‹ Histoire d'Allemagne (volume 3)Chapitre 60 sur 135 · LE ROYAUME DE BOURGOGNE · texte numérisé non relu

LE ROYAUME DE BOURGOGNE

perdu l'habitude de l'obéissance (1). » L'empereur Lothaire avait renoncé, comme il l'écrivait à l'archevêque d'Arles, à y restaurer son pouvoir (reparare potesùatem). Il semblait être devenu , depuis plus d'un demi-siècie, étranger à l'empire, malgré les droits que les empereurs précédents, et môme Frédéric, avaient conférés, sur le nord de ce pays, à la maison de Zœhringen. Berlhold [V en avait été fait régent en 1152, par une convention particulière ; il y avait à peine mis le pied pour y exercer les droits qui lui avaient été conférés sur les vassaux et bénéfices non immédiats de l'empire. Frédéric luimême n'avait guère poussé plus loin que Besançon; il s'était jusqu'ici contenté de recevoir l'hommage et le service de quelques comtes, comme ceux de Grenoble, de Vienne, de Montbéliard et, ainsi que ses prédécesseurs, de favoriser les archevêques et évoques, comme ceux de Besançon, de Vienne, d'Arles, de Lausanne, de Genève, qui paraissaient alors moins récalcitrants à sa domination que les seigneurs laïcs et qui, en tous cas, prenaient toujours. Renouvelant la politique des Ottons, Frédéric espéra par un mariage relever dans ces contrées l'autorité impériale affaiblie.

Une occasion naturelle s'offrait à lui. Il se garda bien de la laisser échapper. Le comte de Mâcon, Guillaume, retenait sa nièce Béatrice, comtesse de la haute Bourgogne, en prison, dans l'espoir de substituer dans le comté son pouvoir à celui d'une femme. Comme Otton le Grand avait demandé Adelhaide, héritière du royaume

(1) Gest. Fred. II, chap. n : Burgundia ex appelitu libertatis qu% ut dicitur res inestimabilis ut jamdudum insolentiam et desucludinem induerat obsequendi.

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