‹ Histoire D'Angleterre Depuis 1760 (volume 3)Chapitre 4 sur 33 · C0AGE8 III · texte numérisé non relu

C0AGE8 III

l^s ^prhs qu'il temni depuis si long-teaips dans un état — — — d*îrr»t^<N9L et de défiance. Le gouvernement ne cessa '*^^ pas d'être rév.aUitiojinaice ; mais on le réiMrganisa sur ua fhfi ^lik isemUûît ôter âoutç espérance à Tambition, (oui inslmmanl à Tarbitr^ne. La sanglante loi du aa prmrial Sax abolie: de$ hommes jugèrent où des tigres .aToÎ0Ot siégé. Les nobles eurent le droit de rentrer dans la €»ipilale .et d'hâter kurs maisons. On demandoit à grwda.orisia suppression des comités révolutionnaires : Legendre ferma le club des Jacobins. L'assemblée se.dtvisoût néanipoins en deux partis : le premier bésitoît.à se dessaisir des armes de la terreur, mais c étoit la minorité ; ie seoond inclinok à la modération. On pré* yoyoii un acte d'aoousatîon très prochain contre des hommes reconnus complioes de Robe^ierre , et qui n ajvcéent renvenséJâdole que pour se mettre à sa place. £a €fiet un député nommé Lecointre dénonça Bar* rore^, BiJlaiid*Varenne et Collot-d'HeiixHs; majs telle «iCok lençone Tinfluence de ces grsmds révolutionnaires, que la dénonciation fut déclarée calomnieuse, et qu'on félicita des hommes couverts de crimes du triomphe de ieur jinpocence. Cep^idant la même convention qui les accfuittoîl: finit par les condamner à la déportation.

jLe £is du malheareux Louis XVI mourut, le 9 de Mort du juin, dans la pris^m du Temple, il étoit né le ^27 mars ^^^^l 1 7&5« Des bruits de poison s'accréditèrent; un rapport xvi ^u célèbre «ohirucgien Du^aalt les démentit. Bientôt apvès £3 décès dé cet enfiemt, la convention décréta que ja^fifle du: feu roi , depuis madame la duchesse d'Angou- ^ léme, eeroit remice à la cour de Vienne, en échange des quatre commissaires ^t du général Beurnonville , livrés aux Autrichiens par Dumouriez.

l46 HISTOIRE d'aHGLETERRE.

Onze membres de la conventioB furent nommés pour . * rédiger une constitution républicaine. Le 3 de juiki, ils tionrépa- présentèrent le résultat de leurs travaux, bhoame. Deux chambres élues, lune de aSo membres, appe^ lée conseil des anciens^ et Tautre, dite des cinq-cefitSj formoient le corps législatif. Chacune de ces deux chamb^s se renouveloit par tiers tous les ans. Un directoire composé de cinq membres exerçoit la puissance executive , et ces pentarques étoient nommés par le corps législatif.

Le principe d'une parfaite égalité régnoit dans toutes les dispositions de ce nouveau code. Il établissoit la tolérance de tous les cultes et la liberté de la presse.

La convention, quoique en horreur à la France, ne 'voulut point imiter l'assemblée constituante, en abandonnant son ouvrage.Résolue de faire elle-même Fessai de la constitution qu'elle donnoit à la France, elle déclara , par deux décrets rendus les 5 et: 1 3 fructidor, que deux tiers dé ses membres feroient nécessairement paître ' du nouveau corps législatif.

Cette réélection arbitraire offensa les sections parisiennes ; on ne vit que des oppresseurs qui cherchoient à retenir un pouvoir tyrannique. L'indignation s'accrut quand la convention publia que les deux décrets étoient acceptés par les assemblées primaires. On prit les armes. Les électeurs s'assemblèrent, sans convocation, dans une salle de spectacle, pour diriger le mouvement qui semanifestoit sur tous les points de la capitale. L'assemblée n^attendit point que l'armée sectionnaire bloquât le lieu de ses séances; elle fit avancer du canon, et.deùx^ou trois décharges à mitraille eurent. bientôt dispersé les

GEOUCES III. l47

rébelles : là panit pour la première fois Bonaparte; il ' commandoit rartillerie de la convention. 79 • '

Bonaparte (i), qui préluda par cette victoire facile à Bonapar- . de si hautes destinées , étoit le second fils d'un assesseur au tribunal d'Ajaccio. La protection le fit entrer à l'école de Brienne, et sonmérite à l'école militaire de Paris. En 1,785, il subit un examen pourétre admis dans l'artillerie, prouva qu'il étoit instruit, et fut, nom me souslieutenant atf régiment de La Fère.En 1*790^! revint dans sa patrie; des opinions trop révolutionnaires et trop avouées le forcèrent d'en sortir. A la chute de Robespierre, il fut destitué de sop emploi, comme terroriste, réclama ^sans succès contre cette décision, et, désespérant de la fortune, fut prêt à s'embarquer pour Constantinople. Au i3 vendémiair^e, la convention na- , tionale,que la révolte des sections embarrassoit, accepta le secours des jacobins contre les citoyens ; et Barras nomma Bonaparte général d'une armée dont les prisons de la capitale avoient vomi la moitié. La défaite des insurgés valut au jeune Corse le titre de général en chef de l'armée de l'intérieur. Nous le retrouverons sans cesse dans le- cours des événements qui nous restent à rapporter, et sur lesquels il influa jusqu'au mom.ent qui l'a renversé.

La convention se retira le 26 octobre, et fit place au Direcnouveau corps législatif. Cinq conventionnels. furent

toire èiécutif.

(i) II existe en Angleterre un fpranà nombre d'ouvrages sous le titre û* Histoire de Bonaparte, Tous ces historiens étant ëvidemment passionnés pour ou contre le héros de leur livre, nous avons mieux aimé suivre des relations françoises qui'noiu ont paru d'accord avec la vérité. {Note de V auteur, ) .

148 IIlSTOlitÉ fe^'A^telE^ERRE.

' — '^^'^^^ ÎDvestîs du pouvoir exécutif; c^etoîenl Rewbell, Lfe % 79 • Tourneur de là Manche, La RévéiHère-Lépaux , Sîeyêfe fetÔarraô. Keyesrefù^à'cèfte dignité qu'il ci^^ dû ntmttnk Càrnot à ^à JJlace ; ëi le |[oùVeitieittetrt Èrêtë- ^ Wil sèus ry*"pii<e èé ta itjtiértHêfme^Aïta^ftutîotï.

détfè tîbBlstittAîo'h éïôlt scrpërrélit^ aù^ deiix préfce- •dttitès; on y voydit Vféâ jioiivoîi* aîffiék^eiatfe qui feétobtolent vcruteir se balàtlcër : maïs tdùt c?ela rt'e s'appùydït eurJore ^e ^Mr dès b^sès fragiles et i^àcîlfàtatteà ; là idàtriiûie dé là feîôttVèWiîiiélé du pétt^llfe en 'ét(*t teàCcrre là pensée ftmd^éntérfe, et ce prindp^e -est ihcothpaftiUb aVéc'ime^Êige diVisioh des th)is élemeilits politiqaeis. Traites de Av&nt Ce chahgfethiEfM dans tes premiët^es àûtoritëfe , 'bUque 1^ Prâïiiîè avoil cofedlù'dîffërérits îWaités avec ^lusîfeÊtrfe avec cU- puid&anij^s étt»afigèï^ë.'Oh a déjà ^ifi^lé dé ^eS àn^âttgç^pulssan- ments aVec là Prû^sè et l'Esfpajjfrte ; lé grand - duc 'dfe *^®*- Toscane se séptfrà dé lia cbairtiota ; la Suéde ^e't les ^cafrtons siiisses réCôttttift^èfttîa rëiiltibliàùe; le latfclgravètlfe . Hesse et Félectèur de Hâtriovte s engagèt*ènt àretîtèHefe trotipés qu'ils fôurftissoient à la cohfédératîoh; tine alliance offensive et défensive ira la république et les étatsgénéraux; les Pays-Bas fiitéht sotnhis à la dotnihatioù frai>çoi^. ïnsurrec- Le gouvernement françois n'avoit rien négligé jïoirir *'*'"let*"^ reconquérir Ses poâiessfions dès Anfilles.'VictôrHtigues Antilles, se flatta d'ëtciter dans les iles françoi'ses uïië iiisttrréction générale contre le gouvernement britannique; des émissaires soiis sa direction travaillèrent lés héglres et lès hommes de couleur, et l'effet de ces menées fi^t assez prompt. A Saint^-Lûcie la révolte éclata soudainement; la garnison angloise fut surprise, et !se rëth^ dans le fort, où l'ennemi la bloqua pendant trois mois.

J^s iQpmes tenUtives échouèfeiit à \^ G vçftd^ç » ^ Saint- — ^ ■ ■ Ywcqnj, à î^ BitwiwquÇ- ï^es «êçre? marrops de |a ''^^^* ^ |ainaj[q\ie $^ squlev^r^pt avec fureur ^ pn en i^t un npt^r saçire ^rpysi^e.

|:^'fpxpIoif le plqs in::^partan( de fa maripia ^pglpisç^ Prhe du daiis 1§ çQurs de c€^t|a fti^nâ^, % 1^ pr4?fi 4tt c^p d« B^nnc! Soopfî-Espér^nce- ï^e gQuverneur 4e PÇUe çplçMiié, se Espéra ndéfiant de la loyauté britannique, refusa de 1^ placer ^Au^^lois^* sous la protectpn dp FAwgletierr^; ew çQpséquenpe, on ' prit le parti ^ la yéduire* JXe^ troupes, cpmp^ndées par le majpr-géuéral praig et le coptre-amiral Q. Ij^eith El* phw^tp^e,s'ei|iparèTent delà ville de Siinop le i4juillpt. ]^|:fsuite ePes ifl^rp^èi'jBiit sur le Cap : la yî)}e et Ip pb^teau se rendirent le 23.

Jje imécontenteineiit ^ en Angleteffp, f^JpH toujours Mécoa- Cf pistant. La pherté de§ subsista^^cps ^tpit extrprne. On ment eu î^ttriJ^Hpit sur-tpflt ft h guerre, dopt Ips pha^cQ^ éloient ^"6'®- 31 jif^fayprables, et penaçoient de 1 être piïporp dayan*^ tage. Qn £|Voit vu la chaîne de la cpalitipp se briser, an-r peaux par anqeai^x. J^^ ppid^ d'^pp prppl^^jqe pqinpagne pesoit d avance sur la natioq. ^e ininistèfp dpveppit plus odie^i^c fip jpur en jpur, et les ^sociétés de rplbriQp profitoiei^t dp ppg dispps^ti/)!^^ pour ^'é^^Tà^dre et ppm* $'a£Fer-

La ^essipp du parle;nent s'ouvrit, dans ce cpppQurç Ouver- 4'eînbiaprp? et de jjiffiçiultés. J^e vo\j travprsso^t le parp ^segsfoj"* ppur se rendre à ja fi^nilîrjB 4es p^f s , fut eQtpjuiré d'une / juulfitude iminense qui d^inandpit la p^ix pt le renvoi de M. Pitt. En sortant de la chaipbre, ce prince courut un grand péril : il faillit être atteint d'une balle qui ) pfppijt ui>e gl?cp de s^ ypiturq ; la populacp Tapcabla des plus grossières invectives.

iSo HISTOIRE O^ARGLETERRE.

Le roi, dans son discours , avoit parlé des échecs '^ ' éprouvés en Allemagne par les années fîrançoises^ et de» troubles intérieurs de la république. Il en avoit conclu que les François écouteroient plus volontiers des propositions de paix justes et modérées ; mais il. ajouta qu'il n'étoit pas moins urgent de continuer la guerre et d augmenter encore la supériorité navale de la Grande- Bretagne.

Le roi dit aussi que les hostilités qu'avoient commises les Provinces-Unies , depuis qu'elles obéissoient aux impulsions du gouvernement François , avoient obligé l'Angleterre de les traiter éa.ennemies. De plus, il annonça la ratification d'un ti^aité de commerce avec lès' États-Unis d'Amérique.

Quel champ ouvroit à l'opposition l'état de la France, qui démentoit aussi pleinement les espérances dont la coalition s'étoit bercée! Cette république, attaquée sur toutes ses frontières, décomposée dans toutes ses parties, conservoit l'intégrité de son territoire ; bien plus, elle en avoit reculé les limites. On avoit compté sur son démembrement ; elle étoit conquérante !

Ce contraste frappant nécessitoit un changement dans le ton du ministère, et les orateurs de l'autre parti ne laissèrent pas échapper une occasion qui leur donnoit un grand avantage ; mais leurs efforts furent inutiles : lés adresses obtinrent la majorité dans les deux chambres. Ensuite on s'occupa des insultes faites au roi. L'adresse à sa majesté, votée sur ce sujet par l'une et l'autre chambre, fut suivie d'un bill que proposa M. Grenville à la chambre des pairs, «pour mettre la « personne et le gouvernement du monarque à l'abH fi de toute entreprise criminelle. »

OEOBGES III. l5l

A la cbambre des communes^ M. Pitt demanda que '

la proclamation royale , relative aux dernières émeutes , !J^* fiOlt prise en considération. A cette demande succéda la u lùreté proposition dNif bill tendant à réprimer les assemblées ^^ séditieuses, comme principe de tous les troubles du que et du Koyaume. Cette motion trouva des contradicteurs élo- |ç^,*nt! quents; elle fut présentée comme un projet d'anéantir les privilèges accordés par la constitution.

l<e bill passa pourtant , mais avec des restrictions ; et la; majorité qui l'adopta fut plus considérable qu'on ne Tauroit pensé; tant la partie saine de la nation étoit indignée des outrages qu avoit reçus l'excellent prince qui la gouvernoit ; tant l'audace des sociétés populaires soulevoit tous les bons esprits 1

Le parlement reçut un message du roi dont la substance étoit que Tordre se rétablissant en France , sa majesté ne s'éloigneroit pas des voies d'accommodement qui seroient offertes, si l'honneur de sa nation per- Qiettoit de les accepter.

M. Pitt prit la parole. Il réfuta l'opinion de ceux qui prétendoient que l'amélioration du gouvernement françois autorisoit suffisamment le ministère britannique à traiter avec lui. M. Pitt réduisit à sa juste valeurHette amélioration dont on s'armoit contre le ministère. Il combattit les inductions fallacieuses qu'on essayoit d'en tirer. Il prouva que les partis qui se heurtoient encote au sein de la république françôise rendoient plus que douteuse la durée de sa constitution; qu'il seroit impossible d'asseoir une transaction solide sur ce gouvernement flottant ; que la guerre étoit un besoin de sa manière d'être, et qu'on n'auroit avec lui qu'une p'di% fragile et momentanée.

sessioo.

l5a HISTOiae v'AVtGhETEHHE.

♦ La seesioù Ait ck^e le t^ de mark hé rai ,' ûmiké sea *7^* discours , se félicita de Teffet heureux des iÊfanirè»prÎ9e»

Clôture 11 . j . 1 ly^iJL e

de la contre 1 esprit de révolte^ et sur-tout contre ienmslon des systèmes éverSifs de tout ordre sù^aL U kdnai percer l'intention de convoquer uit nouvean paileneiic, et donna les plus grande éloges au parlement actuel dont la conduite ayoit triomphé des eîl^anatànces les pl«& orageuses et les plus difEciles.

Le La républi<{ue françotSe alloit ouTrir une autue eam-

Hothe r^ pagne sur le continent ; mais elle veiilut d'diord se déduit les barrasser des ennemis de Tintérieur. Hoche porta éajois déeM. ^^ Vendée ses armes victorieuses ; il sounit les rebcfies ; îl fit plus, il les persuada. Charrette et Stofflet^ léut^ principaux chefs, tombaient entre les mains des répdblicaifas, et périrent.

CTest de Tépoque où nous semmes pàrtentis ^ue datent les premiers pas de Napoléon Bonaparte daais la carrière de gloire qu'il a parcourue.

Bonapar- Le gouvernement François résolut de faire une éâ^et^ nommé ^^^^ ^uissaute cu Italie, pour priver Tempereur des sepourcom- oours qu'il en tiroit. Éclairé par un pressentiment que rWmëe '^ suite a pleinement justifié, le directeur Barras eâgùd'italie. geeUes collègues à confier une armée de cinquante iftille hommes an défenseur de la'Convention , au jeune Bonaparte. Il partit dès le lendemain. Peu de jotirs auparsH vaut il avcMt épousé la veuve du général Beauharaaisy égorgé sur Téchafaud.

£n arrivant à son quartier^général , Bonaparte dit à ses soldats : « Camarades! ce n'est plus une guerre dé- H fensive que nous faisons ; marchons à des conquêtes. a Vous n'avez point d'équipages, point de magasins, « point d'artillerie, point d'habits. E^ bien! (en montraDl

GfioReEs m. - )53

.« b&pUines fertiles du Pîémoiiti^t delà Loi^^ — ^ •

A vos iBaga$tfiSy yotr^ trUUerie, vos n^bes^es! sbî)^»* ^*

Les champs de MoDtefesinio, ceux de MoiiteQ«^e« S^? furent le théâtre de ses premi^s e}ct)loîts. L'anoée^fraiib- ^luTcès. çoise n^mporta trois victoires en cinq jours ; et le roi de Sardaigne, trois fois défait, fut obligé > pour sauver ses états, de livrer aux vainqueurs les forteresses de Tortcme et de Goni.

Seatdieu, qui veooit dQ franchir le Pô, se bâioit d'y fortifier sa position, et se disposoit à disputer le passage ans: François. Bonaparte déjoua son attente en passant le fleuve près des murs de Plaisance, he duc de Parlne^ effrayé de cette opération hardie, signa les conditions d'un arnlistice dictées par le générait

La routie de Milan éloit ouveorte. Beaulieu , pour prêteur cette capitale , alla se placer entre elle et les Frdo- •çois. Il occupa Lodi , sur l!Adda , dont là rive fut hérissée de ^eanons. Les François se présentèrent à lentrée du 'pont^ avec Timpétuosité qui rend leur premier choc si •terrible. Ils soulânremt, sans s'ébranler, tout le feu des Autrichiens; mais enfin trente pièces, habilement servies, faisaient hésiter la tête de leur colonne, lorsque deux ou trois généraux amenèrent un renfort qui dé^ cida du succès. Le pont fut emporté. Milan.se rendit à Bonaparte ; et l'armée , poursuivant ses avantages , s'empara de Pavie, de Pizzighitone, de Crémone, de toute la Lombardie.

Cependant les exactions des vainqueurs, leur em- Progrè* pressement à spolier les églises, les muséums ^ les collée- parte. tions particulières, leur mépris hautain pour le clergé, leurs mœurs dissolues, excitèrent contre eux une ani-

l54 HISTOIllS D'ANGLETERRE.

mosité si violente, qu^ils furent sur le point d'être enve- '^* loppés dans un massacre général, pareil à la proscription sicilienne de 1282. Les mêmes fureurs alloient éclater dans Pavie. Bonaparte Tapprit à Lodi , rebroussa chemin , parut tout-à-coup dans les villes insurgées, fit fusiller quelques séditieux, demanda des otages, et s'avança vers le territoire vénitien, où les Impériaux avoient porté le reste de leurs forces. Le sénat s'étoit montré favorable à Beaulieu ; mais intimidé par l'approche des François, il prit le parti que lui conseilloit sa foiblesse , celui de se déclarer pour eux. Il notifia sur-le-champ au frère de Louis XVI (depuis Louis XVIII) une pressante invitation 4e quitter Tétat de Venise dans le terme le plus court.

Les François chassèrent Beaulieu de Peschiera. Ce général passa FAdige, dont il rompit les ponts pour assurer sa retraite. Bonaparte occupa Vérone , et le lendemsûii il investit Mantoue ; mais il ne put que bloquer cette place, parceque de gros détachements, envoyés dans les fiefs impériaux, morceloient son armée. Le pape, que menaçoit Forage, désarma le vainqueur par des soumissions. Il livra Bologne, Ferrare, la citadelle d'Ancône, des tableaux, des statues, des manuscrits du Vatican ; et de plus il promit d'envoyer à Paris un plénipotentiaire pour y traiter d'une paix définitive, et pour donner satisfaction à la république , à cause de l'assassinat du général Basse ville, secrétaire de la légatioa françoise(i).

(1) Ce secrétaire de la légation françoise, que Thistorien anglois appelle le (|;énéral Baasevllle ^ étoit l'abbé Basseville^ homme dfr lettres, qui débutoic dans la carrière diplomatique. Il fut assassiné le 1 3 janvier 1793, à la porte du palaii de France à Rome, dans une

efx

Italis.

CEO£GSS III. l55

Le roi de Naples se bâta de signer un armistice; et ' l'obtint à des conditions moins dures. Une division Françoise entra dans Livoume, afin d'enlever au commerce anglois ses déboucbés au nord de lltalie. Le 3o de juin', le cbâteau de Milan capitula.

Cependant le marécbal Wurmser, qui remplaçoit ^® . Beaulieu dans le commandement des armées autri- Wurmser cbiennes en Italie, descendoit du Tyrol, avec une armée de vieux soldats , pour délivrer Mantoue. Bonaparte abandonne précipitamment le blocus de cette place, laisse cent quarante bouches à feu dans les retranchements, marche contre Wurmser, lui Uvre bataille, et le met en déroute. Wurmser, défait une seconde fois à ll.«st Bassauo, n'eut de ressource que de se jeter dans les parBofaubourgs de Mantoue. Les François le forcèrent de se napa»^t«réfugier dans la ville.

Les succès éclatants d'un général né dans la Corse ^^^

" - . se détache

enflammèrent ses compatriotes, et sur- tout le parti deTAnfrançois , qui portoit avec inquiétude le joug du gou- 6*^^«"«vernement britannique. Quelques hommes hardis se rassemblèrent en armes, et se rendirent maîtres de Bastia , que défendoit une garnison angloise. Ainsi finirent, après une courte durée, le royaume anglois de Corse, et sa constitution à peine en activité.

Cependant cinquante mille Autrichiens marchoiejt Bataille sous les ordres du général Davidorich et du maréchal ^*^^<5^*®- Alvinzy. Ces deux généraux, instruits du mouvement que faisoit Bonaparte pour empêcher leur jonction avec Tarmée du Tyrol, mirent dans le village d'Arcole un régiment de Croates et quelques régiments hongrois. La

émeute populaire. Basseville est auteur de quelques écrits qui ne s'élèvent pas au-dessus de la médiocrité. ( Note du traducteur. )

t56 HISTOIRE d'aV^OLBTERRE.

' route d^ François paseoîl par ce village, situé dans ua

^^ iQarai8 , et difficilement aoceasiUeu Arcole fut ^ pendant 4roi$ joare eonséontifs, le théâtre àés eombats les plus sanglants et les plus opiniàtnes. Ils amènerait nae bataille décisive. Les Autrichiens plièrent sur tous les points, ^ MantQue resta sans espoir d'être seeottrue. Voyons à présent ce qui se paasok en Allemagne. Campa- Joufdan avoit investi la forteresse d'Ehrenbreîstein ; Francofs ^^^^ l'archiduc Charles, qui eommandoit les Autrien Aile- phicus, ayant défait un corps françois à Wetzlar, Joor- '"**U°^- j^Q sentit la nécessité de renoncer à cette entreprise pour s opposer à Tarcfaiduc. En même temps Moreau traversa le Rhin à Strasbourg, emporta le fort de Kebl, et pénétra dans la Souabe. Jourdan et Kléber, suivant une autre route, prirent Francfort, Wurtzbourg et Bamberg. Moreau s empara de Fribourg et de Stutgard, capitale du duché de Wurtemberg; ce qui ccfntraignit le duc de Wurtemberg et le margrave de Bade de né^ gocier avec le directoire pour une cessation d'hostilités. Par-tout où les François portoient leurs armes, ils imposoient de très fortes contributions, persuadés que la guerre doit se soutenir par elle-même, et que c^est aux vaincus d'en p^yer toupies frais. Ce principe, qui s'étend jusqu'à permettre le pillage, a soulevé contre les François les peuples les miêïix disposés en leur faveur; et la gloire de quelques uns de leurs chefs a souffert de leur indulgence à le tolérer, ou de la part qu'ils y prenoient eux-mêmes^ ce qui Tautorisoit bien davantage.

Après la prise d'Ulm et de Donawert, Moreau forç^ le passage du Leck , et marcha vers la Bavière. Jourdan » d'un autjce côté, repoussa les Autrichiens, comipandés

patt WiartèiislË^eik,, et fit unie fampttoh «h Bavière par

la partie sepEtentrioÀâlé. ^'

La oùnr de Yiefnae comfaaeiiçbit à s'alarmer. L'eââper^iir appela ecfil ^ets de Bohême et de Hongrie à k déibli$0 de l^top relîgmi , de iewr patrie , de leurs propriéiéë ; et e^thppeltiefni pas umtilG. L'archiduc eotiliit aa â^0ottfs:^ Warlerisleben^ qtie ioui'daii mipvoit de prèâ. Les deux armées réunies donaèrent aux Âtrtridhi^s ■qfie énpiH^riûé dtmt'^ccirikn'^auTa bientôt T-efifet. Il jpétrbgradà jus^a'an Rhin , se hattant tonÎ0iit*s avec désavaÂaftagé, niais avec perséroranoe.

La îposîtielA «de 1 arUiée de Moreau paroissoit déses- ^^«')« 7-.

^^, 11. 1 .//-i^. r ^ • traite de

piéree. Get habile ^générai etoit einiBrane par fio^xatite Moreau. «miUe AmtriohiënS) et n'àvoit pais quarante-cinq lâHl^ Jbcrinmës'. H^se retira sates cbnfiisio«i, sans désordre, h^roelé par des AatricbienS) qu'il ne cessa de battre Codant une retraèce de vîngt-sq>t jours ; retraite q«i te diapttte à 'toutes telles que l'htstoire a vantées.

jLa répubHque d«s Provincfes-Dnies et l'Espagne de- l.*Espa- <darèrent Ja guca-ite é la Grande-Bretagne ; la première ^oîlanJe au mois de mai, la seconde au mois d'octobre. * déclarent Les troupes aaigloises s'em^at^rent des établisse- à^'ADgle- •ments hollandois de Geylan , de Malacca , de Cochin , de **'^'^^* Schinochouca, d'Amboine, et de Banda. Dans les Antilles, te général 'Nichols teprit la Grenade ; le générsll -Abercromby se rendit maître de Sainte-Lucie ; le général White enleva Démérai*y. Les décrets des assemblées iDançoisès avoient livré Saint-Domingue aux dissen- •sidns les plus efi&oy^liles. tJne petite partie de l'Ile étoh 'Oeeupéè par tes>F¥ançôîs.'Les Anglois, rétirés sur quel- -qwes pointe fortifiés , ne résistèrent pdint aux maladies de ee climat.

l58 HISTOIRE D'ANGLEtERRË.

Une flotte hoUandoise étoit sortie du Texel, au mofâ '^* de mars , avec l'espérance de rejoindre une escadre fran* hoUan- çoise; mais cette jonction n'eut pas lieu. La flotte barend M*n8 ^^^^ entra dans la baie de Saldagne, où l'amiral ^nglois combat. Elphinstoue la tint bloquée pendant un mois, et la ré* duisit à se ren4re sans combat. Les François , sous les ordres de l'amiral Richery, firent plusieurs prises importantes. Situation Au-dehors cette nation triomphoit; dans l'intérietir *" j"^"*"® les partis la déchiroient encore. Le système de modéra- France, tîon qu'avoit adopté le directoire irritoit les jacobins, dont il renversoit la puissance. Pour la relever, ils ourdirent une conjuration qui fat découverte et punie. Les assignats, dont la dépréciation étoit excessive, ne représentoient plus rien. Le laboureur, l'artisan , le journalier, mouroient de faim avec les salaires qu'ils recevqient en papier décrédité. La vente des biens nationaux et des propriétés cênfisquées éprouvoit des ob- Nouveau stades. Elle étoit sur-tout entravée par les anatkèmes théopbi- des prêtres non-assermentés contre les acquéreurs ; ce lanthro- q^j reudoit ces ecclésiastiques odieux au gouvernement. Un des directeurs s'imagina qu'il aplaniroit toutes les difficultés en introduisant une religion nouvelle. Cette secte, qui prit le nom de théophilanthropes , ouvrit ses églises. Comme elle n'eut de martyrs que ceux du ridicule, et qu'on la dédaigna trop pour la persécuter, elle tomba tranquillement dans l'oubli. Efforts Le pouvoir et la richesse de l'Angleterre étant deux ^^ écueils où s'arrêtoit l'ambition des François, ils s'atta-

gouver- * '

nement obèrent à miner, autant qu'il étoit en eux, les bases de

'^pour" sa prospérité. Les journalistes, les publicistes, inon-

nuire au doient l'EuTope de leurs feuilles , dans lesquelles il»

GEOHOfiS HT. l59

peignoient les Anglois comme les tyrans des mers, en invitant tous les peuples à faire cause commune pour ' s^affranchir du despotisme de ces arrogants insulaires, ce britan- On s'occupa de gêner, d'inquiéter leur commerce. On ""^^"^ prohiba Fadmissioade leurs marchandises en France. Le directoire leur ferma les ports de la Hollande, qu'il asservissoit. Il parut mécontent de la mission d'un agent anglois à la cour de Berlin , parcequ'il se persuada qp'elle avoit pour but de faire rentrer, le roi de Prusse dans la coalition; et comme cette démarche n'eut point lé résultat que le directoire supposoit, il crut devoir attribuer à l'inutilité de cette tentative les ouvertures qu'il reçut des ministres anglois pour négocier la paix ent»e les deux nations. En effet lord Malmsbury, ministre plé- Lord nipotentiaire de la Grande-Bretagne, arriva, le 22 oc- MaliBstobre, à. Paris, au milieu des témoignages de la joie vient à publique. Charles Lacroix étoit chargé des affaires ^^^^^

* » " pour en-

étrangères. tamerune

Malmsbury posa pour base fondamentale du traité " tf^^"*" la restitution mutuelle des conquêtes. Il ajouta que, ce point arrêté, la négociation rouleroit entièrement sur les compensations que réclameroit le gouvernement françois. Le directoire demanda I4 communication des lettres de créance par lesquelles les puissances alUées âutorisoient. le mipistre britannique à stipuler pour elles. Le lord éluda cette demande; et, pressé de s'expliquer sur les restitutions présentées comme condition préliminaire, il proposa â'abord Tabandon de toutes les conquêtes faites sur l'empereur , et la restauration du prince d'Orange dans le stathoudérat des Provinces- Unies. De son côté, la Grande-Bretagne ofiFroit de remettre tout ce qu'elle avoit conquis dans les deux Indes;

^ mais en rendant la partie de Saint-Domingue cédée pal* *'^ l'Espagne à la Franee, elle s'attendoit à des îndeiXH ' nités.

S* Ledireetotre -fit «i^nîfier au lord M^ij[mri>lurY€pi'il eût

mission " i.

échoue, à préciser ses demandes dans 1 espace de vmgt-quatre heures. En même lemps fl déclara qu'il n'écouteroit aucune proposition , à moins qu'eUe ne fM d'accord avec Ja constitution, la dignité de la républii]ue, et les engagem^ts qu'elle avoit pris. Après des pourparlers qui navançoient aucunement ia négociation, le ministre anglois partit , brusquement congédié par le directoire, qui prenoit une dureté grossière pour une •iBerté républicaine. Au rest-e , il fut aisé de voir que , des deux parts , le désir de ia paix étoit peu sincère.

P*>rfe- Le nouveau parlement s'étoit assemblé le 6 octobre , et le roi, dans son discours, avoit annoncé Tenvoi d'un plénipotentiaire à Paris ( c'étoit là mission de lord Malmsbury ) ; sa majesté n'en insistoit pas moins sur la nécessité de redoubler d'énwgie, l'ennemi se repaissant toujours de l'espoir d'une descente en Angleterre. L'adresse au roi passa sans contradiction dans les deux chambres. Il étoit évident que les chefs de l'opposition argueroient des voies d'accommodement qui venoi^it d'être ouvertes , pour reprocher encore aux ministres une guerre inutile, faîte à des opinions, que le fer ne détniisoit pas. ^

Budget. M. Pitt demanda néanmoins une augmentation dans les forces de terre et de mer. On fit quelques observations sur son plan ; mais on ne le combattit point. Le budget fat soumis à 4a ebambre des communes , le 7 de défcembre; il portoit à vingt-huit millions les sommes nécessaires aux besoinsdu royaume. Un emprunt de

^^oacES III. ïé\

çlîx-hûit millions et plusieurs taxes nouvelles s'y trou- -

voient au nombre des voies et moyens. On y découvrit ^^* avec étonnement une avance d'un million deux cent mille livres , £aite à Tempiereui* sans que le parlement en eût connoissance. M. Fox parla fortement à cette M^*^**^ occasion , et finit son discours par la motipn suivante; M. Fox. « Les ministres de sa majesté ^itannique ayant auto^ « risé , pendant la session du parlement , et sans soft fi aveu , le paiement de diverses soiçnies ^ soit |>our le fi service de Fempereur, soit pour Farmée du prince do f Coudé y soit pour d autres spbsides, ils ont excédé le^ « bornes de leur pouvoir, abusé de la confiance de la k nation, et violé les privilèges constitutionnels de la « chambre. » Un amendement que proposa M. f ragge, ^

^n faveur des ministres, échaufla la discussion et fit prendre une seconde fois la parole à M. Fox.' « Si les «, mesures qui font le sujet de ce débat, s'écria-t-il , PQ ,f sont pas condamnées , je déclarq hypocrite et men* « teur tput homme qui verra quelque différence entre « notre gouvernement et la monarchie la plus absolue.)^ ,. Une lettre circulaire du duc de Pprtland, S£crél;aire- Lettre cird^état, écrite le 5 novembre à tous les lords-lieuter duduq nants des.ccw^tés situés le long des cô^es de la Manche , ^^ ^^^^' prouva qu on ne regardoit poml; le projet d une inya: ^

sion comme une idée chimérique^, Ce ministre leur re* commandoit de fajre faire le denombrement.de t^ut 1^ Jbétail des fermiers, et cultivateurs, à douze milles de.lfi ,cote , et de se concerter avec les commandants en chef des districts pour éloigner ce bétail, si cette mesurç - devenoit nécessaire^ ' • ' ;»

, Mais cette partie n etoit pas le çpté pfienacé. La France Entwpréparoit à Brest une expédition de vingt -cinq vai«- prUedci

f^ HISTOIÊB D^ANGLEtERRE.

*" ■ seaux de ligne et d'un grand nombre de bâtiments lé-

*' . g^*"* > pour porter vingt mille hommes en Irlande , sous Bonr sou- te Commandement du général Hoche. On se flattoit qu'au I ^'Z'*^" moyen des intelligences pratiquées dans ce royaumei, Tinsurrection éclateroità la vue d'une armée Françoise. On comptoit particulièrement sur les catholiques , disposés par une longue oppression à chercher des libérateurs.

' Hocke partit le t 8 de décembre ; ^n sortàù t de la rade

quelques uhs de ses plus gi^s vaisseaux totichèrent su^

des rocs, et furent perdus ou désemparés; Le lendemain

Aks vents orageux battirent la flotte et la dispersèrent.

Sept vaisseaux seulement entrèrent dàh'^ la baie de Ban-

iry> non sans efforts ,'ét très endomnïagés. Ce fut ainsi

qu'éélitnta dès le début cette audacieuse entreprise. Elle

, prouva que la supérioHté des forces navales 'n*est pas

titt rempart assui^ contre un pareil jirojeit', puisque,

sans la tempêté qui s-arma^ si j^oseparler afnst , pout-

îiaùvei* ririande, fce'^h>yàsJmeétoit peut-être séparé pour

long-temps du ries te de i' A ngleterré. •''•*•'

Itért^tt Victor^-Amédée , roi dé Sardaigne,* ûibtirnt le i6 oc-

'a.ljîrtôb«*.à7.ans. ' ' ' ", .

ïi[QrtJi« ' tJn mois après /la Russie perdît Sa lirîHafilte souve-

Timpëra- Ynîht. Une apoplexic foudroyante enlévk Catherine se^

tnce de » i i • . " * i

Russie, titifndè, dans ià sofxante-septièmë année de son âge, et ik tt^ênte - sixième' «Je* soîi régne. Quelque sévère que ^iri!/se être la f^stérfté pour cette pribcessfe , elle ne ïtti t-éfbsehi point de hautes et grandes qdafités, le génie *^ù gbtivernenient' ati métùe degré é[ûe nôtre Elisabeth^ delà modération 9 delà bonté, lamour des sciences, lé . : '^ût dés arts, enfin tout ce qui paré le despotisme et

* i -rend robéissance aisëé.

cEOiicts ni: réS

Ia fin Aé cette année fàt tetèrme de la «arrière poli- " ' ' '/" tiqiM <i(i' général Wasbin{3rtûti. B fit ses adietit au côû- '''^ ' gtès améncain*, par une lettre qii'bn ne peut lire sans carrière adoïkâtion. C^tte lettre fut le dernier acte de sa vîe pu- ^^ j'îjjfâr bBque.Cen!es1?tjtt'auxEpaihïn6ndas, auxPhilopœinen, shingto^. aux Curius, que Washington peut être comparé.'

Les Angtbis jduoîent le principal rôle dans une guerre à laquée ils! n'avoient d'abord qu'accessoirement coopéré. Deux puissa'nices quiVétoient liguées avec eux, pour humilier la ï'rànce révolutionnaire, se réunissoient à présent cdhtre eux, pour lâ faire triompher^

La mission infructueuse de lord Malmsbury répandît !*• ètk Angleîfèrrè' une ^véritable tristesse ; les fonds éprou- '*Jfe^ . vèrent 'une baisse plus considérable que pendant la cw^ert^ guerre d'Aniérïqttê'.' On douta delà sincérité des efforts duit ua du gouvernement; on se'yièrsûaââ qu'il n'avpU feint àe gffjj*"* desirei* la païx que dans Tintention d^ottenir plus aise- Anglemétit dès'feùtisidèîs pour 'éyntiiiiièr la guerfèV*t(B roi, **"*' par un mèssà'gte'dii 26 dëceihbre (1796), annonça que la ruptUrè des ciîffférence'i^ âvoit eu pour cause des prétentions incompatibles avec ïés intérêts du royaume et la sûreté dé rEtirope entière. 11 oràônna que toiis lès ÉlémotWs''iét papiers échartgé^ dans le cours de cette transactioîJ'fusselitinis sôus lèâ yeux du parlement. ' La^nspetièibn'des paiements de la banque d'Angle- 1797. terre éh espèces redoubla les alannes. Ce corps avoîf Embarrti fait au gôùVèriiement de si fortes avancés, pour le ver^ financw. éement des subsides àTétranger, qu'il se trouvoit dans rtne situation inquiétante. Le 9 février, le gouverneur de la banque informa M. Pîtt que cet établissement parbissoit menacé d'une ruine inévitable, s'il satisfaisoit a là éèihatldë d'nne nouvelle avancé dé quinze cent mille

v6i UI8T0IBE d'aMCLKTEKBB.

I .■>„ «■ livrejs sterling, en forme d. emprunt, pour Tlrlande. Le ' ^^^' conseil-privé se hâta d^envoyer aux directeurs de la ban-r * que une autorisation écrite , pour n'effectuer aucua

paiement en argent, jusqu'à c^e que le parlement eût été consulté sur ce sujet ,. et qu'on eût adopté des mesures propres à soutenir le crédita

L'opposition blâma cette démarche du conseik C'étoit^ selon ses orateurs, abuser étrangement du pouvoir, que d'affranchir une compagnie de commerce de ses engagements. En même temps elle insistoit sur la nécessité > d'une enquête,, afin de reconnoltre les causes 4e cette, situation désastreuse.

M«inr«» De Favis des deux chambres , un comité fut nommé PjJ**^ pour procéder impartialement à cet examen. En atten* «#di#r. dant, il falloit remédier à l'embarras qpe la circulation éprouvoit. Uil bill autorisa la banque à faire une émis-. ' sion de billets au-dessous de la valeur de cinq hvres. Le comité secret de cl^acune.des deux chaml^rçs présentation rapport les a et 3 mars. Le, résultat commun fut que l'actif de la banque excédoit son passif de trois millions huit cent vingt-six mille huit cent quatre-vingtdix livres sterling. Les cfommissaires,9Jpjptèrcnt que l'éppisement des fonds de cet étabtisseiqentétoi^provenu des filarmes répandues ; que cet ét^t de.g^f iroit toujours an croissant,, jusqu'à ce que l'opipion eût pris un autre cours; qu'il étoit à craindre qu'alors la bjsiaqqe ne ) pût subvenir aux besoins du service public; çt que,, *'' dans cette supposition trop fondée, la prudence exigeoit le maintien des mesures déjà prises ; que c'étoit au parlement d'en prescrire le terme et d'en restreindre les effets , ainsi qu'il aviseroit dans sa sagesse.

Vn directeur de la banque assura sans hésiter^ à la

«ft>B6ES m. i€S

chambre des communes , que cette compagiite nô tar- — — <leroit point à reprendre ses paiements en espèces ; et *^^' ' cette déclaration contribua beaucoup à dissiper les in- 4]uiétude5,

La France avoit acquis deux alKés dont la puissance Défait* maritime ponvoit agrandir la sienne et l'aider à renver- j^ g*^^^ ^er, comme elle s-ea flattoit, la supériorité britannique ; espacétoient TEspagne et la Hollande. L'Espagne, qu'exci- ^^^^ 4oit le gouvernement françois , mit tant d'activité dans . «es préparatifs, qu'elle eut bientôt une flotte de vingt- -sept vaisseaux de ligne, prête à se joind^re à l'escadre kIc Brest : mais cet armement formklable manquoit de matelots et d'équipages ; il étoft conduit par des chefs plus braves qu'habiles sur la mer, et plus coniSants <[u'expér4mentés. L'escadre angloise , composée seulement die i5 vaisseaux de ligne :et -de quelques frégates , •sous les ordres.de l'amirafl Jervis, aperçut, le i5 février, la flotte espa^ole^ à la hauteur du cap^ Saint- Vincent. Elle se porta sur elle, avant que celle-ci se fût vformée pour la recevoir, et, par une manœuvre rapide, séparant un tiers de l'escadre du reste , elle la réduisit ^ se battre à forces égales. L'amiral espagnol s'efforça je rejoindre les vaisseaux dont il se trouvoit écarté ^ mais il eut affaire aucommodore Nelson, qui se montra pour la première fois en cette occasion , et dont le •nom est devenu si célèbre. Nelson s'empara de quatre vaisseaux espagnols, dont un portoit cent douze canons. La flotte maltraitée se retira dans le port de Cadix , ok Jes Anglais la bloquèrent^

, Jervis obtint le titre de conHe de Saint- Vincent, et •JSelson fut créé chevalier^ ' J>anê son animosLté contre l'Angleterre , le dirActoii^

.l6^ HISTOIRB |>*ArfCLET£RRE.

"~"~"^ exécuûf de France noceploil 1#8 projets les plus tco^

.^ raire» et le&>plits imprudemment eonœrtés. Le 30 fé»-

quement vrier, quatre bâtiments François partis dé Brest mooil*

^^ lérent dans le port d'Ilsracombe. Leurs commuodants,

troupes ^ *^

françoi- informés qu'un régiment de volontaires marcboit pour fileurr#! * opposc** ^u débarquement, firent voile pour le Peinbrokesbin», et mirent quatorze cents bommes à terre près de Fisbguard. Le a3 » ils s'avancèrent dans un pays sauvage qu'ils ne connoissoient pas. Leur apparitioo excita Tépouvante; on les croyoit nombreux. Les habitants se rassemblèrent d abord tumultueusement et sans ordre, mais armés et bouillant d^ardeur. LordBawdon se mit à leur tête : il s attendoit à combattre une armée; mais il ne rencontra qu^un olficier porteur d'une lettre ide son général qui demandoit à capituler. Lord Ra^don exigea qu'il se rendit prisonnier et que sa troupe mit bas les armes ; conditions auxquelles il se soumit sans difficulté. Quel étoit le but de cette entreprise? c'est encore un mystère. Le gouvernement s'assura, du moins, que les habitants du pays n'étcnent pas disposés à le laisser envahir.

Dans le courant du même mois, le général Aberçromby s'empara de l'Ile de la Trinité. C'est une des plus importantes de l'arcbipel des Caraïbes.

Le crédit public se relevoit , les appréhensions avoient cessé, lorsqu'un événement imprévu troubla l'Angleterre.

BcTolte Depuis quelque temps la marine étoit mécontente; ifio*t8"^' elle se plaignoit de la modicité de la paie du matelot, glois. de celle du soldat, des pensions deGreenwich créées sous Charles U , et devenues insuffisantes. A ces motife se joignoieiit la répstrtition inégale da produit des prise5,

«EORGES III. ift^

la rigueur de la discipline , la baateur ei Ui durelé

des officiers. Lord Howe avoit reçu des pétitiona aHo* ^^* nymes sorties de la flotte de Jia Manche , et demaildanl le redressement d^s griefs qu'elles dénonçoient avec amertume. Le chef de lamirauté prit des informatiovis fiur les faits^ On lui persuada que ces plaintes étoidnt celles de quelques hommes qui pjr^teadoient doimer à leur humeur îpquiéte le caractère d'un mécontentement général , qu'elles ne méritoîent point qu'on s en occupât. Cependant , dès que la flotte fut rentrée » des correspondances s'établireut entre tous les vaisseaux « ' ei y d'un commun accord , il fut convenu qu'aucun ne iéveroit lancre avant qu'on eiit accueilli leurs récla«* mations. Le 1 5 avril, au signal donné .d'appareiller, le vaisseau la reine Charlotte fit entendre trois acclama* tions ; c'étoit un signal : Tinsorrection éclata. Tous les «efforts des officiers pour ramener les matelots à leur 4evoi<: furent inutiles. L'équipage de chaque vaisseau i3uomma deux délégués , et les matelots jurèrent de resiter unis pour la cause commune. Quelques officiers plus mal vus que les autres se. retirèrent ; mais en gé* néral la discipline fut^bservée strictement, et les égards les plus respectueux pour les chefs furent recommandés, sous des pdnes rigoureuses- La contenance des soutins annonçoit un plan fixe, une détermination ar*rétée.

Les délégués ^rédigèrent deux pétitions, l'une pour . l'amirauté , l'autre pour la chaknbrç des communes; elles jexposoient les motifs de la suspension de leur service, «t demandoient satisfaction, en termes mesurés. Cette affaire parut si sérieuse au gouvernement, que le conseil de l'amirauté se rendit à Portsmouth, où ses principaux

l68 HISTOIRE O'aNCI^ETEBRE.

' membres entamèrent une sorte de négociation, avec les '^'* rebelles. Sur lasâurauce qu'on leur donna qu'il seroit fait droit à leurs demandes, ils déclarèrent que, d'après une résolution prise entre eux, ils ne compteroient sur aucune amélioration dans leur sort, à moins qu'elle n'eût été sanctionnée ppr le parlement et garantie par une proclamation royale. Enfin lord Bridport vint à bord , arbora son pavillon, et dit aux révoltés»qu'il apportoit toutes les concessions espérées et le pardon du rai : surle-champ tout rentra dans Tobéissance. La subordination se maintint depuis le a 3 avril jusques au 7 de maL Toutà-coup un bruit circula parmi les matelots qu on les leurroit de promesses qui n'auroient point d'efFet. Lord Howe démentit, de sa pmpre bouche, cette rumeur dangereuse, et l'ordre se maintint^ M. Pitt présenta, le 6 mai, le compte de l'augmentation de paie de la marine; elle s'élevoit à quatre cent trente-«six mille livres. Il supplia la. chambre de voter cette somme sans discussion, par ménagement pour des esprits encore agités. Le bill passa , d'une voix , avec la clause qui faisoit jouir les matelots blessés du surcroit de paie, jusqu'à leur guérison. ^ *

Nouvelle Le gouvernement avoit été juste, mais invigilant; il irévolteau 5'étoit laissé prévenir et maîtriser, et la même voie res-

l*îore. . * ,, 1 1 T . , .

toit ouverte a d autres demandes. Le 22 mai, les vais« (Beaux mouillés sur la rade du Nore secouèrent le joug; les équipages se rendirent maîtres des^âtiments, nom^^ raèrent des délégués , et dressèrent un état de leurs prétentions, pour être mis sous les yeux de l'amirauté. Quatre vaisseaux de la flotte de l'amîràl Duncan se li;- |[aèrent avçc eux. Le chef de l'insurrection étoit un

CEOROES III. 169

nommé Parkerj,homme d'esprit, que signaloil sur-tout "

la force de son caractère. '^^

L amirauté répondit aux délégués que leurs demandes étoient incompatibles avec les ordonnances et les règlements de la marine. La réplique de Parker fut que les matelots resteroient en possession de la flotte, jusqu'à ce qu'on eût réparé les torts du gouvernement à leur égard.

. Les lords de l'amirauté se rendirent à Sheemess. Us ^^'^ ^

• ... réprima.

essayèrent tous les moyens de persuasion , mais en vain; L'insolence de quelques uns des délégués fut poussée si loin , qu'on déses[iéra d'un arrangement, et que le gouvernement résolut d'employer la force contre les mutins. En conséquence, on enleva les bouées de l'embouchure de la Tamise; on dressa des batteries sur les deux rives, pour tirer à boulets rouges. Une proclamation déclara les vaisseaux en état de rébellion , et défendit 9 tout bâtiment d'en approcher. De leur côté, les rebelles bloquèrent la Tamise, et parurent se disposer à se défendre avec fureur. Mais lorsqu'ils virent que les flottes de Portsmouth et de Plymoutb improuvoient leur conduite , et que la nation entière se prononçoit contre eux, les plus audacieux se ralentirent. Bientôt la désunion les arma les uns contre les autres. Parker et les autres chefs furent livrés , traduits devant une commission militaire, et condamnés à mort : le roi fit grâce au reste.

Les inatelots anglois ne tardèrent point à venger leur L*aimral pays d'un moment d'inconduite et d'oubli de leur devoir. '?""*5'** L amiral Duncan avoit bloqué pendant tout Tété la flotte flotte hollandoise du Texel , qui devoit rejoindre à Brest doîIeT

Î'JO HISTOIRE DANGLfiTEBRB.

^ reocadre fraaçoise. Une tempête obligea Duncan de gi* '^' gner la rade d'Yarmoutb. L'escadre hoUandoiae , com» posée de 1 5 vaisseaux et commandée par Tamiral Winter, profita de cette occasion pour se mettre en mer. Duncan ramena Ja sienne sur les côtes de Hollande. Le M I octobre , il attaqua les HoUandois entre Egmont et Camperduyn. Le combat fut terrible, et la victoire édé*tante. Les Anglois prirent huit vaisseaux de ligne > au nombre desquels étoient ceux de Famiral et du viceamiral. L^amiral vainqueur fut nommé pair. On rendit à Dieu de solennelles actions de grâces dans Téglise ca<^ thédrale de Saint-Paul; et leurs majestés, ainsi que lei deux chambres du parlement, assistèrent à cette cérémonie.

Tentative Pendant que Tescadre angloise étoit stationnée sons °Nel8oo^ Cadix , le chevalier Nelson fit jeter des bombes dan» contre «cette ville; mais elles causèrent peu de dommage. Snota- L'état où se trouvoit la ville de Santa*Crtiz, dans Ttl^ ^'■"*- <le Ténériffe, faisoit regarder comme très probable le succès d'une attaque ; Nelson y fut envoyé. Son escadre arriva devant cette place , le a4 de juillet . Mille hommes, embarqués sur les chaloupes , descendirent pendant la nuit, et dispersèrent les soldatsqui défendoient le môle; mais, à leur tour, ils furent repoussés, et, pour la pla^ part, mutilés par le feu des batteries. Nelson eut le bras emporté d'un coup de canon. Cette expédition avoit'été trop légèrement entreprise.

Le parlement fut prorogé le 20 juillet. Manfone Les Opérations sur le continent Commencèrent par «p"u e. ^^^ tentative du général Alvirizy. Mantoue tenoit encore; il essaya de la secourir: une bataille qu'il perdit ôjta toute espérance à la place assiégée. Mantoue conclut

^EoaaEs iii^ J71

ouf capitulatioa boix^rsible; çt les {mpériaux fiureBl ab* — — » «oluKoent expulsés 4^ riulie. \79/'

Le pape avoit eu Tizaprudence de renouveler les hosr Bonapartilités contre les François. Ils entrèrent sur son terri- portes d« toire^ après avQir culbuté Timpuissante armée qu il leur ^®"'** opposoit. Ses principales villes se rendirent avant que d être so(nmées. Bonaparte $*approcha de Rome, et s'ar- / rêta, plus modéré que Charles-Quint, dont Tarmée saccagea la capitale du monde chrétien et retint Clément VII dans les prisons du château Saint- Ange, ef ordonnant des prières dérisoires pour sa libération.

Par le traité de Tolentino , qui fut signé 1^ 1 9 février, Condi- Pie VI s engageoit à payer, dans le délai de deux mots, prcicrite» une somme de quinze millions de livres tournois, indé- »»p«P*pendamment des vingt-un millions stipulés lors de larmistice ; il renonçoit à tous ses droits sur Avignon et 5ur le comtat Venaissin; il atendonnoit les. légations de Bologne, de Ferrare, de la Romagne; il licencioit ses troupes, et fermoil ses ports aux ennemis delarépublique irançoise.

Cependant Farchiduc Charles marchoit avec une L'archiarmée nombreuse, formée de troupes levées à la hâte Charles dans les états héréditaires. Elle se retrancha sur les est. battu, bords du, Tagliamento, pour en disputer le passage aux François, qui s'avànçoient en trois divisions. Le passage du fleuve fut forcé, Gradisca, Gorice et Trieste soumises. L'empereur perdoit son seul port sur FAdriatique.

Masséna défit les Autrichiens à Tarvis« Bernadotte Concluréduisit la Camiole, et se rendit maître de Laybaeh, sa artoisticet capitale. L'épouvante étoît à Vienne. Bonaparte écrivit k larchiduc pour l'engager à faire cesser les calamités de la guerre. Cette lettre circula co(mme un témoignage

«73 HISTOIfiB D'ANGLXTïaRB.

de sa modération, et pour montrer que les maux dont gémissoit l'Europe étoient uniquement l'ouvragé du gouvernement britannique. Néanmoins Bonaparte ailoi t en avant, lorsqu'il reçut des propositions de Tem* pereur, pour un armistice qui fut conclu le 7 avril. ^^^^h ^^^ François n etoient pas moins heureux sur le Rhin . et de Moréau reprit le fort de Rehl, dont les Autrichiens Moreau. 5'étoient emparés. Hoche passa le Rhin à Neuwied, et battit complètement le général Rray qui vouloit s'opposer à ses progrès. L'armée françoise n'étoit plus qu'à quelques marches de Francfort; la nouvelle qui lui parvint de la signature des préliminaires l'empêcha d'aller plus loin.

Bonléve- Quelques succès des Autrichiens contra une division contre^Ies ^'^'{j*^^® ^u corps de l'armée françoise persuadèrent aux François habitants de Vérone et des communes environnantes rétatvé- ^"® ^ fortune abandonndit les drapeaux de Bonaparte, aitien. Un même cri s'éleva de tous côtés : Mort aux François! et trois cents malades furent inhumainement égorgés à l'hôpital de Vérone. Bonaparte exhala son indignation idans un manifeste, rappela le résident de France auprès idu doge, déclara la guerre au gouvernement vénitien, et confia la vengeance des François au général Augereau, qui parut presque aussitôt aUx portes de Vérone. Il châtia les instigateurs des assassinats, et renvoya chez eux de misérables paysans égarés.

Entrée LegériéralBaragueyni'Hilliers entra dans Venise, avec <^«* . six mille hommes. Les images de Saint-Marc firent à Veuise. place à Técussou de la république françoise. Le grandconseil abdiqua son autorité; le doge remit les rênes de l'administration au chef d'une municipalité provisoire, et les vainqueurs établirent un gouvernement populaire

GCQAGI» Ilf. 17}

sur les ruines de la vieille oligarchie. Tels furent les ' derniers jours de cette cité, reine de la mèr Adriatique, '^^ fière de quatorze cents ans d'indépendance, dans le cours desquels elle avoit bravé des coalitions arméea contre elle, et tenu la balance de Tltalie.

Gènes fut également troublée par les orages révolu- TronbÎM tionnaires. La faction démocratique avoit acquis la ma* ^^ jorité; cependant elle succomba dans une lutte entre les deux partis. Les vaincus s'adressèrent à Bonaparte; ils implorèrent son appui contre l'aristocratie, qu'ils pei* gnirent oppressive et tyrannique. Bonaparte fit entendre aux nobles que tôt ou tard il faudroit ployer sous un esprit qui prévaloit. Ils se rendirent à ce conseil, et le gouvernement fut organisé sur le modèle de la grande république.

Le traité définitif entre la France et TAutriche fut si- Traita ik gné le 6 octobre, à Campo-Formio, parle général Bona*. FpJ^^|[^ perte et les plénipotentiaires de Tempereur.

Voici les dispositions textuelles de ce traité.

S. M. l'empereur des Romains, roi de Hongrie et de Bohême, etHa république françQise, voulant consolider la paix dont les bases opt été posées par les préliminaires signés au pbàteau d'Eckenwald , près de Léoben en Sty* rie, le 1 8 avril 1 797, ont nommé pour leurs plénipoten-^ • tiaires, savoir:

S. M. l'empereur et roi, le sieur D. Martius Mastrili^. noble patricien , marquis de Gallo, chevalier, etc., etc.,. le sieur Louis de Cobentzl, comte du saint e^^^ire ro-: main, grand'croix, etc.; le sieur Maximili^n , comte dis Meerfelt, chevalier de l'ordre teutonique, etc., etc.; et le sieur Ignace , baron de Degeliàann , ministre de sadite majesté près la république helvétique;

f74 UI8T0IA1 D'A«€tEtERRK.

Et la république frauçoide , Boriaparte , généra! ma ^^^ chef de raroiée Françoise en Italie;

Lesquels, après lechange de lèuré pleins pouvoir» respectifs, ont arrêté les articles suivants t

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