‹ Histoire d'Allemagne (volume 3)Chapitre 65 sur 165 · LIV. XXV, CHAP. IX · texte numérisé non relu

LIV. XXV, CHAP. IX

resse de Herlinsberg, près de Goslar. Les légats pODtiQcaux et le patriarche d'Aqoilée faisaient continueliemeni le trajet entre ces deux lieax; mais lears démarches forent inutiles. Philippe partit donc, sans doute aûn de faciliter les communications pour Qaedlinboorg, où il tint une grande diète. Mais cette assemblée avait encore un autre but. Â Nordbausen avaient paru des députés de FOrient , du patriarche de Jérusalem, des chevaliers du Temple et d'autres, pour implorer de Tassistance, aûn que la Terre-Sainte pût être reconquise. Philippe pouvait difficilement se défendre d'une vive sympathie pour la Terre-Sainte, où son père avait combattu, à laquelle il avait offert sa vie en sacrifice, où son frère avait été enseveli; il put même être flatté qu'en présence des légats pontificaux Ton sollicitât de lui des secours comme du chef de Tempiré. 11 avait donc promis volontiers des subsides , et il voulait gagner autant de princes jque possible pour y contribuer. En effet , il proclama cet impôt qui devait être levé pendant cinq ans sur tout Tempire ; mais on ne sait quel fut le résultat. D'un autre côté, la négociation avec Otto, qui pendant ce temps se tenait à Herlingsberg , n'obtint aucun succès. H parait que Philippe lui-même alla trouver Otto avec les légats ; mais on ne trouve rien de précis, dans les relations, sur les propositions qui furent faites au roi Otto antérieurement ou dans ces conférences. L'on raconte qu'on lui aurait offert une fille de Philippe pour épouse , et* avec elle le duché à'Ale^ mafinte, ainsi que d'autres domaines des Hohenstaufen, sous la condition qu'il renoncerait au nom royal, et reconnaîtrait pour roi Philippe son beau-père. Les légats pontificaux auraient promis que le pape approuverait le mariage, malgré la parenté entre Otto et la fiancée.- D'après un écrivain, Otto accepta la proposition, qui servit de base à un traité do paix. Mais, si l'on en consulte un autre, Otto rejeta l'offre, déclarant avec la plus grande indignation qu'il n'abandonnerait l'empire qu'avec la vie, «et qu'il ferait de bien plus larges concessions à Philippe, si celui-ci voulait se retirer. Cette contradiction ne témoigne pas fortement en faveur de ce qui a été rappelé précédemment , et qui est peu vraisemblable en soi-même. Dans tous les cas, il est certain que l'on n'en vint pas à une paix ; au contraire , il n'y a pas de doute qu'un armistice fut conclu , lequel devait durer

jusqu'à la fête de St-Jean-Baptiste de l'année suivante, et, pendant ce temps, des négociations ultérieures se poursuivraient.

Après cela les légats résolurent de retourner en Italie. Au même moment , à la fin de novembre, Philippe tint une diète à Augsbourg (7), Là parurent aussi les légats ; Adolphe , Tancieu archevêqde de Cologne, y vint également. Philippe , qui parait s'être donné toute sorte de peines pour rendre favorables à sa cause les cardinaux qui partaient , intervint aussi ea faveur d'Adolphe , et obtint que cet ex-prélat fût relevé de l'excommunication, mais à la condition qu'Adolphe irait à Rome et se soumettrait à la décision du saint-père. En même temps furent reprises les négociations entre Philippe et les légats sur la paix dans l'empire* Le roi conçut de lui-même, ou adopta par les suggestions des légats, la pensée d'envoyer de nouveau des ambassadeurs à Rome , afin de poursuivre lui-même les négociations avec le pape. Cette- résolution parait avoir retardé le départ des légats, qui voulaient préalablement adresser un rapport au pape. Innocent ne pouvait que gagner , et ne risquait pas de perdre; il donna donc volontiers son agrément à ce projet. Mais en même temps il en informa le roi Olto, et l'invita également à lui envoyer des ambassadeurs, afin que sa cause ne restât pas sans défenseurs , insinuant qu'il pouvait leur adjoindre l'évêque de Cambrai , que lui souverain pontife avait reconnu pour un homme dévoué au saint-siége et au roi. Vers le printemps de l'année suivante, 1208, seulement, les légats, accompagnés de l'archevêque Bruno, purent franchir les Alpes, fis furent suivis du patriarche d'Aquilée et d'autres personnages considérables, ambassadeurs de Philippe, auxquels se joignit l'archevêque Adolphe. Enfin Otto ne manqua pas de répondre à l'appel du pape.

Mais les négociations qui avaient lieu à Rome entre le pape et les envoyés des deux rois contendants sont restées entièrement ignorées dans leur marche et leur résultat. Elles furent suivies secrètement ; il n'existe point de rapports; un malheureux événement qu'il faut rappeler tout de suite empêcha qu'elles ne fussent découvertes par des actes. Ce qui parait généralement admis , c'est que le pape aurait travaillé dès lors à élever Philippe à l'empire, et qu'après avoir tout disposé et préparé , il envoya

de nonveaa ses légats dans le Teutschland, pour thràflter^'iàvèrtéiiiènt à yoèavi*e josqu'alèrs ténne Mrëië : lllaî^ 'cfette o^Môn ne parait poé bien fondée ; les faits shîvants prouveraient ad ctibtrkit^e qu'Wiioceht resta fidèle à'ses anciens sentinlbrfts ; si l'on lie peut dlite Jifcqu'où allè'rfeni^ës' effohè. «<> Parallèlement ,à^la' question Ôe l'éhipîre, Innocènt'tfWtait aussi les afftires* des églîâes de Cologne et de Mayence,^ 4iii né se cdhlbnidâient pas avec la pitstoîère ^hèstlon; nfafs s'y ràitathaîerit étroitement. AdoUïhè ef Làpold étalent des protégée • des Ânis de PlAl?ppCî Briino et Siffid des partisans d'Otto , ëllis paf seS adhérerits. Le papfe maiiltiii sa pféniièrlé séntentîe; d'après laquelle les krtiâàns d'Mt* êf*îeàt leé ait»hevê(|uèâ légîi flttè^ dfr Cofdgnfe 'tt d«' Mkferitë. R Wiéniê il donlia h; biiisèr dé paix ft ré*fcfeevè4ad déposé Adblphe,' 'quand' celtd^cl é'àppfocha hutrible^ âïènteH sutt«iftilt; mais, apfès avbir'bidtf't)^» fènd8tiltdet!*=jcffcrs 'tdùiëe'qiil pouvé» «trë htoMï^nt et contre 'Adolphe , iïcdnflfftia' fitdûbaàiis la* première" dlgtliie de l'église de Côlogùè, ét'bnbiinâ'àu Wergé' ainsi qtx'm bëiiple de celte ifilte, coinme à là Noblesse dd pàyi,'d« né' 'c6i«érvèr' fidélité él obéissance

û'ènvei^ Bi-urioJ II décîdél dë'inètte en fevèui!

ë ' Sifrid cbtomé l^itiîfae âtcWvêquë de Màyèncë, eiptil des riiestltès poii)^ luïprocùikt là possession dé rafchèfêché. Otto' s'iiiquiétâ dès bruits qui coilraient riti sujet de fa négociation du ()apé aved léS àvribassàdèurs dô sbn adversaire. Pour le citlmbr , le pafiè lui adressa la lettre suivtinté : « L'affeètîon et la ÉlVétar qÙTB bbds aVons montrées pour ta per-^ fcôhTie royale', et qute nous èlvons encore , rious H'àtons pas coutume de les Èianîfcstèi- en pa* fofeiS} c'est par des acle^ qde nous les atôils ifi^fimé^ juîiqu'id , et' que nous nous ptopo- Sôfiédc les faire voir dticoi^é. Toutefois les ambasSaàeiirs de ton adversaire se plaignent ouvertement de ce que leur maître aurait pii ÎHlM'«vèc toi setit ith abfcbriimddenlent plus iWàhtétgerix^^ull.'tt'^A peut 'traiter aVeb nbiis stipblant itonr ttti. Ce qtfi à été négoCitî et arfbfévîious tb'lé ferotîs connaître dans peu de temps par nos légats et tes èbvoyés, dont tu iJois» attendre rarrtv\îè avebjbie. >» 2» Le temps àëlatrévés^écouldit de plus en plus; Philippe, feOtrime s^l n'avait aucube corîflance dans Kssne désf négociations & Rome, équipa de au iinè armée iH)ur attaquer le roi Otto

HISTOmS DU PEUPLE ALLEMAND.

dans ses États héréditaires, et acquérir par répée ce qu'il désespéttdt âfùhVsoSé f^r le pape; et Otto fit de graàds préparatife de défense,' comme s'il était plein d'espoir; non fiaé assurément qu'il eoiAptât sur ses forces ou' sut les secours du rot Waldemar dé Daneitiàrk , mais dans là persuasion que son nnioii ayèc le t)ape le rendait inVincibte; Il est "Vrai ^ dfl moins on l'assure, qu'Innocent appronra le projet dNjne paix, et qui! renvoya dans le Teutsbblaofd ses légats veh le milieu de Fannée, pour idener raffairé à fin ; niais ce* plan est inconnut Les légats ne putxint rien faire iKm plus daUs le sens de leur mission ; caren route Ils ap^ piirent, d'abord h Mantua ; pal* le bruit pstalie , puis à Vérona, par des nouvelles ofObieHes, an événement qui ehaugéa toute la face des choses,* et roi^pit' le nœud que personne n'avait pa délier i la molt nifaiheureusé du- ddè Philippe de Souabe, qui s^était intitulé' le roi des -Romains. !• '« . ». ... ... M

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