‹ Histoire d'Allemagne (volume 3)Chapitre 57 sur 135 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

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Le règne de Frédéric Ier Barberousse n'est pas seulement, en Allemagne et en Italie, le nœud de la grande querelle des Welfen et des Wiblingen, qui devait se prolonger si longtemps au-delà des Alpes dans les factions guelfes et gibelines; c'est le moment de l'apogée, sinon de la puissance, au moins de la gloire de l'empire germanique du moyen âge.

Aucun de ces puissants souverains n'a rempli comme lui le monde de son activité et de son nom. L'Italie, la Provence, la Bourgogne, le Danemark, la Pologne, Constanlinople, la Terre-Sainte l'ont vu. Il a ceint les couronnes d'Allemagne, d'Italie, d'Arles; il a été sacré empereur deux fois à Rome. Des guerriers de grand renom, Henri le Lion, Albert l'Ours, Ollon de Witlelsbach, des hommes d'Eglise et d'Etat de premier ordre, Raynald de Dassel, Wiehmann de Nlagdebourg, Christian de Mayence, trois puissants archevêques, dont deux ses chanceliers, commandent les armées, forment le conseil de ce guerrier et de ce diplomate. C'est le plus tenace adversaire des papes et il a pour rival Alexandre III ! 11 détruit Milan, Tortone,

Spolèle, Tusculum, en Italie; il renverse Henri le Lion en Allemagne; il se joue des rois de France Louis Vil et Philippe-Auguste, fait trembler Constanlinople; il obtient d'entrer en ami dans Venise, prépare l'union de Naples et de la Sicile à l'empire; et la ville de Mayence voit réunis autour de lui les ambassadeurs de toute la chrétienté et les troubadours de toutes les langues. C'est l'époque où, selon un historien récent de l'Allemagne, « le peuple allemand, fort de son unité sous ses empereurs, est arrivé à son plus haut degré de puissance , où non-seulement il dispose de ses destinées, mais où il commande à d'autres peuples, où enfin l'homme de race allemande vaut le plus dans le monde et où le nom allemand jo-uit de son plein et entier retentissement ». Entre saint Bernard et Philippe- Auguste, en face d'Alexandre lit et des républiques italiennes, la gloire de ce souverain allemand est-elle cependant sans mélange et l'Allemagne a-t-elle beaucoup gagné à servir, pendant quarante années, son ambition de commander à d'autres peuples chrétiens?

Election et avènement de Frédéric Barberousse. — (1151) (1).

Rarement les circonstances et les mérites de la personne concordèrent plus favorablement qu'après la mort

1. Voir, pour l'histoire de Frédéric Barberousse, Prutz, Kaiser Friederich Ie' : pour Henri le Lion, deux ouvrages allemands de

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