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LES DEBUTS DE LA GUERRE DE TRENTE ANS

plus recommencer ces randonnées si désastreuses pour le repos de la province. L'assassinat de Henri IV par Ravaillac (14 mai 1610), au moment où il allait partir pour la campagne d'Allemagne, n'empêcha pas la reprise de Juliers par le maréchal de La Châtre, mais le brusque changement de po-

prépondérante en Alsace.

il sembla môme que son sort allait se décider dans une direction tout opposée à celle qu'elle a suivie depuis. La branche autrichienne des Habsbourgs, ne se sentant plus assez forte pour défendre à la fois les frontières occidentales et orientales de l'Empire, crut l'Espagne de Philippe III plus capable de cette tâche et, le 20 mars 1617, le comte d'Onate signait à Vienne un accord secret avec l'archiduc Ferdinand de Gratz, l'héritier présomptif du vieil empereur Mathias, accord par lequel Ferdinand cédait au roi d'Espagne l'Alsace autrichienne, le Sundgau, la landvogtei de Haçuenau, et quelques autres terres sur la rive droite du Rhin et en Italie, contre la promesse de garantie pour tous les autres domaines de sa maison et son appui constant dans les affaires d^ Allemagne. L'Espagne pourrait mettre ainsi ses territoires italiens en contact presque direct avec ses provinces des Pays-Bas et barrer la route aux ambitions futures de la France. Quoique secrète, la convention s'ébruita et la perspective de voir l'Alsace devenir espagnole n'a pas peu contribué peut-être à rendre à ceux qu'elle menaçait la décision plus facile, quand il fallut reconnaître plus tard un maître nouveau.

Mais, dès l'année suivante, éclatait la guerre de Trente Ans qui changea les destinées du pays. Sans

doute, quand la c défenestration :» de Prague (23 mai 1618) eut donné le signal de la lutte ouverte, un observateur superficiel aurait pu croire que les événements lointains de Bohême ne trouveraient qu'un faible écho dans la plaine du Rhin. Mais les esprits étaient trop surexcités dans tout l'Empire, on peut dire dans toute l'Europe, pour que l'incendie ne s'étendit pas bientôt partout où le principe d'autorité, représenté par la contreréformation religieuse et la monarchie absolue, s'essayait à détruire les vieilles libertés féodales et à écraser l'hérésie trop longtemps triomphante. Les contrastes confessionnels étaient plus marqués peut-être en Alsace aue dans bien d'autres régions du Saint Empire, car 1 influence morale de la république de Strasoourfi^ y gênait encore considérablement, s'il ne la contrebalançait plus, l'influence de la maison d'Autriche. La ville libre se tenait strictement sur la défensive, et chaque fois que des régiments wallons ou flamands remontaient le Rhin et traversaient la province pour se diriger vers la Bohême, pendant les premières années de la lutte trentenaire, ses Conseils craignaient quelque attentat subit contre leur liberté. Quoique membre de l'Union évanffélique, le Magistrat (lésapprouvait au fond la politique de l'Union dans les affaires de Bohême. Quand, à la mort de l'empereur Mathias, en 1619, le chef de la confédération, l'Électeur palatin Frédéric V, accepta des mains des révoltés la couronne royale de Bohême, personne, parmi les protestants d'Alsace, n'approuva ce vote presque révolutionnaire (Ferdinand ayant été déjà désigné comme successeur en 1617), et, dès le printemps de 1620, on discutait en séance secrète des Conseils s'il ne vaudrait pas mieux se retirer d'une association plus dangereuse pour ses propres membres que pour ses ennemis.

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