PARIS
Librairie académique
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AVANT-PROPOS
Je ne saurais publier ce second volume de i Histoire d'Allemagne sans exprimer ma reconnaissance pour l’accueil bienveillant fait au premier et sans répondre, en même temps, à quelques-unes des observations dont il a été l’objet.
La critique qui m’a été le plus sensible, surtout en France, est celle de m’être laissé emporter par une sorte de passion patriotique qui aurait nui à l'impartialité justement demandée à ces sortes d’ouvrages. Elle contient presque toutes les observations •le détails qui en dérivent comme d’une source commune et elle demande une explication
N’est-cc pas de l’Introduction seulement qu’on a pu dire, dans un article dont les encouragements affectueux m’ont bien touché , qu’elle était écrite
Tout 11. •
AVANT-PItOPOS.
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comme au retour d’une batterie de rempart (I). Je ne le nie pas. Mais cette œuvre de circonstance n’était-elle pas une réponse à tout un système de littérature historique agressif et hostile, savamment préparé et pratiqué contre nous, en Allemagne, sans provocation, dès longtemps avant la guerre? et, lors même que j’en eusse été capable, était-il bon de n'opposer qu’une « froide ou dédaigneuse indifférence » à cette guerre anticipée de la science , à cette invasion avant l’invasion, au risque de la laisser passer inaperçue, et sous le prétexte d’une « générosité » qui ne serait certainement point sentie. Un livre garde toujours l’empreinte des circonstances au milieu desquelles il se produit. Le mien porte sa date; c’est celle, non certes de sa composition, qui remonte beaucoup plus haut, mais de sa publication seulement. Combien j’aurais voulu n'avoir pas à en tenir compte !
L’observation qu’on m’a adressée serait plus grave si elle retombait sur le livre lui-même. Il n’est
I M. T. Toussonel, un ancien maître, de qui jo tiens l'idée première de cotte Histoire, et qui l'aurait si bien exécutée, s'il l'avait voulu. Combien il m'a été doux de voir se jouidro u ses encouragements ceux de tant de mes élèves dont la sympathie publique no m'a pis fait défaut.
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VU
d'efl'orts, en effet, que je n’aie faits, ici comme ailleurs, pour bannir de ce sujet « toute haine ou tout amour » qui pourrait altérer la connaissance ou l’exposition de la vérité. Mais combien l’application de cette règle est parfois délicate et difficile! L’exemple de Tacite lui-même, qui en avait trouvé l’expression forte et concise, sine ira et studio, ne nous le montre-t-il point? Et, si nous ne lui en voulons pas d’avoir laissé éclater ses généreuses haines contre le despotisme des mauvais empereurs de Rome, ne lui pardonnons-nous pas aussi beaucoup la prédilection qu’il laisse percer, dans la Germanie, poulies vertus barbares en face de la corruption romaine.
C’est que Tacite n’a pas altéré sciemment la vérité des faits en laissant ses plus nobles passions se faire jour dans l’expression et comme dans l’acccnl de ses immortels ouvrages. Non ! On étudie , on connaît avec son esprit, et il doit rester impartial ; on écrit, autant qu’on le peut, avec son cœur, et il n’est pas défendu à celui-ci d’être sensible. Un critique anglais, bien placé pour être impartial, quoiqu’un peu saxon, n’a-t-il pas trouvé la juste mesure de l’observation qui peut m’être appliquée? 11 n’accuse, dans mon Histoire, ni les faits de manquer de fidélité, ni le dessein général de pécher par la
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