GUILLAUME IV
auquel H avait fait subir plusieurs améliorations de détail K La chambre des communes, après une discussion de deux mois (mars 1832), 6e prononça pour l'adoption à une majorité de 355 voix contre 239. La nouvelle constitution parlementaire fut immédiatement soumise à l'examen des lords. Dès la seconde lecture, il devint évident pour les ministres qu'ils n'obtiendraient pas la troisième sans une création de pairs, et le roi s'étant prononcé contre cette mesure, ils donnèrent leur démission. Cette retraite produisit une sensation fâcheuse dans la chambre des communes. Sur la proposition de l'un de ses membres, elle vota une adresse au roi pour le conjurer de ne choisir ses ministres que parmi les hommes favorables à la cause de la réforme. Les pétitions des meetings des provinces ne furent pas aussi respectueuses : elles exprimaient clairement la volonté d'abolir la pairie et de refuser l'impôt si la nation n'obtenait pas une prompte satisfaction. Guillaume, pensant qu'un ministère tory était seul capable de vaincre la résistance des lords, sonda d'abord les hommes de ce parti.
■ Les dispositions fondamentales du bill de sir John Russe! répondaient enfin à toutes les pétitions qui, depuis un siècle, réclamaient la régénération de la représentation nationale par des élections libres et pures de toute corruption. Elles enlevaient aux bourgs n'ayant pas deux mille ames de population le privilège d'être représentés au parlement, et faisaient disparaître le scandale des bourgs pourris (rotten boroughs), qui avaient le droit d'envoyer plusieurs députés, parce qu'ils étaient entre les mains d'un riche propriétaire. Un grand nombre de membres se trouvaient ainsi exclus de leurs sièges; mais, en revanche, vingt-sept villes, qui jusqu'ici n'avaient point été représentées, obtenaient la franchise électorale. Le bill introduisait aussi de nombreuses améliorations dans le mode d'élection ; mais son principal bienfait'était l'augmentation du chiffre des électeurs qui allait se trouver porté à plus de 1,500,000.