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LUDWIG KT KARL

De l'an 843 à l'an 844.

Les deux rois , petits-Ûls de Karl le Grand , se trouvaient, chacun dans son royaume, embarrassés de plus d'une manière , et l'un n'avait rien à envier à l'autre. Mais leurs relations étaient différentes.

Karl , surnommé le Chauve, le plus jeune des (ils de Ludwig le Pieux , ne trouva pas un terrain solide dans son royaume , pour l'acquisition duquel avaient coulé tant de sang et tant de larmes. Son neveu , Pippin , était encore indompté, et beaucoup de vaillants hommes restaient fidèles à la justice de sa cause : les murs de Toulouse présentaient une vigoureuse défense , et Karl essaya vainement d'en triompher. Les Bretons, ûdélcs a leurs anciennes m.

habitudes, et conservant, malgré tous les revers, leur esprit d'indépendance, crurent devoir profiter du moment pour atteindre enfin le but qu'ils désiraient depuis si longtemps; ils saluèrent roi indépendant le vaillant et habile duc Nomenoius. Ce même Bernhard , duc de Septimanie, qui avait possédé la confiance do Ludwig le Pieux, et surtout celle de l'impératrice Judith , femme de ce prince , et qui , à cause de cette confiance, avait passé pour lo père de Karl, s'était tenu dans une position équivoque pendant la lutte des trois frères ennemis , et avait su ménager ses forces avec une grande adresse : maintenant que ces discordes étaient apaisées , il manifesta des dispositions; hostiles, espérant peut-être arracher au pouvoir des Karolingiens et gouverner en qualité de roi indépendant tout le pays compris entre le Rhône et l'Ebre , qui jadis avait appartenu aux Goths , et qui conservait encore le nom de Gothie. Karl, oubliant les anciens

services de Bcrohard, regarda l'inimitié de I celui-ci comme tellement dangereuse, qu'il n'hésita pas à le poignarder de sa propre main dans une entrevue; mais Wilhcliu ^Guillaume) , fils de Bcrnhard , animé de l'esprit de son père, et poussé par le senliment aveugle de la vengeance, continua l'œuvre de la victime; et, pour l'accomplir, il ne rougit pas de faire alliance avec les Sarrasins el de leur ouvrir les Py rénées. La confusion qui continua ou s'éleva par là fut enlin augmentée encore par lesNordmans qui , étendant de plus en plus leurs courses et leurs brigandages, portaient le danger, ou menaçaient de le porter sur toutes les côtes occidentales, sur tous les lleuves et dans toutes les baies, et jetaient partout une terreur d'autant plus grande, que leur apparition était plus aventureuse et leurs actes plus téméraires.

L'empereur Lothar était dans une autre position ; mais elle n'était guère meilleure. Tandis que, dans le palais sacré d'Aix-la-Chapelle, il reportait avec colère et honte ses regards sur les ruines de ses espérances , il ne voyait nulle part de sûreté pour la partie de l'empire qui lui était restée. Les Nordmaus avaient , il est vrai, trouvé sur les côtes françaises des points de débarquement, qui leur assuraient de plus grands profits que les côtes du Tcutschland et de la Lotharingie { I^orraiuc ) , nom que Ton s'accoutuma peu à peu à donner au royaume de l'empereur depuis les Alpes jusqu'à la mer; et, pour cette raison, ils épargnèrent le Tcutschland et la Lotharingie plus que la France; mais cux-inémes, dans leurs courses , étaient à la merci des vents et de la mer ; aussi , sur ce point comme sur les autres, on ne resta pas à l'abri des incursions de ces pirates. Nulle part il ne manquait de mécontents et d'hommes avides de butin prêts à se joindre aux Nordmans ; et les deux partis , les Nordmans et les Lotharingiens , trouvaient, selon les circonstances, tantôt un ennemi dangereux, tantôt un ami équivoque dans le Nordman Hériold , auquel on avait cédé l'Ile de Walchcrn. De plus, la confusion qui ébranlait la France agit sur la Lotharingie, et excita les seigneurs farouches de ce pays : les troubles ne manquaient pas non plus sur les bords du Rhin. Depuis mille ans ce fleuve antique avait vu des hommes belliqueux passer d'une de ses rives à l'autre; longtemps il avait été témoin des scènes les plus sanglantes ; depuis quatre ou cinq

siècles il avait vu sur ses deux bords des hommes alliés entre eux qui s'étaient dirigés ensemble, tantôt vers l'Orient , tantôt vers l'Occident. Et maintenant ce fleuve devait tout d'un coup séparer ce qu'il avait si longtemps uni ; il devait former la limite de démarcation de deux royaumes qui tenaient l'un à l'autre de la mauière la plus solide, par la parenté de leurs rois, par de grands souvenirs , par les relations ecclésiastiques telles qu'elles existaient alors , et parleurs besoins réciproques. Nécessairement, lors même que les rois restaient en paix , les peuples devaient se heurter , et les voisins ne pouvaient se toucher sans discussions et sans guerres privées. Sur les montagnes des deux rives, on bâtit des châteaux forts destinés à servir de remparts contre toute surprise. Ces châteaux devinrent avec le temps des exemples et des modèles pour les habitants des parties centrales de l'empire; mais ils étaient moins propres à mettre un terme aux guerres privées qu'à les produire, parce qu'ils alimentaient l'arrogance et excitaient les passions. Au commencement pourtant, l'attention de l'empereur fut éveillée par les événements d'Italie, plus que par ceux qui s'accomplirent en deçà des monts.

Dans l'Italie inférieure, en effet, la puissance des Franks n'avait jamais eu d'importance ; Rai l le Grand lui-même n'y avait pas eu de pouvoir, bien que le duc de Bénévent s'appelât son vassal. Après la mort de Karl, on avait pu moins encore s'occuper de celte partie éloignée de l'empire ; et pendant les querelles de Ludwig le Pieux avec ses lils, et celles de ses fils entre eux, la considération pour les Franks s'était presque entièrement évanouie. Le duc de Bénévent , élu par les grands seigneurs du pays, avait la position d'un prince indépendant, et cherchait à augmenter son pouvoir et à étendre sa domination sur les villes qui , de nom , appartenaient encore à l'empire grec, mais ne recevaient de celui-ci ni protection ni secours. Cette situation malheureuse détermina la ville de Naples, qui était serrée de près par le duc Sicard , fils de Sico, après s'être défendue longtemps avec courage , mais en vain , et après avoir inutilement sollicité des Franks une protection suffisante, à appeler des Arabes qui, depuis l'an 827, étaicntvenus d'Afrique s'établir en Sicile, et avaient fait des conquêtes assez importantes. A partir de cette époque, les Sarrasins furent continuellement mêlés aux

querelles qui tantôt animèrent et tantAt ébranlèrent Tltalie inférieure; et eux-mêmes, les Sarrasins, s'accoutumèrent à fixer leurs regards sur l'Italie pour conquérir ou piller tout le pays à la faveur des circonstances et en profitant de ses troubles intérieurs. Aussi les Sarrasins d' Espagne vinrent en Italie aussi volontiers que ceux d'Afrique, quelque haine qu'ils se portassent les uns aux autres h cause de la différence de leurs opinions religieuses. Cette haine même (car ils se considéraient mutuellement comme hérétiques) donna plus de force encore à l'ardeur avec laquelle ils combattirent en Italie , parce qu'aucun parti ne voulait laisser l'autre prendre le dessus dans cette belle contrée. Dès le temps où mourut Ludwig le Pieux, des Arabes venus d'Afrique par la Sicile s'étaient établis dans Bari, et d'autres , venus d'Espagne , à Tarente. Car vers cette même époque la souveraineté du duché de Bénévent avait donné naissance à des discussions entre Siconulf , frère de Sicard, et Radelgis, ancien camérier de ce dernier; et cette querelle, soutenue par le sang et par des cruautés, facilita l'établissement des Musulmans en Italie. Mais ils prirent bientôt part a la guerre , et combattirent des deux côtés. Siconulf toutefois , grâce au secours des Sarrasins , avec lesquels il s'était lié , eut le dessus dans la même année où l'empereur l,othar devint définitivement souverain de l'Italie , en vertu du traité de Verdun. Lothar abandonna à luimême le duché de Bénévent, soit qu'il n'osât pas se jeter au milieu d'une telle confusion , soit qu'il ne pressentit pas le danger qu'offrait l'apparition des Arabes en Italie.

lu grave événement , au contraire, qui se passa à Rome, le détermina à une prompte résolution; mais là encore il se vit arracher 1 avantage qu'il avait pu espérer du déploiement inattendu de ses forces militaires, et de nouvelles inquiétudes, bien plus, de nouveaux dangers , jaillirent de ses tentatives.

Au mois de janvier de l'an 844 , mourut le pape Grégoire IV qui, à part une fausse démarche (I ), avait su aussi conserver et agrandir, •ttéme dans les circonstances les plus difficiles , la dignité de son siège et la considération de l'Église , tantôt par ses propres vertus , tantôt pw le zèle et la prudeuce d'autres personnages. Quinze jours après sa mort , Sergius II fut élev é «>r le saint-siége, et personne ne songea au

souverain temporel , personne ne parut se rappeler l'empereur ou les traités antérieurs. Lothar crut voir dans cette manière d'agir du mépris pour son autorité impériale et ses droits de souveraineté ; et comme , de sa longue lutte contre ses frères, il n'avait sauvé d'autre prérogative que le titre d'empereur, il se peut que ce mépris lui parût non-seulement offensant , mais encore dangereux , surtout dans la situation où se trouvait alors l'Italie. A la nouvelle de l'élection de Sergius II, il envoya donc aussitôt en Italie son fils aîné Ludwig, avec des troupes considérables. Son oncle Drogo, archevêque de Metz, dut accompagner le jeune prince , afin de soutenir par le raisonnement, sous la protection du glaive, la cause de l'empereur contre les Romains et contre le nouveau pape. Un assez grand nombre d'évêques et de prêtres suivit également l'armée en Italie, pour appuyer le vénérable Drogo. En Lombardie , l'armée et le nombre de ces ecclésiastiques s'accrurent également. L'armée des Franks était exaspérée. A son entrée sur le territoire de l' Eglise romaine, elle se livra à toutes sortes de désordres et commit de grandes cruautés. Aussi les Romains considérèrent-ils son approche comme celle de troupes ennemies. Mais le pape sut, avec une prudence peu commune, apaiser la colère du jeune prince et confondre tellement sa position, que tout l'avantage resta du côté de l'Église. D'abord il fit saluer de la manière la plus amicale le prince Ludwig et son armée. Lorsque ensuite Ludwig, ébranlé par des présages et par des miracles (2) , vint jusqu'à l'église de l'apôtre Pierre, il déploya à ses regards toute la dignité et toute la majesté de l'évêquc apostolique et de l'Eglise catholique , et lui fit sentir avec tant de force la sainteté du lieu où il désirait entrer, que le jeune prince déclara avec humilité : « qu'il venait avec une Ame pure et une volonté fidèle pour le bien de Rome et de l'Église. » Et ce ne fut qu'après cette assurance que les portes du sanctuaire s'ouvrirent à lui par l'ordre du pape; et le clergé assemblé le reçut avec ce salut : « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! » Ludwig , saisi de respect et d'une ardeur religieuse, se prosterna avec tous les ecclésiastiques et tous les hommes éminents de sa suite devant le tombeau de l'apôtre, et oublia , dans sa dévotion , le but de sa mission. Ses Franks étaient peu satisfaits de son abandon ;

HISTOIRE Dl PEl'PLE ALLEMAND.

ils auraient volontiers soumis a leurs pillages la ville de Rome elle-même. Mais le pape leur ferma les portes , et ne laissa plus échapper le jeune prince, une fois qu'il l'eut saisi. Le di manche qui suivit son arrivée , Sergius lui plaça sur la téle , dans l'église de l'apôtre , une belle couronne , le consacra avec l'huile sainte , le salua roi des Langobards, et lui remit une épée royale. Ludwig porta la couronne et ceignit répéc , sans songer aux instructions que son père lui avait données; et lorsque enfin il se rappela ces instructions, il vit qu'on l'avait tellement éloigné de son but , qu'il ne fallait plus songer à l'atteindre. Si la dépendance du pape et des Romains devait être de quelque utilité, il fallait maintenant qu'ils lui prêtassent le serment de fidélité à lui-même, à lui, roi des Langobards. Ludwig aussi demanda ce serment ; Drogo , tous les évêques et les comtes qui étaient venus avec lui en Italie , le demandèrent également. Mais leurs raisons furent impuissantes contre la fermeté et la sagesse du pape. « Rome et le siège apostolique, dit Sergius, n'avaient pas à reconnaître la souveraineté du roi des Langobards , mais seulement celle de l'empereur Lothar. Ils étaient disposés ù prêter à ce dernier le serment que Ton demandait; mais le roi des Langobards leur était étranger, et devait, sous tous les rapports, rester tel pour eux. » Et Ludwig dut se contenter de cette déclaration et de ce serment sans importance ; le vieux Drogo fut satisfait en ce que le pape le nomma son vicaire dans le royaume de Lothar, de l'autre coté des Alpes. I-othar accepta ce qu'il ne pouvait changer; mais comme le nouveau roi des Langobards fixa sa résidence à Pavie, l'Italie fut entièrement perdue pour lui, à moins qne son fils , sur lequel il n'avait assurément pas de raison de compter, n'eût assez de bonne volonté pour respecter son autorité paternelle; et le siège de Rome s'était encore une fois en touré des relations équivoques et douteuses à la faveur desquelles il avait atteint sa puissance et sa grandeur.

Quant à Ludwig enfin, roi des Tcutschs, c'est de lui que les chroniques qui se rapportent à cette époque s'occupent le moins; il semble résulter de ce silence que son royaume jouit de plus de repos que les autres. Et de fait , bien que la confusion fût grande dans IcTeutschland; bien que le poids qui pesait sur la vie fût lourd

partout; bien que d'amers souvenirs excitassent les esprits et entretinssent parmi les peuples du Teutschland des divisions et des dispositions hostiles , beaucoup de choses pourtant devaient être conciliées par la conscience que l'on était enfin libre de tout lien avec l'étranger, et que l'on n'était plus qu'avec ses frères. Il ne se trouve pas de trace non plus que nulle part il y ait eu dans le Teutschland de mouvement propre à troubler la tranquillité. Les Saxons eux-mêmes, parmi lesquels la cruauté de Ludwig envers les Stellinga n'était certainement pas oubliée , semblent avoir , par crainte de leurs puissants seigneurs, supporté leur sort avec patience. Ludwig n'avait pas besoin de se montrer parmi eux, et il ne s'y sentait pas disposé ; il resta dans le Teutschland méridional , et résida le plus volontiers a Ratisbonnc et à Francfort. Ludwig n'eut pas non plus de danger h éloigner dn dehors. Il n'avait nen a craindre de la Lotharingie et de l'Italie, et les Nordmans épargnèrent également durant un certain temps les côtes Teutsches et les cantons de la Saxe. Avec les peuples slaves seulement , du côté oriental du royaume, se renouvelèrent les anciennes querelles; et les chroniques ne parlent dn roi des Tcutschs qu'au sujet de ces querelles. Ce fut lui qui les commença, sans doute parce qu'il voulait conserver tous les droits que Karl le Grand, son aïeul, avait acquis, parce que, pour des cas possibles, il voulait se mettre en sûreté de ce côté , mais en particulier probablement parce qu'il voulait donner à son royaume une plus grande extension et des frontières naturelles. Cependant les documents que nous possédons sont si pauvres et conçus en termes si vagues, qu'on ne peut même pas fonder une conjecture relativement à la marche de la guerre. Les Abodrites ou Obotrites désiraient vivement , dit-on , se délivrer de la suprématie des Franks ; Ludwig entra sur leur territoire ; leur roi Gotzomiuzli succomba devant lui; le pays et le peuple furent soumis, et Ludwig leur imposa des ducs : voilà ce que dit un auteur. Un autre dit que Ludwig attaqua les pays et les peuples des Slaves ; il força les uns à la soumission , les autres périrent ; presqw5 tous les petits rois de ces pays durent reconnaître sa suzeraineté. Enfin on trouve encore cette remarque que Ludwig se montra avec des forces militaires en Pannonie, et que les

Bohèmes éprouvèrent aussi la force de ses armes (5). Les expéditions de Ludwig contre les peuples slaves eurent donc lieu, sans aucun doute, suivant les principes d'après lesquels on avait essayé depuis longtemps de les séduire ou de les effrayer , pour les amener à se soumettre sans réserve; au fond, toutefois, les relations restèrent les mêmes qu'aux anciens jours.

Mais tandis que les trois frères rois vivaient et combattaient ainsi , ils s'efforçaient, par des ambassades réciproques , de conserver la paix du moins entre eux. Leurs pourparlers les amenèrent à interpréter le traité de Verdun dans un sens plus élevé qu'ils ne pouvaient l'avoir fait dans l'origine , et les embarras de Karl le Chauve, ainsi que les difficultés diverses dont l'empereur se sentait pressé , les y conduisirent surtout. Ils comprirent en effet que l'empire de leur aïeul , abstraction faite du partage, devait rester un seul empire appartenant à leur maison , à la maison karolingienne; que par conséquent, en vertu du traité de Verdun , ils ne s'étaient pas seulement reconnu l'un à l'autre leurs possessions , mais qu'ils devaient encore se les garantir mutuellement contre tout étranger. En conséquence, les trois frères eurent , au mois d'octobre de l'an 844, une entrevue à Thionville, pour constater et régler officiellement la nécessité qu'ils avaient reconnue. En effet , ils renouvelèrent leur alliance, qui désormais devait être, non une illusion, mais une vérité : ils se promirent réciproquement de surveiller avec soin tous les auteurs de troubles , de les poursuivre sévèrement, et de rétablir dans l'organisation ecclésiastique l'ordre qui y avait été bouleversé de la manière la plus odieuse ; les églises devaient reprendre toutes les possessions qu'elles avaient eues sous Ludwig le Pieux ; les vassaux qui avaient prouvé leur fidélité devaient trouver chez les princes aussi l'ancienne fidélité ; mais on devait arrêter énergiquement les brigandages et les pillages qui jusqu'alors avaient eu lieu pour ainsi dire légitimement. Dans ce but, Us voulaient, eux, les rois, établir dans leurs royaumes respectifs des envoyés {mim) investis de tous les pouvoirs nécessaires pour poursuivre même les hommes qui , a cause de leurs crimes , s'étaient enfuis d'un royaume dans un autre. De plus , ils se promirent mutuellement que les fils de chacun d'entre eux hériteraient du royaume paternel,

et que les oncles aideraient leurs neveux a conserver cet héritage. Enfin , on résolut d'envoyer des députés en Aquitaine , ainsi qu'aux Bretons et aux Nordmans , pour leur demander la soumission , la tranquillité ou la paix , ou pour les menacer d'une guerre faite en commun par les trois rois.

Ceux-ci informèrent leurs vassaux de cet accord par des lettres personnelles. Et de fait , ils envoyèrent des députations communes en Aquitaine vers Pippin , etàNomenoius , prince des Bretons; la seule ambassade vers les Nordmans n'eut pas lieu aussitôt , peut-être parce qu'on ne savait pas précisément à qui l'adresser. Ainsi les trois souverains se séparèrent , sinon dans des dispositions bien fraternelles , du moins avec des assurances réciproques de fraternelle fidélité.

Mais ces assurances n'eurent pas d'autre résultat. Les années qui suivirent se passèrent comme celles qui avaient précédé , les relations furent ébranlées plus qu'auparavant, et les embarras où se trouvèrent les trois rois furent plus sérieux que jamais; l'alliance même qu'ils venaient de conclure uc produisit pas une confiance durable.

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