LIV. XXVI
de gagner et d'acquérir , ils so seront réunis dans la pensée d'aller au-devant des ^ésirs du roi pour en obtenir plus sûrement ce qu'il leur avait promis. Et ces promesses, on les saisit dans un acte que le roi ût rédiger à Francfort • le 26 avril , et qui nous a été conservé. Cet acte a été donné entièrement à l'avantage des princes ecclésiastiques , mais il peut servir de mesure générale. Les princes ecclésiastiques avaient sans doute montré la plus grande condescendance, mais en même temps la pins forte décision dans leurs demandes. Dans le fait, ils avaient en masse le même intérêt, et pouvaient aussi être satisfaits le plus facilement. D'ailleurs, en raison de sa situation envers le pape , le roi avait surtout à cœur de contenter le clergé dans le Teutschiand. 11 avait peu à craindre du souverain pontife, si les ecclésiastiques étaient gagnés avec de tels avantages temporels, qu'ils ne pussent l'abandonner sans danger , sans courir des chances de perte. Probablement on avait accordé isolément aux princes ce que chacun avait désiré obtenir , et comme ils avaient un modèle dans les concessions faites aux ecclésiastiques, ils obtinrent sans doute des promesses analogues pour l'avenir. Mais cet acte qui fut rédigé pour les seigneurs spirituels , qui est d'une haute importance , moins à cause des conséquences pour l'avenir que par le témoignage qu'il porte sur le présent; cet acte , le voici en substance :
« En considération du zèle et de la fidélité avec laquelle nos princes ecclésiastiques nous ont assisté jusqu'ici, en nous élevant à l'empire, en nous y fortifiant, et tout récemment en accueillant et en élisant à l'unanimité notre fils Heinricb comme leur roi et seigneur, nous pensons, de notre côté, que ceux par lesquels nous avons été secondé et affermi doivent être favorisés et affermis par nous avec leurs églises ; c'est pourquoi nous voulons remédier par quelques dispositions législatives aux nbus sur lesquels ils ont élevé des plaintes. D'abord nous promettons de no lever désormais an profit du fisc aucun droit sur la succession' d'un prince spirituel, et de ne pas souffrir qu'un laïque y prétende. Quand le défunt n'a pas laissé de testament, la succession doit échoir au successeur ; s'il y a testament , il doit être exécuté. De plus , nous n'accorderons plus que de nouveaux droits soient levés , que de nouvelles monnaies soient frappées à leur insu
CHAP. n.
et sans leur volonté dans leurs domaines et dans leurs diocèses; nous voulons maintenir et protéger les anciens droits et les anciens privilèges monétaires qui ont été concédés à leurs églises. Si des hommes attachés à ces princes par une espèce quelconque de service s'éloignent, pour quelque cause que ce puisse être, de l'obéissance envers eux, nous ne voulons pas les accueillir dans nos villes. Nous voulons encore que ce décret soit observé entre euxmêmes, et par tous les laïques à leur égard. Nulle église ne doit souffrir d'atteinte sur ses biens, sous prétexte de patronat sur l^its biens. Si ce tort est porté, il y aura indemnité du double du dommage, et cent marcs d'argent seront payés à notre trésorerie. Si un prince ecclésiastique appelle en justice ses vassaux pour quelque offense, d'après le droit féodal , et qu'une sentence lui retire le fief, nous ea prendrons possession au profit dudit prince; et s'il voulait spontanément nous le transmettre, nous l'accepterions, sans être retenn ni par l'amour ni par la haine. Si au contraire la vacance d'un fie^est prononcée contre us prince spirituel, jamais nous ne prendrons possession de notre plein pouvoir dudit fief, si nous ne pouvons l'obtenir de son bon vouloir et de sa générosité. S'il nous est dénoncé par des princes spirituels , oralement, au moyen de lettres ou de messagers dignes de foi, que quelqu'un a été frappé par eux d'interdit, nous éviterons le condamné; nous ne souffrirons pas qu'il paraisse en justice avant qu'il n'ait été relevé : il peut bien s'expliquer sur des accusations , mais le pouvoir public doit lui retirer le droit et la faculté de se présenter comme juge, comme témoin ou comme plaignant. Et comme le glaive temporel est affecté à soutenir le glaive spirituel, la condamnation de l'empire doit suivre l'excommunication, si elle n'est pas révoquée dans les six semaines; et cette condamnation ne doit pas cesser d'avoir son effet tant que Texcommunication n'est pas révoquée. De leur côté , les princes spirituels ont promis et juré de nous assister éncrgiquement de toutes leurs forces contre quiconque opposerait la force à nos sentences , sur notre dénonciation. Des châteaux et des villes ne doivent pas être fondés sur un territoire appartenant aux églises, sous prétexte de patronat , ni sous tout autre. Les châteaux et les villes qui auraient été déjà établis contre la volonté de ceux auxquels ap-
MS
pftrtieiil )e bol ic\rmi 6tre détruiti ^)ar la puissance royale. Ainsi que notre aïeul l'empermr Friedrich Ta iusliUié, nul de nosoflicicrs ne pourra prétendre à une juridiction dans les Tillea des princes ecclésiastiques , excepté huit jours avant une diète qui y aurait été publi-
auement indiquée par nous; mais, môme peuaot ce temps f nos officiers ne doivent pas s'arroger le droit de porter atteinte à la juridiction du prince ou aux coutumes de la ville. Si DOUB arrivions dans une ville sans avoir annoncé une diète publique , nos orûciors ne doivent y exercer aucun droit ; le prince et. seigneur y jouira d'une pleine et entière autorités » Pour terminer , l'obligation est imposée à l'héritier et successeur du roi de maintenir et d'exécuter ees dispositions « et de veiller à ce qtt'ëlieji soient observées à 1 avenir par tous les
buqiiesi
Cet acte n'est pas revêtu de l'insigne impérial;
mais il est souscrit par les princes comme témoins assistants , et garanti dans son authenticité f^v leur sceau. On y trouve ies noms de quatre archevêques et de onze évoques. Un tel titre peut donc être ftnsidéré comme un yérital)l6 traité entre le roi et les princes ecclét^iaatjqucs. Pour les princes temporels , qui n'y avi^iei^t pas donné publiquement leur adhésion , il n'était nullement obligatoire , et ils eussent été en droit de le repousser. Néanmoins une telle opposition serait demeurée sans résultat ; caf) 4aiis la iféuniou de la condamnation impériale e( de l^excommunication religieuse, il y avait une puissance que tout prince isolé devait redouter, en raison de l'avidité de ses voisins et des regards de convoitise qu'ils jetaient sur ses possessions. Dans le fait, il ne s'éleva aucune contradiction. Ou les princes séculiers étaient gagnés k l'avance , âti moins les premiers et les plus grands^ on tous étaient contents, parce quMIs voyaientque le haut clergé avait acquis ce qui était le but de ses efforts , et que ce qui lui était accordé ne pouvait lui être enlevé. Mais les ecclésiastiques avaient atteint au but le plus élevé de leurs désirs.
Ils étaient devenus maîtres et souverains dans les terres de leurs églises. A la vérité ('riedrich ne renonça pas à la suzeraineté de l'empire sur les biens des églises ; mais comme toute influence sur l'occupation des postes de rtiglise avait été soustraite au trône , il ne restait pas beaucoup ^cs droits de cette suzeraineté.
HISTOIRE lU PEPPf.E ALLEMAND.
I^s ecclésiastiques arrivaient, à Tégard de TEtal dans le Teutschiand, à la position où était par* venu Tév-êque de Rome, relativementà Tempirci par les réclamations d'Innocent lU et la reconnaissance d'Otto et de Friedrich ; ils restèrent attachés au nom du royaume des Teutsclis sans dépendre de cet Etat. D'abord eux-mèaics , ces évoques, donnaient leurs voix au prince qu'ils voulaient reconnaître comme leur roi et seigneur; ee roi et seigneur pouvait tenir des diètes dans leurs villes , et il leur fallait pour* voir à ses besoins et à ceux de toute sa suite pendant ce temps ; enQn ils restaient soumis au service féodal en cas de gqerre pour la défense du royaume , dont ils avaient eux-mêmes reconnu la nécessité. Leurs obligations n'allaient guère au delà« Néanmoins on ne peqt croire que, par son acte du 26 avril, Friedrich ait opéré un changement important , ou quHl ait donné une nouvelle direction à la vie publique dans le Teutschland. On serait plutôt tenté de soutenir que, sans cet acte , tout ce qui est arrivé se sej*ait passé de même. Les points les plus importants accordés par Friedrich auxévêqucs existaient déjà , et le reste était réclamé depuis longtemps. Rien ne fut établi, mis en vigueur par l'acte; tout résulta des circonstances et de la marche ultérieure des événements. Les évoques n'auraient pas eu besoin de l'acte royal pour devenir souverains dans leurs terres; c'est un désir inextinguible du cœur humain de voir le fait régularisé par le droit. A l'ex-
tinction de la maison de Francoiiie ^ le Teptschlaud I comrhe on l'a souvent remarqué , pouvait encore devenir un seul Etat avec un pouvoir royal énergique; mais ces actes de Friedrich avaient amené inévitablement la dissolution de l'État. Un roi indigène, qui n'aurait eu eu vue que le Teutschland et ses possessions du Teutschland, aurait ressenti ak)i*s et en tout temps une horreur insurmontable à la pensée d'un tel morcellement; mais Friedrich H, étranger, le fit avec la même indifférence qu'il apporta dans l'abandon des contrées importantes de la Baltique et de l'Océan Germanique à la souveraineté danoise, et qu'il avait eu général pour tout ce qui concernait le Teutschland ; et il le fit d'autant plus Yolontiers , que dans cet acte il croyait trouver un n)oyen ae maintenir sur le ton de Tamitié ses rapports avec le pape , et d'échapper à la croisade. Le titre ne mérite pas moins Timpor-
f aMÉ 4n*oii Mi èUribiie ^ar M» cotiséqneiicei ^ile par lo témoignage qu'il offre sur cette époqae^ Si tout petit se cotoprendre, deux dis* positiods eoncefnant le roi Friedrich et le clergé de ee temps doivent blesser tout noble esprits I^ rôl se ligue avec les prêtres pour exclure les plus malheureux des hommes , les serfs , des villes dans lesquelles ils pouvaient saisir leur dernière espérance, la liberté , et leur enlever ainsi le dernier moyen par lequel ils pussent amener des maîtres trop durs à quelque dou* ceur, à quelque humanité. Secondement^ le roi réduisait le pouvoir royal, dans sa manifestation la plus haute, à servir d'instrument à Texcom-* ildunication religieuse , et par conséquent aussi aux passions sacerdotales, et demandait en échange que la plus terrible sentence humaine agit sur rétemité. Qui oserait louer cette con* doite, l'excuser , la défendre?
Mais^ quel que soit le jugement sur cas'dis*' positions et sur l'acte dans son ensemble, il est hors de doute qu'il fut le prix dont Friedrich paya l'élection de son fils par les princes ecclésiastiques. En poursuivant dette élection, il violait la parole qu'il avait donnée solennelle*> ment et répétée au pdpe. Roi et pontife parais^ sent avoir été, à ce sujet, fort embarrassés à l'égftrd l'un de l'autre; il y eut une longue interruption dans leur correspondance. Le pape était irrité au plus haut degré du parjure du rdi, et conçut contre lui une grande méfiance. Son entourage partageait son agitation et ses soucis, «yais les concessions faites par Friedrich aux princes ecclésiastiques dans le Teutschiand paraissaient être d'une importance incalculable pour Tindépendance de TËglise. Honorios pouvait bien se dire que par ces concessions Fried* rich lui avait soustrait tout le clergé du Teutschiand , et qu'il agirait imprudemment en essayant de tourner les armes apostoliques contre ce souverain. 11 observa donc le silence. Friedrich pouvait ressentir de la honte d'avoir commis deux parjures envers le pape ; car il laissa passer pour la cinquième fois le jour fixé pour l'entrée en campagne contre les infidèles. ' U ne sut, à ce qu'il parait, comment engager, sur quoi appuyer sa justification ; mais, reconnaissant rembarras du saint-père à son silence, il crut avoir gagné sa cause. 11 adressa donc , environ trois mois après l'élection de son fils (4), la lettre au souverain pontife , qui a servi à l'expositioil des faits. Elle était rédigée avec
une habileté remarqtiaUe; le toi y «flèotait un calme complet^ comme s'il avait la meilleora conscience ; il y tenait le langage de la vérité ^ de la sincérité ^ de l'ancienne confiance , du respect et du dévoûment le plus profond ^ comme s'il n'était pas survenu la moindre altération. Après avoir raconté l'élection , Fried^ rich s'excuse de n'avoir pas annoncé au pape ce qui était arrivé. « Il fut réglé, dit^il , que l'un des princes irait auprès de vous pour vous rendre compte de tout; mais bientôt celui-là s'y refusa, par des raisons que nous vous commo* niquerons bientôt oralement , s'il plait à Dieu. Ensuite nous décidâmes l'évèque Kunrad de Metz et de Spire, notre chancelier^ à partir pour se jeter à vos pieds ; mais^ au moment de se mettre en route, il fut attaqué d'une mala* die qui l'a retenu jusqu'à ce jou^. « Puis ve« naient de nouvelles assurances i « L'élôvatioil de notre fils , très-sain t-^père, ne pourrait vous paraître une chose grave qu'à raiton de vof craintes sur la réunion du royaume de Sidilé avec l'empire; mais l'Eglise notre mère n'A nullement à craindre.oetteréunipn; nous ten» dons au contraire à la séparation de toute ma^ nière. Aussitôt que nous serons auprès de voui| vos (jfiteB et vos désirs seront remplis én toutes choses. L'empire ne doit rien avoir de commun avec cet Etat , ni maintenant ni jih raaisi Dans cette affaire cotnme en toute autre» nous nous conduirons envers la sainteté apos^ tolique de manière que notre mère l'Eglisa se réjouisse avec raison d'avoir enfanté un td fils. Si l'Église n'avait aucun droit à cet État^ et que nous dussions mourir sans héritier, nous voudrions plutôt le transmettre à l'Église roumaine qu'à l'Empire. Nous nous étonnons done que vous et l'Église vous soyez inquiétés au sujet de l'élévation de notre fils. »
Le digne pontife secoua sans doute la tété k de telles paroles. U crut difficilement au récit du roi) et n'eut guère confiance en ses prêtes* tations ; mais , comme il ne se sentait pas la force de soutenir avec succès une lutte ouverte contre le roi Friedrich et le clergé du Teutsoh'» land , qu'il n'était pas non plus résolu à s^abt-» mer avec son siège apostolique ^ il dut se iéli< citer que Friedrich eût rompu un silence em*barrassant, et lui eût ouvert une voie pour sortir de sa position critique, il affecta dona d'être pleinement convaincu de la sincérité de Friedrich en ps^oles et en actes» d'être eatièr^
ment persuadé que fout ce qui était arrivé s'était fait uniquement pour rendre possible la sainte expédition en Orient, et pour assurer quelque ordre dans TÉtat pendant l'absence du ' roi. 11 pardonna la violation de la parole d'autant plus facilement que le bénéfice présumé pour l'Église paraissait plus grand; et comme il avait pardonné Tacte le plus grave, Télection de Heinrich, comment aurait-il piî se montrer inflexible pour le moins important, l'ajournement de la croisade? Friedrich s'entendit parfaitement à rejeter toute faute de luimême sur telle ou telle circonstance , et le saintpère comprit facilement que , sous Tempire de pareils faits, le départ avait été impossible. D'ailleurs il parut ne pas vouloir différer plus longtemps, sinon le voyage de la Terre-Sainte, an moins celui d'Italie. Et en effet il ne l'ajourna plus. Aussitôt qu'il crut être sûr de nouveau du pape, il nomma quelques hommes auxquels il put confier l'éducation de son fils, le jeune roi Heinrich , et auxquels il donna probablement pour instruction de se souvenir au moins du noip impérial dans le Teutschiand , s'ils étaient hors d'état d'en faire valoir l'autorité. On en cite plusieurs, mais on ne peut déterminer quelle situation ces hommc%pccupaient les uns envers les autres. Heinrich de Nifen , dont il a déjà été question , maintenant maréchal de l'empire, Kunrad de Tanne et Wernher de Boland , se présentent d'abord , le premier dans un écrivain , le second dans un autre, comme les précepteurs et les compa* gnons du roi , soit qu'ils aient exercé ces fonctions simultanément, soit qu'ils se soient succédé. La haute surveillance fut donnée à Tarchevèque Engelbert do Cologne, homme distingué, par ses manières comme par son intelligence et son habileté. H paraîtrait que, pour né pas exciter la jalousie des princes séculiers , on lui adjoignit le duc Louis de Bavière , de telle sorte que celui-ci exerçât ses fonctions en cas de nécessité. Peut-être y eut-il un troisième collègue, l'évèque Otto de Wurtzbonrg. Ces princes curent probablement pour instructfon de surveiller les affaires publiques , quoique le roi Friedrich ne les prit point fortement à cœur.
Enfin, au mois de septembre, Friedrich II partit et franchit les Alpes. Quelques princes teutschs des deux ordres l'accompagnaient. Oh cite entre autres l'archevêque de Mayence ,
le patriarche d'Aquilée, les évéques de Metz, Passau, Augsbourg, Brixen et Trente ; le dnc Louis de Bavière , et le comte palatin Beiorich. De ce moment Friedrich ne revif^fylus le Teutschiand pendant quinze années, et s'en soucia fort peu. 11 avait obtenu ce qui était l'objet immédiat de ses désirs; le peuple teutsch lui était étranger , indifférent ; le Teutschiand ne lui importait qu'autant qu'il lui était nécessaire pour faire passer la couronne impériale dans sa maison. Son voyage à travers l'Italie était favorisé par le saint-père, qui ordonna aux Lombards de prêter au roi le serment de fidélité. Mais les Italiens n'attachaient pas un sens bien sérieux à ce serment, qnpiqa'ils eussent consulté le pape sur ce qu'ils devaient faire à ce sujet. Leurs représentations étaient dans une sorte d'opposition avec les prétentions de Friedrich. Le roi se donna donc toutes sortes de peines pour éviter an moins des coUisions et surtout les discussions trop compliquées. On tourna autour de Milan, et la couronne de Lombardie ne fut ^as demandée. Il se montra, bienveillant et affectueux pour les villes qu'il traversa , et leur assura les libertés et les privilèges dont elles demandèrent la confirmation. D'autres qui ne pouvaient lui offrir d'utilité, ni lui faire craindre de danger , il essaya de les calmer avec de vaines paroles, et les renvoya en termes gracieux à l'avenir. La plupart des villes se contentèrent d'espérances. Gènes seule, qui huit ans auparavant croyait avoir si bien mérité du roi , et pouvait avoir conçu 4cs idées irréalisables , fut irritée contre l'orgueillecx roi, qui maintenant, dans son voyage oomme empereur, paraissait l'oublier, lui qui, sans secours , sans armes , avait été trop heureux do la protection de la cité commerçante. Cependant la correspondance entre le pape et le roi se continuait très-active. Tous deux restaient fidèles à leur ancien système. Plus Friedrich s'avançait en Italie , plus vivement Honorius reconnaissait qu'il était temps maintenant de produire ses réclamations sons une forme impérieuse , et d'insister sur leur acceptation sans condition. Friedrich, ayant derrière lui les Alpes et la Lombardie, poussé par la nécessité de reparaître enfin en roi dans ses États héréditaires de Sicile , sans amour pour le Teutschiand , sans espérance dans ce pays , dut bien voir qu'il ne lui restait plus qu'à se rendre sans hésiter aux demandes du pape , à les prévenir