roi de Prusse ne fut pas le moins frappé de l'alliance des maisons d'Autriche et de Boiirbon (4756). La cour de Vienne avait encore dans son parti la Saxe , la Soède, la Russie , et une erande partie de l'empire. Frédéric envahit là Saxe , plrit Leipzig , et entra dans Dresde ; Pé*

BisrromE mj peuple allemand.

lectenr n'eof que le temps de s'évader. Le roi de Prusse s'avança ensuite vers la Bohème ; le feld-maréchal comte de Brown Fattendait aun frontières du royaume. La bataille de Lowositz, où la fortune ne se décida point, changea sou projet : ne pouvant percer avec avantage , il rentra en Saxe, se présenta au camp de Pirna, ft fit mettre bas les armes à dix-sept mille Saxons. L'impératrice animait tous ses alliés» Les cercles de l'empire , la France, la Suède , la Russie, se mirent en mouvement. Frédéric persista dans son projet d'envahir la Bohême , projet qui le mit à deux doigts de sa perte. Après avoir gagné, sous les murs de Prague, une bataille qui coûta la vie à Schwérin et à Brown , il en perdit une sanglante à Ghotemitz, contre Daun , qui marchait au secours de Prague (^57) : dix mille Prussiens furent tués. Affaibli par cette perte , il évacua la Bohème, se retira en Saxe, et se vit au moment de tout perdre. Le prince de Soubisc, après la prise de ^ésel , lui avait déjà enlevé les duchés de Clèves et de Gueidre; le maréchal d'Estrées, vainqueur du duc de Gumberland , qu'il avait réduit à poser les armes , était mattre de l'électorat de Hanovre ; le prince de Soubise et le princede Saxe-Hildburghausen , avecunearmée de Français et d'impériaux, marchaient vers le duché de Magdebourg; les Russes et les Suédois envahissaient la Silésie d'un côté , les Autrichiens de l'autre; un détachement des derniers pénétrait même jusqu'à Berlin , qu'il mettait à contribution. Frédéric ne désespéra pas. Les Russes abandonnèrent la Silésie; les Suédois fuirent jusqu'à Stralsund , et les Autrichiens se sauvèrent de Berlin avec deux cent mille écus. Le roi de Prusse rassembla ses forces , marcha contre les Français et les Impériaux, remporta sur eux la victoire de Rosbach , et alla chercher d'autres succès à Lissa en Silésie. Les Autrichiens, maîtres de Breslau et de Schwciduitz, Tétaient de presque tout le pays. Après leur défaite , ils se replièrent en Bohême; le vainqueur prit Breslau, lit prisonnière de guerre la garnison, composée de dix-sept mille hommes, et termina la campagne par la réduction de Lignitz.

En 4758, l'Allemagne se couvrit d'armées. Après quelques mois de repos, Frédéric se remit en marche, reprit Schweidnitzaux Autrichiens, pénétra en Moravie, et investit Olmulz, place forte dont la prise lui eût ouvert la Bohème et

TAutricbe. Hais le maréchal de Daun le contraignit à lever le siège, le repoussa en Saxe, où il le suivit de près , favorisé par une diversion des Russes, qui assiégeaient Custrin , dans le Brandebourg. Frédéric se trouva encore dans une cruelle alternative : il fallait abandonner la Saxe, ou livrer ses États aux ennemis. Il re* doubla d'activité. Pendant que le prince Henri, son frère, avec une partie des troupes , couvrait Dresde , que menaçait une armée d'Autrichiens et d'Impériaux commandée par Daun , il marcha avec l'autre contre les Russes , perdit le champ de bataille de Zorndorf , mais délivra Custrin , et revint en Saxe au secours de son frère , bloqué devant Dresde par le général autrichien. I^ bataille de Qoch^Kii'chen , où il perdit dix mille hommes, avec tentes, bagages , munitions, artillerie, ne l'empécha pas de délivrer Neiss assiégé par un corps d'Autrichiens ; et Daun , malgré sa brillante victoire , fut encore obligé d'abandonner le si^ de Dresde.

D'autres événements s'accomplissaient eu d'autres contrées de l'Allemagne. Le duc de Gumberland avait quitté le commandement de l'armée; le prince Ferdinand de Bruosivick l'avait remplacé. H passa le Rhin, battit à Crevelt une armée française conduite par le comte de Clermont, fit des conquêtes , répandit la terreur jusque dans les Pays-Bas autridiieos, où il enleva Ruremonde , et fit des courses jusqu'aux portes de Louvain. Mais le prince de Soubise pénétra dans la Hesse , emportant les places les unes après les autres; le comte de Broglie, à la tète de l'avant-garde , battit dixhpit mille Uessois à Sunderhausen , près de Cassel ; les Françab entrèrent dans Minden , et l'électoral de Hanovre leur fut ouvert. Ferdinand quitta en hâte ses conquêtes pour arrêter celles de Soubise ; il fut battu à Lutzelberig; et cependant les Français évacuèrent la Hesse, et allèrent prendre leurs quartiers d'hiver aux eavirons de Francfort-sur-le-Mein. On se battait de tous côtés sans avantages. Le prince Ferdinand, vaincu à Bcrghen, poursuivi jusque dans la Hesse par le comte alors maréchal de Broglie, prit sa revanche à Minden , et remporta uue victoire qui obligea les Français à évacuer le pays. En 47GO, Broglie rentra dans la Hesse, établit ses quartiers à Cassel, et s'y maintint jusqu'à la paix, malgré Ijbs efforts de Ferdinand et de son neveu le prince héréditaire de Bruns-

wiek. Nous ne parlons ni de la victoire du premier à Filingshausen , ni de la tentative infructueuse du dernier sur Wésel, ni de plusieurs antres actions.

Les États de Frédéric étaient envahis par les Russes et les Autrichiens; la Saxe allait lui échapper, Leipzig et Torgau étaient déjà au pouvoir d'une armée qui menaçait Dresde. Vaincu près de Francfort par les généraux Soltikoff et Laudon , Fun Russe et Vautre Autrichien , ayant essuyé une perte énorme , il en éprouva une autre plus forte en voulant re* prendre Dresde, qui avait succombé : Daun força dix-huit mille Prussiens dans un camp retranché près de Pirna, les fit prisonnier de guerre avec armes, bagages, munitions, etc. La campagne de 4760 ajouta encore à ces coups. Daun lui fit lever le siège; Laudon entra en Silésie, triompha du général Fouqnet, qu'il fit prisonnier avec neuf mille hommes qui restaient de son armée , et se rendit maître de Glatz : pour comble d infortune , un corps de Russes et d'Autrichiens emporta Berlin , fit la garnison prisonnière, et se fit payer des contributions exorbitantes. Mais Frédéric sauva sa capitale, et battit les Autrichiens près de Torgau. En 4764 , la Poméranie prussienne, la Silésie et la Saxe furent inondées de Russes et d'Autrichiens. Frédéric fut réduit à s'enfermer dans un camp retranché : les Russes lui enlevèrent Colberg, et Laudon prit Schweidnitz d'assaut.

La fortune se lassa enfin de frapper. L'impératrice de Russie, Elisabeth , mourut au mois de janvier 4762; son neveu Pierre III , qui lui succéda, ordonna à ses troupes de se joindre aux Prussiens. Frédéric reprit la supériorité et poussa les Autrichiens ; mais bientôt une nouvelle révolution le réduisit à ses propres forces. Pierre III fut déposé; sa femme, Catherine II , fut assise sur le trône des czars , et , sous prétexte de besoin, rappela les Russes de Tarmée prussienne. Le monarque n'ensuivit pas moins son projet de reprendre Schv^eidnitz; il y réussit après deux mois de tranchée ouverte. Dès lors il ne se passa plus rien d'important entre les armées ennemies. Les traités de Paris et d'flubertsbourg terminèrent enfin sept années de destruction (4765 ). On confirma de nouveau au roi de Prusse la Silésie et le comté de Glatz; la France lui rendit ses États de Glèves et de Gueldre ; elle restitua de même tout ce qui

appartenait an roi d'Angleterre dans Télectorat de Hanovre, au landgrave de Hesse, au duc de Brunswick, et à d'autres membres de l'empire. En général , on rendit de tous les côtés les conquêtes et les prisonniers : personne ne gagna, à la réserve de l'Angleterre, qui acquit une immense étendue de pays en Amérique. L'année suivante (4764), l'archiduc Joseph fut élu roi des Romains. Franco» l**^ fut frappé d'apoplexie au milieu des fêtes qui se donnaient à Inspruck à l'occasion du mariage de l'archiduc Léopold , depuis grand-duc de Toscane, et plus tard empereur, avec Marie- Louise , infante d'Espagne. Joseph 11 succéda à son père en 4765. Marie-'Iliérèse vécut jusqu'en 4780. Désormais il n*y a généralement plus d'histoire générale de l'Empire. Si le nom est conservé, les divers États allemands sont définitivement distincts les uns des autres. Aussi renvoyons-nous, pour les détails^ aux histoires particulières de chacun de ces États ; nous ne donnons ici qu'un aperçu général de' la masse des faits.

JOSEPH n.

( 4765-4790. ) — Joseph succéda à son père François 1^' , dont les actions comme empereur n'ofTrent rien de remarquable. Mais son fils brûlait d'un désir d'autant plus vif d'apporter de grands changements , de transformer l'ancien en nouveau, et d'employer la grande puissance qu'il avait reçue de la nature à faire faire un grand pas à ses États. Seulement, tant que sa mère Marie-Thérèse vécut , c'est-à-dire jusqu'à l'an 4780, il fut enchaîné par ses volontés; car cette princesse habile et toujours active ne pouvait vivre sans prendre part an gouvernement, et ses devoirs de fils exigeaient qu'il préférât les volontés de sa mère aux siennes. Cependant, dans l'intervalle de son avènement jusqu'à 4780, survinrent plusieurs événements qui ont eu une grande influence sur les dix dernières années de son règne.

Premier partage de la Pologne^ 4775. — Auguste m, mort en 4765, n'avait laissé qu'un petit-fils en bas âge, et, à cette occasion» la maison de Saxe perdit ce trône qu'elle possédait depuis soixante-six ans. Alors aussi la Russie et la Prusse se mêlèrent des affaires de Pologne; car ce peuple, auparavant fort et redouté , était devenu faible ^ar ses dissensions el incapable de se soutenir par lui-même. Les

wfmE DO pçvp^B 4^m^mi

(^e\i% ppis$4Pce$ exigèrent que la Pologne choisi^ pour roi ua homme de sa nation , et dix 'ifaiWe Russes qui arrivèrent tout d'un coqp ^pr Varsovie , ayec autai^t de Prussiens qui se rassemblèrent sur la frontière , obtinrent qife ^S^nislas poniatowski fût placé sur le trône. ]>0pûis lors il i)e se tint plus de diète sur laqi^elle les étrangers n'exerçassent leur inr IJiiençe. Bientôt après cet événement, eut lieu iine guerf^ entre la Russie et la Turquie , dans jaq^elle U l^foldavie et h Valachie furent con*; guises par les fusses , qui auraient fort désiré /conserver ces conquêtes. Ms^is T^utriphe np yoiil^( ^i) aucune fagon y cpnçentir, de p^u; que i§ Qussie ne devint trop puissante; et ITrédéhp II ce tropyait aussi daqs un grand eso: ))ârras iris-è-vis de ces deux puissance^, ne s«ct)f^At comment i} maintiendiait réquili))re. AiQçs Qja^ trouva que 1q moyen le plus proprp de fprtir àp cette position était de prendre sur )e peuple qui était le mqiqs en état de se défendre itnoire i|n^ (elle y iplencp | sqf* la Pologne > une portion de son territoire, afin que les tro|$ autres États pussent $'en agrandir. On ne peut savoir précisément d'où vint cette pensée; mais |1 est facile de voir qu'elle sortait 4u génie de î'épp^i^e. Commç la sagesse d'alors ne fondait Ipps $ps p^puis que sur une mesure ^^térielle, pp poqcev^lt la forpe des Éfats que par les i^ilips parrés , le nombre des habitants , de$ ^i^ats , ^t r^rgpnt qu'ils possédaient , le fon4 ^ |a poJUiflue était de ^IflS^f tous ses efforts vers Tagrandissemciit ; rien ne semblait digne ^'lenyie comice une acquisition qui pût bien arrondir un royaun^e , et toute considération d'équité et de raison devait céder devant cet ij)ipérieu}[ principe, ^n des grands États ftvaiMl fait ^eql une pareille conquête , alors les autres accouraient suspendre à son hameçon i'^uilibre eurppéen. Ici donc, les trois roy^Mineç gqi touchaient la Pologne se partagèrent la proie pfopprtionneljement, s'en agrandirent, pt Pou crut ensuite. avpir paré à tQQt <}^ger. Ce système était dcycnii si super- Acisl y si misérable et si absurde , que l'on ne l^gt^it pa$ gi|e le juste équilibrp et la sécurité dyr^bie pour |pus i^e pouvaient être fondés gue sur un respect sacré pour la consfcrvation 4e$ droits des peuples. Le démeqbrpment de h Ppipgne fut i'aiiéantissement même de toiU eystèine d'équilibre , et le précurseur de ces mxK^ ïéyfiMpns, dg ces grand? dccfeifeT

pients , de cef traqsfprmaliops , même de ces ambitions qui tendirent à un empire uniyersel, et dont les secousses pendant vingt aqs ont ébranlé l'Europe dans le plus profond de se^ fondements. Le peuple polonais, pfessé de trois cAt^s, fut obligé , en l'a^tomne de Tannée 4773, de consentir à ee que trois pents nulles carrée furent déqiembrés fie sa prppfiété pour être partagé^ entre |a Russie | la Prusse et l'Autriche.

CrUfifTf OU &^jet de }q i^eçessian, d^ Bapiére , i77g. — Le prince électeur Maximilien-Joseph ^tant mort $ans enfants, 4777, l'héritage de ^es ptats et de çoq é)ectqnit appartenait à ie/ecleur palatin. l)|ais l'eippereur Joseph voulut tirer prpQt de cet béritaj^ à l'avantage de V Autriche ; il 0t revivre d'iMdciens droits , se jeta tout à coup si|r la Bavière avec sq(i année, et rpccupe. 4|ors le paeifique p^latip pbarles- Théodpr^ 9 préveovi et qûs e^ fiiite , signa on acppfîmiiQdeinent par leqpel il flbafidoiiDait k la maifpn d'Autriche |ps deif ^ tiers de la Payièn; pour en cpuserver le dernier tier$« La çûa4oit» de r^iitriclie d^n^ cpt^ opcasiop , et U parV qii'elle avait prise au démen^bremept ^ la Pologne, étaient 4'aulant p|ps inattendue^ , que c'était le seul des grands Ét^ts qui se fût jus* qpe-là abstenu d'un pareil 4)>n$ di» #a force. AJais le vertige du siècle avait triomphé de celte pacifique retenue de l'Autriche. — \\ ; eut de grands nionvemepts à celte Qçca^ipn dai^ Pempire ; Frédéric 11 surtout crut ne pa^ devoir rester oisif. |l prit parti contre P Autncjie , et fit de$ préparatifs en qua|i(é de dnc de |)eux- Ponts , hérilier de C)iarles-Théodofe, qui protestait contre le trailé fait par ce dernier prin^^e, et demandait l'assistance du roi de Prusse. U jeune empereur Joseph était trqp boptiUuvt pour p'en pas faire autant \ il vint prendre position en Bohême , et là il attendait le roi si avantageuse/i^ent placé, que les Prussiens, qui avaient déjà passé le sommet des montagnes, craignant de tout risquer dans upe attaque, ae retirèrent de la Bohême. Après quelques corn* bats , peu importants 4^ r^ste | entra le$ trou* pes légères, la paix fut $igpée à Tescben, le 4 S ipai 4779, per la médiation de la France pt de i^ Russie , ^yai)t mèpte la fii^ lîe la première année de la guerre. L'impér^Ltriçe Marie-Thérèse ne partageait ppint la passion guerfière de spn fils; elle Iqi demandait au contraire avee ins,tanpo de se }#pnpili.ef ej }ie faire ja paij.

W^m PB WWifl M*rai4life

gi|erf e , y éUi( assez disposé. Il était déjà courbé p^l* }i^ v^f il|^)^ ^ ^t avait l'Apil trop clairvoyant pg^ri^e ps(s voir que ('«^nciep esprit de Tarifée, gui lui ayait ffiit fyivfi des prodiges dans ){^ gaerfQ de ^p( ans, avait presque ^nljèr^n^eat f)i^R<irH » l^en qpe {£| djscipli^e la plus sévèrq etquele^ punitions même outrées poi|f d^ petites ifL\\i^ df(ns lc§ fqnnes fpsseiU n^ji^int^pvieç dan$ toutp |e(ir yigpeur. Souvent niéif^e )f)s adqiiqif^r4t|oi)3 d^ Vf!^°)^^ étaient ep fort n)çi|iv^i$ ^tat : i^ois c'était surtout çH^lIe des pourvoyeurs; car, (1^ |e pr^q^içr mois de I§ guerre, elle lais^ l'arp^ép §o^^fI ir dp la flisette ppf)r |cs premier^ |)egoi()$(, I^ foi ^W\\i bjentôf c^ défaiit) et cor I^end^nt ge pi|t pp dépoiivrir le pfiiiçipp ; inai^ il en (ut tr^s^tpurmepté. |^a p^ix jpi était donc de (beaucoup prérpi:§j)le ^ I^ guerre. Par Iq traité gpl suivit, r Autriche vef\d\\ à la m^^i^pu p^lati ^e tous \^ États de Ikivièfe , ^scepté le petit cercle de i^Hrg^q , e^ l'héritage ei) t^i ^^^ré a^ dwp AÇ pcq<-Pûnts.

ipré$ I|^ iffpf t de il^aric-Thérèse , Tempf re^r Jo^pp)f ^'qrfofç^, de toute TiiT^pétupsité de son bopiljant par^^ctépe ^ ^e fi)pt(rp ces grande pro-: jpfs h pxpçu(iun dan$ le plus coiirt intervalle po^ sil)le, et dp donner i^ux diiïéreutes espèces ç|6 peuple^ répandus sur lc( surface de ses v^ste» t\^}» l^np seple et pén)e forofe de gppvernp-: ipen^ tflle qu'il j'avait conçue ds^iissa tête. On aurait dit que sa manière d'être et de faifp

fut rar^nf-couFeur 4p ^^^^^ févolittiput '^ plus ipouije, qui a fr^^^^blé l'fiiifropp entière.

D jfilleufs ce prince, (le méa|e que son siècle pt Ip i^i^cle suivait, purent yoir par pnx-mèmes leurscréatiQnsprp^npîementjetccs dans le néant, pfircp qu'ils s'étaient abusés jjiii^qu'au point de croire qu'ils pouvaient ch^ngpr dans le court espace dupe yip d'hpmme^ ou même de quelqpps années ^ cp q^p la râpe hufnainfi n'a opéré qtfP m un lept enfantement à travers les siècles. Ç^t pctie présomption par laquelle on pré? tefid changer ei) réalité les idéeç qu'on s'est faitesi uniquement parce qu'elles sont possible^, qpejles que soient d'ailleurs les oppositions qu*ellcs doivent rencontrer dans le cœur ^e rbomiQe> dans son amour et son attachement pour cp qui pst habitude et pour ce qui vient des Qfeux ; cette présomption , dis-je , se trouvait au plus haut degré dans l'empereur Joseph , et c'est eU« qui a entravé ses boanes intention^. Il

avirit une yo)(^pté ^téW^ pQQV \% jnsfiofn e| 1#

bien , poqr le (^onbeur de ses États , ppur le^ progrès et la liberté <]e l'intelligpncp ; mA» it néglige^^ d'interrogpr s^ns préyentipp la aatufi buipaine, et de s'instruire sur le ci^ract^ propre de chacun de ses peuples. Cp qu'il ^Utrpr

f^rit le plus souvent n'ét$iit point mesuré mr eur état actuel , et pp qiii convenait à Tua d'epx pe pouvait s/adî^ptpr à un autre. Avpe Ip sentirpppt de la générosité do ^ iateptloq^» Joseph H se n^ode^ sur Frédéric pqur régopf par ipjspéme; mais Frédéric $'occiipa plut(i^ 4'arraogpmpnts extérieurs , de l'admipistraticA dp l'État, dps prpgrèç 4p Vipdustrje, dp j'augmpntatipn 4ps rpyenqs, pt il n'eptra qpp très-peu daps ce qi|i ifgardp U in^rpbp intellectuelle j qui suivit son popr^ partieulipf | quelquefois mémp topt à fait ipcqnnu dp ImÎ} tandjs que Joseph , par ses nouvelles dispc^it tionç , attaqua sopvppt {'endroit le p|p9 seiùfibli pour le peuple. 11 vpulait sprtout la {ibprté df conspiencp e( ]f^ liberté dP ppn^er ; n^^i^ il |}f rpiparqq.^jt pas que ra4piissipn dP cp prinpipa dépepdait d'une çopvictjoa iptima qui w pcpt être iffîpos^e , pt n'existe repliement qoa lorsqi^e la lumièfp a pénétré peq h pep jpsqp'pu fonfl ^\\ cœur.

{.es pjus grands obstaclps qpe Jqsopb |rapF(| pour se^ ippQvations vinrent dp la part da l'Église; car il youlpt popftçquer qpantité d< cppvepts et 4^ m^ispps religieuses catlioliqupsi et changer brpsqiicpient tppte la ppqstitntioîi ecclésiastique; c'pst-à-fljre que pe qpi aurait pu s'arrapger do soi-pfiême d^uis l'iptervaite d'un (}^'mi-$iècle , i| vpplut l'obtenir dans la première appép de son gopyerpcment. Par cetta confiscation dps biens ecclésiastiques , pluf d'un prince yoisip , par pxemple r^vêgue dp Passau et rarcheyêquc de Salzbourg , se trpijT vérent |é$é$ dans leurs droits, et ne paanquèr fent p^ d'élever dp grandes plaintps; dp piême aussi, d^ps plpsjeurs antres circonr stapces, beaucoup 4o princes crpreat trQPvair daps l'empereur une espèce de piéprji pour lai constitutipn? de Tepipiro, Las appréhensions augmentèrept p^trêmempnt quand QP le ?it, dans l'apnée 17S5, piénager pn traité d'éfhanga avec le prince électeur palptin ^e SaTièrai d'après lequel pe prince devait (abandonner son pays à rAptriche, et recevoir ep reyanebf {es Pays-Bas avec le titre 4p roi d^MQ POU?aw

mmm 4p. 69iirB9e88 \ dp catta im^ tout k

fflSTOIRE DU PEUPLE ALLEMAND.

sud de l'Allemagne aurait appartenu à TAu*triche. Le*^ prince n'en était pas éloigné, et la France et la Russie y étaient consentantes dans le principe; mais Frédéric II vint encore Tine fois déconcerter ces plans, et réussit à en détourner la Russie. — Ces mouvements, occasionnés par les efforts de l'empereur Joseph , qui cherchait à donner à ses projets une prompte exécution , firent naître dans la tête du vieux roi de Prusse la pensée de décider les princes allemands à faire entre eux une alliance pour assurer le maintien de la constitution impériale, de même que déjà antérieurement on avait vu plusieurs membres de Tempire s'unir pour leur mutuelle défense. Tel devait être Tunique but de Talliance, du moins dV près la parole même du roi ; et elle fut arrêtée, en Tannée 4785 , entre la Prusse, la Saxe, le Hanovre , les ducs de Saxe , de Brunswick , de Mecklenbourg, de Deux-Ponts, le landgrave de Hesse et quelques autres princes ; bientôt même rélecteur de Mayence s'y joignit encore. Cette alliance fut au fond une démarche moins ennemie que sévère ; mais ce n'en était pas moins un reproche sensible fait à la maison d'Autriche au sujet des nouvelles entreprises de Tempereur ; et c'était en même temps une leçon qui l'avertissait que ta destination de la maison d'Autriche, parmi les peuples de l'Europe, était de maintenir ce qui existe, uniquement de protéger le droit , de présenter toujours un rempart à l'esprit de conquête, et d*êtfe ainsi le tuteur de la liberté commune; mais que, pour peu qu'elle s'écartât de cette voie, elle perdait aussitôt la confiauce publique. Du reste, cette alliance n'eut aucun résultat pour l'Allemagne , soit parce que Frédéric II mourut Tannée suivante , soit parce que les successeurs de Joseph II revinrent heureusement aux anciens principes de leur maison , la modération et la sagesse ; soit enfin parce que, dans les dix dernières années de ce siècle, il se passa en Europe des événements si inouïs, qu'ils firent oublier tout le reste, qui n'était plus que de la futilité en comparaison.

Mort de Frédéric 11^ il août 4786. — Cette alliance des priuces fut le dernier acte public du grand Frédéric qui eût quelque importance; il mourut Tannée suivante. Il resta toujours actif et entreprenant malgré sa vieillesse; nais il devint de plus en plus isolé , car tous les anciens compagnons de ses premières années

étaient descendus an tombeau avant lui (Ziettien mourut au mois de janvier de Tannée même de sa mort, âgé de 87 ans ); et, d'un autre côté, le grand roi n'avait pas reçu du ciel le don de la paternité , le don par lequel Thomme semble revenir aux premiers sentiments de Tenfance et pour ainsi dire recommeooer sa carrière ; il ne pouvait se voir rajeuni et revivant dans sa postérité. D'ailleurs il n'avait pas au fond de son Ame des sentiments cou* venables pour cet état, et sa nature était fort imparfaite sons ce rapport. — Son esprit se soutint presque intègre pendant soixante-quatorze ans , quoique son corps fût extrêmement affaibli. Le grand usage qu'il avait fait des fortes épices et des mets préparés à la manière française avait desséché tous les sucs de sa vie , et une grave hydropisie aggravait de plus en plus son état. Il devint plus mal dans Tété de 4786, et le 47 août il succomba, il fat enterré à Potsdam , sous la chaire de l'église. — Quoique la nouvelle de cette mort, arrivée dans un âge si avancé, ne pût surprendre personne, elle causa cependant une émotion générale dans toute l'Europe. — Frédéric laissa à son successeur un royaume bien réglé» peuplé de six millions d'habitants , une forte armée et un trésor bien rempli ; mais le plus beau trésor qu'il laissa fut le souvenir de ses héroïques et valeureuses actions, qui devait devenir plus tard pour son peuple un cri de réveil et d'encouragement.

Mort de Joseph II, le 20 février 4790.— L'empereur Joseph s'était engagé, en 4788, dans une guerre contre les Turcs qui ne Ini rapporta pas tous les avantages qu'il s'était promis. Son armée souffrit des pertes considérables, surtout par la maladie, et bien qu'ï s'y fût rendu en personne , ses armes ne furent pas heureuses; il manquait du sang-froid, du calme nécessaire à un grand général. — Dans ce même temps, la Hongrie commença à donner tout haut des marques de mécontentement, parce que Joseph traitait le peuple qui Tavait sauvé, lui et sa mère, sans aucune considération pour ses droits , ses mœurs et son langage. Mais, dans les Pays-Bas, il y eut une révolte ouverte ; le clergé, le peuple , la noblesse , les villes, tous voyaient, dans les réformes trop précipitées de Tempereur, des attaques contre leurs anciens privilèges. Ils prirent les armes, et le 22 octobre 4 789 les provinces do Brabant

mSTOmE DU PEUPLE ALLEMAND.

se déclarèrent indépendantes dans une assemblée à Bréda. Presque tontes les yilles prirent le parti des réyoltés, qui ayaient à leur tète nn ayocat , Yan der Noot ; et les employés antrichiens se yirent forcés de prendre la foite. C'était nn ayant-conrenr des grands éyénements qni se préparaient en même temps en France. L'empereur Joseph mourut au milieu de ces agitations , dans sa quarante-neuvième année, le 20 féyrier 4790. Il ayait été fort ébranlé par les fatigues qu'il éprouya dans la guerre des Turcs ; mais il fut encore plus accablé par la douleur de yoir tant de projets manques et la colère des peuples souleyée contre lui.

LËOPOLD n.

(4790-92.) Comme Joseph n n'ayait point laissé d'enfiânts, son frère Pierre-Léopold , jusqu'alors grand-duc de Toscane , lui succéda dans les États héréditaires d'Autriche. La tâche qui lui était imposée n'était rien moins que facile; car de tous les côtés régnait le mécontentement ou la réyolte, partout il y ayait des leyées de boucliers ou des guerres. H fallait la plus sage modération pour conduire heureu- { sèment le gouyemail à trayers une pareille tourmente ; mais Léopold possédait ce calme et cette sagesse. Les plus dangereuses innoyations de son prédécesseur furent écartées, la Hongrie fut pacifiée , les Pays-Bas furent apaisés tant par la force des armes que par la confirmation de leurs droits et de leur constitution ; enfin , l'année suivante , on fit aussi la paix avec les Turcs. Le 30 septembre 4 790 , l'héritier de la maison d'Autriche fut choisi pour empereur d'Allemagne, sons le nom de Léopold 11. il ne régna que deux ans, jusqu'au 4*' mars 4792, et ce court règne finit au moment que commençait en Europe une époque pleine de difficultés et d'embarras.

Sous le règne de Louis XYI , qui ayait épousé Marie- Antoinette, sœur de Tempereur Joseph II , les idées philosophiques , qui s'étaient répanduesayec tant de rapidité en Praocedurant le dix-huitième siècle , produisirent leurs fruits. L'ancien ordre de choses fut ébranlé jusque dans ses fondements , et le tiers état, agité par des idées nouvelles de liberté , porta de rudes coups à la noblesse et an clergé. Bientôt l'antorité royale elle-même ne fut plus respectée.

Les états généraux du royaume, assemblé! pour la dernière fois en 4^89 , se donnèrent le titre d'Assemblée constituante, et établirent pour la première fois , dans ce pays , le gouvernement représentatif. Une foule de nobles et d'ecclésiastiques , effrayés des actes de cette assemblée, émigrèrent, et cherchèrent à intéresser les princes étrangers , ceux d'Allemagne particulièrement, à leur cause, leur faisant sentir combien ils seraient eux-mêmes menacés, si les principes qui éclataient en France péné-< traient parmi leurs peuples. La Prusse, accoutumée à une domination absolue , se déclara la première peureux. En 4794 , l'empereur Léopold II , successeur de Joseph II , son frère , et le roi de Prusse Frédéric^Guillaume , eurent une entreyue à Pillnitz en Saxe, où se trouya aussi le comte d'Artois , le plus jeune des frères de Louis XYI, et y formèrent une alliance contre la révolution. Léopold avait reçu la sou* mission de la Belgique , abandonnée par l'Assemblée constituante de France. 11 mourut en 4792, et eut pour successeur son fils Fran» Qois IL Les Français, pour détourner l'orage qui les menaçait, déclarèrent les premiers la guerre. Le duc de Brunswick passa le Rhin , et ne rencontra pas d'abord d'obstacles ; mais la journée de Yalmy le força à la retraite. Dumouriez battit bientét après les alliés à Jemmapes, et la Convention nationale annonça solennellement qu'elle protégerait tous les peuples qui youdraient, conmie la France , reconquérir la liberté et l'égalité. Heureux dans les Pays-Bas , les Français le furent également sur les bords du Rhin , où ils étaient conimandés par Custine; Mayence tomba en leur pouvoir, et ils furent un instant maîtres de Francfort-sur-le-Mein. Dans la première de ces deux yilles, les jacobins ayaient un parti puissant. Le 47 mars 4793 , il s'y réunit une conyention nationale de l'Allemagne rhénane ; mais, au mois de juin suiyant, la place fut con« trainte de se rendre aux Prussiens, malgré une yigoureuse défense. Dans les autres parties de l'Allemagne, les idées révolutionnaires gagnaient également un certain nombre de personnes des classes élevées, dont quelques-unes jouèrent un rôle dans les agitations dont la France fut le théâtre. Il y eut même, sur certains points, des soulèvements populaires et des conspirations qui furent sévèrement réprimés. Au milieu de ces inquiétudes , on s'occupa

au

HinoiMi DU wsxiPta àlLbman».

iû partage définitif de la Pologne , qui fnt consommé en 4 T94.

La terreur régnait en France , et Louis XYI Ini-mAme avait péri snr Téotiafaud le 2t janvier 4T95. Les rois conclurent dans le même temps la première grande coalition centre la révolution. L'Angleterre la dirigea , attaquant la Franoe de tous cétés , sur mer et sur terre ^ an àord et au midi. L'Espagne et le Portugal agirent vers les Pyrénées^ ies princes d'Italie vers les Alpes ] rAulricho , la Prusse et Tempire germanique, ainsi que la Hollande, sur le Rbin. Safla la ftitède et la Russie entrèrent anssi dans la ligue , et formèrent comme une réserve. Le 4uc de fiafê-Cobourg commandait les prindjMm tûvom de TAntriehe dans les Pays-Bas. BoDiooriea ti*atta seerètement aree lui, se laissa battre près de Nerwtode, ot passa emûn ans Atitriehicns; Cobourg, yenforeé par les Anglaii et les Hollandais sous les ordres du due d'Yoïk) fit frute suie faute, et perdit tous ses avantagea , malgré les sages avis du général aotribhiéii Clairfait, qui battit à Famars les Fiiinçais eenduits par Uampierre* Houchard et teoniàn , à la léte des soldats à peine ressema bléS) battirent, le premier les Anglais % Homiseote, le second les Autriobiens à Wat* tîgniea. La division se mit de bonne heure entre les eoalisés] pourtant, après la conquête de Ma]vnoe , les Prussiens firent essuyer un échee à Morean près de Pirmasens ] puis ils restèrent Uiaetiik. Lés prinees de Tempire ne bougèrent pas, et laissèrent k rAutriche tout le firdeao de la guerre. Wnrmser , général de François if, parvint pourtant à obtenir quelques troupes prussiennes et bavaroises, qui ne rempéolièrenl pas d'élre vaincQ à plusieurs reprises, et de perdre la rive gauche du Rhin. Dans les Pays-- Bas, Jourdan remporta la victoire de Flmirus (4704) sur Gobourg, qu'il rejeta hors des Pay»» Bas; puis il remonta le Rhin , et obtint de noti^ veaux succès* A la fin de cette même année ) ISobegi'U soumit la Hollande, qui fut pro« elaaiée répukli^uê baioHy comme les Pays* Bas antfiohiena avaient déjà été érigea ea rép^jh

Cependant le règoe de la tonreur avait cessé à Paris , et le parti modéré , qui arriva aux affaires', fit espérer une paix générale; et, pour en retirer les premiers avantages, le roi de Prusse, Frédéric-tiiiillaume H, négocia une paix particulière. Elle fut œincliie à Bàlo , le

5 avril 4795. Par un article secret , la Artisie assura à la France la possession de toute la rive gauche du Rhin , et la France garantit à la Prusse une grande compensation en Allemagne, aux dépens des petits Etats. Le Banovro et Hesse-Cassel furent compris dans le traité et dans la ligne de démarcation que les Français ne devaient pas franchir. On laissa subsister la république batave , mais la Belgique fbt incorporée à la Frabce. Si rAdtriche continua I4 guerre , ies princes de rAllemagne méridionale étaient disposés à la jpaix , et TEspagne ellemême traita avec la république. François II fil t inébranlable. En 4T9è, rarchidoc Cfaar/es, son frère, prit le commandement des forces autrichiennes en Allemagne , et Beanlieu se mit à la tète de celles qui défendaient Tltalie. Les Français envoyèrent Jourdan sur le bas Rhin, Moreau sur le haut Rhin , et Bonaparte éa Italie. Moreau sotimit tout le cercle de Souabe , et le Wurtemberg fut contraint ^ céder solennellement à la France le comté de Moutbélfanf. les autres États fhrent mis à contribution. L'archi* duc se retira sur le Danube , d*oil 11 j^uyalt en même, temps observer lourdan. Çchil-d avait passé le Rhin , prfe flranclbrt, et forcé I une trêve les cercles de franconie et de haute Saxe , ainsi que la Bsivière. Mais Tarchidoc A*anchit tout à coup le Danube près d^ngolstadt^ tomba sur Jourdan, et lui fit essuyer coup sur coup plusieurs défï&ites. Morean , qui venait de vaincre Latour à Friedberg , vit son flanc gaache à découvert , et fnt forcé à cette admirable retraite qui est peut-être, son plus beau titre de gloire.

Bonaparte avait passé les Alpes dèâ le mois d'avril tT96. Il déploya une merveUleuse activité. Les victoires de Montenotte, de Mfltelmo, de Mondovi, signalèrent ses armes contre Beau* Heu et le roi de Sardaigne. Celui-ci signa une Myty et le général autrichien, qui ronfuC en vain défendre le P6^ fut encore une fbls battu à Fombio. Bonaparte triompha ^pdement à Lodi , et entra dans Milan dès le 15 mal. Beaulieu se retira d'abord derrière le Mtncio, pub dans le Tyrol. La Sardaigne fit la paix. Le pape et Naples la demandèrent également. Après de nouveaux succès , Bonaparte assiégea DIantooe, que Wurmser voulut délivrer. Les Français battirent d*abord Quasdanowich à Léonato, Wurmser à Castiglione, et les fbrcèrent tous deax 4 se replier sur le Tyrol. Wnmser nfvùH,

BOSTOIBB PU nxmM ALLSIUNIk

iBtts Uê Aotriohiens «tsuyèrent de nowellea défiâtes à Rû?eredo , à Bassuio, Wormser 90 jela dans U aotooe ; Alvinzi, qui arriva pour la dégager I fournit à Bonaparte uae nouvelle occasion de s'illustrer à Arcole, Davidowicbi gui avait obtepu uu léger succès à Bivoli , fut égalemeut repoussé. Alvinzi ayant de nouveau succombé i^ Rivoli , Wurmser rendit Mantoue»

Au commencement du printemps (4797)| Bonaparte se dirigea , à travers les Alpes , sur Vienne m^me , tandis que Hocbe recommençait les attaques sur le bas Rhin , et Moreau sur le haut Rhin. Le premier battit les Autrichiens près de Neuwied| le second près de Diersbeim, Bonaparte était le plus proche et le plus dange* reux. On lui opposa Tarchiduc Charles, Celui-ci îit tout ce qu'il était possible de faire avec des troupes découragées et presque débandées. Le conquérant de Tltalie s'avança à marches for* oées dans la Styrie ^ se dirigent sur Yienne* ÎJn autre corps d'armée, commandé par Jpu* bert» avait pénétré dans le Tyrol, mais sans succès ) et vint rejoindre Bonaparte près de Villacb* lie général en chef français fit des pro* positions de paix pour arrêter l'effusion de sang i les uégociatious | commencées à Léobeu» se continuëreut à Campo-Formio, où le traité ifut signé , le 47 octobre 4797, Il assura la pré« pondérance en Europe à la France , en la laissant maîtresse de disposer à son gré de l'Italie et de toute la rive gauche du Rhin* L'empereur obtint Venise eu dédommagement de la perte des Pays-Bas. La Prusse, irritée de n'avoir reçu aucune indemnité , fit en Allemagne même des usurpations k sou profit. Frédéric*GuiIiaume H mourut bientôt après, laissant le trône de Prusse à Frédéric-Guillaume III. *Gènes fut érigée eu république ligurienne , et le Milanex eu république cisalj^. Après ces succès, Bouaparte fit son expédition d'£gypte (1798).

Les difficultés relatives aux États d'Allemagne devaient être tranchées au congrès de Rastadt, où la république française députa Roberjot, Bonnier et Jeau de Bry. Frédéric , duc de Wurtemberg, déjoua le projet de constituer une république eouabe, que soutenait la France} pour arriver k son but , il fit de sages concessions & son pays (4797). Les Français ne se contentèrent pas d'occuper toutes les places fortes , particulièrement Mayence ; ils rasèrent même, en pleine paix , la forteresse d'Ehrembreitstein, sur la rive droite du Rhin , en face

de CologUje , qui jusqu'alors arait été mfffin nable , et dont ils s'emparèrent, et extorqua? rent aux villes anséatiques une oontributiou d<| dix-huit millions de livres. Le parti allomao4 se releva encore une fois dans les Pays-Bas } toute la jeunesse prit les armes, en 4798, poof se soustraire h la conscription; mais eetl« levée de boucliers n'aboutit qu'à laire coulef des flots de sang. Les Français divisèrent lei pays du Rhin , que l'empire n'avait pas ^U dér fendre , en quatre départements : ceux de la Roer, avec Aix-la-Chapelle pour chef^lieu ; di| Uont-Tonnerre , avec Mayeuce pour ebef*liett ; de la Sarre, avec Trêves pour cbeMieu; de Rhin-et*Moselle , avec Coblenti pour ohef-liett» Toute distinction de classes fut anéantie ; W noblesse et les droits féodaux furent abolis ^ les dîmes supprimées , la plnpart des fondations ecclésiastiques livrées au {Âllage, Le tour de h Suisse vint aussi ; elle fut aussi révolutionuéite Foye* Suisse,

La Prusso restai^ tranquille spectatriee dei événements « dans la persuasion qu'elle aequerf rait de nouvelles forces par la paix , tandis qu^i ia guerre épuiserait les autres puissances. VA^ triche , au contraire , ne resta pas en repos # parce qu'elle était immédiatement menacée par l'occupation de la Suisse. Elle se bAta de fair^e une nouvelle coalition avec l'Angleterre et la Russie; occupa le pays des Grisons, pouc mettre du moins à couvert les défilés de }% Suisse orientale, bien qu'elle ne p&t sauver if Saiot-Gothard ni le Simplon ; en même tempe Mack fut envoyé à Naples pour diriger ua« levée en masse de Tltalie méridionale centra les Français ; une armée russe se mit en mouf yement sous les ordres de Suwarow, pouf soutenir les Autrichiens ; l'Angleterre prodigui l'aient. L'absence de Bonaparte relevait 1« courage des généraux alliés. A Vienne, le dra^ peau tricolore fut arraché par le peuple dA l'hôtd du général Bernadotte, amba^adeur d# la république; on le mit en laècea et on iQ brûla ; les plénipotentiaires français à Rastadt furent assassinés ; Jean de Bry échappa seul ^ la mort (28 avril 4799). Depuis un mois déjà les Français avaient recommencé les bostiliûi an Suisse sous Masséna « et en Soaabe auua Jourdan. Le premier de ces génén^ux eut dei succès importants ; le second fut battu par Tarchiduc Charles à Ostrach et k Stoloieb , mm on ne le poursuivit pas* L'iurchidup Qpér« M

JH9

jOBctioD avec Hotze , qui avait repris les Grisons, triompha de Masséna à Zarich, et fit occuper les hauteurs du Saint-Gothard. Cependant Kray avait vaincu à Magnano le général français Schérer; d'autres armées alliées arrivèrent , principalement Tavant - garde des Russes avec Suwarow, qui défit Moreau à Cassano et à Marengo, Macdonald sur la Trébie, Joubert à Novi; ce dernier fut tué dans le combat. Mais les vainqueurs se divisèrent. Les Autrichiens , contre Tavis de Suwarow , voulurent prendre Mantoue et Alexandrie , et occuper la Toscane. Ils interdirent l'entrée de ses États au roi de Sardaigne , que Suwarow voulait rétablir; car ils prétendaient garder son royaume. Sur ces entrefaites , Suwarow reçut Tordre de se réunir à une armée russe qui venait d'arriver sur le Rhin , et que commandait Korsakow, pendant que rarchiduc se laissait enlever de nouveau les défilés du Saint- Gothard par un coup de main du général Le^* oourbe; puis il quitta tout à coup le théâtre de la guerre pour descendre le Rhin, et soutenir l'expédition du duc d'York contrôla Hollande; et Masséna remporta sur Korsakow la fameuse victoire de Zurich. En même temps l'Autrichien Hotze fut battu et tué à Schannis. Suwarow franchit le Saint-Gothard après plusieurs engagements meurtriers, obtint quelques sucées, et n'arriva qu'avec la plus grande difficulté, et après des pertes considérables, dans la vallée du Rhin , où se termina son admirable marche. L'archiduc avait pris Philippsbourg et Manheim , mais n'avait pu empêcher le duc d'York d'être battu à Bergen par le général Brune; puis il se réunit à Korsakow et à Suwarow. Ce dernier proposait un plan d'attaque extrêmement hardi , que l'archiduc n'approuva pas, et la campagne fut terminée, parce que toutes les troupes russes furent tout à coup rappelées par le czar Paul I*% qui ne voulait pas se sacrifier plus longtemps aux intérêts de l'Angleterre et de l'Autriche. L'arrière-garde de l'archiduc fut défaite par les Français dans plusieurs petites rencontres i Heidelberg et sur le Necker. D'autre part. Mêlas remporta encore une victoire en Italie. A cette époque Bonaparte revint d'Egypte, fit le 48 brumaire, et Itat proclamé premier consul.

' L'année suivante (4800), Bonaparte comniMiça une nouvelle campagne contre l'Au* triche, déploya une incroyable rapidité , opéra

le merveilleux passage du mont Saint-Bernard, et prit les Autrichiens en flanc , au moment où la famine venait de forcer Masséna à rendre Gênes. Quelques jours après, il remporta sur Mêlas l'éclatante victoire de Marengo , et toute l'Italie retomba au pouvoir des Français. En même temps Moreau pénétrait en Allemagne, et battait Kray dans plusieurs actions , principalement à Stokach et à Moskirch , puis à Biberach et à Hochstaedt. Kray conclut on armistice que l'empereur ne ratifia pas. Il fut remplacé à la tête de l'armée par l'archiduc Jean , qui fut vaincu par Moreau à Hohenlinden. Due autre armée autrichienne, qui s^avançail en Italie , fut défaite par Brune sur le Minno. L'Autriche alors se décida encore une fois à la paix , qui fut signée le 9 février 4 804 à Lunéville. L'Angleterre signa enfin le traité d'Ami^u l'année suivante (4802). Toute la rive gauche du Rhin fut cédée à la république française. Les petites républiques que la France avait créées autour d'elle, en Italie , en Suisse et en Hollande, furent rétablies et reconnoes par ies puissances alliées. La république cisalpine s* accrut des possessions du grand-duché de Toscane et du duc de Modène, qui devait recevoir une compensation en Allemagne. Bonaparte donna une nouvelle organisation i la république helvétique , en 4 803, par Vacte de médiatûm. La même année, un recès de la députation de l'empire supprima les électorats ecclésiastiques de Mayence , Trêves et Cologne , parce que leurs possessions étaient situées sur la rive gauche du Rhin , et appartenaient par conséquent à la France. L'électeur de Mayence, transféré à Ratisbonne, conserva seul sa dignité. On 'supprima ensuite toutes les villes impériales, à l'exception de six, qui furent Lubeck, Hambourg, Brème, Francfort, Aogsbourg et Nuremberg; on supprima également tous les évêchés et toutes les abbayes qui n'étaient pas encore sécularisés , et enfin les petits comtes et chevaliers immédiats , qui devinrent tous sujets des princes plus poissants. Les petits princes et Tordre Teutonique subsistèrent seuls quelque temps encore, pour être bientôt engloutis à leur tour. La Prusse obtint les évècbés de Hildesheim et de Paderborn , une partie de celui de Munster, un grand nombre d^abbayes et de villes impériales en Westphalie et en Thuringe , principalement Erfurt ; la Bavière reçut les évêchés de Wurtzbourg , de jBambeiH } de

filSTOiRE BU PEUPLE ALLEMAND.

Preisiogeii) un grand nombre de petites villes, etc., et ferma tous les couvents. Le Banovre eut Osnabruck; Baden eut le palatinat de la rive droite, et la majeure partie des évèchés de Constance , de fiàle , de Strasbourg et de Spire; le Wurtemberg, les deux Hesses (Casscl et Darmstadt) et Nassau obtinrent toutes les parties du territoire de Mayence, des villes impériales et des petites principautés qui leur étaient limitrophes. Le grand-duc de Toscane , frère de Tempereur, eut Saltzbourg ; le Brisgau fut donné au duc de Modène. La dignité électorale fut accordée au nouveau duc de Saltzbourg, au landgrave de Hesse-Cassel , au duc de Wurtemberg et au mai^rave de Bade. Le 48 mai 4804, Napoléon abolit la république, et se fit proclamer empereur héréditaire des Français ; il se fit solennellement sacrer le 2 décembre de la même année. Le 15 mars 4805 , il abolit également les républiques ligurienne et cisalpine , et se fit roi d'Italie en plaçant sur sa tète l'antique couronne de fer des Lombards. Il établit une distinction entre la France proprement dite et le Grand Empire. Ses conquêtes devaient successivement étendre cet empire sur toute TEurope. L'Autriche ne pouvait rester indifférente à cet empire; de plus , elle avait été froissée en Italie par la conduite arbitraire de Napoléon ; enfin celuici, à l'occasion de nouvelles discussions avec l'Angleterre , avait fait occuper le Hanovre, fait saisir le duc d'Engbien en pleine paix et sur un territoire neutre , et l'avait laissé fusiller. La Prusse laissa tout faire , parce qu'elle espérait obtenir le Hanovre pour prix de sa neutralité. Mais l'Autriche forma la troisième coalition avec TAngleterre, la Russie et la Suède (4805). Napoléon surprit dans Ulm le général autrichien Mack , qui commit les fautes les plus impardonnables , et se rendit avec une garnison de soixante mille hommes. Poursuivant sa victoire avec rapidité, Napoléon fut maître de Vienne sans que les Autrichiens eussent eu le temps de fortifier Lintz ni aucun autre point sur sa route. Mais alors la grande armée russe, commandée par Kutusow , se montra en Moravie. Le nouveau czar, Alexandre 1*% s'y trouvait , et François II se joignit à lui avec les débris de ses troupes. Les deux empereurs furent battus à Austerlitz , non loin de Briinn, le 2 décembre 4805. L'Autriche fut obligée d'acheter au prix des plus grand3 sacrifices la

paix qui fut conclue à Prosbourg le 26 décembre.

An commencement de la campagne , Napoléon avait forcé les électeurs Charles-Frédéric de Baden , Frédéric de Wurtemberg et Maximilien-Joseph de Bavière , à entrer dans l'alliance avec la France, et ils lui restèrent fidèles parce qu'ils pouvaient en tirer de grands avantages privés. Napoléon , pour se les attacher davantage encore, leur abandonna la meilleure part du fruit de la victoire. La Bavière fut érigée en royaume, et reçut aux dé* pens de la Prusse Anspach et Bayreuth, aux dépens de l'Autriche tout le Tyrol, le Vorarlberg , le margraviat de Burgau , les évèchés do Passau, de Trente et de Brixen, et de plus beaucoup de petites seigneuries. Le Wurtemberg devint également royaume , et reçut les seigneuries autrichiennes en Souabe. On donnaà Baden le Brisgau et le titre de grand-duché. Napoléon prit pour lui Venise, qu'il réunit au royaume d'Italie, et, en échangede toutes cas pertes, on ne donna à l'Autriche que Saltz* bourg. L'électeur de Saltzbourg fut envoyé, avec son titre , à Yurtzbourg. Toutes les petites républiques et les conquêtes dépendantes de l'empire de Napoléon furent transformées en royaumes et en principautés , qu'il donna à ses parents et à ses favoris. Son frère Joseph fat roi de Naples ; son frère Louis, roi de Hollande ; son beau-fils Eugène éeaubarnstis, vice-roi d'Italie ; son beau-frère Murât, grand-duc de Berg ; son premier aide de camp , Berthier, prince de Neufchàtel ; son oncle , le cardinal Fesch , devait succéder à l'électorat de Mayence , transféré à Ratisbonne. Pour faire disparaître tonte distinction de naissance , Napoléon amena des mariages entre sa famille et les plus anciennes maisons de l'Europe. Le prince Eugène épousa une princesse de Bavière, Jérôme Napoléon une princesse de Wurtemberg. Tous ces nonveaux princes étaient vassaux de l'empereur Napoléon, et soumis à son autorité suprême, en vertu d'une loi de famille. Tous faisaient partie du Grand Empire. La Suisse s'y rattap chait également , et il ne fallait qu'un pas pour incorporer la moitié de l'empire germanique. Le 42 juillet 4806, seize princes de l'Allemagne occidentale conclurent , sur l'invitation de Napoléon, un traité en vertu duquel ils voulaient se détacher de l'empire germanique, former la emfédératm du Mhw , et placer celle-

fllSTÔBlfi 1)0 nSWLfi ALLIMÂNO.

d soQs lA sdzetttinefé de Temperetir des Fran<çais. Le 4*' août, Napoléon déclara lui-même qtie l'empire germanique avait cessé d'exister. François II se conforma à cette volonté. Les noms antiques disparurent. Le Saint-Empire romain devint simplement Tempire d'Autriche; les électeurs furent rois ou grands-ducs. Mais ces princes furent désormais souverains dans toute l'adception du mot, et ne dépendaient ^m de la suzeraineté de l'empereur. Les pe^tites {)rincipautés de Hohenlohe^ ^ttingen, Sch wartKemberg , Latour et Taxis, Truchsess de Waldbourg , Furstenberg, Fugger, Leiningeh, Hesse-flombotirg, Wied-Runkel, Orange- Flilda, que l'on avait ménagées jusqu'alors, devinrent sujettes dés prinees de la confédération du Rhin limitrophes. Des'^six villes impériales qni restaient ^ Augsbourg et Nurembei^ éeharent à la Bavière; Francfort fut donné eotttme grand 'duché au vieil électeur de Sfayence , qui fut transflSré de Ratisbonne. Les imclennes villes anséatiques, Lubeck, Brème et Hambourg, conservèrent seules leur liberté. La confédération du Rhin fût oi'ganisée sur le j^ied de la république helvétique. Les seize {^rinces qtii la composaient devaient être complètement indépendants et souverains dans toutes les affaires intérieures ( mais ils dépendaiéUt de Napoléon , leur protêcttur ^ pour tout ce qui regardait le dchop. Dans son ensemble, la conftdératlon était une partie de T'empire ifrançals. ffapoléon en nomma président, t^mme prince primat, le vieil électeur de TBayence , Dalberg , devenu grand-duc de Trancfort. Dès lors pourtant on lui avait désigné pour successeur l'oncle de Napoléon , et plus tard le prince Eugène; de sorte que, dans l'avenir, toute la directiou de la eonfédération se [serait trouvée entre des mains françaises. A èette confédération appartenaient deux rois (Cent de Bavière et de Wurtemberg), quatre grands^ducs (cent de Francfort» deBaden, de Damistadt et de Berg), enfin dix princes (deux de Nassau» deux de Hohenzollem, deux de daim , et ceux d'Aremberg , d^sembourg , de Lichtenstein et de Leyen).

Les empiétements de Napoléon firent craindre & la l^russe qu'il ne voulût aussi restreindre sa •puissance et son territoire , et quelques actes semblaient justifier cette appréhension. La Prusse déclara donc la guerre à la France;

tendre Farrivée des lecovirs promli {nu" la Russie , et en négligeant toutes les mesures de précaution. Le roi et la reine se rendirenl et personne à l'armée, qui, aprèa quelque ais tiens secondaires, essuya la plus complète dè^ faite à léna , où Napoléon remporta une de ses plus glorieuses victoires. Après avoir confisqué en chemin, à Leipzig, -des marchandises an*» glaises pour UUe valeur de soixante millions, il entra à Berlin dès le 97 octobre^ Toutes les forteresses de la Prusse se rendirent l'une api^ l'autre. Quelques tentatives de résistance furent facilement comprimées. On peut vmr^ à Fan ticle Prusse, comment ce pays, au sein de l'infortune, se régénéra moralement, comment il rei)rit son énergie. La partie de la Pologne qui était échue à la Prusse fit natdrdiement défection. Dès qu'elle Vit arriver les Frmnçais, elle les salua comme des libérateurs^ Le roi s'était retiré, avec te reste de ses troupes « jusqu'à Kœtiigsberg, où 11 fit sa jonction avee les Russes. Les batailles d^Eylau et de Friedhad ajoutèrent eneore à la gloire de Napoléon. La paix de tilsitt ( 9 juillet 4807)^ honteuse pour la Prusse , et accordée, dit Napoléon , à la seule considération de Femperenr de Russie ^ i&it fin h cette guerre. Ded possessions prussiennes de ta rive gaUchë de FEIbO) du Hanorre, dn Brunswick et de Héisse-Cassël (dont Félecfeor restait neutre ) , Napoléon forma le nouveau royaume de Westphalie^ qu'il donna h son itère Jérôme , et qui entra dans la confédération du Rhin. La Pologne ne fût pas relevée, mais on créa le grand-duché de Varsovie en faveur de l'électeur de Saxe , qUi venait d'être fait roi. Dantzig fut recounue comme rilh libre, et dut recevoir tlne garnison flranç^. Tout le district de Bialystok échut à la Russie , qui se prêta fort bien à partager avee Napoléon les dépouilles de la Prusse.

Maître de presque toute FEUrope, Napoléon voulut ruiner l'Angleterre , et il crut que te moyen le plus certain d'arriver à ce résultat était de fermer le continent au commerce anglais. Il défendit donc à tous les pays qui étaient directement ou indirectement en son pouvoir de recevoir aucunes marchandises anglaises , fit brûler toutes celles qui existaient déjà , et ordonna que l'on retint comme prisonniers de guerre tous les Anglais qui se trouvaient sur le continent. Toute communication

inai^ elle agit troff précipitamment, sans at- | devait oes^r entre FAUgteterra » l'Euit^.

^ISTOUtlB m FfiPPLE AmVANP.

iroisssiit tant d'intéréu et ahi^bitu()e3 , que N^-

[)QléQn fut pbfigé àe recourir Ix la force pour e faire exécuter. Èq 4808, Joseph Napoléop devint roi d'Espagne ; et Ja même annéc^ Tempcreur des I^rançais et l'empereur de Russie eurent une eqtrevue personnelle à Erfurt, où Tinrent en foule les rois et les princes d'Allemagne, et qui fut célébrée par des fêtes brillantes. Là Napoléon et Alexandre se partcigèrcnt la domination de FEurope* La ftussic se cliargca de combattre les Turcs et les Suédois , alliés des Anglais, et on lui promit en récompense , d*un côté la Moldavie et la Valachie. de Taiitre la Lithuanie. Quant à Napoléon , il devait conquérir TEspagne et le Portugal, ta Russie cotnmença en effet une guerre victorieuse codtre les Turcs. En Espagne, les Anglais soutinrent puissamnient la résistance nationale* et prirent solidement position en Portugal.

Cependant Tesprit national se réveijlait ea Allemagne i ]e Tugendinixid^ ou la Société des Amis de la vertu, se forma (4808}. Le but de cette association secrète était de préparer eu silence une levée en masse de tous les Allemands contre Napoléon. Pendant que Napoléon combattait en Espagne, l'Autriche mit sur pied une armée de quatre cent mille hommes, dont le commandement fut donné (4 80d} aux archiducs Charles , Jean et Ferdinand. Le premier se dirigea vers le Rhin , le second vers rttalie , le troisième vers la Pologne. Napoléon revint en toute bâte d*Espagne , se mit à la tête des troupes de la confédération du Rhin et d'un petit nombre de Français » battit les Autrichiens à Pfaffenhofen , Thann, Abensberg, tandshut, Eckmiihl, Ratisbonne. L* archiduc Charles fut rejeté de côté vers la Rohêrhe^ Lintz , n'étant pas fortifié, ne put être défendu, Napoléon entra sans résistance dans Vienne, L^archiduc Cnarles arriva trop tard, mais iît essuyer tin échec aux Français à Aspern. Après cette action , les deux armées , séparées par le Danube, restèrent six semaines en présence sans se mesurer. L'archiduc Jean était entré en Italie , et avait battu le vice-roi Eugène à Salice. Son entréprise, combinée avec le soulèvement des Tyroliens , qui éclata à cette époque, i promettait les plus heureux résultats, lorsque es revers de Charjes Tobligèrent de revenir sur ses pas. H se dirigea vers la Hongrie; Eugène le suivit et le défit stir le Raab. L'àrchlduc

Ferdinand avait pénétré jqsqu'à Y^soyie \Vfm les l^olonais commandés par Poniatowski , eî une armée russe que Tempereur Alexandre en* yoya au secours des Français^ le contraignirent & battra en retraite , et envahirent la Gallieie» Napoléon , vainqueur à Wagram , ficcorda un armistice qui fut signé le 42 juillet à Znaym, et, après de longues négociatiofiSf la paix fut conclue à Vienne le >I0 octobre. L'Autriche du^ céder la Cartiiole » Trieste , la Croatie et la Dalmatic à Napoléon ; Saltzbourg , Berchtobgadeit et lés quartiers de Tlnn et de Uausriick à la Ravière; une partie de la Gallicie au grandduché de Varsovie y et une autre à la Russie. \ Schœnbriinn , le fils d*un pasteur , Frédéric Stabs, voulut assassiner Napoléon: dans le$ provinces cédées éclatèreqt des révoltes qui ne purent être comprimées que par le$ armes \ celle des tyroliens, qui eurent pour chefs HofeF et Speckbacher, fut la plus dangereuse et la pins longue. Les Français, soutenus par les Bavarois , y mirent pourtant un terme. Bofer. qui s'était battu avec une rare nravoure ^ fut fait prisonnier et fusillé. En Prusse , en Hesse. dans le Brunswick , Schill , Damberg et le duc Guillaume de Brunswick prirent les armes, e\ essayèrent en vain de soulever les populations contre la domination française, tout échoua^ Les Anglais ne réussirent pas mieux dans une tentative sur rilé de >Valchern. Pendant cette guerre, le roi de Wurtemberg mit un terme & Texistence de l'ordre Teutohique par la prise de Mergentheim , qui ep était le chef-lieu.

En iSiO, Napoléon réunit & la France là Hollande, dont il forma deux départeineûts ^ puis il s'attribua la basse Saxe jusqu'à là Baltique, les principautés d'Oldenbourg, de Sajm et d'Aremberg, les villes anséatiqiies de Hambourg, Brème et Lubeck, et une partie dit royaume de Westphalie, pour les réunir à I4 France, sous prétexte d'empêcher là contre^ bande qui se faisait sur les côtes de ces pays \ ij fit brûler de plus toutes lés qlarchandises anglaises qUe Ton ti*ouVa daî)s les grandes placed de commerce ; il détacha également quelques parties de l'Italie et de la Suisse pour en fôr^ mei* des départements français. Le ^ aVril de cette année, il épousa Marie-Louise, fille dé l'empereur d'Autriche, qui lui donna Uii fils, lé roi de Rome , Vhntiée suivante [i i\ \ ).

Lés Russes s*étaient étendtis à Test, çomine les Français le gisaient à l'ouest , conbittù^

HM

HESTOIRE DU PEUPLE ALLEMAND

ment ant conventions d'Erfart. Le général français Bemadotte était devcna roi de Suède. L'Espagne résistait toujours. Le système continental était à charge à Alexandre, qui leva toute prohibition , et fit alliance avec TAngleterre. La Suède suivit son exemple. Napoléon saisit avec plaisir cette occasion d'attaquer la Russie. En >I8>I2, il réunit une immense armée composée de troupes de tous les pays qui dépendaient de lui , et, après avoir réuni autour de lui à Dresde tous les princes allemands, il se mit en marche vers la Russie , à la tète de six cent mille hommes. Le récit de cette gigantesque expédition n'appartient pas à notre plan. (Voyez Russie.) Après de brillants succès, il essuya les revers les plus effroyables, et revint après avoir perdu presque toute son armée par le fer , par la faim , mais surtout par le froid le plus rigoureux que Ton eût senti depuis longtemps.

Le roi de Prusse , retiré à Breslau , déclara la guerre à la France, alla au-devant de Tempereur de Russie, et conclut avec lui, à Kalisch , une alliance offensive et défensive. Les Prussiens se levèrent en masse (48^13). Napoléon eut en peu de temps réuni trois cent mille Français et les troupes de la confédération du Rhin. L'Autriche resta neutre. Un corps d'armée russe s'introduisit dans Hambourg , d'où il chassa les autorités françaises. Dœrnberg et Hellv?ig obtenaient d'autres succès. La première armée russe , conduite par Wittgenstcin , pénétra vers Magdebourg, et battit près de Mokern un corps de Français qui voulait retourner à Berlin. Mais les Prussiens entrèrent en Saxe sous le commandement de Bliicher, et occupèrent Dresde. Bliicher se réunit à Wittgenstein (l'empereur de Russie et le roi de Prusse étaient dans le camp), et attaqua tout à coup près de Gross- Gorschen , non loin de Lutzen , l'arniée de Napoléon, qui s'avançait à marches forcées sur Leipzig. Mais il fut obligé de battre en retraite; il eut également le dessous à Bautzen. Toute la plaine de Silésie fut ouverte aux Français, qui entrèrent dans Breslau; ils pouvaient retenir à Berlin, qui était à peine défendu ; mais Napoléon n'osa pas profiter de ses avantages. On conclut un armistice, pendant lequel les deux partis se renforcèrent, mais surtout les alliés ; deux jours après qu'il fut expiré , l'Au-. triche se déclara contre Napoléon.

Nous n'entrerons pas dans le détail des opé-

rations militaires ni de tons les événements de cette guerre : l'armée française , presqoe tonte composée déjeunes troupes, n'éprouva presque que des revers. La bataille de Leipzig^ où ik furent abandonnés par ceux de leurs alliés qm leur étaient restés fidèles jusqu'alors , décida de leur sort. Les places les plus fortes, où ils tenaient encore garnison , capitulèrent successivement. Les alliés envahirent la France. Apr^ la désastreuse campagne de 1814 ^ ils entrèrent dans Paris ; Napoléon signa son abdication à Fontainebleau , et se retira dans l'Ile d'Elbe, tandis que Louis XVIII était rétabli snr le trône des Bourbons. Par le traité concla à Paris le 50 mai 1814, la France conserva tout ce qu'elle possédait en 1792, par conséquent aussi r Alsace et la Lorraine. On ne lui imposa point de contributions , et les troupes alliées quittèrent aussitôt son territoire, et lui laissèrent disposer ses affaires intérieures selon sa volonté, sans que l'étranger s'en roèlàt. On insén au contraire dans ce traité, relativement à inorganisation de l'Allemagne, des articles dont l'exécution devait être garantie par la France.

Vei-s l'automne de cette même année s'onvrit le congrès de Vienne, pour régler l'état de l'Europe. Mais il n'avait encore rien décidé lorsque Napoléon , parti de l'Ile d'Elbe ^ rentra dans Paris le 20 mars 1815. Les alliés reprirent les armes contre lui, et la journée de Waterloo mit un terme à sa fortune. Paris se rendit le 7 juin, après que le maréchal Davoust se fat retiré sur la Loire avec le reste de l'aroiée. La capitale cette fois fut traitée avec plus de sévérité que la première ; il fallut qu'elle restituât tous les chefs-d'œuvre de l'art dont elle s'éta/t emparée dans les pays conquis. Conformëment aux dispositions du premier traité de paix , fait à Paris le 20 mai 1 BU , et du second , le 20 novembre 1815, on rendit à l'Allemagne tontes les provinces qui lui avaient appartena avant la révolution , et qui en avaient été séparées par les guerres qui la suivirent. Alors elles furent partagées entre les membres de la nouvelle confédération germanique, dans le congrès de Vienne, qui était ouvert depuis le 1" novembre 1814; de sorte que chacun reprit en général ce qu'il avait eu dès Torigine, on ce que la paix de Lunéville ou la confédération loi avait accordé.

Les États de la confédération étaient, an commencement, au nombre de trente-huit :

BKTOmE Dn PEUPLE ALLEMAND.

BU

rAatriche, la Prusse , la BaTîère , la Saxe , le Hanovre, le Wurtemberg, Bade, la Hesse électorale, le grand-duché de Hesse, le Holstein qui appartient au roi de Danemark, le duché qui appartient au roi de Hollande comme duc de Luxembourg, le Brunswick, Meeklenbourg-Schwérin , Nassau, Saxe-Weimar, Saxe-Gotha, Saxe-Cobourg , Saxe-Meiningea , Saxe-Hildbui^bausen , Mecklenbourg- Strélitz, Oldenbourg, Anhalt-Dessau, Anhalt- Dernbourg , Anhait-Goethen , Schwarztbourg- Sondersbausen , Schwartzbourg-Budolstadt , Bobenxollem-Hechingen , Licbtenstein , HohenzoUem-Sigmaringen , Waldeck , Reuss ( branche aînée ) , Reuss ( branche cadette), Schauenbourg-Uppe ; les yilles libres de Lnbeck , Brème , Hambourg ; plus tard il y eut encore Hesse-Hombourg. La maison d'Autriche a repris le Tyrol , Saitzbourg et le quart de rinn ; celle de Bavière règne sur tout son cercle et en Franconie ; elle a aussi reçu des indemnités dans le palatinat du Rhin, et compte plus de trois millions de sujets. La maison de Wurtemberg règne en Souabe sur environ un million et demi de sujets, et est séparée par la Forèt-Noire du duché de Baden , qui s'étend tout le long du Rhin , depuis B&le jusqu'au delà de Manheim , dans un pays très-fertile et magnifique* La principauté de Hesse-Darmstadt a beaucoup étendu ses anciennes limites pendant ces temps de confusion , et compte parmi ses villes Mayence, la plus forte de la confédération. Le roi de Prusse est celui qui compte parmi ses sujets le plus d'Allemands , environ onze millions. Ils lui ont été reconnus par les rois dn grand congrès européen , parce qu'il abandonnait à la Russie la plus grande partie de ses provinces polonaises. Ses provinces s'étendent des frontières de l'est jusqu'à celles de Touest.

Quant au gouvernement de l'Allemagne , il devint une confédération d'Etats indépendants, dont voici les articles principaux : « Le but de l'alliance est le maintien de la sûreté extérieure et intérieure de l'Allemagne, avec l'indépendance et l'inviolabilité des États confédérés. Tous les membres de. l'empire ont des droits égaux et semblables. Les intérêts généraux sont traités dans une diète qui siège à Francfort-sur-le-Hein , et dont l'Autriche a la présidence ; cette diète est perpétuelle , et ne peut s'ajourner que pour quatre mois ao plus, si

les affaires le permettent. Elle doit s'occuper principalement de la confection des lois fon? damentales de la cx)nfédération , et de ses dis*, positions organiques par rapport à ses relation^ intérieures , extérieures et militaires. Tous les membres de la confédération promettent de s'unir contre toute attaque, et, s'il y a un0 guerre, de n'entendre à aucun pourparler avec l'ennemi , de ne conclure aucune trêve , aucune paix en particulier; ils se réservent cependant le droit des alliances de toute espèce, mais c'est un devoir pour eux de n'en conclure aucune contraire à la sûreté de la patrie et aux intérêts d'un seul des membres* De même , ses membres ne peuvent se faire la guerre sous aucun prétexte; mais ils doivent porter leurs différends à la diète : celle-ci alors s'occupe de la contestation , l'arrange , et les parties doivent obéir à sa sentence. Dans tous les États de la confédération , ce sera une ad« ministration par le pays. Les différencesde sectes chrétiennes n'en apporteront aucunes dans la jouissance des droits civils et politiques dans tous les pays de la confédération ; mais comme il y a besoin d'une amélioration dans l'état civil de ceux qui professent le judaïsme , la diète de la confédération devra en conférer. Les sujets des princes allemands ont le droit de passer d'un pays dans un autre et d'y prendre un état civil ou un service militaire, si aucun engagement militaire ne les attache à leur patrie. La diète s'occupera de la confection de lois pour la liberté de la presse et sur la contrefaçon, aussi bien que pour le commerce et le négoce des États de la eonfédération. »

La diète de la confédération germanique, dont les séances commencèrent le 5 novembre 4846 à Francfort,, rendit dès le principe à l'Allemagne un service , en déclarant que la confédération formait une puissance enropéennc, indépendante , avec le droit de faire la guerre, la paix et des alliances; en déclarant enfin que la langue allemande serait seule employée dans ses traités. Puis viennent les dispositions relatives à la défense générale. On a réglé le pied de paix et le pied de guerre àe l'armée de la confédération , en quoi eU/e cour siste , à qui et comment est donné le commandement, combien de places fortes elle doit avoir. L'armée de la confédération est composée de trois cent mille hommes; l'Autriche

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en fournit gaatre-vin^t-^atorze mille; la Pfo^së, soixabte-^x-tieuf mjtle; la fiatièfe, ti^nte^clng mille; le Wurtemberg, treize mille rit cents ; le HailoVre, treize tni|le ; le royaume de Sa^e,dmize mille; Bade, dix mille; le grande duché de Hesse, si^ mille ; la tlesse électorale, tinq mille quatre cents; et les autres prO- )K>rtiônQel!ement. Elle e^ comtuaudée par un géttéml en chef choisi par |a diôte. H a des obligations envers elle et lui prête serment * if ireçoit d*elle son autofité et les ordres , et lui h\ï des rapports; et, pour le représeuter ou le l^mplacer dans le commandement en chef, la diète nomme en même temps Un lienteuant* général. L*armée est partagée en dix corps ^ dont les généraux ne reçoivent d*ordre que dd gênerai en chef. De ces dix corpô , rAutnche eii représente trois, la Prusse trois , I4 Bavière uu^ «t les trfûiÉ autres sont formés en commun sur les adirés contingents fonrtiis. L03 places (brtei de ht confédération sont MaVence, Luxembonrg et Landau. Quant & radministratioii générale de la diétë en tetnps de paix , il fallait «tablir comment les délibérations de Talliance ëêHilent sanctionnées ; commëpt^ dans les coUr testations des membre^ entre eux , tout acte dé Violétteé serait écarté , la Justice rendue et ses ftrréis exécutés. Le moyen d'administrer la justice fut bientôt trouvé. Au lieu d un tribunal commuu, spécial, et qui jurait rem^plaeé la chambre impériale et le conseil auliqUe i comme quelques voix le désiraient , la diète Ait elle«méme chargée de vider les contestations; et, s'il fallait en venir à des Voies sévères de justice , alors la décision serait renvoyée devant des hautes cours de justice , prononçant comme juges souverains pour lés

États particuliers. Le 29 septembre 48^9 seulement ^ la diète donna Un arrêté provisoire pour l^égler rexécution des jugements. La diète , pour cette exécution , doit avoir à sa disposition la force armée de la confédération ; elle doit fixer aussi bien le nombre des troupes à placer comme garnisaires , que le lieu où elles doivent être placées ; et le retour de ces troupes . Be se fait Qu'après ^exécution parfaite et dans les formes de Tarrèté de la dicte.

Quant aux autres articles principaux de l'acte de la confédération , le cours des événements a donné lieu, dans certains Etats, à des institutions telles qu'on cuvait droit de les attendre de la diète dès 16 principe. Hais beau-

coup d'autres , quoique trèsrfgiportaptes , ont été éludées. L'article \iy qui portail que (fans tous les États de la conféaération il devait jf aVoir une constitution dc^ états provinciaux, agita les esprits. Beaucoup d'hommes attendaient de là un ordre de choses tout tiouveau, qui tout dVn coup ferait disparaître tous les besoins du peuple , toutes les fautes des gouvernants, saUs penser au k difficultés ^ui résultent surtout dû morcellement de TlIIemagrié. Cependant presque tous lés gouvernements de cette région , \ei uns plus tôt , les autres plus tard, étalent pârvehus à remplir cette clause de la confédération, quand éclata en France la révolufion dô 4850. Lé roi de Prusse, eh mal 4815, le premier des princes allemands, et avant même ^ue l'acte de la con- Mération l^éût exigé , fit ai son peuple la promesse d'une constitution provinciale. CepéUdaDt l'exécution en devint tres-dîrQcilé , et \é$ travaux préparatoires se pr(>longèrent jusqu'à l'année 4823, ^ue la t^ôtistitutioU re^Ut forcé de loi. Mais le toi remit à plus tard poiit décider quand une diète générale du royanmé serait convoquée , et comment elle serait composée des états prpViUci^Ux. Ces états provinciaux sont en activité aujourd'hui sur tous les {>oints de ta mouarchié. Ils donnent leur avis èur toutes les afÀiirék importantes de la province , présentent aU roi lëUrS idées , leurs désirs, et les soumettent à son extimeti et à sa décision. A cette constitution provinciale se rattache celle des subdivisions de chaque province , des cercles , des villes , des communes.

Lé travail était plus facile daUs les petits États d'Allemagne , dans ceux surtout qnf ne sont pas composés d'élémeUts hétérogènes ; àe sorte qu'ils purent de bonne b^nre mettre à exécution l'article 4^ de l'acte d'alliance. Le grand-duc de Saxe-Weimar fut le premier qui, dès l'année 4846, donna à son pays les états provinciaux, et en 4847 ils reçurent l'approbation de la confédération. Le 27 mai 4828, le roi de Bavière , Maximilien-Joscph , donna une charte à son peuple. Les états du royaume se composent de deux chambres , la chambre des conseillers d'Etat, et la chambre des députés, élus par le peuplé qu'ils représentent, et dont le nombro tqonte à cent huit. Dans le Wurtemberg , après plusieurs entreprises malheureuses sous le roi Frédéric et son successeur

HISTOIRE DU PEUPLE AULEHAND

Guillaume I^, ce dernier prince convoqua une nouvelle assemblée des états (en 4S\9) qui devait s'occuper exclusivement des titres de Fancienne administration , les examiner point par point avec ses plénipotentiaires , et les lui présenter ensuite pour y mettre le dernier sceau. Deux mois après , Fouvrage fut présenté achevé au roi. Il signa le titre le 25 septembre, le renvoya aux plénipotentiaires des états , et reçut à son tour de la part de l'assemblée des états un second exemplaire signé de tous les membres. Le grand-duché de Bade reçut aussi sa constitution provinciale le 22 août 4848; celle de Hesse fut donnée en 4820, de même que celles de Nassau, deSaxe-Ck)bourg, Hildburghausen et Meiningen, des principautés deSchwartzbourg- Rudolstadt, Lippe-Detmold et Schaumbourg, Lichtenstein et Waldeck. Dans les Etats d'Autrichcy du royaume de Saxe , dans le Mecklenbourg, et quelques autres pays encore plus petits, les états provinciaux furent mis en activité d'après les mêmes formes qu'ils avaient anciennement; mais, dans le Hanovre et dans le Brunswick, il y eut quelques changements. Les grands ébranlements que l'année 4830* apporta dans les rapports sociaux, comme dans les plans des souverains de Tépoque, n'ont pas été sans d'importantes influences sur les formes administratives des États d'Allemagne. Les troubles du Hanovre ne sont pas encore terminés au moment où nous écrivons. Dans le Brunswick , le duc Charles fut forcé de céder la place à son frère Guillaume. Dans Télectorat de Hesse, où l'on n'avait pu , malgré plusieurs tentatives , établir la représentation des états provinciaux, le prince Guillaume se vit obligé d'abandonner le timon des affaires en 4834 , et

de le remettre à son fils , le prince héréditaire, qui régna avec lui. Un changement semblable avait déjà eu lieu en 4 830 dans le royaume de Saxe , où le roi Antoine , successeur du prince Frédéric-Auguste , avait nommé son neveu , le prince héritier Frédéric, pour régner avec lui sous le titre de coadjntenr, et pour l'aider à résoudre les cas difficiles. On reprit alors le projet de jeter les fondements d'une nouvelle constitution , qui fut heureusement mise en vigueur. Quelques autres États d'Allemagne plus petits suivirent cet exemple.

L'égalité des croyances chrétiennes , sous le rapport civil et politique , qui était proclamée comme principe dans l'acte d'alliance , est aujourd'hui appliquée dans tous les États d^ la confédération germanique. Aujourd'hui seulement le roi de Prusse est en désaccord avec la cour de Bome au sujet des archevêques de Cologne et de Posen. Les lois générales et uniformes promises sur la liberté de la presse n'ont pas encore été accordées. Le commerce et l'agriculture ont été puissamment encouragés.

Voici les changements qui sont survenus dans les principales familles régnantes depuis la chute de Napoléon : — dans le Wurtemberg , le roi Guillaume P' a succédé au roi Frédéric en 4 84 6 ; — en Bavière , Louis à Maximilien en 4825 ; — dans le royaume de Saxe, Antoine succéda à Frédéric-Auguste en 4827, et à Antoine, le roi Frédéric en 4836; — dans la Saxe-Weimar, l'archiduc Charles-Frédéric à Charles-Auguste en 4 828 ; — dans le Hanovre , le roi Guillaume IV à George IV en 4830, et à Guillaume, le roi Ernest-Auguste en 4837; — en Autriche, Ferdinand I*' a succédé à François I" en 4 837.

Fin DU TOME CmQUlèME ET DEBIVIEB.

TABLE DES MATIÈRES

GONTEinnSS DANS LE TOHE T.

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