Histoire D'Angleterre Depuis 1760
Lê bruit qui se répandit de la retraite de Tippoo, repoussé y disoit-on, par le colonel Maclebd, changea la ^ . * direction du général Mathews. Au lieu de marcher vers de rinde, le sud, il alla mettre le siège devant la ville d*Onore, Expédl* une des conquêtes d'flyder; et , le 5 de janvier, il em- déliitedk porta cette place , assez mal défendue par des poljrgars^ général ou soldats de milice indoue , qui n'étoient pas fort Hguerris. Le carnage fut affreux, et le butin immense. Matbews, pour se conformer aux instructions du président et du conseil de Bombay, pénétra dans le pays de Bednore, assiégea sa capitale, et s'en rendit maître.
Cependant Tippoo marchoit contre les Anglois à la tête de cent mille hommes. Il parut', dans les premiers jours d'avril, à la vue de Bednore^ Mathews n^avoit que six cents Européens et seize cents oipayes. Il fut battu «e réfugia dans la citadelle, n'y tint qu'un moment, se mit à la merci du vainqueur, qui le fit emprisonner, et vraisemblablement massacrer; car on n'a plu$ entendu parler ni de ce général, ni de ceux qui l'accompa^ gnoient.
mSTOIRE DÂNGLETBRtG.
Les préliminaires de la paix entre l'Angleterre, la ^'. ' France et TEspagne, furent sifmés à Versailles le 20
Prélimi- . ^Tr„, ." . ,.
naires de janvfer. Lia France obtenoit une extension à son droit ue**rln' ^® P«cl*er sur la cote do Terre-Neuve, et la possession {>leterre, illimitée des iles de Saint-Pierre et Miquelon. Elle gareî TEspa- ^^** Tabïigo» recouvroit Sainte -Lucie dans le& Antilles ^ gne. et restituoit à l'Angleterre la Grenade et les Grenadines, Saint-Vincent, JaDomini^uey Saint-C^istophe, Nevis, et Montserrat. En Afrique, on lui donnoit le Sénégal et ses dépendances; on lui remettoit File de Gorée : elle garantissoit à TAngleterre le fort Saint-James et la rivière de Gambie. Dans Tlnde, on rendoit à la France tout ce qu elle avoit perdu pendant la guerre ; on allertt Ikiéme au-delà de ses réclamatimis , et FAngleterre s'obligéoît à lui procurer qùetqttes districts autour de Karikal et de Pondicbéry, pour être annexés à ces deux villes. La Grande-Bretagne eonsentoit à {'abrogation de tous les articles insérés dans le traité d'Utrecht ( 1713) et relatifs à Dunkerque.
L'AngletCTre abandonnoit à TEspagne toutes ses prétentions sur Minorque et sur la Floride occidentale : , elle lui cédoit la Floride orientale, mais elle rentroit en possession des ties Bahama. Quant au droit de couper du bois dans la baie de Gampéche, on ne statua rien à cet égard.
Les préliminaires de paix avec l'Amérique, la France et l'Espagne , furent soumis au parlement le 1 7 février ; et l'adresse proposée par M. Thomas Pitt, pour remercier le roi de cette communication, éprouva de longues difficultés. Les partisans de la paix s'armèrent, pour en démontrer la nécessité, de l'état des finances, du poids de la dette, de celui des impôts. L'opposition prétendit
GEORGES m. 7
^tt*oii avoit fait des cessions avec une prodigdité cmnplaisante , tandis qu^on était en mesure de traiter sur le ^ pîed d'utie reatitotion mutuelle. Dan^ ce débat, le mi** sions ao ttisière eut la mtiiorite. Deux cent vingt-quatre meadbres J^entà contre deux cent hntt ap^urouvèrent des am^adefloents ce sujet, à ladresse. Le résukat fiit différent à la chambre des pairs 9 a|Hrès une discussîôa non moiais vire ; car l'amendement proposé par le comte de Carliste fut rejeté pay . soixante-douze voix centre cinquanteHMuf .
liC 3 1 février le même sujet iFut repris à la chambré ded comaasunes. Lord Jean Cavendish proposa quatre résolutions y dont la dernière teadoit à reconaoltre s que les eoncessîons fpkea aux enaamis de la Grande'- Bretagne exeédoicmt de beaucoup ceHes qui poovoient leur être dues. » Les partis essayèrent une seconde fois leurs forces, dans un débat très long et très vif, au sujet de cette dernière résohitfon : eile résmit deux cent sept .voix contra cent quatre- vîn^Hiix. Lord Sbeibume, . d après cette f»reuve décisive derimprobatmi des communes , se émit de aa place de premier commissaira de la trésorerie. Le chancelier derédbiqoier déclara iopie, pour résigner la sienne , il n'attendoit que la nonnnation -de son successeur. L'interréf^ne Jainistériel fut rempli .d'intrigues* Il dura jusqn^au a avrils époquodu mmis- Ministère • ^e de la coalitm^ si fameux dans Tbistoire politique ^tion^.^' -du règne de Gemmes IIL Le doc dePiortiand fut nommé premier lord de la trésorerie; lord Kortb, secrétaired'état de Vintérienr; M. Fox, secrétaire-d'état pour les af&ires étrangères; lord Jean Cavendish, cbancdisrde Téchiquier; le vicomte Keppel, premier lord d^ l'ami*» rauté; le vicomte Stormont, président du conseil; le . comte de Carlisle ^ garde du sceau-privé ; le comte d'Hart-'
10 HISTOIEE D^AKCLETERRE.
eût une audience du roi. Il lui représenia» dit-on, que ' *" le pouvoir qu'on vouloit établir lui lieroic les mains ; et le luonarque en fujt sa convaincu » qu'il autorisa Temple , à faire connoltre, eti termes positifs » que sa ms^té regarderoit comme ses ennemis tous ceux qis vote« rOieut pour le bill. L'influence du roi ne fut pas inutile*^ ment employée; car plusieurs pairs se dédirent, et les nîttîstres restèrent avec une minorité de soîxante^dix^ neuf voix contre quatre-vingt-sept.
. Le 1 7 décembre, jour où la chambre des pairs rqeta le biU de Tlnde {IwUmrhUl)^ les deux secrétaires-d'état reçurent Tordre de remettre les sceaux de leur office, et de les renvoyer par des soua^secrcftaires, parcequVme entrevue personnelle saroit désagréable i sa majesté. Tîouveau j^ lendemain un nouveau ministère fut nonBmé.M. Ktt ,
ministère. ■ i ». »
âgé seulement de vingt<-quatre ans, devint chancelier de Téchiquier et premier lord de la trésorerie. Lord Gower fut président du conseil ; lord Stdney, secrétaire-d'état de Tint^ieur; le marquis de GanoMirthen, secrétwe* d'état des affaires étrangères ; Icnrd Thurlow, chance-» lier; le duc de Rutland, garde du sceau«{H*ivé; le vicomte Howe» premier lord de l'amirauté ; le duc de Ridunond , grand -maître de l'artillerie; MM. G.Grenville e< lord Mulgrave, payeurs -généraux; M, Henri Dundas^ tré- .sorier de la marine.
Événe- Q3Q3 [^^ premiers jours de cette année ( lySS), un Decou- tremblement de terre épouvantable bouleversa la Sicile et la Calabre. Les secousses se renouvelèrent à [rfusieurs reprises jusqu'à la fin de mai. Des viUes furent détruites; des villages entiers se perdirent, engloutis au fond des abymes. Les malheureux qui survécurent^ ce grand désastre ne retrouvèri^t ni leurs parents ni
ments.
Décou.
verte.
leurs amis, et ne reconnureol néoie pas la place qu ocçupoient leurs babitatîpns.
, Les £sp4igiio)ft 6reiit cfmiwe Alger use expédîlkm qui 9'eut point le succès qu'on s'en étott inxunis. . Il parut uu manifeste de Fimpératrice de Russie, par lequel cette princesse dédbaroit annexé^ à ses états la Crimée, le Qiban , et Tlle de Taman. La Pcurte répondit en seplaignant amèrement, danason oontre-^manifeste, lie l'çsprtt d'envahissement du cabinet de Pétersbourg. La guerre parptssant inévitable , on se prépara des denx côtés à la pousser avec vigueur, quoique la France interposât sa médiation pour réconcilier ces deux puis^ sauces.
Cette année fut encwe mémorable par Vheureux et brillant essai fait en France des ballons aérostatiques. I^es frères Montgolfier forent les premiers inventeurs ; d'Arlande et Pilaire de Ro^er les premiers Argonautes. Blanchard, espèce de jongleur, qui, depuis quelques années, promettoit un bateau volant, profita de cette expérience pour reinplir sa promesse. Il osa passer la mer dans >un aérostat entre Douvres et Çakis; ee qui place son nom, avec quelque honneur, dans Thistoire de cette découverte.
Le p^riement rentra le id de janvier. Il offroii le Parlespectacle d'un ministère et d'une chambre des com»siiunes en guerre ouverte.
M. Pitt demanda qu'il lui f^ permis de présenter un bill pour réformer le gouvernement et Fadministration de la compagnie des Indes. A la seconde lecture une majorité de deux cent vingt^deux voix contre deux cent quatorze écarta la motion de raivoyer le bill à l'examen d'un comité.
meot.
12 HISTOIÉE d'aNOLETERRE.
" M. Pitt fut assailli de questions pressantes sur le pro-
^-^ * jet de dissolution, qui touchoit de si près tous les membres ; mais il sut se renfermer à cet égard dans un silence absolu. On ne s'attendoit pas à tant de fermeté de la part d'un jeune homme qui débutoit dans la carrière politique, et dont la situation étoit d'autant plus difficile, que, •délaissé par les autres ministres, il luttoit ^ * seul contre la tempête.
Cependant plusieurs membres des communes, qui professoient une opinion indépendante, se réunirent pour ménager un rapprochement entre M. Pitt et le duc de Portland. Ils témoignèrent tous les deux le désir d acquiescer au vœu qu'on leur présentoit ; mais la prétention du duc étoit que préliminairement M. Pitt résignât sa place : Tentrevue suivroit cet acte de condescendance . M. Pitt s'y refusa. Les instances redoublèrent , mais ce fut en vain ; et toute idée d'une coalition entre les membres du ministère actuel et ceux du dernier ministère fut abandonnée.
Le 20 février, les communes votèreqt une adresse au roi pour lui demander le renvoi des ministres. Le roi répondit qu'il ne voyoit pas ce que ce changement pro* duiroit de salutaire.
Le parlement fut prorogé le 24, et dissous le lende* main.
Il s'en falloit de beaucoup que le ministère de ht coalition jouit de la con^ance publique : composé d'éléments hétérogènes, il étoit mal vu des partis opposés. Les amis du ministère Rockingham, et des principes de réforme, ne pardonnoient pas à ceux auxquels ils avoient été liés d'opinion de s'être réunis à des personnages dont ils improuvoient autrefois toutes les me-
CEOROES Ilf. l3
sures ; et y de leur côté , les hommes attachés au maintien . des prérogatives de la royauté condamnoiént le projet ^ d'établir un pouvoir qui s^en séparât ': c'étoit sous cet aspect qu'ils envisageoient les clauses de VIndia-bill. Éîectiotts. De ce conflit d'opinions sortirent, lors des élections, d^étranges résultats. Des 'citoyens estimés perdirent l'influence qu'ils possédoient depuis long-temps, et des candidats qui regardoient leur nomination comme infaillible furent écartés.
Le nouveau parlement se rassembla le 1 8 mai. M. Pitt ' proposa de réduire à douze et demi pour cent les droits sur le thé (jusque-là portés à cinquante) , et d'augmenter en proportion l'impôt sur les fenêtres. Il s'étendit sur les avantages de cette commutation; le pl^us- certain étoit de décourager la fraude. Enfin cette réduction tourneroit/dît M. Pitt, au bénéfice de la compagnie des Indes. Le bill fut combattu, mais adopté. M. Pitt avoit présenté, dans le cours de la session précédente, un bill relatif au gouvernement de la compagnie des Indes ; il le reproduisit avec des additions importantes. D'abord , il établissoit un conseil de commissaires nommés par le roi, choisis dans son conseil-privé. Leur fonction devoit être de surveiller, inspecter et contrôler tout ce qui concemoit le gouvernement civil ou militaire et les revenus de la compagnie des Indes. Il pouvoit corn** Bill ie puiser tous les registres de la compagnie , lui demander l'^^*®copie des pièces essentielles, des dépêches reçues de ses agents dans Tlnde , des ordres adressés, des instructions envoyées. Le roi nommoit les commandants en chef, et destituoit, en cas de mécontentement, le gouverneurgénéral, le président, les conseillers des différents établissements»
X4 HISTOIRB d' ANGLETERRE.
JLa seconde partie do bill cotvtenoil des dispôsitionè ^ * réglementaires ; la troisiàme concernoit b punition de^ délits dans Tlnde : elle instituoit une cour de justice dont les jugements étoient définitifs.
Le bill fut contrarié dans chacune de ses parties^ mais prindpalemenc dans la troisième, à raison dii mode de procédure qu'elle introduisoit, et qui nëtoit pas compatible avec les principes de la jurisprudence angloise.
>7^4* Après la présentation du budget, qui comprenoit un Budget. euip|.un^ ^ gjx millions de livres ster}ing, M. Dundai fit la motionne restituer les biens confisqués en Ecosse pour cause de la rébellion de 174^* ^U^ passa dans leè deux chambres, et reçut la sanction royale. La session finit le ao août* '
Troubles Le desir d'une réforme parlemen taire causoit quelque Irlande» ^S^^^^^^^i^ ®^ Irlande. Il se tint à Dungannon une assem* blée générale des députés de la province d'Ulster, an mois de septembre de Tannée 1 783. Otf y proposa le plan de réforme. Il obtint une adhésion unanime ; et le lende^* main M. Flood, membre de la chambre des communes ^ demanda* la permission de présenter un bili en consé«* quence. Il ajouta qu'il s'appnyoit à cet égard da voetl formellement exprimé du corps des volontaires dû royaume. Le parlement accueillit fort mal une propo^ sition ^^on lidfmsoily dit^l, à la pointe de ht baïoninetu. Cent cinquante-^ept voix la rejetèrent.
Ensuite la majorité des membres fit une adresse, à laquelle concourut la chambre des pairs, pour remercier sa majesté du bonheur dont Tlrlande jouissoit sous •son gouvernement, et pour lui jurer que tous les Irlan-
ceoaG£S iii« i5
dois dignes de ce nom soittieDdroieot la constitotion '
actuelle au péril de leur fbrliiiie et de leur vie. ^'^ ^*
La convention fomée des représeouats du corps des volontaires fin une contre-adresse, par laquelle le monarque étoit suppUé de ne pas imputer leur demande à Tesprit d^innovation, mais au besoin de voir cesser quelques abus qui vicioîent la représentation parlementaire. Cette démarche échoua deux fois sans rdimter les pétitionnaires. As rédigèrent un appel au peuple, afin de Tassocier à leurs sollicitations, et de les rendre par là plus imposantes. Le gouvemeiDent prit l'alarme ; et le procureur -général d'Irlande écrivit aux shérifs de Dublia pour les réprimander de ce que leur nom se trouvoit parmi les signataires d'une convocation séditieuse. On sévit même contre le grand-shérif, contre les magistrats de quelques comtés, favorables à cette cause , contre des imprimeurs et des éditeurs de papiers publics.
La médiation de la France réconcilia la Porte otto- Accommane et la Russie. Un traité qui fut signé le 9 janvier, ^'^^ ^q. entre les deux cours, mit Timpératrice Catherine en ««•« ^» possession de la Grilnée. Les rdatioos commerciales et ij^ Russie. maritimes des deux étals furent réglées par un autre traité.
Aux levers que la Hollande avoit éprouvés dans la dernière guerre se joignoient des divisions intestines. Un parti , qui vouloit renverser le gouvernement du stathouder, réduisit le prince Louis de Brunswick- Wolfenbuttel à quitter le poste de feld^maréchal de l'armée batave, qu'il avoit long-temps occupé pendant la minorité du prince d'Orange, son pupille. Cet acte d'hostilité contre
l6 HISTOIRE D'ANGLETERRE.
• — le stathoudéràt indisposa le roi de Prusse, oncle du sta- ' . thouder : il menaça le parti 'dominant, que l'espoir de Tem- d'être soutenu par la France enhardissoit. Des associapereur ^qqs armées, sous le nom de volontaires, se formèrent en Hol- en Hollande, et tout faisoit présager une guerre civile. ^ ' Cet état de choses parut propice à Fenlpereur Joseph pour donner suite à des entreprises que4a foiblesse et .la désunion des Provinces -Unies ne leur permettraient pas. d'arrêter. Déjà le prince occupoit les places des Pays-Bas formant la barrière hollandbise : il les avoit démantelées. Au moment où deux plénipotentiaires des états-générayx arrivoient à Bruxelles pour arranger les différents de leur république avec la cour impériale, un petit détachement de troupes autrichiennes s'empara du vieux Lillo. Les Autrichiens violèrent le territoire hoUandois sur un autre point.
Ces brusques attaques excitèrent de grandes alarmés en Hollande. Les états mirent une forte garnison à Mastricht. En même temps ils réclamèrent l'intervention de la France auprès de l'empereur, ou des secours pour Im résister.
Le principal objet de Joseph étoit l'ouverture de l'Escaut, et la revivification de l'ancien commerce d'Anvers. Il voulut pressentir les Hollandois par des tentatives. Un petit navire flamand descendit le fleuve : il passa sous le fort Lillo sans être remarqué; mais, lorsqu'il remonta l'Escaut, le bâtiment de garde le héla pour qu'il vint se faire visiter. Le navire flamand refusa dç s'y soumettre, et le capitaine dit à TofBcier batave que dans ce port on ne reconnoissoit ni l'autorité de la Flollande ni celle de la Zélande. Alors Joseph déclara, dans un exposa de ses prétentions en forme d'ultimatum ^ qu'il réclamoit la
GB0BGB5 III. 17
libre navigatioû de TEscaut, la démolition des forts qui ^sommandoieiiîi 1^ fleuve, un commerce ouvert avec les ^ deux Indes; et, pour soutenir ses réclamations, il on* donna qu'une ^rinée se dirigeât sur les Pays-Bas. La cour de France fit notifier à Tempereur Tordre qu'elle donnoit à son tour d'assembler des troupes sur la finontière, s'il persévéroit dans ses desseins. De leur côté les Hollan* dois rompirent une digue près de Lâllo; le pays voisin fut inondé*
La saison suspendit toute opération ultérieure.
Jje prince royal de Danemarck venoit d'accomplir Chansesa dix-septième année; il fut déclaré majeur, et prit ^^i^ ■nlace an consdl. Le ministère danois, qui, iuiqu'à ce minittèr* Diomeot, navoit été compose que des créatures de la marck. reine douairière et de son fils, fut renvoyé. Rosencrantz et BernstorfF, qu'on rappela de l'exil, partagèrent les grandes attributions du nouveau ministère. On changea h gouvernement, et, pour effectuer cette révolution, qui se fit sans secousses et sans résistance, on prit la signature du malheureux Christian VII , à qui Ton con* i
«ervoit encore un simulacre de royauté.
Le parlement se rassembla le aS de janvier. Un des 1^85. premiers objets offerts à sa discussion fnt la difficulté PrtUqui s'étoit élevée re^tivement à M. Fox. ■"*"*•
M. Fox, aux élections de Westminster, eut pour Difficulté i^ompétiteurs lord Hood et sir Cecil Wray. Les élections m" Fox. durèrent quarante-cinq jours, et M. Fox ne l'emporta que de deux cent trente-cinq voix sur sir Cecil \yray, tandis que lord Hood avoit, sur le premier, une majo- . rite de quatre cent soixante-une. On a prétendu que, «sans les sollicitations de quelques femmes d'un très haut Tàng, M. Fox eût perdu l'élection. Gomme il étoit impof-
l8 HISTOIRE D'ANGLETERRE.
— ~~"^ fiible de contester le nombre deà votes émis en sa faveur, ^ * on en contesta la légalité. Cecil Wfay, pendant la dernière session, en demanda la révision , et le grand-bailli de Westminster reçut l'injonction d'y procéder. Cette révision duroit depuis huit mois ; on calcula que deux ans suffiroient à peine pour la terminer, et qu'elle entraîneroit une énorme dépense : cependant l'affaire re-* ' parut et fut encore agitée. Dans cette controverse, M. Pitt et M. Fox s'adressèrent des paroles amères : Fox se représentoit comme un homme qu'on sacrifîott à des ressentiments ministériels ; Pitt lui reprochoit une politique odieuse, qui lui coûteroit nécessairement la con^ sidération publique» Chacun des membres prit parti selon sa conviction, dans cette lutte corps à. corps, ec la chambre mit fin à la révision. M. Hood et M. Fox furent déclarés élus. '
M. Pitt avoit pris, avec les avocats de la réforme parlementaire, l'engagement de faire valoir leurs moyens, et comme ministre et comme représentant. Il demanda , le i8 avril, à présenter un bill à ce sujet, et proposa d'ôter le droit d'élection à trente-six bourgs déchus, et de le transférer aux principales villes non représentées, en indemnisant les'bourgs auxquels cette détermination feroit perdre leur franchise.
Le système de compensation ne fut point approuvé. Le» trou- Des commissaires députés par l'Irlande avoient i)les con- jj.ggg^ d'accord avec le cabinet anelois, un plan de
tmuent ' ' i i »
en rapports commerciaux entre les deux royaumes. Le
Irlande, jujujgtpg proposa ce plan à la chambre des communes,
mais modifié par de nombreux amendements. L'Irlande
fut très mécontente des changements apportés au plan
original. Ce pays étoit déjà dans un état de fermenta*
GBOKCE^ III. 19
tion, entretenu par l'idée toujours présente de la ré* ■>
forme parlementaire. Le congrès national » qui s'en oc- ^'^ capoit^ tint sa seconde assemblée le a janvier. Les délégués de vingt^sept comtés s^ trouvèrent.
Pendant tout l^té, la ville de Dublin fut agitée par un esprit séditieux. Après la séparation du parlement, on prit, dans cette capitale, de fréquentes résolutions de n'importer aucune marchandise d'Angleterre. Elles furent adoptées dans plusieurs parties du royaume, et les négociants des villes maritimes agirent en conséquence. On jugea nécessaire d'établir des postes militaires dans les quartiers où la multitude étoit le plus turbulente. La présence des troupes contenoit les mutins , mais elle irritoit les passions ; et quoique le duc de Butland, vioe-roi d'Irlande, fût agréable au peuple, on ne lui laissoit pas ignora cmnbien on étoit las de son gouvernement.
w L'empereur Joseph formoit cent projets à-k-fois, et Projets de souvent ils étoient contrariés l'un par l'autre. PréJ à ^'«™P«faire la guerre à la Hollande pour les Pays-Bas, il son- Joseph, geoit à les échanger. contre l'électorat de Bavièi^e; et certes l'addition de la Bavière à ses états d'Autriche eût été fort désirable pour lui. La négociation dont cet échange étoit l'objet fut connue lorsque l'impératrice Catherine, alliée politique de l'empereur, eut écrit au duc de Deux-Ponts, héritier présomptif de l'électeur de Bavière, pour le presser d'accéder à ce plan. Le duc en fit part au roi de Prusse. Frédéric , garant de la conven- Le roî êm tion de Teschen, et sur-tout ennemi déclaré de tout ce Pousse y qui pouvoit agrandir la maison d'Autriche , n'eut pas de stacfe. peine à confédérer tous les princes d'Allemagne, dont l'électeur de Hanovre faisoit partie, contre un projet
10 HISTOIRE DANCLETEBRB«
qai détraidûit l'indivisibilité de TEmpire, et qni blessoit
' ' * tes droits du corps gerinànique. L'emperetif en fà t cour*»
l*oucé, menaça, fit dès préparatifs de guerre. On prit dé
l'autre paît iine' altitude bostrlé. Tout cela il'eut paé
d'autres suites: '
. Gepcindant ies HoUaBdôis s'armolent de tous leurs
moyens potit )^binp^ des desseinis d'ët^afht pln^i'alérf-
«nants que Teinper'éur "voudroit vratsemblabtemeiît '^é
ttédomtfiâfger par leur réussite de icè qu'il â'vt>H échoué
dans ses vues »ur la Bavière. Ils attendoîetat iieaucofu^
-èe iti p^(yi«ctie« de' la Prafticé , et dès tàlen<$ du tfôtolié
'-de Maillebois ^que là cour de Versailles avoit efivoyê
-poar oomttiander le<irà^ arifhëes. Pendant ce teitfps-lâ
^es nég<>dation!s 9'ôftVl^ieiit à Pari^. Elles eurent îmé
Arrange- li^ue fiivdrhbl^. L'éttipèreur, tfc retour 6 Vienne ^rè*
w"ph II ^ti loftg voyage,' ôdiôitdes dé{)utés hollattdôfcs qdî lu!
^ec les firent d'humbles excuses, au nom des ctyts-généraïix>
dois, d'avoir insulté sOit ^slVillôn. Les' articles prélhninaires
furent ^gbés'à Parîsiè 4o Iseplembre, et de\»inrènt leh
J>ases d'un traité définitif* Ce traité reconnoiâsoit la sous
Hr>eraineté de l'empereur sur la partie de l'Escaut corn*-
|>rîse entre Anvers et^Saftîngen ; mais depuis ce point
jusqu'à la mer, le fleuve nvec toutes se» bouches restoit
sous la souveraineté du gouvernement batave. Joseph
exigea de plus une sotaine d'argent pour abandonner
ses prétentions sur Maiàtricht. ''
' Les Hollandoîs dévoient à la médiation de la France
Tarrangement qui les rassuroit. Ik firent avec. elle un
traité qui tendott à resserrer, entre les deux états, les
liens d amitié, de bonne intelligehcë, etd^asrsistandemti^
tuelie. L'effet naturel d'un pareil engagement êtoit de
l«ttdre l'influenee de ta FVance prépondérante eii Hbl^
Q.CQBGEA m. IC
lude ; mf^ 1% tM^fiwU9Àve pu aituboudéfat., farta ^
^e cQtt^ ^l^f», fmirs^.iûvoîlreUe avtc «ctivUé l^dessein ^ ^ aboUr ^a^ aiitorilé qM'elU appeloit d€$potiçue, ou tout . au moio9 d'eu diminuer. l^aa pi'érogatives* Une émeute imnrreo gui survint à I^aHaye» quoique les habitants foseent «000^ U dévoués à la maison d'Orange , et qui fut causée par la «tathoaprfés^ae 4e quelques Y4>)onf aires ^n uoiforme , fiMsmit np p^ét^]çfe 4 enlever au prince d'Orange iejcoounam 4^ment4^ cf^Ue.yilIei&t.s^s.gaides-diutOMrps. Le princf Spitta 8a,f:ésidf^ce^ 01 fy^ passer sa famille ooFiàse. Le roi de Prusse, sensil^le à r2tff4raot qii^ son neveu v^noit jl'es3uy^r^ ei^.. écrivit ,^m:ix ftaiâ^ «o^is^au lie* d'avoir fg^4^^^ remontrances, la pantidomMnt: aggrava peit^ m^af^i^^ provoquant ;Ui^ ordonnance qiii délioit les tro^pen.dli serioem d'obéissance an statholudcr» ec gui.^ujp. pcflsaçfiivQit d>ni prêter un nouveau que reçu- * '| r^nt ^yétuM* Aussitôt la H<>Uandf et l'Europe entièrf l^rgqt 4ii^|id4i|9{4$ pamphlets presque tous écrite en '
firançois^ 1§ Ungo» iKiAlandenssk^lant; jcitoimacrite dans les limites de la république fit seulement employée pour les ftpp|!ft|flns. 4i| Qpmpc««e, . i , ,
l I^^çei^éf* 4u p^rlftiïieqt djAftgletftwre eut lieu le a| ,^86. 4ç janvier^ h% pren|i^re affairiie importante qu'il dis- Rentrëe çf^^^ % «Rîprojet, présenté ,p^. le duc de RidbmmdH ^"^^"/^ graff^'WM^i'M^ l'artiUe^e, potur fortifier l^es arsenaux de d^Angiei^ly moi^ jçt, fie FortsmQufû. Des ingénieurs /en a v^eiK ^® "** ^^InfiesJJrâi^ à 760,000 livrer si^^^ling. Le nombrede . voix pour et contre la proposition s'^^ot trouvé pajry- ^tefff(^ifjÈffSf\^ J)orateqr fpisov^fpçké de donner, ssi wix, qui dans ciç,qas deivÂent décisive ; il v<Ha pour lei*ejet.
J^ Pi$f. pi:opa^ des iwyens pour sou,lager gividi^el- ^J^»^ P^^ lemeqt|'^t^4"ff^eaudeladettepubbque. Usétqimt ^r<éclu^«
aa UISTOIHB 0 ANGLETERRE.
fondés sur la méthode, dont Tavantageést jgéiiéi^alemerit . ', reconnu, d'élever les revên\id de l'état au-delà de là
la dette ' ^ ^
nationale, somme nécessaire pour ftiire face aux dépefases, afin
d'appliquer lexcédant à' la diminution de la dette. Le
bill passa dans les deux chambres, et fut sanctionné par
^ le roi..
Mëssaçe \ LeaS.juin, sa majesté fit porter à la chambre des corar
munes un message en coiiséquerice duquel le ministi^
proposa de nommer des commissaires pour s^enqiiérîr
de letat des bois et forêts du domaine de la couronne. Ce
bill passa dans la chaiàbrè avec un amendement utile ^
inais à la chambre-haute il essuya de fortes-censurés
àe la part de lord Lèughborough , à cause du fouvoîf
excessif et presque inquisitorial qu'il meftôfit entre ïes
mains des commissaires. Cependant il fut adopté. ''
Fremier Q^ q^j rendit Cette session remarcjuable,' ce fut ft
procé- premier acte de la procédure publique- dMgée contré
dure diri- j^ Hastings, ancien gouyèrneur-général de llnde. Toute
tre M. l'Europe a retentir de eé trop célébi^ procès.- M. Bnrkié
Hasungs. g^^ut la direction suprême.* -ki-..
Au mois de février, il fit lire par le clerc de? là cham-
.' bre les résolutions proposées par M; Duilà'àï; en mai
. 'Tj82y de censurer et de rappeler M.' Hastings. Aiprès
' ^ cJeUe lecture., il observa que ces résoliitSohs ué pcm*
' Toieat rester consignées dans les journaux dé la chambre
iMtttS* qu'on eût éclairci les imputations qui *lèfs moti-
Toîent. C'étoit l'opinion des amis de M. Hastings; c'étoît
-œlle de M. Burke.
Cet orateur parcourut les différents modes de procéder contre les criminels d'état r l'accusation publique lui parut être celui qui méritoit la préférence. ïl conclut en demandant qu'il fût donné communication à la cham<
GEORGES III. a5
bre de toute la correspondaiice, depuis le premier jaavier 1782, entre Warren Hastings et le bureau des di- ^ recteurs de la compagnie des Indes. Le 4 avril , il accusa M. Hastings , ex-gouverneur-général du Bengale ^ de plusieurs malversations , méfaits et crimes, distribués en vingt-deux chefs d'accusation, dont il présenta les neuf premiers. Nous n'entrerons pas dans ce long détail, qui fourniroit la matière d'un volume,
M. Hastings fit une pétition à la chambre pour obte* nir d'être entendu dans sa défense; ce qui lui fut accordé. ' Le premier juin, M. Burke lut le chef d'accusation relatif à la guerre des Rohillas. La chambre ne jugea pas que les faits tnentionnés dans cette charge fussent un mot^f suffisant d'accuser M. Hastings. Elle pensa dif-^ feremment sur ceu\ qui concernoient le rajah de Ben§« pès , et que M. Fox développa. Frappée de la conduite du gouverneur-général en cette occasion et des preuves. qui la constatoient, elle prononça la mise ^n accusation, à la majorité de cent di^-neuf voix contre soixante^dîxneuf.
La session se termina le 11 de juillet.
Un traité de navigation et de commerce entre la Traite de France et l'Angleterre fut signé le 26 septembre, par nommer- MM. Eden et de Rayneval , commissaires des deux na- l'Angle. tions. Une des clauses de ce traité supprimoit, en fa- Jprance. veur des Ânglois qui mouroient en France , le droit inhospitalier nommé droit d'aubaine. Des publicistes françois ont condamné le traité de commerce comme étant désavantageux à leur natioi^. La suite a prouvé qu'en rouvrant des communications commelèiales entre les deux peuples, il avoit favorisé l'importation de plusieurs branches d'indtistrie quç la France ne possédoit pas. >
a4 HUToiRC d'amolkterre.
^ gg Quoi qu'on ait pa dire à cet égard en Fratiee «€ méaM en Angleterre» il est ccmstanC (et Smitb Ta prouré^) q»éf pour deux peuples industrieux et voisins, l'échange des produits de leur sol et de leur maiu-d'œuvrâ a H pkis grand avantage sur les profits hasardeux et toujour» tardifs des spéculations lointaines, ^îre* ru ^ Fraucc sentoit le besoin de s'occupa du commeroe, à Gher« et sur-tout de raviver sa marine. Elle entreprit à Cher- **"'®* bourg de grands travaux pour mettre la rade «n état de recevoir et d abriter des vaisseaux de ligne. Louis XYI visita le port, accompagné de quelques uns tle ses œtnistfesetdes ingénieurs les plus habiles. Ce projet étoit vaste et bien conçu. Le ministère, en le faisant annoneer plir les papiers pubfics , ofFroit à tout artisan, à tout im- By£Bcturier étran^r^ quelque religion qnHI professât, d^aider son établissement en ce pays par tous lesmoyetis possibles, d'exempter de tous droits les matières pre-. mières dont rimportattcm seroit nécessaire à sa fabrique, et de Taffranchir de toute imposition personnetle. Une colonie de pécheurs américains entendit cet appri^ et ce fut une chose digne d'être obsei^vée; qu-une*. famille tie quakers (c est*à-dire de la seete la plus rigide qjii soit parmi les réfoi*més ) venant se fixer aU àein d'un étal oathoUque, sous les lois d'un monarque francois. Suite des - 'Baveuohs à la Hollandes Le trouble et le désordre ré<t-: troubîes gii^ient dans toutes ses provinces. Une a^sanMée d^ Hollande. éiAtsde Hollande et de West-Fri8e,qtii se tint à La Haye vers le milieu du mois >de mars , mit en délibération ai^ le prince stathoudar reprendroît le eommaiidetiiefit ; hi' décision fut né^ive. La Prusse renouvela ses it^stan* ces pour que le stathouder ftlt rétabli dans ià plénitude do ses droits. Cinq provînices renvoyèrent la lettre an
ÇE0BGE8 III. ^.
comité des af&tres étrangères : mais la Hollande déclara -
qu'dle n'admettroit aucuneiaterveation du deliors daos * ' * ses affaires intérieures ; et d'après cette, résolution elle M^'eut aucun égard à la demande de sa majesté pruçr sienne.
Le pririce d'Orange quitta Middelbourg pour aller en Gueldre^ parcequ il comptoit sur lattachemept des états de cette province et de la province d'Utrecht^<|^i. n'en est pas éloignée. Cinq provinces restoient fidèles,. Cependant les bourgeois de Hattem et d'Elbourg, villes de la Gueldre, probablement excités par les états de Hollande, méconnurent lautorité de leur ■ province, • Celle-ci cl^rgea le stathouder d'envoyer des troupes, ea qualité de capitaine-général » pour ramener les mutins à Tobéissance. Les habitants de Uattem et d'£lbou;;g, traînèrent des canons sur leurs rempaits; m£^is à la.pr emièra décharge dune troupe régulière ils /dispariM^^t.' Cet essai de résistance auj|pit dû suffire : il ne fit qu!irriter les états de Hollande. Ils suspendirent le prii^cç de toutes les fonctions de sa place , rappelèrent leurs troupes de Mastricht^ et formèrent une ligne de 4é^ fense le long de leur frontière.
Un des plus gw^nds hommes de. son siècle, Frédér. ^^^^} ^^ riç Ji, roi de Prusse, mourut le 1 7, août, à 74 ans, après Prusse, un dépérissement qui fut rapide. Aucun prince n'a joué Frédéric sur. le théâtre de la guerre et sur celui de la poUtigue va rôle plus écljatant et plus long* Frédéi;ia trouva,, lorsqu'il prit .les l'eues du gouvernement^ .^n royaume indigent ^ sans iadustrie, sans arts, sans^ culture, s^S; iXH>yens d'amélioration. La Prusse n'occupoit qu'unes* paoe étroit sur la carte ; elle tenoit encore moins de place dans la politique générale de TEurope. En peu
a6 iiistoihb d^angleterre.
d'années il sut l'élever au rang des grands empires. Il civilisa son peuple, il Tenrichit, il l'éclaira. La postérité pourra douter s'il fut capitaine plus habile que grand homme d'état et législateur profond. Il aima les arts , il les cultiva. Peut-être le commerce de Voltairç^égâra-t-il sa vanité. Frédéric eut la foiblesse de désirer ses éloges, et n'évita pas ses railleries. Comme l'histoire n'a rien à déguiser, elle doit dire aussi que Frédéric fut ennemi cruel , allié sans foi , voisin cupide : le démembrement de la Pologne est un monument de son ambition et de celle de deux autres puissances. Rien ne peut légitimer une pareille usurpation , pas même le bonheur des sujets qu'on acquiert ainsi. Les usurpateurs me sont absous qu'au tribunal des conquérants , qui n'a rien de commun avec la justice.
Frédéric -Guillaume III fut le successeur du grand Frédéric. Son oncle lui laissoit un trésor considéftible, une armée nombreuse et bidi disciplinée, des généraux pleins d'expérience , un conseil éclairé.
Réformes L'empereur d'Allemagne avançoit dans ses réformes.
Joseph II. ^^ nouveau code remplaçoit les anciennes lois. Le code criminel abolissoit la peine de mort, mais il y substituoit des peines si rigoureuses que l'humanité n'y gagnoit rien . Quatre cent treize couvents d'hommes et deux cent onze couvents de femmes avoient été 'fermés dépuis 1 782. Un nonce du pape ayant reçu de la cour de Bavière l'invitation de résider à Munich, les prélats allemands s'en alarmèrent. L'empereur, sur leurs représentations, fit paroître un mémoire par lequel il se prononça de la tnanière la plus positive contre toute espèce de ju* ridiction de la cour de Rome dans les affaires de l'église
frEORGES III. a^
è*Allômagne, Lès princes ecclésiastiques, membres^ dé " *^. TEmpire , confirmèrent cette déclaration.
- Une tentative contre la vie du roi Georges , en mani- Attentat lestant sa bonté, le rendit, s'il étoit possible, encore *^°"^'"jj* plus cher à la nation. Le 2 août^ une femme s'approéha Georget de sa voiture, au moment où ce prince en descendoit, et, lui présentant un papier qu'il ouvrit , elle leva le bras pour le frapper à la poitrine. Il évita le coup par un nvo^uipsement qu'il fit eft arrière. Elle àtloit porter Un- second coup , quand un soldat de la garde arrêta sa main, ec saisît le couteau dont elle était armée. « Je ne suis it point blessé) s'écria le roi; ne faites point de mal à « cette pauvre fcftome; prenez-en èbih. * On interrogea lé' coupable r elle ë'appeloit Marguerite Nicholson. Gn reconnut aisément qu'elle avoit le cerveau troublé; dès ordres furent donnés pour la faire recevoir à la maison Avsiunsensés.i Dans toute TAngleterre, on remercia la Pfbvidenc&de ce qu'-elie avoit sauvé lés jours d'un roi sr digne de l'amouif^^^ses peuples et deleùr vénération. ' }[ lia vacance <du parlement fut; très longue; il rèïitra lyS;. leaS^de janvier* Le^roly dans^sôn discours, parhi des" l'arlefiiiances et do tiraité *àé commerce qtie-îa^ Grande-Bre- "^^" * fagnf venoft de lâonclure avec la France. Quelques jours aprts, R|. ^itt' demanda qiie la chambre se formât- erf Di^éWi- MDàité pour prendre en considératioii là partie du dis- ^Je^J'aitT Oôurs du roiqtilil 6e raf)f)ortoit au traHê ilé commerce, de com- It^fit sentir t^ute l'utiKtéde cet arrangement , et répoh-' ™®'^^®' lift^ux objections élevées sûr sa téndànîce politique.' On^ àvoit ^it que les rapports qui naîtraient de ces échanges entre les denx peuplés affoibiiroiènt idès sentiments de rivalité qui sembÏ6ient nécessaires à la prospérité de l'An^^
glçterre. M. Pitt répondit qu'il r^gardoît. de:pareiU'4Wb / '* timents comme uoq prévention indigne d*uq> p^iipU deAiPiu. éclairé. « C'est faire la satire à^ soçiét4$ politiques, <i ajouta-t*il , que de supposer celt^ triste nécessité! dà a cultiver lea préj^ngés, Ub^i^e d'ui^efialioil oon^irç^in^ « autre» et de la. compter parmi les éléments de ^ pi^osn «périté. »
f , Le ministre conclut en.pfoposaiM quetonte^ les deo^
rées et tous les prpdiiits mafiuiaaurés du territoÂre e«v
rç^ea du roi de Fi*an^e non sfiécifiés daoi^ le tarif joini
^S3k traité fu3sentJpR portés en Ag^t^terpe 9aas payer d^
droits plus forts que ceu^ qu!on p^l'i^eV^it ^^ les mém^s
objets importés d^s autres pays d^ l'Europe %
. La résolution fut.a[dopté?, inaJlgr4 tout ce qa^ répUi
qua M. Foic^ avec plus d'art qu^ de justesse, elpeut-^
être de cqnviçtion, > » ^
. Il fut égalen^ent arrêté qu<^ les viiis 4st F^afto^aorôieiii
admis san^ être. frappés. dQ.dr4^.pI^aii^s quiB^<l0$
droits impQsés,surl^syii|s de PQrti4g9L/C': .\ >., .,yy»
Dette&chi , Depuis quelque temps ileprinpedf^iCbllesnetisanchoit
^6aW* de sa dépens^:9rdiwi#'çt, ei rédui$<«t f$a maison. Onpfcnaa
Aùjïmen- biouque ses dettes ly iQonfcraigoflieW^MaiSîleroi ni.api
tatioD de ministres n'avoient f^ri^t ^lucune «Mv/ertjurie pour qu'oa
DOS. vtntau secours du prinçe„que ses Uaisoin$.p9Utique,sw)isB
soient k roppoçitjon. flnfin , per<$^adée qu >un appel 4 j^
générosité de la iiatipp t^e seroit pa^ i«mti^ ,. #pn pilesaa
toyale y consentit. JÊpi: ^Qn$ec|ueiwe , l'akler^m^ Nei<rti
bam demanda, le ao avril » ^u çli^ticplier de r^bi;^)^
§i l'intention des ministres etoit d^ parJler de l état de %^^
oà se trou voit le priace 4^ Q^U^i et de ptropo$er <te$
moyens d'améliorer sa situation a oet ^rd. M.. Pi|jt,i?4^.
pondit qu'il attendroit nn ordre du roi. M. Nevrnbsm
répliqua qu^aldVis Sôa dësseia'étoit de faire une mottm à-^Éte sisjet. I^à élôl ion éttiût anfiôtibéè pour k prochaine ' ^^' Séfrnce^ M. Rdée déclara qae cette détaarrcbe se liait à éfeir^fisit^'qDl^^'après les rumeurs publiques, întéressoietic lies lois civihs >èt religieuses , et qu'avant tout 11 imp&n&it d^âi^pmfonliir. On rétonnUt aisément xjdé M« Ro&e fei^it allusion au mariage contracté, disoh-oh, avee lidutes lèd Cférémdtoîe& défebdues'par les loiè de fédbt,'«Htre so» isiltë^se royale etmadame Fitz-Hek-bëit, eathoUque rcéaaine. M. Fox s'éôhauffa<H)iitre cette prérdvnpti^i^ qA^il appela calomnieuse. Il affirma que ce prétendu «aàriii^e, et^^o^t^s lesd^rèôustanc^es dont ilplaisoh Mi public d« Vaccofitfipâgner, êtoient une fable ridicule; %t qu'une certitude poskive rautorisoit à parler ainsi. ^ M. îfewnham alloit prendre la parote , quand M. Pitt fit co^ndttre a* prince ; de la part du roi , que si la mo*tlob>êtoit^ retirée > tout s'arrdngeroit à la satisfaction de éon altesse. Le prince remplit avec empressement le dësii* de Isa majesté. Le ^ i , led ehambres apprirent, par un mes^ â£ige, que le roi^se proposoit de prendre annuellement, M3fr sa liste civile , une somme de dix mille livres stettling; pourraj^outer au revenu de son fi^k. Le message portoit en outre que l'état des dettes du prince seroit mtssouft les yeux de la chanàbre : le roi se flattoit que ses fidétes èômmunes le recevroient avec indulgence. ^ • *
Les communes votèrent une adresse au roi , pour le prier de faire payer, au compte du prince, sur lefbnd^ de la lisfe civile, la somme de sept cent quatre-vingtun mille livres sterling , qu'îles se chargeoient de rembèui-ser.
-f-On teprit la procédure de M. Hastings. Le troisième guîte d« ch^f d'aocilsation portait sur la confiscation tles trésoili P"^®«*» ^
3o HI8T0IIVB d'aNOLETÊRHE.
r-~ — " des Bégpums^ <nr prinpç^ses d'Oude, inèi«.èt grand'nièftf ^7 du nabab régnant ; et cette partie fi?t traitée par Mr Ske-
Hastiûgâ. ridan. Son exprde offrit une réfutatioi;! complète de cette assertion des avocats: :de M« Hslstings., « que le succès « de son administration justifioit pleiueiDent sa con» « duite. » M. Sherid^n démontra combied ce principe et sa conséquence étoient contraires à la loi naturelle , aii^si qu'à la morale du çhristianisipe, puisqu'elles s'aor cordoient toutes les deux à conditraner l'emploi de mpyens illégitimes pour parvenir même à la fin la plus ' .désirable. Ce discours de M. Sberidan es%unde ceux qui Tout classé dans le très petit nombre de nos vrais orateurs. Car nous ne cultivons pas en Angleterre ce qu'on appelle proprement /arf^e l'éloquence; on préfère des discussions où la raison domine à tous les artifices à'xme oraison étudiée. Mais, cette fois, cm. jugea qu'à la véhémence près, M: Sberidan siétoit mis à côté de.Cicéron accusant le préteur de Sicile. Il captiva , pendant cinq beures et demie, l'attention du sénat britannique et d'un immense auditoire. L'effet de Ce plaidoyer fut ' tel que les amis de l'accusé n'eurent d'autre moyen pour calmer l'indignation qu'il excita , que de demander l'ajournement. Après que ce cbef d'accusation eut été discuté dans une séance plus tranquille , il fut admis par 175 voix contre 68. Plusieurs autres charges offrant le même degré de gravité, M. Burke proposa la nomi* nation d'un comité spécial qui dresseroit l'acte d'accusation; ce qui fut agréé, M. Frédéric Montagu fit une motion, qu'il rédigea comme il suit : « La chambre dé- « cide que M. Burke, au nom des communes, se renie dra, séance tenante, à la chambre des pairs, y pro-
j ««jçlainera l'accusation portéjB contre Warren Hasting^^
CE.ORCES III« 3t
« ex^gouverneur-général du Bengale, et préviendra cette **'
*v chambre de la transmission qui lui sera feiite inces* ^7^7* « samment de l'acte d'accusation et des preuves. » Cela fut effectué sur -le -champ dans la fcM*me proposée; L'huissier à verge noire {black-rod) arjréta presque aussitôt M. Hastings; mais il fut relâché moyennant une double caution. On lui fit injonction de préparer «es réponses pour la prochaine session du parlement.
Les négociations commencées sous la médiation de Affaires la France et de la Prusse, pour amener une conciliation h^h^^jJ^^ entre le stathouder et les Provinces-U«ies , n'avoient pas été suspendues. Mais les prétentions des états de Hollande étoient tellement exagérées qu'on désespéra d'un arrangement, et les commissaires des deux cours rompirent des conférences qui devenoient inutiles. Heureusement pour la cause du stathouder, ses adver* saires étoient désunis. Les Uns tenoient à Fancienne aristocratie; les autres professôient ces principes dé^ mocratiques et cet esprit d'indépendance que la révolu* lion d'Amérique aVoit propagés en Europe. De cette discordance daas leurs opinions résultoient des me- * sures mal concertées, des résolutions incohérentes, et xnéme un besoin senti de se rallier à d'autres idées. Dès 1786, le sénat d'Amsterdam et les états de Hollande paroissoient incliner vers l'autorité stathoudérienne» Cependant le parti démocratique étoit nombreux , actif» entreprenant. Au mois d'avril, les bourgeois d'Amsterdam et ceux de Roterdam entourèrent en armes le lieu des séances du sénat de chacune de ces deux villes^ destituèrent violemment quelques sénateurs, et mirent à leur place des hommes dévoués à la faction populaire. Utrecht s etoit fait une constitution, et se battoit pour
3d HISTOIBB DANOLB^EARB.
la matnteBir; Tanarobie régiioU daaa la HolUna4e ^o- '7'^* tîèra; tcm.étok confias, désordminé.
. Un iBcident qui survînt fit prendre uae autre face ausaffairesdes Proviaces-^Uiiies* La priDoe58edX)FaDge, fei^me. douée d'use^grande ébree de caractère ^ partit tda Kîmégue, où kstelihofuder avx>tt établi sa résidenoe, pour aUer à La Haye coafiéner* avec les< chefs du parti fitathoudériea^ ËHe fut srréeée le aS de juin , aux portes fia 8<JiiDii]iovef»i par un détacbenent de bourgeois armétj et n'obtint cf»e c[uelques jours après la faculté de retôunîer à Nittiégu^; Le roi de Prusse apprit avec indîfj^nation routrageifoit à sa sceur. Il écrivit aux états de Hollande en termes peu ménagés, et demanda la répa«ration la pins pnompte et la plus complète. Les états i^ant avoué la conduite de Tofficier qui commandoit le <iécoebemeot, leur-réponse fut peu satisfaisante. Sa majesté prussienne s'éloit adressée pareillement à^la cour ■de Vensaillc^, aitisi qu^aux état s -généraux; et leur opinion avoit été que les états de'Hollande dévoient d'humbles excuses à !a princesse d'Orange.
Cependant les Prussiens Éaisoient d* préparatifs menaçants surles frontièi'es de Hollande. Les états alarmés prirent le parti d'écrire au roi de Prusse une lettre respectueuse, tout en essayant de justifier l'interruption bfardiedu voyage delà princiesse; mais ces soumissions étoient tardives. Le 1 3 de septembre, dix-huit mille Prussiens entrèrent dans la province de Oueldre , commandés par le duc de Brunswick, si célèbre sous le nom du prince héréditaire. A peine éprouva-t-il quelque résis- «tance. Utrecht ouvrit ses portes : ses démagogues, si j^ves loin du péri), se dispersèrent lorsqu'il approcha. IiiB»Sayeredemanda le stathouder. Amsterdam, dont lia
GEOIGGS 111. 33
poskion^est forte, parut vouloir se défendre; mais, aux premières attaques , cette ville se rendit , et reçut gar- ^ *^ nison étrangère. Le prince d^Orange fut rétabli dans tous ses droits, titres et prérogatives.
Pendant que ces discussions agitoient la Hollande, les Pays-Bas étoient également un théâtre de troubles et de désordres. L'empereur Joseph , qui , fertile en pro- Ckintinutjets quelquefois bien conçus, a presque toujours eu le {^^ubleî tort d'en brusquer Texécution , publia des édits qui sup- dans let primoient les tribunaux du Brabant, créoient de nou- âuTri-* velles cours de judicature, et renversoient la constitu* chiens. tion de ce pays, reconnue par Tancien paae de la jpyeuse entrée. \ !
Les états de Brabant se refusèrent à ces changements. Les états de Flandre et de Hainaut marquèrent la même opposition. Le mécont^tement qui se manifesta de tous côtés, et dont l'expression étoit menaçante, intimidatellement l'administration autrichienne, qu'elle crut devoir attendre la décision de l'empereur pour mettre en activité des institutions que ce pays entier .réprouvoit. Les troupes impériales reçurent l'ordre de marcher sur les Pays-Bas. On s'attendoit à revoir un duc d'Albe et toutes les cruautés qui signalèrent cette affreuse époque, lorsque l'empereur révoqua tout-à-coup ses résolutions. On retira les édits : la constitution réclamée par les états leur fut rendue ; les Flamands rentrèrent en possession de tous leurs privilèges.
L'année 1787 vit éclore les premières agitations qui Le minirpréparoient en France les secousses d une révolution lonne^asterrible, dont l'Europe ressentira long-temps les effets, «emblelct
Depuis long-temps les finances de ce royaume étoient ^^^ **' dans un état alarmant. Une grande disproportion][entre
3^4 HISTOIRE D'AJfaLBTERRE.
' ' les subsides et les moyens de les acquitter s'accroissoit ^ '^ chaque année. Des moyens partiels y des ressources provisoires, de$ palliatifs du moment, servoient à débarrasser Fadministration , et ne rétablissoient pas Féquilibre entre la recette et la dépense. Il falloit adoucir le poids des contributions, remédier aux abus, en attaquer* plusieurs queFintérétpersonnel se disposoit à défendre , et condamner la cour à des économies. M. de Calônne pensa qu'il n'en viendroit à bout qu'en assemblant le» notables , c'est-à-dire un certain nombre, de personnes distinguées qui seroient choisies dans les premièresr classes du royaume. 11^ furent convoqués pour le 22 février. M. de Galonné ne s'aperçut pas qu'il appeloit les précurseurs des étàts-'généraux. *
Ge ministre leur proposa des impôts également répartis, et la-suppression' des privilèges pécuniaires de la^ noblesse et du clergé. G*étoit heurter detix ennemis^ puissants, et M. de Galonné dut s'attendre à leur haine. La subventioBf>tferritdrialeet l'impôt du timbre, qu'iF présenta, parurent', le premier une Surcharge pour lespeuples, l'autre une source de vexations tyranniques. 0n se plaignit: aux murmures succédèrent ]ës cla- Renvoi Hïeurs* On demanda le sacrifice de M. de Galonné ; et ce <^« ministre fut forcé de se réfugier en Angleterre. On lui donna pour successeur Brienne, archevêque de Touvêque de l^usc, qui, depuis trente ans, étoit sur le Seuil du mi* Toulouse nistère. Élève des philosophes , ils le vantoient comme cède. ' un personnage de la plus haute capacité. Ministre , il ne montra que de l'ineertitude, de la foiblêsse; il n'employa que des hommes médiocres > et des expédient» usés.
Briemie envoya deux édits royaux au parlement, pour
GEORGES Illi i6
ftre revétu9 des formes de Penregistrement ; car oe corps ' s etoi^ attribué le droit de sanctionner la volonté du ^ ^* monarque par cette transcription sur ses registres; et quoiqu'une telle prérogative n'eût aucun fondement liîstorique, elle étoit respectée comme utile, •puisqu'elle opposoit une digue aux entreprises du pouvoir.
Le parlement refusa d'enregistrer les édits. Louis XVI' Qatrellet tint un lit de justice pour Ty contraindre^ Poussés à cour et le bout, les magistrats déclarèrent que le droit dHmposer P*'^* fl'appartenoit qu'à la nation ceinsultée dans la personne de ses représentants* Ils demandèrent la convocation Bxif'e*^ des états-généraux , et furent exilés par lettres-de-ca- parie^ cbeti L'esprit de résistance gagnant de jour en jour, i^^tt on pensa que des mesures modérées en ralentiroient la marche. Le' roi retira les édits et rétablit la magis*trature.
Le déficit s'agrandissoit; et la lutte entre les parle. Bients et l'autorité royale portoit Une atteinte de-plus^ au cnédit. L'intrigue plaçoit au ministère des hommes peu rassurants. Tantôt ils conseilloient au roi d'agir avec vigueur; tantôt ils l'en détournoient. Une séance royale fut' annoncée pour le 19 de novembre. Le roi se rendit ait parlement : il y proposa, par L'organe de son garde^ Emprnnif dès-sceaux , un emprunt graduel et successif, pendant proposé. cinq années, d'une somme de quatre cents millions. Un débat très vif eut lieu sur l'emprunt, et finit par Tordre* positif d'enregistrer Tédit. Le duc d'Oriéans protesta YjlII du contre l'enregistrement. Le lendemaii^ il lui fut enjoint ^»J^ ^'^^' de se retirer à Villers-Cottereté. Cette conduite, et la disgrâce qui la suivit, donnaient à M. le duc d'Orléans dès dhoits à raffection publique, si l'on eût pu se mé-
prendi-e à cet^ élan d'un faux patriotisme. Il supportai
36 HISTOIRE d'aNGLETEARE.
"-~— "^ soa exil sans dignité. Ce prince jouoit un rôle et ne le ' '* soutint pas.
* • La Porte ottomane voyoit avec dépit l'impératrice
de Russie visiter en triomphe la Crimée, qu'elle avoit envahie. Catherine avoit voulu que M. Bulgakoffi, son ambassadeur à Constantinople , raccompagnât dans cette course un peu théâtrale; et ce ministre étoit chargé de poursuivre, à son retour à Constantinople, la conclusion d*UJQ traité qui deyoit, suivant le cabinet russe^ être la hase d'une longue intelligence entre les deux La Perte empires. Le divan rejeta ces conditions avec dédain, en^ pucrre à voya M. Bulgakoff aux Sept-Tours, et déclara la guerre lajlasne. à la Russie. Le capitan-pacha fut rappelé d'Egypte, et mis à la tête d'une armée sur la frontière. L'empereur d'Allemagne annonça son intention d'agir comme allié de l'impératrice de Russie.
1788. On avoit craint^ vers le milieu de l'année précédente, que les affaires de la Hollande n'amenassent une rup*^ ture enti-e l'Angleterre et la France ; et pour parer aux événements qui pouvoient en résulter dans l'Inde, il avoit paru nécessaire d'y faire passer quatre régiments Parle- de plus sur les vaisseaux de la compagnie. Quoique la. d'Angle- pacification des Provinces-Unies eût dissipé les craintes , terre, le gouvernement persistoit d'autant plus fortement dans son dessein, qu'il se proposoit de former dans l'Inde un établissement militaire permanent et composé des troupes de sa majesté. Mais sur qui tomberoient la dépense du transport des troupes et celle de leur entretien? telle étoit la question à discuter. Il avoit été réglé," par un acte de 1 781, que 1| compagnie ne seroit tenue de payer que les troupes qu'elle auroit requises; mais, en 1784, le conseil du contrôle avoit prouvé qu'en cas
noirs.
de refus il étoit investi du pouvoir d'acquitter la dé- ' — * pense de ces troupes sur le revenu territorial de la com- ' pagnie. La résolutiomqui fut prise, d'après les discours de M. Pitt et de M. Dundas* fit dire à M. Pulteney que VlTidia-bill^ rejeté par la chambre en 1 788, n'eût pas été plus funeste; et que ces deux mesures ne différoient qu'en ce que l'une tendoit à son but sans détour, tandis que l'autre vouloit l'atteindre par des voies obliques et frauduleuses. Ce parallèle, qui donnoit quelque avantage à Ylndia-biU^ flatta M. Fox et ses amis; mais le ministère triompha.
L'abolition de la traite des noirs, question dont* les Motion points extrêmes tiennent d'une part à la morale, et de ^bolir la l'autre à la politique, fut proposée, pour la première *''**"® ^®* fois, au parlement d'Angleterre dans le courant de cette année. Les quakers, animés de cet esprît de philanthropie qui les caractérise, en avoient donné l'exemple. Il y a dans le cœur de l'homme, quoi qu'en disent les calomniateurs de la nature humaine, oertaines fibres qu'il suffit de toucher pour que tous les cœurs sensibles soient avertis. Ce fut par l'effet de cette communication électrique que la cause des noirs devint populaire aussitôt que la motion eut été faite. Les deux universités, et plusieurs villes importantes, présentèrent à-la-foîs des pétitions pour l'appuyer. Le gouvernement jugea qu'il convenoit de faire procéder à Ja recherche des faits allégués pour et contre l'abolition de la traite; et cette affaire fut présentée, le 9 mai, par M. Pitt, en ^ l'absence de M. Wilberforce, choisi d'un consentement unanime pour conduire les démarches à faire dans l'intérêt de cette proposition. M. Pitt étoit d'avis de remettre à la session prochaine. M» Burke et M. Fox soutinrent
' qu'il étoit de Thomieur du parlement de prendi^ ri^i-
-^ ' tiative à cet égard, plutôt que de suivre Timpulsion danr née. Sir Guillaume Dolbenobse^^a que la plus grande partie des maux de la trake provenoit des .souffrances que les nègres enduroient pendant la traversée; qu'il étoit aussi facile qu'urgent d'y remédier. Il proposa ^our.y parvenir un bill qui régloit le transport des Afri- ^ins aux colonies angloises des Antilles. Ce bill ^jour^ jnoit la solution définitive ; mais il amélioroit déjà le'6ort .des noirs. Il fut adopté, malgré la pétition des négociants de Liverpool, qui demandoient qu'on n'apportât aucun changement à la traite, et qu'qu entendît des ^témoins qui réfuteroient de vaines déclamations. La pétition épuisoit d'ailleurs, contre l'abolition, tous les sophismes de la cupidité.
Suite du Le procès de M. Hastings fut entamé , le 1 3 de février, ^"^^M* .* à la chambre des pairs. M. Burke développa tous les Hastings. motifs d'accusation dans un discours plein de force et 'd'éclat, qu'il contyiua pendant plusieurs jours. L'intention des directeurs de Faccusation étoit de traiter à paît chacune des charges portées contre M. Hastings. Ce mode de procédure fut combattu par les conseils de l'accusé ; ce qui produisit une contestation assez vive. Enfin une majorité nombreuse décida que les accusateurs traiteroient collectivement l'ensemble des cdiefs d'acGUsatioU: avant que l'accusé répondit. Premières Nous avous VU l'empereur d'Allemagne résolu de se 1^01^ de joindre à la Russie dans la guerre qu'elle entreprenoit Tempe- coutris la Porte ottomane. Il fit attaquer Belgrade et Grade la diska, sans aucune déclaration , et ses troupes échouè- Russie, rejàt devant ces. deux place5. Le lo de février, il publia
contre les i r« • -r i m
Turc», ^on manifeste . contre la Turquie. La seule cause d nos-
limité qu'alléguât cette prodamation étpxl: I9 p(te4itU(S 4is ""^TT^ l^ Porte ^nyei^ la {lussi/e.
Joseph demanda p^^sage à la Polqgne à traver3 son i^rritoirje : le roi jrépoudit qu'il n'étoit pas le maître de raqcQrder avant que la diète eût été consultée. Les Vé^ niliensrefusèr^Bnt également de recevoir la flotte russe dans leurs .ports. Malgré ces contrariétés, les troupes impériales ^e mirent en marche; et Joseph se rendit ;è i^. grande armée sur le Danube, investit et réduisit la j>etite forteresse de Schahatz on Servie. Ce succès fitit balancé par un échec que le prince de Lichtenstein reçut à Dubicza. L'exaspération de^ Turcs contre les Âutii- .chiens , qu'ils n'avoient pas provoqués ,• les rendoit iqitrépides , et leurs opérations annoncèrient quelques progrès dans Fart de la:guerre..Ge.dont on ne put douter, c'est que, .pendant toute cette campagne, l'avantage ■n'eût été de leur côté. Les Autrichiens, r^oussés en plusieurs rencontres , eurent encore à souffrir beaucoup •dans cette région insalubre. Une fièvre dont le caractère .est pestilentiel, et que l'automne ramène presque toujours, détruisoit l'armée. L'empereur en éprouva pevs^onn^Uement les effets, et sentit que sa constitption s'altéroit.
Le grand-visir commandoit une armée de deux cent mille hommes, dont le principal corps étoit campé près de Sili^trîa : de nombreux détachements occupoient .presque toute la frontière de l'empire ottoman.
Les Russes n'arrivèrent qu'au mois de juillet. Ils 5e Siège de .disposèrent aussitôt à foire le siège de la forteresse de ^*^^^^™ ChoGzim ^ Le gQuverneur de • la Moldavie , gagné par des Busses, j ^présents, leur avoit ouvert le pays; de sorte qu'ils es- ^péroient., cet obstacle étant aplani , que Ghoczim.ne
4o . HISTOIRE d'aNGLET£ARE.
"~—"^ réflisteroît pas long-temps ; mais ils s'étoient abusés. Le '^ * séraskier qui commandoit dans ce fort leur opposa la défense la plus opiniâtre , et ce ne Ait qu'après plus de Ghocàm deux mois quHl obtint une capitulation honorable. Jocapitule, g^pj^ regagna sa capitale, humilié d'avoir perdu tant d'hommes et tant d'argent pour prendre deux forteresses, et dans un état de langueur et d'abattement. A ces peines se joignit l'inquiétude que lui causoient les Hongrois : il les avoit indisposés par des règlements arbitraires , et sur-tout en enlevant de Presbourg la couroniie et les marques de la royauté,* pour lesquelles ils avoient une vénération singulière. Le grand-seigneur, averti de leur méconteïitement, les fit priser, par des émissaires, de soutenir leurs droits et de se placer sous sa protection. Joseph en eut connoissance, et se hâta de répandre une proclamation par laquelle il promettoit aux Hongrois le rétabhssement de leur constitution et de leurs privilèges.
Les Busses s'étoient portés vers les côtes de la mer
Noire, où les appeloit plus particulièrement leur inté-
Cathen- j^^^^ gjj même temps Catherine faisoit équiper une flotte
équiper pour attaquer les Turcs dans la Méditerranée. L'union
flotte ^® ^^^ deux empires, et la seconde apparition d'une
flotte russe dans la Méditerranée , ne furent pas vues de
très bon œil.. Les grandes puissances maritimes et les
petits états s'en alarmoient également. La Gfcande-Bre-
tagne défendit à ses matelots de s'engager au service de
la Russie.
Cependant une flottille russe, sous les ordres du prince de Nassau, s'étoit dirigée vers la mer Noire. Potemkin et Romanzofif commandoient une armée de cent cinquante mille hommes, campés aux bords du Bog. La
geougës ht. 4i
prise d'Oczakoff étoit le but de cette première expédi- TT" tion. La place renfermoit une garnison de vingt mille hommes éprouvés , dont la bravoure fit durer le siège cinq mois entiers. Enfin Potemkin, honteux de faire des efforts inutiles avec des moyens si puissants, ordonna, dans les derniers jours de décembre, une canonnade à boulets rouges, qui causa l'explosion d'un magasin à poudre. Une large brèche ouvrit la muraille. Les Busses demandèrent Tassant, se précipitèrent dans la place, et passèrent la garnison au fil de Fépée.
Tandis que les troupes russes faisoient la guerre au midi de TEurope, un nouvel ennemi se déclaroit dans le nord contre leur souveraine : c'étoit le roi de Suéde.
La politique de la cour de Pétersbourg avoit été, de- l-a Suède
. 1 11. 17 11 1 se dispose
puis long-temps , de dommer autour d elle , et de gou- à la verner par des intrigues les petits états qui se tenoient 6"^"® en garde contre sa puissance. Elle ayoit excité Gustave Russie. à faire la révolution qui laffranchit, en 1 772 , de la tyrannie du sénat. Mais au lieu des troubles qu'elle espéroit, ce changement ramena la tranquillité dans Tintérieur du royaume. Les ordres paroissoient unis, les finances rétablies, le peuple satisfait. Cependant Timpératrice savoit que les mécontents étoient nombreux dans la classe arisitocratique, froissée par le nouveau gouvernemetrt ; et c'étoit parmi ceux-là que ses agents entretenoient des dispositions utiles à ses vues.
Gustave avoit fait des préparatifs dès le commencement de Tannée. Trente -cinq mille hommes étoient prêts à s'embarquer pour la Finlande.
L'ambassadeur russe à Stockholm remit aux ministres suédois un mémoire qui leur étoit personnellement adressé. Dans cette note il se ^laignoit des intentions
'42 HISTOIRE D^ANCLETERÎtiî;.
ennemies qui se manifestoient contre rimpératrice. . Il déploroit le malheur du peuple suédois , entraîné dans une guerre dont lambition étoit le seul motif; il invitoit la nation à s'unir avec Timpératrice pour maintenir l«i paix.
Cette conduite étoit répréhensible^ et contraire à tous les usages reçus et pratiqués entre les nations dans la grande république européenne. Gustave , indigné d'une tentative dont Tobjet évident étoit d(S le séparer de son peuple, fit signifier à Tambassadeur ( M. Basouhki) Tordre de sortir aussitôt de ses états. Une circulaire instruisit de ce procédé tous les ministres étrangers. Gustave partit pour la Finlande. ^ Déclara- Les premières hostilités des Suédois furent suivies f ueîre de ^'une déclaration de guerre de la cour de Saint-Pétersla Russie, bourg, qui ne manqua pas de faire observer aux Suédois, dans son manifeste, que Gustave étoit tenu, par la constitution, à ne déclarer la guerre que du consentement des états.
Les Suédois eurent d'abord l'avantage dans plusieurs petites actions sur les frontières de la Finlande. Au moment où les deux flottes alloient se mesurer avec le développement de toutes leur% forces, il survint un brouillard qui jeta de la confusion (j^ns les manœuvres. Beaucoup de sang fut répandu sans que cette affaire eût rien de décisif. Les escadres se retirèrent dans leurs ports égaleojent maltraitées. Bientôt les Busses; plus prompts à réparer leurs bâtiments , tombèrent à l'improviste sur les Suédois dans la rade de Sveaborg, brûlèrent un vaisseau de ligne, forcèrent les autres de se réfugier sous le canon de la forteresse, et les y tinrent bloqués pendant le reste de la campagne. Mais ce que la Russie fit
déplus hostile t ce fut de répandre un eçprit d'insubordination dans larmée suédoise. Egarés par son in^pulsion, les officiers donnèrent auxisoldats lexeiqple de la désobéissance.
Gustave se trouvoit dans une position embarrassante. JElle le devint encore davantage lorsque le Danemarck .déclara qu'il alloit agir cpmme auxiliaire dos Russes, conformément aux traités conclus entre les deux nations. Le roi de Suéde retourna précipitamment à Stockholm, et de là courut en Dalécarlie pour exciter les jÇdéles et belliqueux habitants de cette province à dé- ..fendre leur pays.
Le 24 septembre, le prince Charles de Hesse, vice-Le-Daneroi.de Norwêge, et le prince royal de Danemark, en- auxiliaire trèrent en Suéde à la tête de douze mille hommea. Ils J*^ l*
Russie.
s'emparèrent d'Uddevalla, deStroemsad, et sommèrent .Gothembourg, la plus importante ville de Suéde après la capitale. Cette place alloit se rendre lorsqae Gustave parut tout-à-coup dans ses murs et fit rougir de leur lâcheté ceux qui parloient de capitulation. Cependant il étoit difficile que Gothembourg, régulièrement attaqué, se défendit long- temps. Heureusement l'Angleterre, la Prusse et la Hollande, n'interposèrent pas inutilement leur médiation au milieu de tous ces événements. La pacification du nord fut en grande partie interveql'ouvrage du ministre anglois à Copenhague, qui dé- ^'^^g^** • clara nettement au général danois qu'une armée prus- au(T]6is à sienne marchoit sur le Holstein , et qu'une flotte angloise ^J^^^ étoit prête à faire voile pour la Baltique, si toutes les hostilités contre la Suéde n'étoient suspendues au momept même. Le ton de cette menace ne permettoit pas , d'hésiter ; au^si le prince de Hesse se retira-t-il après la
44 HISTOIRE d'ANGLETERRB.
^^ conclusion d*un armistice qui fut siffné le 18 de na- 1788. , ^ &
^ vembre.
Affaires Le troublc croissoit en France par une lutte inégale France, entre le pouvoir et la nation qui lui résistbit. Toutes les mesures de la cour étoient vagues, précaires, indécises ; toutes les entreprises formées contre elle audacieuses et soutenues. Il importoit sur-tout à ce gouvernement de s'affranchir des parlements , d'anéantir leur influence politique, et de les réduire à n'être que des cours de justice. Pour frapper ce grand coup, on fit adopter au roi le projet d'une institution que le titre imposant de cour pUnïère ne sauva point du ridicule. Alors le cabinet fut dissous par sa propre foiblesse. Lamoignon s'enfuit à Bâville. Brienne, accablé du poids de ses fautes, se retira couvert de honte et de faveurs. Le roi rappela M. Necker. Son premier ministère (de 1777 à 1781) a voit fait apprécier l'étendue de ses connoissances, et l'intégrité de son administration. Il lui parut nécessaire de renouveler la convocation des notables, pour recueillir leurs avis sur la composition des états -généraux, sur Tordre des élections , sur la manière de régler la tenue des assemblées qui dévoient donner leurs instructions aux députés^ envoyés aux états-généraux.
.< Nou- Ce n'étoit point par un esprit de justice et de modetroubles ration que l'empereur Joseph avoit renoncé, du moins dans les eu apparence, à ses projets de réformes dans les Pays- ^ys- ^** Bas. Occupé de sa guerre contre les Turcs, il sentit qu'une diversion affoibliroit ses moyens, et leurra le , Brabant d'un air d'accession à de justes demandes ; mais il avoit résolu d'employer la force pour relever son autorité dans cette partie de ses états. Il ôta le commandement des troupes au général Murray, trop ami des
mesures de conciliation et de paix pour remplir des intentions despotiques, et le remplaça par le général Dalton , Irlandois , soldat de fortune , qui ne savoit qu'obéir. En même temps il conféra le gouvernement civil au. comte de Trautsmandorff, et cette nomination plut aux Belges ; car ils' connoissoient Trautsmandorff pour un homme sage et populaire. Mais, contre leur attente, leg termes de sa commission le subordonnoient entièrement au général.
Le premier acte de leur administration fut un ordre formel à l'université de Louvain d'adopter des réformes subversives de tout son système. On pressoit en même temps le conseil de Brabant de rendre une déclaration, pour cet effet , à l'appui du décret impérial. Le conseil, au lieu d'obtempérer à cette invitation , protesta contre la violence qu'on faisoit à ses droits. Dalton insista, ne laissa que deux heures au conseil pour se décider, et Fentoura d'une grande force militaire. Les murmures et même les clameurs s'élevant de tous côtés , les soldats firentfeu sur le peuple. Plus de quarante personnes des deux sexes furent tuées ou blessées. La consternation se répandit dans toute la Belgique : la plupart des habitants considérables émigrèrent; on déserta les ateliers et les manufactures.
Philippe II n'eût été ni plus obstiné ni plus cruel.
Charles III, roi d'Espagne, mourut au mois de décembre. Son fils lui succéda sous le nom de Charles IV.
Ce fut le 24 octobre de cette année que se manifesta. Maladie par ses premiers symptômes, la maladie mentale de ™«n*«'e notre roi ; maladie qui parut s'arrêter un moment, mais d'Angledont le retour et la persévérance ont attristé la fin du ^^^^' régne de Georges 111/
■ Les docteurs Heberden, Warren et Reynolds, consul-
'^ tés, répondirent que ce prince étoit' attaqué d'un dérangement d'esprit, et qu'Uleur étoit difficile d^en assigner la cause.
Cette nouvelle produisifune fermentation extraordinaire. La plus grande agitation fut remarquée parmi les chefs des partis. M» Fox voyageoit en Italie; un courrier lui fut dépéché'. Le 24 de novembre il étoit à Londres. L'opposition redoubla d'espérance et d^acti vite : le prince de Galles s'êtoit- toujours* montré favorable aux personnages 'qui la dirigeoient. Sèiôn etfx, l'état du roi voulùit=que le prince fut déclaré régent du royaume. On supposoit que le premier usage qu'il fèroit de son auto^ rite seroit d'éloigner M'. Pîtt et d'appeler au ministère M. Fox et tous ses amis; Mesure» Le parlement, étant convoqué pour le 20 novembre, ^conlé-!^ ne pouvoit paé'être prorogé sans' une commission exquence. presse dfe Sa majesté ; maiâ lès ministres n'auroient pas osé prendre sur eux de feire signer an roi cette commission : de sorte que le parlement se trouvoit nécessairement assemblé. L'orateur des communes ouvrit la séance en demandant s'il- plaisoit- à là* chambre qn'il occupât le siège dû président? le consentement de la chambre fut unanime. Alors M. Pitt représenta qu'une cîrcoo^ stance malheureuse avoit' nécessité cette réunion des communes sans là notification usitée ; qu'il 'pensoit-que dans cette triste conjoncturo tous les membres croipoient, ainsi que lui, qu'il ne convenoit pas de se liv^'er immédiatement à la considération, des affaires publiques ; qu'on devoit s'ajournera la quinzaine, et qu'après ce délai, si les prières adressées au ciel 'et les vœux de la nation n'obtenoient pas le rétablis8ément>de sa nKijesté,*
farchamfare pourroit s'occuper des mesures que sa si- — — ^— tuation commandoit. « Il espéroit, ajouta-t-il, que la '^ ff chambre seroit alors aussi nombreuse qu'il la voyoit) «afin de donner aux délibérations plus de poids et de « solennité. »
Les communes agréèrent la proposition de M. Pitt, et rassemblée se sépara.
L'ambition et l'intrigue tendirent tous leurs ressorts dans la quinzaine qui s'écoula pendant l'ajournement. Clependant Fopposition n'étoit pas sans inquiétude : le chancelier et Mw Pitt voyoient le prince très fréquemment à Windsor. Son altesse royale se conduisoit avec ' toute la prudence qu'exigeoit une position délicate ; elle ne parloit point à M. Pitt d'affaires d'état, mais on craignoit le chancelier.
Quelques jours avant la rentrée du parlement, les publicistes des deux partis écrivirent. Ceux du parti de ï^^6«nce- M. Fox soutenoient que le prince de Galles devoit être ^P>"*°°«
* * pour et
déclaré seul régent. « Il étoit l'héritier présomptif; il contre le étoit en âge et capable de régner. On n'avoit jamais in- ™omina! stitué les conseils de régence que pour mieux assurer tio«« la succession à l'héritier légitime en état de minorité. Dans ce cas même on avoit toujours vu naître de funestes effets <de la puissance du souverain ainsi divisée. Ëies ministres actuels, en proposant de former un con^ seil de régence, n'avoient que des vues personnelles ; ils voiiloient placer leurs créatures et retenir une autorité prête à^leur échapper. »
Les raisons qu'alléguoient les ministres étoient fondées sur le respect et la fidélité dus au roi , qui ne per^ mettoient pas que , sans savoir s'il ne pourroit plus jjgrter la couronne.^ on la mit suf la tête de son fils j^
J~" car on regardoit la nomination du prince à la régence
^ * comme une prise de possession du. trône. Il étoit du devoir du parlement d'y maintenir le monarque, afin qu'il reprit le timon des affaires quand il plairoit à la Providence de le rendre aux vœux de ses sujets, La délicatesse du prince et même sa prudence étoient intéressées à ce que cette nomination n'eût pas lieu ; car on sentoit qu'il seroit à-peu-près contraint de renvoyer les ministres de son père : et quelle douleur pour le roi, si, rappelé d'une aliénation passagère à l'exercice de son jugement et de sa raison, il trou voit ses mesures contrariées, son administration renversée, ses amis éloignés! La bienséance et les lois accordoient un certain temps pour se décider en pareil cas. Auroit-on moins d'égards pour un roi chéri de son peuple , que pour un simple particulier dont la situation seroit la même? Lesméde. Le 3 décembre, les médecins du roi, Baker, Warren, «landés. Reynolds , Pepis, Addington, furent mandés. On leur adressa trois questions dont on connoîtra la nature par les réponses qu'ils y firent. >
lO Le roi n'est pas en état de s'occuper d'affaires. . 7,^ Sa guérison est très probable.
3^ Il n'est pas possible d'en déterminer l'époque. . Les docteurs Gisborne et Willis furent adjoints aux cinq autres; et comme M. Fox avoit fait entendre que l'examen des médecins , par le conseil-privé, ne lui paroissoit point satisfaisant, M. Pitt, dans la chambre des communes, et lord Stafford, à la chambre des^ pairs, proposèrent que les médecins fussent interrogés par un comité de chaque chambre séparément. On sent bien pourquoi l'opposition souhaitoit un autre examen. Elle feignoit de croire que les médecins ne répondoient qu'à
des questions dictées par le cabinet , dans Fespérance ' d'invalider cette observation fondée sur lenr pratique : *'*•' « Que les malades attaqués d'un mal que Fidentité des « symptômes prouvoit être le même que celui du roi , ft pouvoient en guérir. » Us se proposoient de deman-* der à ces docteurs si la rechute au moins n^étoit pa9 probable , et de s etayer d'une réponse affirmative.
Le lo de décembre^ M. Pitt désira qu'un comité fût ^^t§ formé pour recueillir dans l'histmre d'Angleterre des. ^ent.** exemples applicables à la circonstance. M. Fox se leva, non pour s'opposer, dit--il , au vœu du ministre, quoi* qu'il ne pût amener qu'une recherche inutile ; mais il soutint que, puisque l'héritier présomptif étoit majeur et dans la plénitude de son développement moral, il avoit un droit aussi certain d'exercer le pouvoir exécu^ tif , que si le roi n'existoit plus. La réplique de M. Pitt fut prompte et vive; il s^emporta même jusqu'à traiter cette assertion de trahison mantfest& envers la constitua tion. Il ajouta que, -jusqu'à ce que le parlement l'eût investi do. pouvoir exécutif, le prince de Galles , mal* gré son rang et sa naissance, n'avoit pas plus de droit de s'en emparer qu'aucun autre sujet du royaume , et qu'il n'appartenoit qu'au parlement de pourvoir à l'interruption temporaire de la royauté.
* • Le lord Gamden prit la parole à la chambre des pairs, et condamna la doctrine émise par M. Fox, comme absurde et contraire à la constitution.
LoniLaughborougkcombattit l'opinion du lord CUm- y
den. ft Le roi , dit^il , et le prince ne font qu'une seule
u et méàie pènsonne. Les séparer, c'est prétendre que
« le prince, qui par son rang est au-dessus de tous les
So HISTOIBK D'ANGLETERRE.
• ' ' " « sujets, peut, au moyen d'une régence, avoir des égaux^
^ ' •" it et même des supérieiu-s. »
Il insinua qu'en privant son altesse royale de ses droits on roblig«oit à les faire valoir ailleurs. Il ob-* servà de plus que le sprt de l'Irlande étoit enveloppé dans cette importante question ; et que rejeter Topinioa qu'il présentoit à la chambre, c'étoit exposer ce royaume à prendre des déterminations contraires aux mesures du gonvernement britauiiique.
. « Tout ce que vient d'avancer le préopinant , repli- « qua le chancelier, repose sur u|i faux principe. Le ti droit héréditaire du prince de Galles aul:rÔBe est in-* « contestable ; mais on ne peut ni ne doit confondre le tt droit au trône et le droit à la régence. Il est aisé de « prouver que la loi de la Grande-Bretagne , dans Thy- « pothèse d'une entière incapacité d'agir de la part du « souverain , ejst que la législation y remédie , sans que « pour cela la première branche du gouvernement de-r « vienne élective. La maxime mise en avant, que le mo-. « narque et le prince ne font qu'une seule et même pei^ « sonne , ne sauroit être appuyée ni par la loi m par l» «raison. Le prince, quoique héritier d« la couronne v « n'en est pas moins soumis aux lois eomn»s t«>ut autre « sujet. Est-ce là faire unç même personne avec le roi? u Pour ce qui regarde le droit qu'on veut attribuer an « prince de prendre possession du gouvernement, cette « doctrine est dénpéè detout fondement Jégal'et cmisti* «^.tuÉbnnel: elle exposeroit l'état à de& conséquences Je- «.sastreused. Il s'ensuivroit donc qu'en supposant lecas^ «roù le roi seroit surpris d'un accès de £évre: (on sait « qu'un accès de fièvre suffit pour suspendre des factiU « tés intellectuelles) , l'héritier apparent pourroit s'em*
CBOBGES tn. Si
<r parer du pouvoir, change radministration, boulever» " « ser le gouvernement? Peut-on riea imaginer de plus «destructeur, de plus alarmant, de plus ennemi de « Tordre public?
« Il est une autre question que je n'aborderai point : « le prince doit-il être élu seul régent? C'est un point à « débattre. Ce que j'ai voulu démontrer, c'est qu'aucune « loi ne lui confère le droit de se revêtir de l'autorité « royale. Le prince a des vertus et des qualités ; elles « brilleront sur le trône quand le ciel voudra qu'il y soit « assis , mais elles ne lui donnent pas le droit de l'en-» « vahir. »
Ce discours fit une grande impression sur les bons esprits.
. M. Fox , à qui ses amis ne dissimuloient pas la défa* veur avec laquelle on l'avoit écouté le i o de décembre , erut devoir couvrir de quelque nuage un système qu'il avoit trop dévoilé. « Le parlement, dit- il, a reconnu « que Georges III étoit hors d'état de s'acquitter des dett voirs de la royauté : or dès ce moment , le prince hé** c ritier jouit du droit inhérent k son altesse royale de « remplir ces hautes fonctions à la place de son auguste « père ; mais l'attribution du droit inhérent appartient « aux deux chambres assemblées. Telle étoit mapensée, « qu'on a mal entendue, n Le reste de l'explication de M. Fox n#fut qu'un commentaire adroit de ce texte, qui n'étoit pas tout-à-fait celui de son premier discours. ' M. Pitt répondit que , de quelque manière qu'il eût d'abord comprisr M. Fox , il ne préteroit plus à ses paroles que le sens qu'il leur donnoit lui-même ; mais qu'il restoit à discuter entre eux une question qui s'élevoit et dont la solution étoit pressante , celle d'un prétendu
. 5a HlSTOiaE D'ANGLETERRE.
'■ droit inhérent au prince de Galles ; droit qu'à la vérité
^'^ * le parleiiient devoit attribuer à son altesse royale , B>ais qui subsistoit , disoit-on , avant Fattribution. « Et c est « Fexistencede ce droit que je nie, s'écria M. Pitt; cette « proposition est dangereuse , elle est inconstitution- « nelie. Oui , je soutiens que le prince ne blesseroit pas « plus ouvertement les lois en s'emparant de Fautorité ir souveraine , qu'en acceptant le droit dont on essaie 41 de l'armer^ et qui sape tous les fondements de la li< «f berté publique. »
. La question du droit inhérent ou du droit d'attribution inquiétoit les amis du prince. On vouloit en éviter la didcuSsion dans la chambre des communes ; et M. Fox tout le premier tâchoit d'éluder un combat dont il crai« gnoit Fissue. L'obtenir, c'étoit gagner beaucoup; car, si la chambre opinoit à ce que la question de droit ne fût pas discutée, les partisans de ce droit en concluoient qu'il étoit reconnu tacitement. Dès-lors il devenoit malaisé dé restreindre l'autorité du régent, qui se trou voit investi par le^ fait de la puissance executive.
M. Pitt ne manqua pas de faire remarquer ces cçnséquences à la chambre des communes. Il prouva, par des citations historiques , que les deux chambres avoient toujours eu le droit de rempUr le vide qu'occasionoit . '^ Fabience ou l'inaction du pouvoir exécutif. Il rappela les régnes d'Edouard III , de Richard II , et sur-tout de Henri VI, comme applicables au cas présent. Il exhorta la chambre à ne pas souffrir qu'il se glissât dans la constitution un principe qui tendoit visiblement à Fanéantir.
M. Fox attaqua l'analogie dont s'appuyoit M, Pitt^
CEORGES lU* hi
entre les exemples cités et les conjonctures auxquelles
il les appliquoit. ' '
Lord North combattit avec habileté les arguments de M. Pitt. 11 étoit , selon lui , contre la raison et la constitution , de prétendre , sans le concours de la troisième branche de la législation , porter une loi pour limiter retendue du pouvoir exécutif , quand il étoit reconnu que, d^s cet état de choses, les chambres n'avoient pas ie droitde faire la loi la moins importante.
Dans le cours d'un autre débat sur le même objet , M. Fox reprocha durement à M. Pitt de vouloir afFoiblir un gouvernement presque formé, pour embarrasser son successeur. M. Pitt répondit que si^ par un gouvernement presque formé , M. Fox désignoit son administration future', on devoil sentir plus que jamais la nécessité des restrictions à mettre au pouvoir sous lequel un tel ministre alloit agir ; et que celui qui , lorsqu'il disposoit de la puissance, avoit voulu s'en servir pour créer un quatrième pouvoir destructeur des trois autres (i), imposoit l'obligation de resserrer l'autorité qu'il ambitionnoit.
Cette séance fut le triomphe de M« Pitt. Ses inten- Habi1tit« tkms n'échappèrent pas à ceux qui réfléchissoient : ils j^ p'^^^ sentirent que le but de ce ministre étoit d'abord d'empêcher que le prince ne fit de nouveaux pairs qui, lui donnant trop d'influence dans la chambre-haute, pour* roient entraver l'administration du roi , si sa majesté reprenoit les rênes du gouvernement. Ils comprirent aussi que M. Pitt vouloit gêner son altesse royale, s'il
(i) M.. Pitt faisoit allusion h Vlndia-hill que Fox s'efforr« de hïro |>a8$er en 1783.
54 HISTOIRIS d'aNGLETJSRRE.
lai prenoit fentaisie d'introduire quelques changements ' ' dans la maison du roi. Le troisième objet que se proposoit M. Pitt étoit (au moins on en jugeoit ainsi) de prévenir la dissolution du parlement.
Tout ce qui fut dit pour et contre dans la chambre des pairs mériteroit d'être recueilli. Mais nous n'ofïrons au lecteur qu'une analyse rapide du régne de Geor» ges III , et tious ne pourrions nous étendre davantage sur ce sujet sans être foi^cés de tronquer le récit des autres événements.
Suite des Le 3o décembre, les ministres firent part à son alhtife^à'^U ^^^^® royale des bornes et restrictions qu'ils proposerégence» roient de mettre au pouvoir du régent. Elles se réduisoient à trois points.
, Le régent ne pourroit pas créer de pairs.
U ne donneroit aucun des emplois qui sont tenus à vie , mais il rempliroit à son gré les places de cette na*» ture qui viendroient à vaquer.
Il ne se permettroit aucun changement dans la maison du roi y dont la reine auroit l'administration entière.
Le prince de Galles se consulta: suivant ce que pensoient ses amis , accepter ces conditions , c'étoit se placer à la tête d'un gouvernement sans force qui ne pour* roit résister à la tyrannie du ministère : refuser, c'étoit fournir aux ministres un prétexte plausible d'offrir la régence à la reine. Il parut plus sage d'accepter. Les amis de son altesse royale lui représentèrent qu^elle ne seroit pas long- temps dans cette situation difBcile ; car, disoient-ils, ou le roi retrouveroit sa raison, et les choses se rétabliroient sur le même pied qu'avant sa maladie ; Qu l'espoir de la guérison s'éloigneroit , et dans ce cas
GEOEGBI III. 55
OU demanderoit que le prince fÙt affranchi des restric- ^ lions qui lioient son autonté. ' ^
M. Gomwali , orateur de la chambre des communes, Mort d«
étant mort, le a janvier, la chambre s ajourna^ Dans les '^^n
grandes assemblées délibérantes , il est de l'intérêt de orateur
Ton et de lautre parti d'avoir le président pour soi. Ce- chambre lui de la chambre des communes est ordinairement élu ^^
ooiniDu*
parmi les membres qui jouissent d'une grande repu ta- nei. tion d'intégrité. Mais le plus intégre a des passions ; il a tenu plus ou moins à tel ou tel parti ; quoiqu'il se soit imposé la loi de n'en favoriser aucun, il inchnera toujours et même involontairement vers l'opinion de ses amis.
L'opposition proposa le chevalier Elliot , et le parti H est remdu gouvernement M. Guillaume Grenville , frère du ^.^Gu!?-*^ marquis de Buckingham. Ce dernier l'emporta de 71 p'"""îf, voix.
M. Pitt proposa , le 27 janvier, de voter deux adresses ; une au prince de Galles , pour supplier son altesse royale d'accepter la régence aux termes prescrits par les arrêtés du parlement ; et lautre à la reine , pour la prier de se charger de l'administration de la maison du roi.
Les deux adresses furent présentées. Le prince ré- Le prince pondit que son devoir envers sa majesté, son attache- accepte U ment aux intérêts du peuple, son respect pour le désir rcgence. des deux chambres, écartoient toute autre considération ; qu'il acceptoit l'importante fonction à laquelle il étoit appelé, quoiqu'il sentit la difficulté de l'exercer dans les circonstances au milieu desquelles le parlement la confioit à ses soins, et dont il ne pensoit pas qu'il existât un autre exemple.
La reine accepta simplement et sans observations»
56 HISTOIRE b'aN&LHTEBAE.
" Jusqu'à cetaoment les deux chambres n'avoient siégé
'^* que comme convention , et non en qualité de corps législatif. Lord Camden , président du conseil , proposa que des lettres-patentes y revêtues du grand-sceau, fussent délivrées par Tautorité des deux chambres, dans la forme accoutumée , pour nommer des commissaires chargés d'ouvrir le parlement. Les commissaires étoient le prince de Galles , le duc d'York , le duc de Glocester, le duc de Cumberland , l'archevêque de Cantorbéry, l'archevêque d'York, le chancelier, le garde du sceauprivé, le président du conseil, le chef-juge du banc-duroi, le grand- maître de l'artillerie, le premier lord de l'amirauté, lord Sidney, lord Garmartben, le duc de Chandos , lord Salisbury, lord Aylesbury, lord Waldegrave.
Bill de r^ M. Pitt demanda , le 3 février, à présenter le biirde 0ence. Ja, régence; il contenoit trente-deux articles, dont plusieurs furent vivemeiît débattus. Le dernier portoit que les pouvoirs établis entreroient en activité le 18 du mois de février.
Voyons ce qui se passoit en Irlande à cette occasion. Disons- Le marquis de Buckingham, vice-roi d'Irlande, in-
ïrla'*d*\ forma le parlement de ce royaume de l'état de Geor- Tocca- ges III , et dit aux deux chambres que les ordres étoient
'rëpence* ^^'^'^és pour qu'on leur remit tous les documents nécessaires. Sur la proposition de se former en comité douze jours après cette communication, le parlement, qui pensa que ce délai tendoit à l'empêcher de prendre aucune résolution, avant que le parlement de la Grande- Bretagne eût adopté quelques mesures, rejeta la proposition, comme dérogeant à l'indépendance de l'Irlande; et I4 motipii que fît M. Grattan d'avancer de six jours le\
GEORGES m. $7
convocation , obtint une majorité de 1 28 voix contre 74. Au jour fixé, les chambres s'assemblèrent. M. Gonolly ' Vota pour une adresse par laquelle son altesse royale le prince de Galles seroit supplié de se charger du gouvernement pendant la maladie du roi; cette motion passa.
Le comte de Charlemont proposa la même adresse dans la chambre-haute; elle y fut approuvée. Les deux chambres prièrent le vice -roi de trainsmettre leurs adresses au prince; ce qu'il refusa. Elles prirent le parti de nommer une députation pour porter à son altesse royale Fexpression de leurs sentiments réunis; en même temps M. Grattan demanda que la chambre passât un vote de censure contre le vice-roi. Le vote fut agréé, non sans quelque résistance.
Pendant qu'on discutoit à Londres l'acte de régence Con^alesdans la chambre des pairs, le chancelier aunonça que *^®"^* sa majesté, d'après le rapport des médecins, étoit en convalescence; que plusieurs circonstances favorables donnoient l'espoir d'un prompt rétablissement , et qu'il étoit d'avis de remettre la délibération au 24 de février. La chambre y consentit.
Pendant cet ajournement, la santé du roi parut s'affermir; il se promenoit dans ses jardins, s'entretenoit avec M. Banks , avec l'astronome de son observatoire de Richmond; il recevoit sa famille, le chancelier, M. Pitt; il causoit d'objets indifférents, mais d'une manière suivie; ses idées étoient nettes, et sa voix même avoit repris un accent décidé. Le i o mars, les communes, l'orateur à leur tête, se rendirent à la barre de la chambre-haute. Le chancelier leur dit que les commissaires nommés par lettres -patentes pour tenir ce parlement
étoient autorisés à Tonvrir; que le roi, dont la raison étoit entière et qui pouvoit s occuper des affaires publiques, avoit prescrit aux commissaires, de témoigner toute sa reconnoissance aux deux chambres, des nouvelles preuves qu'elles avoient données d'attachement à sa personne, d'intérêt pour Thonneur de sa couronne et pour le bon gouvernement de ses états.
Son r^ta- Ainsi se terminèrent les opérations du parlement ^ ment, dans une des crises les plus alarmantes que la Grande* Bretagne eût éprouvées. Durant quatre mois et demi de cet interrégne , les débats dont il fut l'occasion consommèrent tout le temps nécessaire pour procurer le retour de la santé du monarque. Le crédit national se soutint , les tribunaux rendirent la j us^ice , les ministres réglèrent les affaires de leurs départements; et chacun des partis opposés, en interprétant la constitution dans le sens de son intérêt, craignit toujours de paroître la trahir.
Georges, heureux de Falégresse de son peuple, aima mieux récompenser la fidélité que de sévir contre l'ingratitude.
La place Au mois de juin, la nomination de M. Grenville deTc^om- commc Secrétaire- d'état laissa vacante la place d'oramunes est teur de la chambre des communes. Les deux partis pré- T^omiDa- sentèrent chacun leur candidat : c'étoient MM. Elliot et lion (le Addington. Ce dernier fut élu.
dington Le procès de M. Hastings continuoit , quoique fré-
^ceite quemment interrompu; M. Burke, il faut en convenir,
ne mettoit pas toujours dans son rôle d'accusateur cette
mesure qui caractérise l'impartialité. Plusieurs fois
même il encourut la censure de la chambre.
GEOB€£S m. 59
Le onzième jour du mois d'août , le parlement fut ~**
prorogé.
La France étoit livrée, dans ce moment, aux premières agitations révolutionnaires ; tout ce qui s'est passé dans ce royaume a si fortement réagi sur la Grande-Bretagne, qu'il nous sera désormais impossible de ne pas mêler le récit de ces événements aux annales du règne de Georges IIL
Rien ne démontroit avec plus d'évidence l'embarras Révolodu gouvernement François, que la présence des états- France, généraux. Louis XIV s'y fût refusé par orgueil; Louis XV par frayeur : on persuada trop facilement à Louis XVf qu'il, étoit impossible d'apporter un autre remède au désordre de ses finances. Il ne savoit pas que le parle* ment ne demandoit les états-généraux que pour échapper au ministre Brienne; que celui-ci ne répondoit à cet appel que pour se venger du parlement, et que Tun et l'autre agissoient contre leur conviction et leur volonté.
Une question importante se présentoit : quelle seroit Torgaliisation des états-généraux? les tiendroit-on dans la forme de i6i4? le parlement, consulté, se prononça pour l'affirmative, et cette décision sembla par dictée l'é^ goïsme; car elle rappela que le parlement représentoit en corps, aux états de 161 4, à l'instar des trois ordres.
Le roi convoqua les états-généraux, et rappela M. Neo^ ker.
Necker devoit tout au peuple. En donnant au tiers une double représentation , il ne calcula point ce que sa reconnoissance coûteroit à la monarchie. Il fut arrêté, dans le conseil du 27 décembre 1788, que le nombre des députés aux états -généraux seroit à^peu -près de
Ouverture des ëtats-générauxt
Séance royale.
60 RiSTOIltE d'âNGLETERRE.
mille, et que la représentation du tiers-état seroit égale en nombre à celle des deux autres ordres réunis»
Le 5 mai, l'assemblée des états-généraux s'ouvrit à Versailles avec la plus grande solennité ; la vérification des pouvoirs de ses membres fut sa première opération , et ce fut aussi l'origine des premiers différents entre les ordres. Le tiers-état insista pour une vérification commune; la noblesse et le clergé prétendirent que chaque ordre devoit vérifier, dans sbn sein, les pouvoirs de ses députés. Ce qui rendit cette dissidence plus importante, ce fut la prétention qu'annonça le parti populaire de voter par tète et non par ordre. Ce mode devoit nécessairement assurer une grande prépondérance au tiersétat, puisqu'étant égal en nombre aux deux autres ordres réunis, il s'étoit encore ménagé des partisans dans l'un et dans l'autre. On s'observa sans rien décider : enfin, après une inaction de six semaines, le tiers-état, grossi de .quelques membres du clergé, se déclara corps législatif et prit le nom Ôl assemblée nationale. Cette énergie d'une chambre quj se constituoit elle-même inquiéta la cour; le roi fit annoncer une séance royale, et la salle des états fut fermée. Cette disposition parut un acte de despotisme. Les députés se réunirent sur une place publique, dans un jeu de paume, dans une église, et jurèrent de ne pas se séparer que la constitution ne fut achevée. La séance royale du 23 juin ne produisit rien qu'un profond mécontentement.
Cependant. une armée s'assembloit autour de Paris; la précaution de la composer de régiments étrangers étoit judicieuse, car les régiments françois paroissoient mal disposés; on y raisonnoit l'obéissance, ce qui n'est pas compatible avec la discipline.
OEORGES III« 6f
Quand la cour se crut assez forte, M. Mecker reçut 1 ordre de sortir du royaume; son renvoi ne fut connu dans Paris que le lendemain , i a de juillet. Il causa dans la capitale une fermentation effroyable; on promena le buste du ministre et celui du duc d^Orléans , autre idole Mout»de la multitude. Au milieu de cet enthousiasme, des '^^^^. rumeurs alarmantes circuloient de tous côtés, et les plus absurdes sont toujours celles que le peuple dévore. On entendoit par-tout le tocsin et la générale.
Le mardi , 1 4 juillet , cent mille hommes étoient en D^p^c armes . On se porta sur THôtel des Invalides, après s'être ^ ^jju^ assuré de ces vétérans; ils conduisirent eux-mêmes les bourgeois au dépôt des fusils ; il s*en trouva vingt-cinq mille. Le gouverneur, de Sombreuil, dont la fille s'est rendue si célébré par sa piété filiale, ne put rien contre cette invasion. La prise de la Bastille suivit le pillage du Prise de U dépôt des Invalides. Cette forteresse étoit défendue par ^»^*«* quelques Suisses du régiment de Salis, sous les ordres d'un gouverneur sans prévoyance, qui se livra lui-même. Les vainqueurs ne furent pas généreux; ils égorgèrent ce malheureux officier et tout son état-major. . L assemblée députa vers le roi pour demander leloi^ gnement des troupes , et ce prince Faccorda sans balancer. U écrivit de sa propre main à M. Necker, en ie rappelant au ministère. Une milice bourgeoise fut créée ; le marquis de La Fayette en eut le commandement. Sa coopération à Tindépendance des Américains en faisoit un héros pour le peuple de Paris. La Fayette étoit indubitablement au-dessous d'un premier rôle, et sur-tout de celui qu'il embrassoit, moins peut-être par ambition de popularité , que par dépit contre la cour, dont il étoit mécontent. Mais quoi qu'on ait écrit en Angleterre
6a HISTOIRE d'augletirrb.
contre ce général , on ne peut lui contester un caractère honorable, des velrtus civiques, et quelque habileté militaire.
^^[ Le vendredi 17 de juillet, Louis XVI vint à Paris; Paris. « 11 y passa quatre heures , dit un historien François , au « miheu des acclamations, et de leffrayante joie d*ua « peuple qui s'essayoit à tout ce qui devoit suivre cette « pénible journée. » Le roi prit la cocarde tricolore des main^ de M. Bailfy^ savant distingué que les meneurs du* moment et peut-être un peu d'ambition avoient arraché de son cabinet pour le parer de Técharpe municipale. M. Necker reparut à Versailles le 28. Son retour ne déplut pas à ses ennemis: ils voyoient mieux que lui le terme de sa gloire.
Décrets L'assemblée rendit plusieurs décrets pour abolir d'an- Tassem- ^^^^ abus , et particulièrement les droits féodaux. Le blée na- .^o août , elle arrêta qu'une déclaration des droits de t homme seroit rédigée, pour servir de base à la constitution. Cet énoncé de principes fut regardé par les hommes de sens froid , coiçme une imitation déplacée des législateurs américains. Du moins, falloit<il, comme eux, déclarer les devoirs avant les droits. Le peuple interprète au profit de ses passions tout ce qui les flatte; il prend s^ force pour ses droits^ et cette méprise ouvre la porte à l'anarchie.
' La forme de gouvernement qu'on donnoit à la Frai^iGe étoit une monarchie limitée, dans laquelle le pouvoir législatif étoit supérieur au pouvoir exécutif, puisque la prérogative de celui-ci se bornoit au {^eto suspensif; encore lui fut-il disputé, quoique ce droit bien établi soit la sauvegarde d'une nation contre la séduction ou lar surprise. -
esoBGES m. 63
Le monarque étoit inviolable, le trône indivisible, la '
couronne héréditaire. » j
Louis se permit quelques observations par Forgane u constî. de M. Necker, que chaque jour dépopularisoit. Il fit en- ^^^^ tendre à rassemblée que plusieurs de ses arrêtés compromettoient la religion , la politique, les propriétés, et les finances du royaume, sur lesquelles reposent les engagements du trésor public. Ces inquiétudes furent mal accueillies; on en profita pour aigrir encore la mul-* titude. La disette, qui continuoit , soit qu'elle fût Tou* vrage de spéculateurs avides , soit que la circulation in« térieure fût interceptée par la crainte du pillage, aidoit {puissamment les manœuvres des agitateurs. Un repas imprudent, qui fut dénoncé comme une orgie scandaleuse, acheva d'échauffer les têtes; cinquante mille hommes se précipitèrent sur Versailles , assassinèrent les gardes-du-corps, en demandant du puin, et rame-> nèrent à Paris le monarque prisonnier, dont la voiture étoit entourée de trophées hideux et sanglants. - L'assemblée se rendit à Paris le 1 9 octobre, et s'y fixa. L^assem- Cinquante députés quittèrent le royaume. Le duc d'Or^ tioaalJ léans partit pour Londres , chargé , disoit-on , d une mis* "® ^^^ ^ sion particulière.
. La conduite de ce prince est encore un problème. Le Ane Dans les années qui précédèrent les premiers troubles, léan«« ' avant*coureurs de la révolution, il afficha le mépris le plus effronté pour Topinion publique; le duc d'Orléans étoit signalé comme lapôtre du libertinage. En 1 788, il sembla se détacher de ces honteuses habitudes. Aux dé* baucfaés qui Tentouroient , succédèrent d^ factieux et des intrigants ; des journaux dont la voix étoit payée parlèrent de sa bienfaisance. Enfin un bailliage le députa
^ ■ pour prendre place aux états-généraux, et ses cahiers ' de doléances y attribués à Fabbé Sieyès, le montrèrent au peuple comme le défenseur de ses droits.
Le duc d'Orléans répondit par la haine aux dédains que la cour lui prodiguoit ; mais son ambition alloit-elle au-delà du désir de se venger ? avqit-il des projets ? étoit* il lame d'un parti? n'en étoit-il que rinstrument?
L'assemblée s'occupa de tout régénérer : c'étoit em*
brasser trop d'idées à-la-fois. Sans doute elle pensa qu'il
est utile de profiter d'une grande effervescence pour
opérer un grand changement; que l'ardeur d'un peuple
agité ne se soutient pas long-temps, et qu'il ne faut point
^ attendre de la langueur ce que l'enthousiasme n'a pu
produire. Tout cela peut être vrai; ce qui ne l'est pas
moins, c'est qu'il est certaines innovations qu'on fait
sagement de confier au temps, qui ne brusque rien et
mûrit tout (i)ft iVe invideas tempori^ a dit un sage.
Les trou- Le Brabaut autrichien n'étoit pas plus tranquille. Oa
blés se gg rappelle qu'à la fin de Tannée précédente il avoit re*
reDouvel- x i i ^ i
lent dans fusé de voter les subsides ordinaires pour un gouverne-^ Brabant ™®^^ tyrannique. Cette résistance courrouça l'empe* •autri- reur Joseph; il annonça, dans un édit, qu'il annuloit * ^^' toutes les concessions faites aux provinces, et qu'il ne se croyoit plus lié par le seraient de la joyeuse entrée. De cemoment, l'appareil des rigueurs militaires fut déployé, les prisons se remplirent de toutes les personnes assez hardies pour se plaindre.
Les Flamans indignés prirent les armes. Le célèbre
(i) Rousseau^ le philosophe des révolutionnaires, quoiqu'ils puis« sent rarement s'appuyer de son autorité, défend d*attaquer à force ouverte tel abus enraciné; mais il veut qU^on place à côté de Tabua lé pripeipe qui doit un j^ur le détruire. ( Note de l*auteur. )
GEOBGEi III. 6S
linguet étoit, en ce moment, à Bruxelles , et les stimu- * loit par des pages véhémentes. Les insurgés s'emparèrent des villes principales et même de la ville, et de la citadelle ,
de Gand, que la garnison abandonna. Le 3o de novembre, les états s attribuèrent Pautorité suprême dans cette province, et déclarèrent Fempereur déchu de la souveraineté des Pays-Bas. Joseph ouvrit des voies de conciliation, qui furent rejetées, et le 3 1 décembre les. états de Brabant s'engagèrent, par un serment solennel, à conserver les droits et privilèges du pays. Bientôt après ils conclurent avec la France une ligue offensive et défensive. . La perte de Choczim et celle dpczakoff excitoient Mort da un grand mécontentement à Ck>nstantinople. La mort sg^Il"'^^ du grand-^igneur, Abdul-Hamid, fut un revers non. moins cruel pour Fempîre ottoman. Ce prince, un de& \ meilleurs et des plus éclairés qu'ait eus la Turquie, fut remplacé par Selim , qui ne tarda point à se montrer avide et sanguinaire , en condamnant à mort le grandvisir, dont il confisqua tous les biens. Pour couvrir sa cupidité d'un prétexte, il renouvela contre lui Faccusa-: tion de s'être mal conduit au siège d'Oczakoff, quoique ce ministre n'eût rien à se reprocher à cet égard. : La guerre recommença , sur les bords du Danube , Événeentre les Autrichiens et les Turcs, à l'expiration de l'ar- i™^"ûer^e tnistice. Les Turcs avoîent également à se défendre entre la contre les Russes, qui les attaquoient comme auxiliaires i^Autri*' des Autrichiens, et pour leur propre querelle. Le mare- ^^® ®î ** chai Laudohn prit Gradiska, mit le siège devant Belgrade, et l'obligea de capituler. La grande armée turque fut battue complètement par le prince de Saxe-Gobourg et le général Su waroff. .
La carrière des révolutionis étoi(: ouverte : le roi de
6& HI8T0IJIE D':⻣(L1ETERRE.
*i-T- - Suéde egniiVyrit la smune^fet iracbeva. Ohargé d^nàdl
^^' guerre étrangère, et tout ^àJà-^fois dHaie ^pierre imë-^
tion^ en r^u^G , puisqu&les fiicftioiis-ledhiarcelDieiit impnBéoieBt y '
Suéde, y pmtileiparti'de iaiire un appel à la xnatîon., dont le»
cki99es linfésieores lui marquoient un grand dévouè-i
mem ; «oihvoqua , >pbnroet e£fet^ une diète a Stockboliii>^
et illouvpit le ao Janivifir par iun di&caurs éltsiquent. iie
roi eonnoTssoit laniiUDsité fie la aiobIésse;iiiiai6-il:savoît
quedee trois autres^ ordres de serviroîent coxitDé^Ue. iSte
derteor assis tance, ir£t arrêter Tii^gt-cinf idespriucipaox
membres du corps des nobles et plusieurs officiers rsc-^
t ' âu9é5'de':iiiutiaeFie, de désobéissanoe., et même de vlira-
hîstm. il abolit un séimt séditieux, ie iiemplaça par un
<torps qui ireMembloit, dit-on, à la cour plémère de
Frame, 'et^Iia les Suédois ii Ja nouvelle forme >de son
gouverneasent, en leur faisant prendre rengagement de
se» défendre miitueUemimt et de soutenir la constltot ion:
On jttgeailes personnes ariiêtées.; maûs le roi,, porté natiK
felhiment'à la clémence , ^remit au plus gnand nombre
)a peine qnllsavoiettt encourue : il y 'eut ;pen de con<^
damnation^ capitales.
Lft r^To- Unenation qui , dans un ndbleet génénecix élan y s^a^
^fr**"* ^® francbit.d'un long esclavage, donne incontestablement
.alarme te uu beau «pectaole au inonde. ^lUissrila^Gra&de-Bretaigntfr
ncaenV ^t^rfle ^la première à proclamer ies François le second
Vi^aoBi* des peuples libres. ^SUe crut que, .dans lun pays éclaim
* ^'**" parrila philosophie , ia liberté se oombineroit ianrecle; gou-»
vemement, avec la'forceipubUqne, Fabéissaincefetladis^
mpliiie militaire, la religion et la morale, le respect' de»
pndpriétés , le bonordre et iapaik , JestmcBurspidiliqiies
et privées. Mais aussitôt qu on anfvu îles «étsts-^^é»
«iMiJ[^'miTver>dedeur2pu«BnGie,'hDnoBer le ti^ne par
4f9 phitfti^s, çt le miner par de« décralç, renverser les \. " meilleurafi iBS^itutions pour s'entoyper de leurs débris, ' attaquer Isa principes eu combattant les préjugés, il fut QÎsé de pressentii! ee que deviendroit la révolution fran-' çoi^. L'Angleterre s'alarma de sion voisinage ; elle crai-» goit les progrès de l'esprit d'inpQvation , déjà trop propa^ par les pi^ications de§ clubs.
Le parlement s'ouvrit le 21 janvier. Le roi , dans son P««"l«- SBCosa^Sy déplora les commotions Intérieures qui trou- d^ngle^' Uoieiit {>lueieur8 parties de l'Europe, qu'il ne nomma ^*^''^!. BÎ se désigna. Mais Foccasion de parler de la révolution fiaoeoise sepvésenta bientôt à la chambre des communes. il. Fqk en fit ua pompeux 41oge. M. Burke au contraire . às^atcaeha, dans une éloquente et longue déclamation, verser fopproi^re sur les principales circonstances de ce grand événement. MM. Fox et Sheridan répliquèrent. Ea ^éteslaat des crqaïués qu'ils n'essayèrent pas d'excuser, ^onipM inévitables, ils louèrent avec émulation Ténergie de la nation irançoisie, lis appelèrent sa révolution ^^
h plus gMmd pas çui jamais eût été fait pourJc^an-' chissement du genre humain. M. Pitt évita s^igement do fp&^TB la parole sur ce sujet ; mais il remercia M. Burke, «n siç&a de la patrie, du parti qu'il àvoit embrassé. La céyoli]d(ipa françoise fut alors le texte de tous les entretifin^. Ckacun des partis cboisijt son terrain avec une îaiAiitîé plus âpr« que celle qui s'étoit montrée pendant In g«l«cr« dt'Amérique.
he femeux livrede M. Burke parut à cette époqu^. La Lirre de M9Si«re amène que ce liv^re renferme cjes {^ilosophes ^ôn?«rîa du dix-huitième siècle, le dédain de leurs théories, Iq rëvolu- M^^liy^ firopbâbique àt leurs résultats, donnèrent 4in ^^^^^T^ %iifrê owcs À ropùiijND. Les 44MMa xmikui» françoîses^
68 nisToiAK dJangleterrc.
t -. -^-portées aux chçipeaux de toutes les daipëâ ; disparurent ,/ ' ■'" et la révolution compta moins de panégyristes.
L'opposition étoit indignée. Le nom d'Edmond Burke fut rayé dé la liste des membres du wigh-clab, et M. Burine s en vengea par une plaisanterie. «.Lorsque^ « Diogène ^ dit-il , eut appris que ses concitoyens le ban- « nissoientde Synope, il répondit: Et inoi, je les relègue n à Syndpe. »;
Vains ef- Ces seutiipents acquirent encore de. la force par la
'*di8sf/* tentative des dissidents pour obtenir la révocation des «Uotf. actes de corporation et du test. Ils s'étoient assemblés plus d'une fois afin de concerter leurs efforts > et, dans ces réunions, ils s'étoient prorais de «'appuyer, aux prochaines élections que les membres qui se seroient déclarés en leur faveur. Cette politique, peu judicieuse pour une minorité, fut tournée contre eux par le clergé de Téglise dominante, et la chaleur que plusieurs d'entre eux avoient mise à soutenir la révolution françoise Jtoit une raison de plus pour s'opposer au succès de leur cau$e. Aussi ^ quand M. Fox la présenta, sa motion futelle rejelée par 294 voix contre i o5 .
Message Le 5. de m'ai, le parlement reçut un message de sa majesté, qui l'instruisoit de la violence commise, à la côte nord-ouest de l'Amérique septentrionale, par un officier de la marine espagnole, sur des navires appartenant à des sujets de la Grande-Bretagne. Le roi fai-^ soit connoitre qu'il avoit demandé satisfaction à la cour d'Espagne; il parloit des prétentions exclusives de cette cour à la navigation de ces parages ; il annonçoit ses préparatifs évidemment hostiles.
Déiuélps Les différents étoient survenus au sujet d'une petjte *ya*i»c!' factorerie qu'un commerçant anglois, après en avoir
«BORGES III. 69
^Khéié la permission d'un chef du pays, avoit faite à* ' Kootka- Sound, au nord de la Californie. Deux navires * '^ ' langlois furent saisis dans la baie de Nootka par le commandant d'une frégate espagnole, qui prit l'équipage, s^empara de la factorerie , du terrain sur lequel elle étoit construite, substitua le pavillon espagnol au pavillon britannique^ et déclara que tout le pays compris entre ^ le cap Horn et le soixantième degré de latitude boréale appartenoit à sa majesté catholique. Des négociations avoient eu lieu pour accommoder cette affaire; mais on ne s'étoit pas entendu : de sorte que sa majesté fai- ^oit part de sa détermination à venger l'honneur de la couronne et les droits de ses sujets.
Le parlement répondit à ce message par un vote de crédit d'un million. L'Espagne, alarmée d'une résolution aussi prompte, consentit à des arrangements. Il •fut convenu que l'établissement de Nootka seroit resti- # .lue ; que les Auglois auroient toute liberté de navigation •et de pêcbe dans le grand océan ,'et toutefois que, pour empêcher la contrebande, ils ne s'approcheroient pas à plus de dix lieues des côtes occupées par les Espagnols. . . Le proqès de M. Hastin^s recommença le 5 de février; Suite dit mais de nouveaux délais en ràlentissoient toujours la P**®^* '^^ marche. M. Burke s'en plaignit, et proposa deux réso- Hasting*. lutions : la première autorisoit les directeurs de l'accusation à n'insister que sur les points essentiels ; par la seconde la chambre s'obligeoit à persévérer dans la poursuite du procès jusqu'à ce que le jugement ftit rendu.
Des controverses politiques sur les principes de la Conflit révolution françoisex)ccupèrent les esprits dans le cours ^^ g**^!* xle l'été. Le livre de M. Burke étoit l'arme des ennemis <îe la réde rassemblée nationale; Le succès prodigieux de cet fran"oi!i!^.
7^ msTaiRE »'akolet£Rrs«
" bBvHIge fit éelore dé hoikibreu)! éoilSi dont «^ttdquii '^^^* uns relevèrent y aveo raison ^ les injustices et les étftgérationi de son auteui*. Les aitis de la liberté regrêttûîéùt que, dans son zélé Contre la licence » M. Barke eflt presque condamné la résistance à Toppressii»! ; qfi'H eût calomnié le caractèi'e du peuplé François éd lé jugeant sur une effervescetice brûlante inais passagère, et sur -tout qu'il eût confondu la partie Sdine dé ce peuple estimable avec une populace d'àvénturiêfè jetés ^ par la tempête au milieu de cette IhégéHératién , et peutêtre payés pour la déshonorér< Li^re de Thomas Payne répondit au livre dé M. Rurkë p^t \Xh pâyne * pa'ïîphlet intitulé Lei droiix de t homme. Cet écrit, conèldéré comme composition littéraire, étoit infinimetit audessous de la production de M. But*kè ; lâaiâ il flattoh les passions de "la multitude ; il codvenoit à Son intél- . ligence ; il raisonnoit dans son sens habituel : et nul ouvrage n'a contribué plus fortement à fipandre éti Angleterre Tesprit de réforme et les principes dé là démocratie.
Suite de Depuis la résidence forcée du roi de France à Pàrl^, k rëvolu- Y\en ne contrarioit les volontés de rassemblée nationale.
iioQ de
France. Ce prince avoit trop bien senti que ^objection la plus timide oflGensoit un pouvoir qui n'en recoonoisëoit pins d'autre. Cependant le royaume étoit loin de la trtinquiliité que la condescendance du roi sembloit lui ptomettre. ^
Là dépossêssion da dergé s'effectua par tin décret pendu le 2 novembre. Il entra plus d'adresse que de bonne foi dans la marche de cette àffairei D'abord ÔA ne demanda qu'à consacrer ce principe : « Qne lé nati6À «toit propriétaire des biens do tiérgé. » C'ëtoi| les me^
bacEer araez. daiirevMiit poor alarmer ceux qm les» po«f> — «^ sédoîent; nni^ cm déclara cp*on n'enr disposerait que ^^^ dfaprè»le vœu des provinces : on ne Fatlendit poivt.
L'asseiahlée voulut pourvoi r honorablement aux frais du cube, à rentretien des-ecclésiaotiques ; mais elle eût èùb pressentir qu^il sevoit aisé d'éluder les obli^aiCions qa'ellei s^imposoit à cet égard. En eHet la convention nationale déclara, dan» le coar» de son régne désas^ treux, que la nation ne salarioit aucun culte.
Les colonies devenokmt inquiél»ntes . Brissot , qui fai- Colonie soit une feuille , et q«i pour se rendre important outvoit '^^^^^' tous les systèmes de»nova<teurs, étoKt un des membres les plus influents de la société des yàmis des Noirs. Be ce foyer cm avoit vu sortir le mulâtre Oger pour aller à Sasnt^Doiningue soulever ses frères opprimés par les blancs ; et sa mort n'avoît fait qtt^altiser le feu de la ré^ vohe, A la Maitinique, c'étois entre les blancs qae la goerre s'allumoit. Les planteurs blancs, assistés des mulâtres, étoient armés contre les marckanés, et Fas'semblée rendoit à Paris des décrets qui ne parvenoient aux colonies qu'après les massacres. ^
tin orage s elevoit aussi sur les frontières de TAUemagne, de la part des princes qui, spoliés en Alsace de leurs <iroits féodaux, refusoient les indemnités que la i^ranee leur proposoil. La querelle qui f embla préparer une rupture entre l'Angleterre et l'Espagne n'embar* rassoit pas mcHns l'assemblée nationale , puisque le traité d'alliance entre la France et l'Espafme (ioimoit lieu de Assem. présumer que celle-ci réclameroit les secours stipulés ,1/0^,^^" dans un article de ce traité.
La menace de cette guerre amena la question de sa- l^roic d« voir « à qni la natioii devoît déléguer le droit de faire ^de «ai^*
Digitize.d by
— "— "— la guerre et la paix. • Après une longue' discussion^ il ^IS^' fut décidé que le monarque annonceroit à rassemblée la nécessité de la guerre ou de la paix, et que le roi feroit lune ou lautre au nom de la nation, lorsque les représentants en auroient délibéré. Ce fut dans le cou» rant«des débats que Pétion proposa ce décret : « La na« tion françoise renonce pour toujolirs à toute idée de conquête, et se borne aux mesures d'une guerre défensive. »
Les applaudissements les plus vifs accueilUrent cette résolution; et quelques années aprà Tambition françoise avoit embrassé la conquête de FEurope. Céréixio. Les préparatifs d'une imposante et pompeuse soleiinie delà nité, SOUS le nom àe fédération^ tinrent l'attention des tion. Parisiens long-temps occupée. Le 1 4 de juillet , joiir an-* niversaire de la prise de la Bastille , la fédération eut li^u dans l'enceinte du Champ-de-Mars , en face de l'École militaire. Le roi, l'assemblée, le peuple, l'armée, jurèrent sur Tautel de la patrie de maintenir à jamais cette constitution qui ne vécut pas une année.' Organisa- Ensuite la législature s'occupa d'organiser le système tion du judiciaire, dans lequel elle introduisit plusieurs dispo* judiciai- sitions Utiles, Elle rendit aux protestants les biens dont ^^' les avoit privés la révocation de l'édit de Nantes ; elle supprima les tsfees imposées sur les juifs ; elle abolit le droit d'aubaine.
Plusieurs ^ retour du duc d'Orléans en France ranima les décrets soupçons dont il avoit été Fobjet à l'occasion des éyéne^ «juables. ments des 5 et 6 octobi'e ; et Mirabeau fut enveloppé dans la procédure qu'on instruisit contre ce prince. Que le duc d'Orlpans fût coupable d'une participatiott active à des, crimes qui n eussent pas été perdus pour lui, c'est
Georges m.. .., 73
cç que sa profonde. immoralité permet de croire; mais --- ^"''^"* Mirabeau le mépiisqit trop pour être son complice. Quoi ' '^* qu'il en soit , l'assemblée les acquitta sur le rappQrt d'un avocat dauphinois nommé Chahroud, que le public surnomma le Blanchisseur.
M. Necker étoit accablé du poids des circonstances^ Retrait» Il le sentit, donna sa démission, et quitta, presque en Neck«r. fugitif, un royaume où ses amis et ses ennemis Tavoient vu rentrer en triomphe. La baronne de Staël, sa fille, en a fait un Colbert ; mais les hommes dont le jugement est désintéressé, parmi lesquels il faut compter le celébre Adam Smith, l'ont regardé comme un homme pusillanime, circonscrit dans les habitudes de détail, et dérouté dans les voies de la politique. Il parut supérieur à l'état de simple particulier tant qu'il y fut restreint ; son élévation révéla ^a foiblesse ( 1 ) .
L'assemblée, pendant tout le reste de l'année, fut en Décret contestation avec le clergé. Tous les ecclésiastiques en prêtre» fonction avoient été tenus de prêter serment à la nou- <!"' "^' velle constitution françoise, et spécialement aux décrets prêter relatifs à la constitution civile du clergé. Gomme ils obéiS;Soient assez mal à cette injonction, l'assemblée déclara que les prêtres qui négligeroient de prêter le serment seroient censés démissionnaires ; et que ceux qui s'y refuseroient positivement encourroient des peines rigoureuses. Le pape avoit improuvé le serment ; presque tous les évêques le refusèrent, ainsi qu'une grande partie du clergé. Les ecclésiastiques émigrèrent en foule. Un schisme s'éleva daiS l'église.
(i) Major privaio visus dîim pnvatus fuit, et , omnium consensu^ €apax imperii nisiimperasset. Tacite.
serment.
^{ HisTorks d'anglbVerre.
*"^™^ • L'empereur Josepb II étoit mort le 2 o févrîer, larss^an ) j^jj^ à «on finém téopold, grandi-dac de Toscane, un trônô J'cmpe- ébranlé par Teffet de ses entreprises préicipirées et Je iotephll ^^^ projets irréfléchis. Quelques jours avant sa fin il eut la mortification de recevoir de la noblesse hongroise trn mémoire par lequel eHe réclamort, eh termes hautains y fa restitution d^ ses privilèges. L'historien doit dire, â la gloire de ce prince, qu*en consentant à la ré^ •vocation de plusieurs de ses édits il en excepta la toFé^ rance religieuse, et qu^l recommanda que les revenue ôccordés aux curés, sur les biens des monastères supprimés n'éprouvassent aucune diminution (i).
(i) L*autear anglais, dans le cours de cette, histoire, «Efeçte de traiter l'empereur Joseph II avec une rigueur excessive, quelquefois néme arec dédain. Ce prince eut des torts sans doute. Sa brus<)ue impatience fit avorter des desseins bien, conçus. It «voit I» mwM* d'innaver; mai» la postérité ne verra ps» d'un œil incy^CérenÇ les heureuse» réformes qui signalèrent la courte carrière de Joseph 11^ La suppression de la servitude et des corvées, la refonte des lois civiles et criminelles, fa restauration do commerce, h rétabfisse- «nent de la dtscipUne mittfaire, l^amétioration de» études, la repava lion de» i^ands chemins, la de«tcuetion de la nte^dicité, ete«, eis^ La lettre qui suit, et qu'on a publiée dans un de nos journaux, honore encore Joseph II, comme ennemi de ce préjugé fatal qui. nous a cou.té qui nous coûte encore tous les jours des hommc& dignes d'éfre re- 0retttfa<
AUGÉÏSfÉRALT
« MOASIETR LE GÉNéRAL ,
«Le comte K...d et le capitaine W. seront mis aux arrêts s ur4e- «bamp. Le comte est d'un caractère impétueux, fier de sa naissance, et préoccupé de fausses idées d'ho«itoir. Ler eapitaîae W. , vieux militaire, prétend arranger tout le pistolet à la main. Je ne veux pas, et ne souffrirai pas de duel dans mon armée. Je méprise les maximes de ceux qui cherchent à le justifier, et qui s'entretuent de Mng'froid. J'îii la plus haute estime pour les officiers qui s'exposent
' LéopoU 0e tendic àVtenne, eC prit p^M^ÊAcm dft ' pouvoir. Son premier soin ^f de M dëlmrrtt^fder de là ^* ipiérre avec les Turcs. Le» Autrichiend d'ëtoient bâtés doBVrir la campagne sur les bords du Danube. Après k prise de la forteresse d'Orsowa, par le prince de Cobourg, ils firent contre Widdin et Giurgewo des tenta* tives inutiles. Cependant des négociations pour la paix ConTen- «'entamoient à Reicheubach , sous la médiation de TAn^ n^V*« ^eterre^ dé la Prusse et de la Hollande : elles avoient bach. aussi pour objet la récofirciliation de TAutricbe et des Pays-Bas. On couTÎnt d un armistice avec les Turcs ; et, Bases d« pour base de la paix, il fut arrêté que chaque état reste- ^fÔn^nf^ foil oomme il étoit avant la guerre ; on ajouta que TAu- TAutritriche demeureroit neutre dans le cas où la Russie refu* xormis. seroit d'accéder au traité.
Les puissances médiatrices garantirent les Pays-Bas à VAutriche, sous la condition que cette puissance respecteroit leur constitution et leurs privilèges. Les mécontents étoient nombreux en Hongrie; le projet même de quelques hommes entreprenants, qui fomentoient
coarageusement à Fennenii; Tindifférenee avec laquelle ils affrontent la moH n^est ]pas moins utile h la patrie qu'honorable pour eux : filais rhomme que la vengeance arme contre son adversaire ne vaat pat mieux y 4 mon eyis, qa*an gladiateur romain.
«Convoquez un conseil de guerre pour juger ces deux officiers. Examinez Tobjet de la querelle avec Timpartialité que j'exige de tout llôrame chargé de rendre la justice; et que celui qui sera jugé le ploé (^«apabU Satisfasse à la loi. Je veux que cet usage barbare du aiéele àes Tamerlan et des Bajazet soit réprimé, dà^ii m'en- coûter lo moitié de mes officiers. Il est encore des hommes qui savent allier la bravoure aux devoirs de sujet fidèle. Ce sont ceux-là qui ^
réàj^ecteiit lès lois de l'état.
kJoeifH. »
A Vienne, août 177 1.
{tfdtedutntiutttur.)
7^ niSTOIRK D'ANGLaTBRRI.
• cette disposition, étoît de soustraire ce royaume i la
''^* domination autrichienne. .
Léopold fut élu roi des Romains le 3o de septembre. Le 9 octobre suivant il reçut la couronne impériale. La convention de Reicbenbach avoit aplani tous lès obstacles,
La situation des provinces belgiques excitoit un intérêt général. Au mois de janvier, les états belges-unig signèrent, en congrès, un plan de constitution dont la forme aristocratique et Tesprit intolérant déplurent au parti démocratique ( parti que la révolution Françoise a grossi dans les Pays-Bas, et qu'elle a dangereusement exalté). Ces différences d'opinion, en les désassemblant , *aft"d*" P® ^^^^ permettoient plus de défendre cette indépen- Belges. dance qu'ila venoient de proclamer. Le roi de Prusse écrivit au congrès qu'il avoit reconnu Léopold comme duc de Brabant : c'étoit faire entendre aux Belges que les puissances médiatrices se proposoient d'intervenir dans les discussions.de leur gouvernement. Le i^ ocr tobre , Léopold déclara , dans un manifeste , qu'il s'engar geoit solennellement , sous la garantie de la Grande-Bretagne, de la Prusse et des Provinces-Unies , à gouverner les Pays-Bas conformément à leurs anciennes chartres et constitutions. Il accordoit une amnistie sans réserve à tous ceux qui mettroient bas les armes avant le o. i novembre suivant. Les puissances médiatrices notifièrent en même temps au congrès les conditions de cet arran*gement. Ce corps persista néanmoins dans une résolution que la foiblesse de ses moyens de résistance rendoit insensée ; de sorte que Tempereur fit avancer aux portes du Brabant une armée commandée par le général Bender* Bruxelles ouvrit ses portes ; les autres villes rimi-»
C£OBCES tll. 77
lèrfent ;. les membres du congrès et les cliefis de l'in^ surrection se réfugièrent dans les états voisins, et la {
Belgique rentra sous la puissance de la maison d'Au-» triche ; mais elle obtint de Léopold le rétablissement de tous les droits dont elle jouissoit avant les mnovationa de son prédécesseur.
Le roi de Suéde persévéroit dans son plan d'humilier ^ S«id» la noblesse et de se faire un appui contre elle dans les paU aT«e autres classes de la nation. En conséquence il déclara " R»»»*^ que tous les ordres de Tétat avoient un droit égal à ser* yir leur pays dans les emplois qu'ils étoient capables de remplir; et pour effectuer ce qu'il annonçoit, il confia de$ places importantes à des personnes choisies dans les ordres inférieurs de son royaume. Il n'eut qu'à s'ap-» plaudir de cette sage politique ; car la diète ne lui refusa rien y et porta même les subsides au-delà des de-^ maùdes. Plusieurs villes équipèrent des bâtiments de guerre ; plusieurs autres levèrent à leurs frais des cdrps de volontaires pour le service de l'état. Ces secours mirent le monarque à même d'ouvrir de bonne heure la campagne contre les Russes. Il commanda ses troupes en personne, et remporta quelques avantages en Finlande. La flotte suédoise, sous ses ordres, battit com-^ plétement une escadre russe, commandée par le prince ' de Nassau. Enfin la paix se fit ai» mois d'août, et les limites ^s deux états furent rétablies sur le pied des traités précédents.
A la fin d'octobre, les Russes investirent IsmaïlofF. Saceès L'élit.e de l'armée turque défendoit la place contre le r^^ç, général Suwaroff. Le sa décembre, une canonnade ter* contrent rible détruisit une partie des forts et [H'épara l'assaut général ; peu de temps après l!ordre en fut donné. Les
Turcs.
7& HIITOIM D'AirOLJBrSRRK.
"■■^Lvi^e^ péj^vèrf^tde tow aàiéB daoA ItsiàttolF, Fé6«lii# ^^^^» de op ^ir^^iCf^artier à personiifi; le Biiassacre fot horri-
Prwe d Ig- - , ^ 1 T> r . 1
vmioH. i^e. Le$^ ra|>ponts des Rosses ont tait mouler la pprte d^s To^cs ^ tr^Qie-deux xoillô bommes. De pareils exploits foot fri«30«»fir»
[ Guerre Dans les Indes orientales , la compagnie soutint «in« «éoMf a» gi^^rre jQouvelie doQt i ambition de Tippoo-Salb ^tok la 6"*®.'^" ça^^e.^Ce spitan 4v<?it eavabi, sur des préte:xte6 fmoles, 1^ {4us grandie p^MN;îe das domaiiies du rajah deTra^
*^!ïïïb^' vai^cone , pllié «d? ia leaiopagaie. Le ^uverncment di^ BèngaJie^ qyi s etoi^ vainement «eiBnployé pour ^u^l mîft i{i;Q à ce^ hQ3tiJité9.9 <;ondiut tune alliance étroite av>eç lea* i^arattes et le Ni9»9m<d« Déean, dédara la guerre à Tipp9Q-3aïb , et le^^ii deiiic anmées pour la pousser avec Ti* ^^qt; Tmie, d^<]uiosce mille hommes, commandée par le^géa^^l Mat^daws^ dans le Cairaate; 1 autre, de sept l^^lie bon^ip^ejs, ^us les 4»rdres du général AbeFcrombie, ^U«^Japrésidenfî^49 Somhay. Tippoe s'alareia, teat^ ^4étourD.Qr ToragefKartdas oeg^aAions; mais, désespéjnant an <si4ccièside ses eSkurts^ il abandonna Trava»" çor/ç ^t reprit en ?tpute hâte le .diemin de sa ca|>»tale. TU^rjoé^ de Mç£idows majicha contre lui. Tippoo, ppop r4p9rt^<le ses étaljS, & uae irruption dans le Caraa4)e, ^t jforça le gés^r^^l anglois jde Ty poursuivre. 'Sur ces enr (i?^faiçes , Ah^WTQwkÀ^ rétablit le ^ajah de Trayanoor^ ^ ^£|QS sps po$6fQs$ipn$^ Oependaiit la campagne, quoique heureuse, n'affoiblit en aucune manière lia puie* '. sf^ajC^ àç ITippep'Saïb.. Lord Comw^liis prit, au mois -de ' , i^^oesmbre , le cçimoandemeat suprême de l'armée.
-PaAt' ' iiejiW>UrW0upaiiei;i»eDt8'assemhb3e 254eiio^vei]Q(^ «f^Mift ^f ,|^ i^ddwiiS^offi f«i uiiaiiiKienienrt; ifééltt comme oratem* ttrre. 4^pmfmbr!R^^^<imfiaiftn6s.:Le r€it,idaM 8«fi^
gwla des troubles djes Pays-Bas, xle fon concours p^ur v -t les teroimerj, et de plusieurs autres objets r^atifs ^ la ^^'^ politique étrangère. Cette fois encore il .ne dit pasAUi, seul ,mot de la France,
(Avant la vacance du parlenaent M. H^ppisleys^avoît [1791. ^cimandé qu'on mit sous les yeux de la chambre la cprrespbndance de la coi«j>£^ie *des Indes , au isu^l; d€; Uattacpifi des lignes de Travancoi^epar Tippoo-Saïti e^ la potion avxût^paâsé. Cette affayrefuJ^. reprise Je a9 fe? y«iei:. Le bm de M. Hjppisleys étpit de pj^uv^r que, llAaBçgleterre p^ouvoit se dis,penserde ^prendre Je parti du, xsgfih de Trayau^ore, vu quleu cette occasion il avoic, ^té l':agresseur.. M- Francis prit texte du discours d^ M. Hyppisleys pour blâmor le principe de la jguerrq entreprise contre Xi^ppuo^-Saïb.j ^ïais tout cela n'eut point de suite. v .. i
,Au mois de février, les xiommunes éitaut réunies eu • grand cctmitéo Jfavocat-vgénéral demanda Tautorisatidj^ de. présenter un.bill ^pour esisempterdes jxeines j)ortées, çy)nxi;e eu^, Je$ x:atho]liq.ues augloijs dissidents (4)- La^ p.|j^ chambre Skgyé^ la demande^ et Ip bill passa sans opposi»-, feveur tion. un :remar^ua seulement qu'il restrêignoit beau-, iiq'„^disl wujp trop les principes de tolérance. A liaxhambredes^ «idenu. pjftrs > révéque Horsley fit observer que les tern;ies du serment d'obéissance, enjoint par le bill,ne)ménageoienJt pas assez l'opinion de, ceux en faveur desquels ou agissoit. Eu coBséquencie^ la forjnide du serment fAXt^chau- ^
gée.Xe banc desrévêques appuya, ce bil]l,.qui:fut4manf- j. / mement adopté. .
> Xt) Ob lettr-éonnfoitieHtiém €e âisstdenîs^*^' eaiisc de '"ïwr^cftesH^ fi<iia icpittM «f eil|«nf>e» tcipinipnf (fuitU^s .^^ buoit aux papistes.
So HisToiiiE d'akgletebbi.
- On accueilKt moins favorablement une pétition de '79'- l'assemblée générale de Téglise d^Écosse, pour la révocation de Pacte du test , en ce qui concernoit TÉcosse^ Elle fut présentée par sir Gilbert Elliot, et soutenue par " • M. Fox y auquel s'unirent plusieurs autres orateurs. Ils s'étayèrent sur-tout de la position inégale dans laqixdle les membres de Fégiise dominante d'Ecosse étoient pla* ces , et qui résultoit pour eux de Tobligation de suivre nn usage de Tégli^e d'Angleterre avant que de pouvoir être promus à quelque place ecclésiastique. M;Pitt traita d'ihiàginaire le désavantage dont on essayoit de fortifier cette sollicitation; car il savoit, disoit-il, que Téglisé d'Ecosse donnoit sans répugnance à l'église anglicane ce gage de fraternité.
La motion fut rejetée par j48 voix contre 62.
Bill relatif M. Pitt présenta, le 4 mars, un bill relatif au Ca«
^*'\ iiada. Par le bill, ce payfe devoit être partagé désormais
en deux gouvernements distincts sous le nom de haute
et basse province. Où lui donnoit un conseil qui repré*
sentoit la chambre des pairs ; une assemblée qui se mo<^
deloit sur la, chambre des communes. Au traitement
- > . I déjà décrété pour les ecclésiastiques on ajoutoit un snr^
croît pris sur les terres de la couronne et la propriété
d'un septième dans toutes les concessions de terres
qui seroient faites à l'avenir.
Vifo àé- / Là discussion de ce bill fut remarquable par une ex-
*Mm!'^ plicatiôn très vive , entre M. Fox et M. Burke , sur les
Bnrkeet principes de la révolution françoise. M. Burke déclara
qu'il renonçoit à Tamitié d'un homme qui prétoit à de
pareils désordres l'autoiité de son étalent. M. Fox versa
des' larmes, conjura M. -Bnrked-abjusrer une résolution
GSOBGES m. 8l
qu'il refîardoit comme un fnrahd malheur pour lui; mais — — leur liaison ne se renoua jamais. '^
M. Wilberforce reproduisit sa motion contre la traite Motion des noirs. Il proposa , dans un comité de toute la cham- ^*^^° .^^ j^* bre 9 que le président demandât à présenter un bill pour noirs, prohiber Tintroduction des esclaves dans les colonies angloises des Antilles. L'humanité dictoit cette proposition ; Tintérét la combattit : elle échoua.
Le a8 mars , M. Pitt remit un message du roi , par lequel sa majesté faisoit connoitre que ses efForts et ceux de ses alliés pour amener une pacification entre la Porte et la Russie, n'ayant pas eu le succès qu'on s'en étoit promis , elle avoit cru nécessaire d'augmenter ses forces navales, afin de rendre son intervention plus efficace. ^ i
Le ministre , en invitant la chambre à répondre au Débats roi par une adresse conforme à son message , se fonda ^^^^ \^ 5ur ce que l'Angleterre étoit directement et doublement l^n»««intéressée dans cette guerre, puisqu'elle soutenoit un allié qui compbit sur elle, et qu'en même temps elle arrétoit le progrès des armes russes, qui devenoient dangereuses pour la politique européenne.
M. Fox et M. Burke s'unirent contre cette mesure. Selon eux , la question se réduisoit à ceci : « La Russie « gardera-t-elIeOczakoff et le territoire adjacent?» problème qui n'étoit pas d'une assez haute importance pour armer l'Angleterre.
L'adresse fut néanmoins adoptée par une majorité de 9$ voix.
Dans la chambre-haute , M. Fitz- William combattit . aussi le message, et se prononça fortement contre une II. 6
8a HISTOIRE D^ANGLÈTERRÈ.
'— "— "~ guerre avec la Russie. Dans tous ces débats le ministère* ^^ * eut la majorité ; mais comme il reconnut que la guerre projetée déplaisoit à la nation , il cessa dHnsister. Suite du Le 3o mai , les directeurs du procès de M.. Hastings ^^^M* ^ ayant fini leurs plaidoyers , le prévenu demanda que sa Hastings. justification fût entendue» Le parlement fit droit à sa requête. Le 2 de juin , il parut devant les pairs réunis dans la grande salle de Westminster, et lut un long dis^ cours apologétique dans lequel il.retraça les principaux événements de sa vie , les actes de son administration ^ et les principes par lesquels il s etqit dirigé. Nous en citerons un passage. « Aux communes d'Angleterre, dit « M. Hastings , au nom desquelles je suis mis en accu-^ « sation comme un destructeur de leurs possessions dans « l'Inde , je répondrai ce que leurs représentants leur « ont .dit chaque année; que ces possessions sont, de a tous les états de Tlnde; les plus florissants. Eh bien i « c'est à moi.qu^est due cette prospérité. J'ai triplé la a valeur de ce que vous aviez acquis. D'une main active « mais économe , j'ai fait marcher des. années à travers 4t des régions inconnues, des peuplades ennemies, pour « aller au secours de vos autres possessions, pour saur « yer la gloire de l'une, pour préserver .l'autre de la dé- « gradation et de la ruine. J'ai soutenu des guerres que « d'autres avoient allumées. J'ai, par une prudente res^ « titutiott, détaché de. la grande confédération de Tlnde « un de ses membres les plus puissants. J'ai 3U lier avec u l'autre un commerce secret ; je l'ai rendu votre ami. « J'ai fait avec un grand état une paix qui sera du- « rable. La paix faite avec un autre état , c'est moi qui « l'ai préparée. Je vous ai servis de tous mes moyens, de « toutes mes facultés^ J'ai bravé, pour vous être utile,
&£(>fct>ES 4lt. 83
k la hain^qUi me poursuit devant vous. Et comtoent en — * t( :suisrje réeompeQsé? par la confiscation , la disgrâce , '^ * « et le poids accablant d'une accusation flétrissante. »
La cx)minUatioii du procès fut remise au mardi de la preuKjère semaine après larentrée du parlement i '
L'esprit de^ parti se déchaîna cette année dans toute Opiniotis FAôgleterre y avec une violence queiredoubloit la révo- Jî,°"re \à lutipn francôisei lies uns- détest<>ient les changements révoluquecû royafime introduisoil dans sott- gouvernement , çoisc. îcbnuifié 'Subversifs de totite autorité légitime , de toute eubordiniaition salutaire \ les autres Vantoient ses dépu*tés. comme les défenseurs des vrais principes de la société civile.
Les clubs démagogiques fêtèreiit l'anniversaire du 1 4 Émeute k juillet ; çe^qùi ranima dans plusieurs villes l'activité des ^^^^'^S** dissentiments politiques , sans causer pourtant aucuns troubles réels ; ttiais , à Birmingham , cette commémoration occasiona rénieute la plus effroyable. La populace' de cette ville se répandit par groupes armés de pierres, dé bâtons > de flambeaux* La présence des ma* îgistrats fot inutile : sous leurs yeux même, on brûla les maisons des habitants connus pour ennemis de la révo^ lution françoise. Le beau cabinet du docteur Priestley^ sa. bibliothèque , ses instruments de physique , ses ma^ -nàseritsl, forent la proie des flammes^ Ils'en fallut peu ^ue le docteur ne tombât lui-même entre les mains de •'ces furieux. Le tumulte dura quatre joiirs , et ne céda t[U^à la force militairei
Le duc d'York, second fils du roi d'Angleterre, épousa la princesse Frédérique, fille du roi de Prusse.
Toute l'Europe avoit lès yeux sur la France. L'édifice ^ . . t^ntier de c^tte ancienne monarchie tomboit par pièces u téitoia*
84 HHTOIB9 D^ANGtBTEBBE.
rr^-'^^'^ 5on8 les décrets de rassemblée nationale, qui se pressoit . ^^ ' plus de démolir que de refaire. Les princes émigrés et France* la noblesse entraînée sur leurs pas s'efibrçoient de soulever les cours contre leur pays , échaufibient les ministres, s'indignoient des lenteurs de leur politique. Ce fjut un grand malheur pour la France que la perte de Mirabeau , frappé le a avril d'ime mort prématurée» Rassasié de succès populaires , et revenu de ses emportements contre la royauté , Mirabeau songeoit à relever l'édifice de la monarchie, dont la ruina étoit en partie son ouvrage. La cour avoit-elle acheté ce grand orateur? ou bien son génie, lui révélant Favenir, voyoit-il Tabyme où la France se précipitoit?
FnUsance Dans Fintérieur une grande puissance s^élevoit à côté ^ f f de rassemblée nationale ; c'étoit le club des jaœbins. Cette société ne fat dans le principe qu'une réunion d'hommes attachés à la révolution qui se rapprochoient pour s'éclairer. Bientôt elle acquit une immense autorité, pesa sur l'assemblée par son influence, eut' des présidents , des secrétaires , des propagandistes , des écrivains. La chaîne de ses affiliations embrassa toute la France, et de là s'est prolongée d'un bout du monde à l'autre.
Le 32 janvier, Louis XVI transmit à l'assemblée nationale une lettre de l'empereur d'Allemagne , par laquelle ce prince annonçoit la nécessité de révoquer les décrets qui supprimoient les droits féodaux , vu qu'ils Réclama- blessoieut les intérêts de plusieurs princes allemands *'r!îicM possessionnés dans la Lorraine et dans l'Alsace. On ]>o8ses- conviendra qu'il étoit juste d'acheter la souveraineté sionnes ^^ quelques unes de ces enclaves et d'indemniser les
en
GEOBGES III. 8S
Yoient ; mais peut-être les chefs de TEmpire^ quoique "
l'empereur protestât de ses intentions amicales, ne s*em<s paroient-ils de ces réclamations partielles que pour em-> brouiller les affaires. L assemblée le crut, car elle ré« pondit par des préparatifs de défense. Il importoit d'autant plus au gouvernement de se tenir sur ses gardes quô les insurrections royalistes éclatoient dans plusieurs parties du royaume. Une armée d'émigrés se rassembloit à la frontière sous les ordres du prince de Gondé ; des bruits de conjuration circuloient.
Le 18 avril , Louis eut le désir d'aller à Saint^CloucT Une foule ameutée se porte aux grilles des Tuileries ; le roi paroit; on s'oppose formellement à son déport. Le. commandant de la garde nationale remontre à la multi^ tudequesa résistance esttyrannique; on refuse de Ven-* tendre. Unç heure se passe en débats entre la «volonté du monarque et la volonté du peuple. Enfin Louis, excédé de cette scène scandaleuse, descend de voiture et rentre dans son palais, . *
Le 2 3 avril, le roi fit écrire une lettre circulaire à Z^ou» tous ses ministres dans les cours étrangères, pour leur accepte U donner avis qu'il acceptoit la constitution décrétée par con«titul'assemblée nationale , en les chargeant de le notifier à crété«. tous les souverains. L'assemblée félicita le monarque :|ur cette déclaration ; de sorte que la confiance et i'u^ nion entre les deux pouvoirs paroissoient franchement rétablies ; mais ces apparences étoient trompeuses. Le roi , per3uadé qu'il devoit se regarder comme prison- Fuite 4« nier, entra dans un complot formé pour l'affranchir, f>fl^l et dont le marquis de Bouille, commandant à Metz, étoît Je principal agent. Dans la .nuit du 20 au 2 1 juin, le roi, ]& reiue, leurs eafapts, et madame Elisabeth , sœur du
- roi, sortirent des Tuileries par des pasdageé séicréts', et
^ ^^ ^ * se dirigèrent sur Montmédi • Monsieur et Madame, partis la même nuit, prirent la route de Moas. Leroîdé. L'assemblée ne montra ni ressentiment ni frayeur; ciareses ^^^ attitude fut calme et pleine de dignité. La Porte, intendant de la liste civile , conduit à la barre par tin ordre émané d elle , lui remit une déclaration du roi / portant « qu'il étoit privé de sa liberté depuis le mois d'octobre 1789 ; quil n'avoit aucune pairt à la confection des lois ; que la liberté de la presse inondoit |fc royaume de brochures dans lesquelles le trône et touteâ les autorités étoient insultés ; qu'il avoit perdu la^plus belle prérogative de la couronne , celle de faire grâce aiix condamnés; qu'il voyoit 1200 millions d*as^ signats consommés sans que ie peuple eût été soulagé (i'un impôt ; etc. , etc. «»
Lecture faite de cette déclaration, rassemblée se con-.
stitua dans un état de permanence, et poilrsuivit tran-*-
quillement le cours de ses travaux.
lonts Le 23 juin, un courrier apporta la nouvelle de Fair-
^^\ , restation du roi. Ce malheureux prince fut rameiié souai
çst Arrêté. ^ / *^ i « .n/.
une immense escorte de la garde nationale. M. de Bouille s'enfuit en Allemague.
Cet événement accrut la puissance de l'assemblée; qui rendit les décrétai les plus sévères contre les émi-s grés.
La majorité des députés desiroit sincèreméiit la com servatioa du gouvernement mona)*chiqile , oh n'en sau^ rôit douter ; mais «ne mfinorité qui se disoit républicaine annonçoit assez hautement* dés projets que le I o août 1792 fit éclore ; et ce fut elle qui , profitant de : l'avantage que lui dpniioit l'évasion du roi, poussa b
GEORGES Iir. 87
peuple au champ de la fédération, pour y demander se- — — — ditieusemeat la déchéance. L'émeute fut calmée , mais ^^ ' non aans effusion de sang, et Bailly, lâiairede Paris à cette époque, a payé de sa tête, en 1793, la part qu'il prit à la proclamation de la loi martiale.
Les décrets constitutionnels rassemblés et revisés for* moient un code qui fut présenté, le 3 de septembre, à l'acceptation du monarque. Le 1 3 , Louis écrivit à Tas* semblée qu'il acceptoit la constitution ; et le Icnde^imain , il s'y rendit pour en jurer l'exécution.
L'assemblée se sépara le 3 o de septembre, après une Fin de la session de deux ans et quatre mois. Elle avoit décrété Y'assem-* qu'aucun deses membres ne pouiToit faire partie de la '>'fe conprochaine législature. Il est à croire que cet élan de désintéressement personnel fut un malheur pour la nation. G'étoit attx auteurs de la constitution qu'il apparf enoit de la défendre. Us tenoient le fil des affaires ; ils alloient le remettre en des mains inhabiles. Leurs pas- 3ions avoient fait place à des idées d'ordre et de gouvernement : las de détruire, ils auroient peut-être réédifié.
La nouvelle assemblée, dite législative^ s'ouvrit le Nouvelle premier octobre^ Sa composition parut alarmante. On '®6»8lay remarqua beaucoup d'hommes à qui l'administration étoit tout-*à-fait étrangère, des littérateurs, élèves de la philosophie moderne; des médecins, sur-tout des hommes de loi, classe que son esprit inquiet et ses habitudes litigieuses rendent peu propre à manier avec dignité de grands intérêts .
Le roi vint ouvrir la session, et son discours fut très applaudi. L'assemblée ne s'enmontra pas plus soigneuse de soutenir l'autdrité royale. Son insouciance sur les feuiJIes qui ne cessoiei|t de l'outrager en fut la preuve :•
88 HISTOIAK D'ANGLETERRE.
' peut-être même stipendioit-elle leurs méprkabled an-
'^^'' teurs.
L'empereur et le roi de Prusse avoient marqué des dispositions favorables, et pendant quelque temps on sembla ne rien appréhender de ce côté ; mais l'apparition hostile des émigrés sur les frontières renouvela les Loi craintes. L'assemblée rendit un décret par lequel les
contre les émigrés qui n'auroient pas posé les armes avant le premier janvier suivant étoient déclarés conspirateurs, et condamnés d'avance à la peine de mort. La loi menaçoit. de la même peine les princes françois et les fonction-* naires publics qui ne rentreroient pas après le terme fatal. Le roi refusa de sanctionner ce décret et quelques autres, spécialement celui qui redoubloit la persécution contre les prêtres qu'on appeloit réfraetaires. Des hommes violents, ennemis du roi par républicanisme > se prévalurent de l'usage qu'il fai&oit de sa prérogatives pour aigrir les défiances et propager les soupçons.
Notifica- Vers la fin de l'année, la cour de Vienne notifia, d^une-
tion de la manière officielle , à l'ambassadeur de France que le ma-
COUP de ' ^ ^ ^ ^
Vienae. réchal Bender avoit reçu l'ordre de marcher sur Trêves
pour secourir l'électeur, s'il étoit attaqué, comme dou'*
nant des asiles et des secours aux émigrés.
Re'forrae Quelque sentiment qu'on eût adopté sur la révolution
con^titu- fr^'^Ço^se, l'issue d'une tentative faite en Pologne pour
tion de réformer la constitution de ce malheureux pays devoit
^ os"^®- affliger tous ceux qui s'intéressent à l'amélioration des
sociétés humaines .
La Pologne, victime de l'ambition de ses voisins et déchirée par ses propres dissensions, desiroit pouvoir au moins corriger la forme vicieuse de son gouverne**^ roent, et prendre des mesures pour établir son i||dé«
pendance. Elle augmenta son armée, lui donna plus d'ensemble, et cultiva Tamitié du roi de Prusse, afin de l'apposer à TiniQuence prépondépantë que le cabinet de Pélersbourg exerçoit sur elle. La diète ouverte en octobre 1788 prit la résolution de rester assemblée jusqu'à ce que les plans de défense générale eussent été complètement organisés. On rédigea dans l'intervalle, sur la base des droits communs à tous [commonrights) ^ un système de gouvernement qui , renversant l'ancienne aristocratie, détruisoit aussi les vices attachés depuis si iong*temps aux diverses branches de l'administration publique.
Le roi de Prusse avoit signé récemment avec la Po- ^ logne un traité d'alliance et de défense réciproques ; mais ce prince ne faisoit rien "sans une arrière-pensée qu'il n'étoit pas toujours aisé dé pressentir. Il ne tarda pas à dévoiler des vues intéressées en demandant la cession dès villes de Tborn et de Dantzick ; et quand les opérations ultérieures de la diète eurent prouvé qu'elle vouloit une constitution libre avec un trône héréditaire, Frédéric et les deux autres puissances co^partageantes travaillèrent à la ruine d'un plan qui tendoit à rendre la Pologne indépendante. Les Polonois ne se dissimulèrent pas toutes les épreuves que leur constitution auroit à subir. Ils se préparèrent à la défendre. Malheureusement le plan de défense dressé par le roi pour appeler toute la nation aux armes ne fut point accepté, parcequ'il contrarioit l'orgueil et les préjugés de la noblesse.
Lord Cornwallis avoit dessein de pénétrer dans le Indes cœur des états de Tippoo, tandis que le général Aber- **'^Jg"'*"' orombié se porteroit sur Trinquemale. Vers la fin de janvier il investit Bangalore. La ville fut prise et le fort
90 HISTOIRE d'aNCLETEBRE.
emporté. De là Gornwallis prit le cbemio de Serin^
patnaiD , capitale du MaïssOur. Une victoire le rendit
maître des approches ; mais la route jusqu'à Seringa-*
patnam n'étoit pas frayée , les vivres manquoieut. Ce
général remonta le long du Gavery pour rejoindre Aber-
crorabie; cette jonction devint impossible, et le lord
Gornwallis fut forcé de retourner à Bangalor*
1792, Le parlement rentra le 3i janvier. On entendit pour
Parle- la première fois, à la chambre des communes, M. Jen*
d'Angle- kinson, aujourd'hui comte de Liverpool. Il traça, dans
terre, ^qj^ discours, un tableau très frappant de la situaticNH
de l'Europe relativement à l'Angleterre , et n'hésita pas
à dire : « La force et la puissance du royaume de France
« sont à leur décHn ; cette nation, si long-temps notre
» rivale, n'est plus à craindre : il est une autre puissance
« dont il faut surveiller la politique inquiète et l'ambi^
ft tion menaçante; c'e3t la Russie, »
M. Pitt, dai^s un comité de la chambre des com^ munes, rendit le compte le plus satisfaisant de l'étal des finances. Le revenu de Tannéfi précédente avoit tel* lement surpassé celui des années antérieures , que le re-> venu permanent s'élëveroit de quatre cent miile livres sterling au-de$âiis des dépense^ arrêtées ; excédant qui permettrait de diminuer de deux cent mille livres les impôts que la classe la moins aisée supportoit, et d'ap^ pliquer l'autre moitié de cette somme à l'accroissement du fonds d/axnortissementt Le ministre ajouta : « La con« « tinuation de cette prospérité dépend de la durée de la « paix , et tout concourt à nous feire espérer que la paix M dont nous jouissons ne sera pas trouMée. »
Dans le comité de subsides, M. A. Taylor fit la sortie Ja plus véhémente contre la rës&purce criminelle de h
OfeÔR&GS III. 91
lotèrife, que le goiïvèrnëmètit né rougissoit pas dem- "
ployer, « quoiqu'elle fàt , dit-il , une des sources les plus ^ '^ ' V fécondes de la dépriavation des moeurs. »
Là queistion de l'abolition de la traite des noirs fut Nouvelle Mcore agitée dëns -àeiix séances consécutives. Ses dé- ^^^^ fiënsëurs et ses adversaires reproduisirent leurs argu- abolir la
^ w r " traite des
ments pour et contre ; et les communes s étant formées nègres. en comité, M. Wilberforce, ami constant des Africains opprimés , peignit dès couleurs lés plus vives toutes lés cruautés, tous les maux inséparables de ce commerce barbare ; il en demanda la suppression immé-^ diate et totale. M. Fox et M. Pitt appuyèrent sa motion. D'autres ,ét M. Dundas à leur tête , soutinrent que l'abo^ liCion graduelle étoit préférable à cet entier et brusque 'changement, qui n'étoit pas sans péril. Cette proposition obtint Une majorité de 68 voix. Le lendemain la tiiscussion roula sur l'époque à laquelle l'abolition to^ taie Suroît lieu. Les deux partis, après un long débat, e'acGOi^dèrent à reculer ce terme jusqu'au premier jaur- Tier'de Tannée 1796,
M; Shëridan proposa, lé 1 8 avril, une enquête sur lés Bourgs grtefs <lont se plaignoient les bourgs royaux d'Écossé. ^^éJo^sc, 'fin substance -leurs pétitions demandoient justice du -droit que s^ârrôgeoient leurs magistrats de s'élire eux- 'inéttfes, et d'une usufpàtioi^ à laquelle la loi n'avoit pas J>6tirvu.
L'avocat -général d'Ecosse avoua qu'en effet il ne connoissoit pas de tribunal auquel ces plaintes pussent être déférées. Oh proposa le renvoi de la cause à l'examen d'un comité; mais cette proposition fut rejetéo» parcequ'en ce moment tout projet de réforme dans 1<> '^ens populaire étoit luaf accueilli.
93 HISTOIRE D ANOLftTERRE.
■~"~"~ M. Fox avoit proposé, sur la fin de la session précédente, un bill déclaratoire des droits des jurés en ma* tière de libelle, un bill qui les autorisât à donner une décision de coupable^ ou non coupable^ sur Fensemble des faits qui leur étoient soumis. On avoit ajourné cette propositions elle fut renouvelée , combattue par les pairs, membres des cours de justice, et néanmoins adoptée.
La révolution françoise faisoit craindre à de très bons esprits la contagion des principes que ses partisans proclaraoient. L'idée du moindre changement leur «em* bloit une adhésion à des maximes qu'ils regardoient comme un code de désorganisation sociale. D'autres ( et ce parti comptoit aussi des hommes estimés ) pensoient que le moyen de rapprochement le plus sûr et le plus patriotique étoit d'accéder à des concessions sur l'objet qui s'étoit emparé si fortement de l'opifaion puiblique , c'est-à-dire la réforme de la représentation par- Société lementaire. Une société se forma, sous le nom dUAmu
formée -
pour du peuple, pour atteindre ce but. Plusieurs membres du uléïol' P^^rlement s'y firent agréger. Elle publia son travail ; me de la et M. Grey, dans une séance des communes, annonça '*tatîon^" qu'il en donneroit conuoissance à la chambre. M, Pitt
parle- s'éleva contre cette intention avec chaleur. Il dit qu'é-
mentaire. % . , 11 ^ • •■ ^^ • -1^ 1 ^ -if • *
claire par lexpenence il setoit détache d une opmion qu'il n'a voit embrassée qu'un moment. Il fit sentir le danger d'admettre la moindre modification daùs les formes du gouvernement, telles qu'elles étoient établies, et prouva qu'une innovation, même utile, ne a& présentoit jamais sans amener à sa suite des périls inévitables.
Pour décourager les efforts de ces associatiotis pa«
ÇtOROES III. 93
litiques, il parut une proclamation du roi contre ces — — assemblées et contre les écrits séditieux. Sa majesté, ''^* dans cette proclamation, exhortoit les magistrats à la vigilance, et le peuple à la soumission. On supposa que le gouvernement avoit sur -tout en vue le livre de M. Payne {Les droits de t homme) ^ qui, multiplié sous tous les formats, et vendu comme une simple feuille, s'étoit répandu dans toute l'Angleterre avec une rapi* dite vraiment inquiétante. On en lut plusieurs passages à la chambre des communes , le jour où l'adresse au roi fut proposée pour le remercier des précautions qu'il prenoit contre l'invasion de ces doctrines dangereuses ; '
et les ministres furent blâmés d avoir été si lents à dénoncer un ouvrage digne de Fanimadversion de tous les gouvernements. Payne crut devoir se réfugier en France', où les révolutionnaires l'appeloient à grands cris.
L'empereur Léopold couvroit de tous les voiles de sa dissimulation ses projets et ceux de la cour de Berlin contre la France; mais dejour en jour ils se manifestoient. En même temps le parti républicain semoit à Paris les soupçons et les inquiétudes, faisoit remarquer l'ânigration des nobles, empressés de rejoindre à Co-* blentz l'armée des émigrés, et montroit Louis entouré de tous les ennemis de la liberté. L'empereur Léopold Mort da mourut le premier mars. Son fils lui succéda sous le 1«™P** nom de François IL Lëopold.
- Les cours de France et d'Autriche échangèrent quel- ' ques notes au sujet des préparatifs qui se faisoient de part et d'autre sur leurs frontières. Enfin Louis demanda catégoriquement à François II de n'entrer dans aucune coalition armée, s'il ne vouloit que toute relation ami-
g4 HISTOIRE d'angleterre.
— ^ — cale s'interrompît au moment xnéœe. La réponse de ce ^19^* prince ne paroissant point satisfaisante, Lqui&XVI se France rendit, le 20 avril, au corps législatif, etproposa for-
déclare la niellemeiat de déclarer la «uerre à Tempereur d'Aile^'
guerre a . r /- n
TAutri. magne ; ce qui iut vote d un consentement unanime^ On
'^^®' assure que Lppis , afin dç se décharger vis-àrvis.de Tem*
pereur d'une resppn$a})ilité personnelle, fit signer à ses
ministres Ténoncé de ses moUfs» et qu'il envoya cette
piqce à François ,pour sa propre justification.
Depuis le i5 mars, Dumouriea étoit ministre des af« faires étrangères, Leis jacobins, qu'il a signalés dès leur naissance comme une faction qui renversèfoit la ma* narchie, l'ont décrié dans toute l'Europe, et a'ont per-> suadé que ceux qui.vouloient l'être. Dumouriez étoit Homme qu'il fialloit au roi , si ce prince, jouet éternel des circonstances, des partis, des ministres., n'eût re*^ tenu sa confiance au lieu de s'abandonner au zélé qu« celui-ci lui montroit^ i^t sur*tout si l'esprit ombrageux de rassemblée législative, n'eût contrecarré, tous le« plans.
La première attaque des François fut dirigée contré les Pays-Bas autrichiens. Le maréchal Rochambeau commandoit une de leurs armées. Elle étoit en partie colnposée, comme les deijix autres, de troupes nou^ velles, mal disciplinées^ et moins redoutables pour4'.en< nemi que pour leurs officiers.
Le général Théobald Dillon/étant sorti de Lille, dans Tintention de se porter sur Tournai^ sa division fut sai-^ sic d'une terreur panique à la vue d'un corps autrichien qui parut tout-à-coup. Elle prit la faite, et se vengea de sa honte en massacrant, son général.
Dumouriez prit sur lui le blâme qu'encouroit le mi*
nistère tout entier. L'opposition le traitad am^itiieua?, de ' brouillon; on lui reprocha de vouloir, comme un autre Louvois, conduire, de son cabinet, les opérations militaires. Il auroit pu répondre^ue Louvois n'a voit pas, comme lui, servi trente^-six ans, et que La Fayette et Rochambeau n'étoient ni Condé ni Turenne.
Sur la démission de Rochambeau, le maréchal Luckl^er prit le commandement de Tarmée, tandis qu'un corps séparé y mais moins nombreux, agissoit sous les ordres de La Fayette.
La garde nationale de Paris deveiïoit suspecte au parti républicain.. Il fit proposer la formation autour d^ Paris d un camp de vingt mille hommes , qui seroient rassemblés pour l'époque de la fédération ( 1 4 juillet), et dont on feroit une armée centrale et permanente, 90US le prétexte spécieux d'assurer la tranquillité de Paris et. les travaux de l^assemblée. La Gironde et les jacobins emportèrent ce décret , dont les conséquences épouvantoient les députés sages ; mais c'étoit une minorité sans poids et sans crédit. Le roi refusa de sanctionner ce décret, et renvoya les ministres Roland, Gla-^ vières et Servan. Ces trois hommes abreuvoient le roi d'amertumes ; mais leur.disgrace devint un titre de faveur auprès des révolutionnaires , qui ne laissèrent pas échapper cette occasion de soulever la populace contre l'autorité royale. Le 10 juin une foule immense, armée de piques et de fusils , pénétra dans les appartements du roi , pour lui demander hardiment la levée de son o^eto sur le décret des vingt mille hommes. La noble tranquillité de Louis, le courage majestueux de la reine et de madame Elisabeth , imposèrent à cette multitude égarée, qui se retira, dit^on, à la voix de Santerre, lé
9^ HUTOitiB d'anûleterre.
""*■— ~ héros du faubourg Saint-Antoine. G'étoient Péthion et ^79** lui qui Tavoient amenée.
Dumouriez remit au roi le portefeuille des affaires étrangères; et le nouvejiu ministère se composa de MM. de Chambonas, Lageard, Terrier de Montciel et de Joly.
M. de La Fayette , indigné de tout ce qui s'étoit passé le 20 juin , parut à l'assemblée , député par Farmée qu'il commandoit, et chargé par elle, disoit-il, d^attaquer le ministère et le club des jacobins.
Cette décnarche annonçoit plus de zélé que de prudence. L'assemblée la jugea répréhensible ; elle l'étoît sans doute. Une armée ne peut jamais être un corps délibérant : elle tyrannisera bientôt le général qui la consulte.
Un décret du 1 1 juillet déclara la patrie en danger. Peu de temps après Louis XVI annonça que le roi de Prusse faisoit marcher cinquante-deux mille hommes pour agir de concert avec les Autrichiens. Le maréchal Luckner mandoit au ministre que les armées combinées, qui s'avançoient sur lui, Fobligeoient de se retirer pour n être pas coupé par un de leurs corps et séparé de M. de La Fayette.
Anniver- L'anniversaire du 1 4 juillet fut célébré comme si la 14 juillet capitale eût été tranquille. Les gardes nationaux, les autorités et des miUiers de citoyens se rendirent au Champ-de-Mars ; on y chanta des hymnes à la Concorde, qui certes ne présidoit pas à cette solennité. /^zVe Pé^ thion! étoit écrit à la craie sur un grand nombre de chapeaux. Ce Péthion, maire de Paris, avoit conquis la faveur du peuple, en flattant ses caprices et même ses fureurs. C'étoit d'ailleurs un homme médiocre , comme
GEORGES nu > 97
la plupart des démagogues en crédit. L'Angleterre en ■
offre des exemples fréquents. ^19^*
Toutes les apparences annonçoient un grand complot: Paris se remplissoit d'hommes du midi, dont la figure étoit sinistre et le geste menaçant.
Dans un moment où le feu de Tinsurrection n'attendoit qu'une étincelle pour éclater, le duc de Brunswick, commandant-général des armées autrichiennes, publia deux proclamations qui rallumèrent. Le lo août, der-^ loaoût. nier jour de Tancienne monarchie françoise , Louis fut ju J^IaU assiégé dans son palais, dès trois heures dû matin. Les des Tuilesections sur lesquelles on auroit pu compter hésitèrent ; les autres furent entraînée^ par des fédérés marseillois qui marchoient attelés à leurs canons. Le château n'^toit point défendu: point de che^, point d'ordres, pas un point de ralliement ;Ja garde nationale incertaine et flottante. Le roi suit le perfide conseil de se réfugier au sein de l'assemblée. Sa retraite enhardit les assaillants; au moment même son palais est criblé de boulets et de balles. Les Suisses repoussent les brigands^, sjémparent de leurs pièces et les tournent contre eux ; mais ils succombent accablés par le nombre: ceux qui ne périssent pas les arnîçs à la main sont égorgés froidement dans le jardin des Tuileries, dans les nies, sur les ponts. La populace est lâche et cruelle.
Le triomphe du peuple n'éteignit point sa colère ; l'essai de sa force lui fit perdre la raison; il courut se venger du plus foible de ses rois sur l'image du meilleur et du plus courageux : la statue de Henri IV fut brisée, les armoiries disparurent des portiques , des monuments publics, des églises, des mausolées.
Le 1 3 , Louis et sa famille furent enfermés dans la
gg HISTOIKÊ d'ANGLE+ERRE.
" — ' prison du Temple. Où ^aL)ppèhi Servan, CÏaVièï-és et É6-
'79^- î^jjj ^ ig^pg ministères. Damlotï fut nomnié minfôtre de
s^ne- ta justice , et le gëôtÉtétréflténge eutla marine. L'assem-
went de g|ég rendit: uni décret qui révoquoit le pouvoir exécutif. XVi Elle envoya des comtnissaires à Vsirtùée de M. de Laf
et de sa paygtté, pdur survèilIcr leis mouveiùents de ce général. Il eut d'abord à^sei d ascendant sur leé troupes poui^ faire emprisonner léÉ cotiimissâireâ ; mais, trop assuré que lés soldats he résistefoieilt point à la séduction, Ld
Fnite de Fayette passa chei Fétràngeï^ avec Une partie de soii
^ ^ état-maiof.
Fayette. J
Les assemblées pritnàiréfe fureùt convoquées.
Cepehdaint les armées ennetnies s'avaliçoient letitement sur le territoire frafiiçoîs. Lé !i i août, LôfagiVy se rendit au {jpsnéral Ckyrfait ; di^t jourS apt-ès , le ducdé B^iinswiciksonamâ Vèrdutiqui capitula. Le roi cfé t^ruâse marchoit sur Paris. Ce fut âbrè qué l>antôn, hotnine féroce, proposa d'exécrables iDi?sUres : il otdonna le ïdeuï*- Massacres tre, et fiit obéi. Trente a'ssassins égorgèrent au^ pnrteâ teLrre. ^^s prisoUs tout ce qui s'y trou voit entassé ; fetûibes, enfants, prêtres, vieillards. Là pritttésâe de LâtnbaHe fat massacrée sur le seuil de soti cachot ; on outragea seà restes. La plume se refuse à retracer taftt dludfrèui's.
Le sang coùloit de tous côtés , et ï'aèseihMée faisoit tranquillement des décrets !
L'assé'mbtée législative, après une âession orageuse et sans gluire , fit place ,1e 2 1 septembre , à la càiky^ènlioft nationale. Cette convetitiôm présentoit unétraugé'amalgame : à côté d'un Vergnlaûâ , d'un Gùâdet , siégeoient des hdiïnnes qu'on eût pu croire échappés du baghe de Toulon; des Carrier, des ÎMarat, des Carra, des Josepti Leboh , des Collot-d'ïîérbois, et beaucoup d'autles.
GJSORGES III. 99
La terreur étoit dan^ Paris ; on frissonnoit de tant de -
forfaits; om en prévoyoit d'autres. On nosoit parler , *^^** a on n^osoit pas même se taire, a dit un historiep. » Ce trait est digne de Tacite.
Les généraux Gustinç, Dumouriez, Kellermann et Beurnon ville , étoient à la tête des armées frai^çoises. Le premier remporta d'assez grands avantages sur le Rhin ; Spire, \V0rm9 , Mayence et plusieurs autres places tombèrent en son pouvoir. Dumouriez conquit la Belgique. BeyrnonviUe soutint sa marche viçtorie\ise le long des bords de la Moselle et de la Sarre jusque sous Trêves. Jli^3 Autricbiçns atoientmis le siège devant Lille et presque détruit cette place , bombardée sans relâche pendant plusieurs jpurs ; le courage de la garnison et des habitent3 fit échouer ^eur entreprise: ils se retirèrent dan3 les premiers jours du mois d'oç^pbre.
La convention fut enivrée de ces succès; e^ proclamant 1^ rppubliqi^e, elle avoit débuté par upe psteptation puérile dçs principes de régalité. Les simples formules de la politesse; les noms de monsieur ^^ de ma^ dame furent supprimés; on leur substitqa Içs mpts ci* toyen et citoyenne. On abolit toi^s Jes titres, toutes les distinctions sociales; on affecta de la pêgligence dans le9 vétemepts, de la grossièreté dans le langage; la po" piilace se décqf^a ;fiême d'une qualification dopt nous ne souillerons pas les pages de cette histoire.
Dumouriez n'avoit cessé de vaincre et d'être calora- .nié; las des tracasseries qu'il éprouvoit, il demanda qu'il lui fût permis de Se rendre à Paris, et pe l'obtint qu'après des sollicitations réjtérées.
Le 19 novembre, la convention fit un apppl à tous les peuples^ pour les inviter à fraterniser avec les François. .
lÛO HISTOIRE D ANGLETERRE.
' Elle chargea le pouvoir exécutif d'ordonner aux géné-
*79^- raux François d'aider tous les esclaves des rois à briser leurs chaînes. Il étoit difficile de faire un décret plus insensé.
Procès de Le sort de Louis étoît arrêté : la convention alloit lui XVI. faire son procès , quoique la constitution eût déclaré sa^ personn&inviolable.
Son in- Ce malheuï^eux prince parut à la barre, accompagné toire à l'a ^^ Santerre, Commandant de la garde parisienne. On l'inbarrede terroffca comme un criminel; on lui donna lecture de
la con»
Tention. Tactc énonciatif des crimes dont il étoit accusé. Louis repoussa, sans se troubler, toutes lés inculpations; un silence dédaigneux eût mieux répondu .
Parmi les souverains qui se déclarèrent ouvertenfent contre la révolution françoise, on remarqua d'abord le roi de Suéde et l'impératrice de Russie. Gustave embrassa la cause du monarque françois avec l'ardeur de Complot son caractère. Au mois de juin 1791, les deux puiscqntre la sances du nord , unies au roi d'Espagne, concertèrent de Suéde, uu plan d'après lequel Gustave devoit débarquer sur les cotes de France les plus voisines de la capitale, àvefc une armée suédoise et russe. Le roi d'Espagne subvenoit aux frais de 'cette expédition. La diète que Gustave convoqua pour cet effet, sans lui montrer une opposition directe, parut cependant désapprouver une guerre dont le but étoit tout-à-fait étranger à la Suéde. Les nobles^ dans leur inimitié contre le roi , saisirent cette occasion de gêner l'exécution de ses projets. Ils tinrent à Stockholm des conciliabules où leur irritation se manifesta par des vœux hardis; ils brûloient de voir la Suéde déli- II e ^^^^ ^'"^ ^^^ qu'ils appeloient oppresseur. Ankarstrom ,
sassiiie;. : officier congédié pour insubordination, se chargea de
GEORGES III. loi
les venger, et tua le roi, le i6 mars, dans un bal, d'un — — coup de pistolet à bout portant. Rien. n'a prouvé, quoi qu'on ait pu dire, qpe l'assassin fût un agent du club des jacobins François.
L^impératrice de Russie, libre de sa guerre contre les Affaires Turcs, s'occupa des Polonois. Son ambassadeur à Var- poiognc. sovie remit à la diète une note par laquelle Catherine se plaignoit des changements introduits dans la constitution, et témoignoit le dessein de prendre des mesures actives pour rétablir l'ancien ordre des, choses. La diète ;mécontente prit la résolution d'opposer la force au despotisme qui pesoit sqr la Pologne. On leva des troupes , dont on donna le commandement au prince Poniatowski, neveu du roi. Aussitôt la Russie fit avancer soixante mille hommes ; ce qui n'empêcha pas les Polor toois de sedéfendre, et même avec avantage. Ils demandèrent à la cour de Berlin les secours stipulés par le traité; le roi répondit que les prétendues améliorations de leur gouvernement, effectuées sans sa concurrence,- annuloient ses obligations. La réponse de la cour de Vienne fut également évasive. Il fallut se soumettre à la force. La constitution et l'indépendance de la Pologne furent anéanties à-la-fois.
Tout ce qui se passoit en France produisoit en Angleterre l'impression la plus vive. Quand la déchéance de Louis XVI eut été prononcée, lord Gower, ambassadeur, de la Grande-Bretagne à Paris , fut rappelé. Le marquis de Chauvelin, ambassadeur de France à Londres, cessa d'être reconnu comme tel.
Le ministère britannique offrit des secours aux états- Mesure* généraux , alarmés des progrès que les François fai- P"*p «»^ soient en Flandre et de leur déclaration qui rendoit re contre
libre la navigation de TEscaut. En même temps il mitnti
les rin- ^"^^^go^^^ les bâtiments chargés del>lés pourlaFrance, cipes de OÙ les Subsistances étoient rares. On prit en détestation tîoiîf fran- ^^^ principes accrédités par les révolutionnaires , et les cotse. sociétés qui correspondoient avec la convention devinrent Tobjet d'une surveillance attentive. Une société Se forma dans Londres pour contrarier leur influence et déshonorer leurs doctrines. Elle adopta des résolutions qui furent signées par un grand nombre des principaux habitants de la capitale. Le roi proclama le danger qtie couroit la constitution de la part d'hommes malintentionnés qui pour la détruite, agissoient d'intelligence avec des perturbateurs étrangers. Il annonça qu'il se |>roposoit d'incorporer la milice , afin de pourvoir plus Immédiatement à la sûreté publique.
Le parlement fut convoqué pour le 1 8 de décembre. Toutes ces mesures prises à-la^fois alarmèrent le public; et les craintes redoublèrent quand il se rassembla des troupes autour de la capitale.
Ce qu'avoit dit sa majesté, dans sa proclamation, sur les germes d'insurrection qui se développoient de tous <!ôtés, elle le répéta dans son discours, à l'ouverture de la session du parlement. Quant aux affaires du continent , le roi dit qu'il s'étoit imposé la p\us stricte neutralité dans la guerre actuelle; mais qu'il ne voyoit pas sans inquiétude la France s'efforcer de troubler les autres états, fouler aux pieds les droits des nations neutres, et poursuivre des projets d'agrandissement. Il ajouta que, dans ces conjonctures, il avoit cru devoir user des moyens de défense que la loi mettoit à sa dis* position, en augmentant son armée de terre et ses forces^ cavales «