LIV. XXVI
' qu'il aurait reçu la (M)iirônne impériale ; aucun terme n'avait été ûxé pour Taccomplissemcnt du serment. Jusqu'alors il n'avait pu être question du premier engagement, et Ton n'avait point encore parlé de la croisade. Le pape Innocent avait gardé le silence là-dessus jusqu'à sa mort , et le nouveau pape , Ilonorius III, se permit à peine d'en faire mention ; car l'empereur Otto était là , sinon menaçant , du moins fier encore en face de Friedrich; la croisade devait passer après les affaires du Teutschiand. Mais à peine Otto eut-il rendu Tàme , et Friedrich fut-il reconnu roi unique des Teulschs , que le pape commença à rappeler le serment, et à insister sur l'accélération de la croisade. Honorius était un tout autre homme que son prédécesseur; il manquait de vigueur, de promptitude d'esprit , d'activité. Doué d'intelligence et de sentiments droits, sans ambition et sans vanité , il désirait amener le bien d'une manière douce et humaine , et maintenir partout la paix, surtout sans doute avec l'empereur. Mais il ne pouvait abandonner ce que le siège apostolique avait déjà gagné ou croyait avoir acquis ; il ne pouvait s'écarter des principes sur lesquels ce siège paraissait reposer. D'û|leurs il n'était pas seul; les cardinaux veillaient, délibéraient, et ils poussèrent à l'exécution de leurs décisions. Des avertissements parvinrent peut-être à Rome avant le roi Friedrich ; au moins est-il certain que bientôt après il fut question de deux accusations qui furent probablement produites alors contre lui, peut-être sous une forme conjecturale. Friedrich , disait-on, se proposait de faire élire roi des Romains son fils Heinrich, héritier du royaume de Sicile, et par (Conséquent de réunir l'État du Teutschiand , l'empire et la Sicile ; il s'immisçait dans les élections pour l'occupation des postes de l'Église, le tout en opposition à ses promesses solennelles. Ces accusations déterminèrent peut-être le pape à presser le roi pour- la croisade. Honorius et ses conseils ne s'attendaient pas que Friedrich répondrait à un pareil appel. A peine, reconnu comme roi par la majorité
' du Teutschiand , n'ayant pas encore en sa possession les joyaux de la couronne, éloigné depuis plus de six ans de la Sicile, sans influence dans la Lombardie , n'étant pas encore paré du diadème impérial , no voyant partout autour de lui que trouble et confusion , assaiUi
CHAP. II
de réclamations contradictoires, sans pouvoir royal , sans la considération attachée à l'empereur ; comment le pape , comment aucun homme aurait-il pu croire que Friedrich aurait laissé là toutes les questions embrouillées pour s'en aller au loin en Terre-Sainte, s'engager dans une lutte , s'élancer au milieu de périls et de chances compliquées que ni lui-même ni personne n'était en état de mesurer? Il est donc probable que le pape, avec son invitation, ne se proposait que d'avertir le roi, et de lui rappeler qu'il n'était pas encore en possession du diadème impérial. Friedrich feignit de ne rien remarquer des vues du saint-père , et d*être bien résolu à prendre la croix aussitôt que ses compagnons seraient prêts à partir avec lui j)Our la Terre-Sainte. Au commencement de Tannée ^2^9, il écrivit au pape : « qu'il rccon* naissait volontiers la nécessité et le mérite de la croisade-; qu'il avait déjà travaillé pour cette expédition , et qu'il y travaillerait encore ; que le saint-père daignât seulement le soutenir dans la poursuite de l'œuvre; ordonner , sous peine d'excommunication, à tous ceux qui avaient pris la croix , princes et prélats , de se mettre en route avant le milieu de l'année ; de ne dégager personne de son serment ; proclamer, pendant que lui-même serait absent , l'injonc*tion à chacun de prêter obéissance à ses lieutenants ; prononcer l'excommunication contre le comte palatin Heinrich et la ville de Bfaunschweig, s'ils ne lui livraient pas aussitôt les joyaux de la couronne. » A tout cela il ajoutait l'assurance de sa propre soumission empressée et de la pureté de ses intentions. Qui pourrait douter que Friedrich , dans celte lettre , n'ait voulu surtout abuser le pape sur ses sentiments , et en même temps attirer son attention sur les grandes difficultés qui s'opposaient à la croisade ?
Mais le pape et les siens ne se laissèrent point abuser. A peine un mois s'était écoulé, déjà Honorius avait expédié tous les ordres que Friedrich lui avaif demandés. 11 lui avait même accordé l'ajournement du départ jusqu'à la St-Michel (l). C'était une épreuve réciproque. Toutefois Friedrich parait avoir été jeté dans ' un certain embarras par la prompte arrivée des ordres pontificaux; car il laissa passer trois mois avant d'exprimer au pape sa reconnais-* sance pour l'empressement avec lequel il avait exaucé ses prières. Mais Friedrich jugea aussi
HisTomE MI mmM allemand.
à propos àt faire préeéder cette lettre par une autre dans laquelle il s'élevait contre lès plaintes qui avaient été portées contre lui devant le siège apostolique, comme il Tavait appris. Il traitait ces accusations de colomnies. « Sa conscience 9 disait-il, était pure; si les princes teutscbs devaient effectivement élire 6on fils pour roi des Romains , ce n'était nullement dans la vue de réunir le Tcutschiand et }a Sicile, mais d'abord de faciliter le gonver.nement durant son absence , et , en second lieu , dans la prévision dq sa mort , d'assurer plus fortement à son fils les possessions de sa famille dans ]e Tentscbland* H n'était pas vrai non plus qu'il ei^t attenté ii la liberté des élec-r lions des églises; tout au plus avait-il adressé pne prière aux électeurs et au saint-père lui* même pour recommander tel ou tel sujet. » U' repoussa de la même façon d'autres accusations tendant jt le représenter comme cher* cbant à réduire les droits et les possessions du ^int-siége; il donna mèn»e un nouveau titra au pape dans lequel il répétait ses proniesseï ftntérieures, et pourtant sollicita un nouvel Hjournemenit de la croisade au printemps de Tannée suivante , parce que les difficultés à surmonter étaient trop nombreuses.; lie tout dians le langage respectueux d'un fils entière* ment soumis, pieux et reconnaissant envers le ^Dt-père. Le pape répondit, le 4 '^ octobre, d'un ton gracieux et amical, et néanmoins il ne s'in^terdit pas certains toui's qui touchaient au reproche et à la menace. « Vois, mon fils l^ienigtimé , disait le saint-père, deux époques t'ont été fixées, et toutes deux sont passées. Que} avantage a produit ce retard? où sont les vaisseau:ic,oùsont les galères«prcparées,équipéespar ta sollicitiide royale pour le transport? Cepcn- .dant nous voulons bien prendre en considération les empêchements que tu as invoqués pour ton excuse, autant que nous le pouvons dans le Seigneur, et t'accorder encore un nouveau délai jusqu'au printemps de l'année prochaine; n^ais ne t'endors pas pendant ce temps, afin de ne point tomber sous les coups de l'excommunication. >'
Cette correspondance dut provoquer dans le roi Friedrich l'espérance d'amener le pape à . une nouvelle condescendance encore, et à lui retirer peu à peu des mains les foudres de l'Église, Il continua donc la négociation trèsvivemen^ i eu lui dpnnaat de l'extension. U
proposa que le pape loi laissât la Sieile âomnt
sa vie, et qu'après sa mort le Teutschland et l'empire en fussent séparés. Le pape s'y refusa, et aussitôt Friedrich retira sa demande. Hais il avait une nouvelle proposition toute préparée. Il pria le pape de lui promettre que, dans le eai où son fils Heinrich décéderait sani laisser de fils ou de frère , alors le royaume de Sicile lui serait conféré en fief par l'Église. Le bon pape, auquel devait plaire je langage humbla et flair teur de Friedrich, accorda eette deBuande» Friedrich affecta la plus grande reconoiaissanee de cette concession , et, afin de aa réserver une porte ouverte , il ajouta aussitôt : que néanmoins il espérait toujours , dans une cpnOSrenoB verbale avec le pape , obtenir la sati$factiao du son premier désir, de conserver la sQuveraineVa de la Sicile pendant sa vie avec l'empire et la royauté des Teutscbs. £n même temps il essaya, par les plus belles paroles , de convaincra le saint-père de l'excellence d'une t^lle r^niou , protestant des plus nobles dispositions. Cependant le troisième délai fi^ par ie pape pour U croisade allait expirer aussi; en conséquence , dans cette même lettre, an ûuhs 40 février 422P, environ un n^oisaviant le terme, Fri/edrich disait k ce sujet : <^ q^fi daujf une diète à Nurnberg il avait enga^^ les pHnceç teutscbs à se prononcer pour le voyage de Syrie; que lui-même était armué , prêt à partir , mis que les autres croisés n'avaient pas eiicore songé au nécessaire. U craignait donc, si U voyage avait lieu , que les autres ne restassent; et, à cause de cette crainte, il avait résolu, si le pape approuvait d'ailleurs cette décision , de faire partir en avant ses frères les croisés , et de les suivre aussitôt. H fallait donc laisser pasâser quelques jours iiu delà de l'époque déterwinéOr IHais , ajouta-t-il , Dieu .est témoin que nous parlons avec sincérité; comme nous sommes eu mesure de partir, nous travaillons effectivement dans le Teutschiand pour l'honneur de l'Église et pour. les intérêts des croisés ; nous faisons jurera des hommes vaillants et belliqueux de se mettre en route avec nous, et nous étendous la du^'ée de la paix et de la trêve autant que possible, afin de mener plus sûrement ^t ^ bonne fin l'enti^eprise. » Le pape ne put s'coxpêcher de louer le zèle dont se vantait Friedrich , sans pourtant dissimuler son inquiétudes et Celui qui aime y dit-il ^ craint également* il n'est idonc pas élonnaut ^ue le f^UixA de l*e.v
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pédition en Terre- Sainte noiis inspire de la crainte pour toi et pour nous-même : pour toi, car,' à force d'ajournements, tu pourrais bien attirer sur toi la colère du Tout-Puissant; pour nous, car nous paraîtrions négliger la cause du premier de tous les pontifes, qui s'est offert lui-môme en holocauste à Dieu le Père, pour le salut du peuple, sur l'autel de la croix. » Il recula bien encore une fois le jour du départ, mais seulement dô six semaines, au premier mai , en avertissant d'une manière très-pressante le roi de ne pas laisser encore passer ce jour. « Ceins tes reins de Tépée , toi le plus puissant des rois de la terre; ceins-toi , et sois puissant dans l'humilité; ceins-tot, et sois humble dans la puissance, afin <|ue, no te reposant pas sur toi-même, tu reçoives la gloire d'une si grande œuvre de la main du Tout-Puîssant , dans leqnd nous espérons. » Ainsi se terminait l'appel au roi.
Mais à peine Friedrich avait reçu celte lettre pontificale, avant peut-élre. qu'elle lui fût parvenue , il envoya un député , l'abbé de Fulda, h Rome, afin de s'entendre avec le pape sur les circonstances nécessaires à son couronnement comme empereur, car le voyage du roi pour la Terre-Sainte devait se faire d^abord à travers l'Italie, et le couronnement aurait lieu à ce passage. Honorius ne fut pas satisfait de l'arrivée d'un abbé pour un pareil but; il avait attendu un archevè(|ue, au moins un évéque. Mais l'abbé avait apporté les plus belles paroles, les plus magnifiques promesses; il était d'ailleurs porteur d^une lettre du roi au sénat et au peuple extraordinairement édifia»îe. Fiiedrich y exprimait son respect pour TKglise romaine et ponr le pape flonorius ; mais en mémo temps il exhortait le peuple romain h le devancer dans cette voie, et à le témoigner nu saint-père; cl tout cela en termes de grande piété , de soumission filiale, d'affection sincère et pure; annonçant sa p|;ochaine arrivée h Home , i( donnait quelques avertissements, et n'épargnait pas non plus les promesses. Le peuple romain se félicita d'autant plus de cette épltre royale, qu'elle contrastait' dans les termes et par le ton avec celles des anciens empereurs. On y voyait que Friedrich s'enorgueillissait de coMc éducation italienne, qui n'avait été ni connue ni appréciée de ses barl)are6 prédécesseurs. T^a lettre fut lue publiquement au Capitole; eUc excita ^m véritable entfaousiaHne ^ et , aoos l'emgiie
CHAP. H
de ce sentiment , l'on fit une réponse dans }es termes les plus exagérés. Au milieu de telles circonstances^ comment le pape aui:9it-il pu s'irriter contre urr fils aussi plein d'humilité envers l'Fglise, qui savait employer si activement son habileté à t*établir et h augmenter l'autorité du siège apostolique parmi les turbulents Romains? En effet, à peine exprima-t-îl son mécontentement sur l'envoi de l'abbé de Fulda pour une affaire d'un intérêt si élevé; il piHîssa le roi de hâter son arrivée à Rome, afin que lui-même put goûter aussi vite qtrc possible la joie de lui conférer la couronne impériale. 11 ne se montra pas même éloigné d'ajourner pour la cinquième fois, même jusqu'à l'automne, le début de la croisade.
Mais , dans le temps même où se iwursuivaient à Rome ces. négociations quf inspiraiedt au pape tant de joie et firéparaient Rome aux fêtes et à toutes les manifestations d\\m satisfaction bruyante , Friedrich marchait dans ses propres voies, qui s' écartaient de la ligne que lie pape lui avait incontestablen^ent tracée d'aprds les traités. Au mois d'avril, le roî réunit 'ntfd grande diète à Francfort, où son lUs Heinrieb, arrivé dans le Teutschland depuis quatre ans avec sa mère, et qui alors était nn enfant 4o neuf ans, fut éf^ par les piitiees présents ponr roi des Romains , et pour successeur de Fiiedrich k la couroni^e des Teutschs ot à l'empire ; et pourtant il était héritier du royaume ae Sicile.
A cause de la pauvreté des traditions, te jour de cette élection n'est pas bien fixé. H n^ait pas plus facile de bien éclaircir l-afiaire. Yoità ce que prétend Friedrich lui-môme en présendie du pape : « Nous avions indiqué une 4iète générale à Francfort , afin de prendre congé dos princes suivant les usages de l'empire (t) , et nous rapprocher ensuite ^e vos pieds, selon vds ordres. A cette assemMée parurent aussi i'archevèque de Maycnce , et le landgraf de 1^«iringe, entre lesquels un débat s'était élevé depuis longtemps. Comme tous deux s'étaieKt fait suivre d'une nombreuse escoitc guerrière , la querelle grossit à ce point qu'eHe menaçait tout l'empire. Les princes présents, signalant tiH tel danger , et poussés par le désir de ie conjurer , demandèrent que la difficulté leur fM soumise, et jurèrent de ne point quitter Francfort que l'accommodement ne fût conclu e( pair lUMu cunirnié. Um ils iiavaîNôreat e& vtàù-^
BISTOIRE BU PEUPLE ALLEMAND
ils ne purent rétablir la concorde ; la querelle s*envenima de plus en plus , et menaçait, en raison de notre prochain départ, de grands préjudices pour rcmpire. En conséquence , les princes présents , parmi lesquels se distinguèrent ceux qui avaient été opposés à l'élévation Ae notre fils , l'élurent pour roi en notre absence. Quand ce choix nous fut connu , nous nous refusâmes à Tapprouver, parce qu'il s'était fait à votre insu et contrairement à vos ordres; et nous insistâmes, dans le cas où nous le reconnaîtrions, pour que chacun des princes souscrivit son vote et apposât son cachet au bas de sa signature , ou du moins pour que votre sainteté elle-même approuvât l'élection. »
Il résulte également des récits des écrivains que de vifs débats s'élevèjrent entre l'archevêque Sifrid de May^nce et le landgraf Louis de Tburinge. Cinq ans auparavant, le landgraf lierroann, qui n'avait jamais été fidèle qu'à son caractère d'inconstance, était mort , à ce qu'il parait, d'une manière peu honorable, à la villa Gotha, au moment où il allait se rendre auprès de Tempereur Otto , pour essayer si en passant encore du côté de ce souverain il ne trouverait pas de nouveaux avantages. Son fils Louis , jeune homme de 46 ans, lui avait succédé dans le landgraviat. L'âge et la faiblesse de ce prince engagèrent l'archevêque Sifrid à ressaisir des droits et des possessions dont l'Église de Mayence avait joui jadis en Thuringe , mais que lui-même avait abandonnés au père du jeune landgraf pendant les débats sur l'arche- Tèché ; et pour avoir une arme contre le jeune landgraf, pour le contraindre h céder, il déclara que Louis était sous l'anathème do l'Église , parce que son père était mort sans avoir été relevé de l'excommunication. Louis, à peine sorti de l'enfance , àme pieuse et timide^ ne comprit rien à ce reproche. De toutes les foudres lancées par Innocent, il pouvait se faire qu'un éclat eût atteint le landgraf Hermann, qui souvent s'était tenu à côté du roi , et que ce prince n'eût pas songé à faire effacer les traces de cette blessure. Comme il s'était séparé aussitôt de l'empereur Otto , et s'était déclaré pour le protégé dii pape , le roi Friedrich , le coup avait peut-être été oublié par lui-même comme par le clergé de Thuringe ; ni à sa mort ni à ses funérailles il ne s'en trouve aucune trace. Quoiqu'il on soit, Louis se
sentait libre de toute culpabilité à cet égard , et n'avait même jamais appris que son père eût été rejeté par l'Église. Il repoussa donc la prétention de l'archevêque , et s'opposa très-hardiment au prêtre. Ses représentations restant sans effet, il prit les armes dans l'année 4249, pour contraindre , l'épée à la main , le prêtre à se désister de ses demandes mal fondées. Il réussit; l'archevêque se vit réduit à rechercher une réconciliation. Elle eut lieu dans l'église de St-Boniface de Fulda; et là le landgraf, pour épargner l'honneur de Tarchcvêque, voulut bien accepter la révocation de l'excommunication pour lui et son père , mais comme un acte surabondant et incapable d'attenter à aucun droit. Ainsi cette affaii'c avait déjà été accommodée l'année précédente.
Néanmoins l'on ne peut en toute assurance rejeter les dires de Friedrich ; la querelle put se ranimer à Francfort. L'archevêque sentit fortement son humiliation, et son ardeur de posséder des droits et des biens en Thuringe éclata sans doute en plus d'une occasion. La vue du jeune landgraf put provoquer son ressentiment, et les événements dont parle le roi curent peut-être lieu. D'après les récits des historiens qui s'occupent de cette époque, Friedrich poussa fortement à l'élection de son fils. 11 n'en disconvient pas. Dans les passages cités plus haut, il parle des princes qui se seraient opposés antérieurement à l^élévation de son fils. Au début de la lettre, il dit en termes nets et durs : « En face de votre bienveillance , nous ne pouvons et ne devons pas nier d'avoir travaillé jusqu'ici de toutes nos forces à l'élévation de notre fils unique, que nous chérissons d'un amour paternel; mais nous n'avions encore pu la faire réussir (5). » Il avait négocié depuis longtemps déjà avec les princes, en avait gagné quelques-uns, en avait rencontré d'autres opposés à ses désirs. Assurément les offres , les promesses, dont Friedrich ne fut jamais avare dans le Teutschland, ne manquèrent pas dan^ ces négociations. Il est possible que Friedrich , n'ait pas pris l'initiative à Francfort quant à l'élection ; que le sujet ait été réellement traite en son absence et à son insu, comme il l'assure : car les princes réunis se virent, se parlèrent, délibérèrent; signalant de la diversité dans les vues , réfiéchissant que le roi était sur le point de partir pour Tltalie, que peut-être ne se représenterait plus une occasion favorable