‹ Histoire D'Angleterre Depuis 1760 (volume 3)Chapitre 3 sur 33 · tn 1 . . 1 Débats au · texte numérisé non relu

tn 1 . . 1 Débats au

doient toutes àTaire reconnoltre que les mmistres,<dan5 parlele cours de leurs négociations 'avec le ^gouvernement *"*^"'' -françois, auroientpti»prendre des moyenspour obtienir -un redressement à Famiabledes griefs dont ilsse plaignoient, et qu'ils dévoilant détourxi«r sa majesté de se lier par des engagements qui Vempécheroient' de faire 'Une paix séparée.

Ces résolutions furent réjetées à )a majorité de 70 voix contre 44-

Le 4 mars, M. Sheridan demanda là nomination d'un

io8 HisTOiBE d'Angleterre.

"~"~~' comité chargé de vérifier les bruits de séditions en An- '^ * gleterre, de recueillir les faits à Tappui de ces rumeurs, et de les constater. « Il étoit convaincu d'avance, affirma-t-il,^u'il n'étoit rien arrivé qui justifiât les alarmes causées par ces rapports. » Il essaya de prouver que le gouvernement et ses agents avoient officieusement propagé ces alarmes pour faire oublier au public le grand intérêt de la réforme parlementaire. Il condamna le zèle de la société formée contre les républicains, et lui reprocha d'adopter, avec une crédulité passionnée, des dénonciations anonymes.

La motion fut débattue, non sans aigreur, et finit par être rejetée sans division.

Le i5 mars, le procureur-général présenta dans la chambre des communes un bill pour prévenir toute correspondance criminelle avec l'ennemi pendant la guerre. Le bill faisoit défense à tout sujet de sa majesté britannique, sous peine d'encourir l'çiccusation de hautetrahison, de fournir à la France, à ses armées, à son gouvernement, des armes, des munitions navales, des vivres, de largent, des étoffes de laine. Il défendoit également d'acheter en France des propriétés territoriales, ou des effets publics; d'aller d'Angleterre en France, sans une autorisation scellée du grand-sceau; d'assurer aucun navire venant de France, ou frété pour cette destination. M. Fox combattit chacune de ces prohibitions comme violant l'humanité, la justice, et donnant une extension tyrannique aux lois sur la trahison. M. Burke fut un des défenseurs du bill , qui passa dans les deux chambres , après avoir subi dans celle des lords quelques modifications que les communes approuvèrent. M. Fox, avant la clôture de la session, proposa de

rédiger une adresse au roi pour le supplier de prendre toutes les mesures nécessaires afin de procurer à la '^ ' Grande-Bretagne une paix honorable et prompte. Cette motion, qui fut rejetée, renouvela des discours véhéments et d aigres répliques sur les causes de la guerre et Tétat actuel du gouvernement François.

Reprenons le fil des événements dont la France étoit le théâtre déplorable.

La convention crut faire une grâce à Louis en lui permettant de nommer deux hommes à son choix pour l'assister de leurs conseils. Il choisit Trbnchet et Target , membres de l'assemblée constituante. Target se refusa lâchement à cette demande , et ce refus attacha à son nom une flétrissure ineffaçable. Tronchet accepta sans hésiter, quoiqu'il fût plus que septuagénaire. Lamoignon de Malesherbes, ancien ministre d'état^, philosophe estimé, savant modeste, recommandé par soixabte-dix ans de vertus et de travaux utiles, offrit ses secours à l'illustre accusé. Les deux respectables vieillards s'associèrent de Sèze, célèbre avocat bordelois, homme éloquent et courageux. La défense du roi fut à peine écoutée.

Le i5 de janvier, la convention, après un appel nonlirial, déclara « que Louis Capet, ci -devant roi de France, étoit coupable de conspiration contre la liberté de la nation, et d'attentat à la sûreté générale. »

D'après un autre appel nominal, sur la question de Condamsavoir si le décret seroit soumis à la sanction du peuple, ^^^^^^ de une majorité de 424 voix, sur 727, prononça la ne- xvi. gative. *

Le lendemain^ sur 721 votants, 366 voix envoyèrent à la mort vu monarque que la loi protégeoit , un roi ver-

^^9 HISTOLAE D.^AMG1.1ÇT£RA£.

— ^' — \iibeuj^ i MB^ de ses siijeta, ^vare àfi leur s^ang et de leurs *^ larmes, ewfii^essé de faire le ]^ieii aussitôt q^u'oa le ^ prés^ptoit. Loui|sXV( ayoit aboli le^ corvées , ];a tortuire^ ie&ç^yage. Sqi^ e^çepipje ea^igi^ If s moeurs : )a coi^ rp,p^<>^ d^s cours ue Tav^t poi^f atteiajl ; la fl^^terie ne Tapprochoit point (k).

L'aiS^f pblée ç<Histitu^9te hU rayit soq pouvoir et ses honneurs : il fut détrôné par Tassem^^^lée législative; |a cqnveptioii Tassassina.

Jue due d'Qrlé^n^ j piembre df la cpQve^tioo , sous le mnif^ ^Égali^y vQta la mort du roi s<^q pareil:.

Thouia^ Paynç, démagogue américain, vota pour \e ^^MY^r. M^puel, un de^ autpurs 4e 1^ jourqée du ip ^Qut» i^e voti poipt;, et se retira de 1^ cQuventiou ay^ effroi.

Louis ^vpit fait sqd tes^çiipent long-temps avaut ^p rsurêt de $a qoudamnalion fût reqdi;. C'est un c}iefd'oeuvre de magnanimité, de noible r^igjaation, d'béroïsme religieux.

Supplice L'infortuné mo^firque fut décsipi^é le 3 1 janvier, à du roi. deux jpurs de T^nniversaire du meurtre juridique de Charles L Cent quarante-quatre ans se sont écoul^ entre jç^s deux mén^^orables évéuemepts, les seuJs de cp genre daps rbistoire des nations chrétiennes. Le crime de la m^VX de Louis XVI a^vou^ ses bourreaux à l'exjécratiop des siéqles.

(i) Un Au^ois ne peut oublier que Louis XVI fito^rdonner à tous les officiers de sa marine de respecter le vaisseau, la perspnne et la mission du capitaine Cook, et de lui laisser poursuivre tranquillement le cours d*une navi(jation à laquelle l'Europe devoit une connoitôance exacte de l'hémisphère austral, et tant d'antres découvertes.

(NoUde r auteur. )

GEaRGEs^ nr. tti

La cottirttîtioni nationale ayant en-veïoppéïa HoHande """"^

dans ta déciaratioH de gtierre faîte à l'Angleterre, l'ar- ^^^* mée Françoise qui-devoit agir en Batarie sons les ordres dû général Dmnouriez! mit le pied sur le territoire bol- La (andots lé 17 de février. Dnmouriez fit assiéger Bredai Hollande

' "est atta-

par le généra! d'Arçota. Le colonel Lcclerc eut ordre de quée. fclocf uer, au nioyeà d'un cantonnement serré , Steenberg et Berg-op-Zoom. Les commandants de ces deux dernières places abandonnèrent tous les dehors ; et le commandant de Berg-opZooin basarda deux ou trois sorties ^ans sticcès. Breda se rendit à peine attaqué. Rlandert ùe tint pas davantage. Mastricht , investi par une armée dé vingt mille hommes que le général Miranda comr màndôit , ne répondit à la sommation de se rendre qu'en redoublant le feu de ^s batteries , babilement dirigées. La place étoit remplie d'Aaaigrési françois , et défendue pàt M. d'Auticbanbïp, le meilleur des lieutenants-génél^tfux de l'armée de Gondé.

L-armée françoise étoit divisée. Ses généraux ne s'accoitdoient point; àcrcun concert ne régnoit dans leurs bpéi^atîons. Le pHnée de Cobotirg, instruit de cette Succès iâàésinteSligen^é, résolut d'en profiter. H marcha vers j^^l-^"" Aldéiïhovefe, dont il ^'empara. Tous les quartiers se i^ptiërent snt Liège en désordre et sans combat. Le Veneur; <jui cbmmaitdoit l'al^que de Mastricbt du côté de WiVch , se retira précipitamment. Les impériaux entrèrent à Mastriicht, à Liège, et se rendirent maîtres de tous les magasins .

Pendafint que les troupes françoises essuyoient cet échec, le général Dumouriei: accéléroit, par sa présence, les préparatifs d'une flottille qui devoit le porter sm -'delà du Mordyck. Mais ses soldats h redemandant à

iï4 HISTOIRE D'ANGLETERRE.

connoissôient pas étoîent envoyés à l'échafaud comme

'^ * complices d'une même conjuration. Ces horreurs se

renouveloient sans cesse : Finstrument de ïnort ne se

reposoit pas.

Guerre Cependant une guerre intérieure éclatôit de tous côtés:

t/r'ieurde Marseille étoit en insurrection; Une partie du Roussillon

Ift France, tomboit aù pouvoir des Espagnols ; Lyon n'obéissoit

plus aux décrets ; le département de la Vendée, composé

d'hommes belliqueux, attachés à la religion et royalistes

ardents, assembloit une armée que toutes les forces des

républicains n'ont jamais pu détruire (i).

La convention avoit admis dans son sein un misérable! folliculaire appelé Marat; et chaque jour la tribune retentissoit de ses motions insensées. Une jeune fille eikthousiaste, nommée Charlotte Cùrdaj, crut que cet honime étoit dangereux; elle se persuada qu'elle en devoit le sacrifice à son pays. Venue de Caen pour tefFectuer son projet, elle se présenta chez Marat, et regorgea. Charlotte ne chercha point à se dérober aux poursuites » et mourut sur Téchafaud 'd'une manière héroïque^

On ne saurôît comprendre comment, datis le pays le .. plus cîvilièé de l'Europe, le gouvernement avoit pu descendre en des mains aussi vHes. On lie conçoit guère

.(i) Il seporb^e qu'eau C!éléi>re.|)a99age.tïe Shakasipearé tronve ici soft appUcation : ' . • ..

« La vie de tout homme est précieuse pour lui ^ mais la vie de qui « dépendant tant de ries , celle des souverains , est précieuse pour «tous. Un crime fait-il disparoitre la majesté royale , à la place n qu*ene' dcdipoit il se forme un- gouffre effroyable , et tout fce qui « l'environne s'y précipite. »

Ifamlety acte fil, scène VIH.

( Note de l'auteur. )

GEoiiGEi ni. Il5

mieux TasMirvûsement èe tout un peuple à d'ignobles tyrans dont toute la politique étoit dans leur audace. ^^ Toutefois, il faut l'avouer, cette convention, abhorrée ^ de TEurôpe entière, agitée de ses propres fureurs pressée de toutes parts, et faisant face à tout, excite de Tétonne* ment, et même une sorte d'admiration involontaire.

Le i8 août, le duc d'York s'avança vers Menin. Lé* ^■*''.* Hollâttâ'ois en gaiiiison dans cette place étoient serrée du duc de'si'p^è^ par les républicaîn^, ^de le prince héréditaire ju/duq. d'Orange liemânda du secours ,aut Anglois. Le général kêrqae. Lake, détatbé par le duc d'York', avec trois bataillons , Lhassa l'ëtitietni d'une forte redouté , dans le village dé LincelfesrLes Anglois espéraient se rendre maîtres 'dé Dutikerqiïe', mais la coopérartion d^ane armée na vale^étoft Dcces^afcrtÈ'à' l'exécution ée ce éésséiii, et la grosse artillerie du duc d'York n'arrivoit pas; de sorte qiie les f^rançcbi'ërfrent lé* temps de'riassembler des forèès considérables^ ;'pmrt^ contraindre lé^ assaillants à lever Je . «iêgé/---'.'*^ -'-'''■ ■ ' -^ •• • •^' , '' '' ^

Les babitâWS de* Toulon livrèrent à Paniirâl Hdoi '^'^^'^^. ! tênt ville, 'l'e-pcrrt et les vaisseaux-, soiis la condition que lotit serbît restitué quand la FMance'âbroit un mônariqué. La ipfetfiiêriB •àrittée' frafidoTSe4|ui -s'approcha pbiifr ré^ -pifetid?e<^ètte\»ille étoit insuffisante j mais après qii'elïe ctet»éte gfosî^è ^cir des ii&fïfoHS^,'?^ 'garnison se trtmvà f fbp fbiMe potfr défendrei'l& otiViT<gès*qui prôtégeoient cette place, et le général anglois prit le parti de l'éX'Bcueri. 8ïdîièi^''Smith brûla dît* sept vaisseaux dé'H'^ne, plusieurs frégates, l'arsénâl et les inagasîns. En' cette éccâsîcrh i • là' 'màiinèfrançoisé reçut un écîhec dont il étoit difficile "(^u'ëHé se relevât def long- temps; mais quelque avantage qu'en ait recueilli la nation rivale; tiii

Il6 HISTOIRE D^ANCLETERRC.

" historien anglois n hésite point à condamner celui qui

*' 7^ * dit à Fennemi : « Viens déchirer le sein de ma patrie pour

« me venger. »

^yo** La ville de Lyon avoit levé Tétendard de la révolte. Elle soutint un siège de deux mois , et ne se rendit que lorsque le canon en eut fait tomber les murailles. La convention chargea de ses vengeances deux hommes exécrables, Dubois-Crancé, commissaire des guerres^ et CoUot-d'Herbois , histrion devenu législateur. Ce dernier, humilié long- temps sur le théâtre de Lyon> s'en souvint avec rage; il couvrit les belles rives dU' Rhône de ruines <et d'assassinats. Les sommes immenses qu'il pilla, de tous côtés furent prodiguées aux démolisseurs. Il en coûta plus pour détruire une opulente cité , que Periclès ne dépensa pour embellir Athènes desuperbes édificeg.. .':.,.

Sopplice - ^^ I Ç octobre , la reine périt sur l'échofaud* Celte • ' j princesse, que les François avoient enivrée d'hoiftmag^

France, étoit devenue l'objet de leur inimitié. Traînée des pompes, du trône aux honneurs du supplice ,' die ne

' ' ' ' j- se.démentit point. Elle eut un mouvement dubUtne dch vaut les^ scélérats qui la jugeoient. Madame Elisabeth « ;sœur. de Louis XVI, partagea son sort. Le v^rtueui: .M^lesherbes mourut comme Phocion.'L'jionnéteet saj- .vant fiailly, cruellement désabusé de la. ^évolutiop^ épuisa la férx>cité d'une populace dont il ayoit é^i l'idole.. ; , , • ^

Cette Providence qui permet le crime-etnfrsiaspend la punition que pour la rendre inévitable amena l'auteur de tant de maux sous la hache xpjUl avoit aiguisée lui-même; et la fin du ^duc d'Orléans/parut digne de sa vie. . ., . ,

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GEORGES IIT. II7

L'histoire répugne à rappeler tout ce que cette époque eut d'affreux.

L'armée frauçoise, souvent victorieuse, soutenoit LesAnrhonneur d'un peuple qu^la convention flétrissoit. Les g^J^f J.*"^ alliés , sous les ordres du duc de Brunswick et du gêné- tes aurai Wurmser, eurent d'abord des succès sur le Rhin ; ^1^0^** mais bientôt les François , supérieurs en nombre et commandés par des chefs plus habiles, furent en état de déborder l'ennemi. Wurmser échoua dans une tentative pour surprendre Strasbourg, et se replia sur Ha* guenau. Les républicains, après des attaques répétées, forcèrent les lignes, et rejetèrent les Autrichiens au-delà du Rhin. Les Prussiens abandonnèrent le siège de Landau. Le duc de Brunswick alla prendre ses quartiers à ^yence.

Le comté de Nice fut le théâtre de quelques dictions entre les troupes sardes et françoises ; il n'en résulta rien de très important. Gènes inclinoit à prendre le parti des François ; la présence d'une flotte angloise ne le lui permit pas. Le grand-duc de Toscane, pressé par le ministre anglois , se déclara contre la France. Il jie se passoit rien à la frontière d'Espagne qui mérite d'être rapporté.

Les Anglois déployoient une grande activité dans AflFaire» l'autre hémisphère. Le 12 août, une petite escadre, ^^^iJ^ partie de la Barbade, soumit Tabago, Les habitants royalistes de la Martinique avoient invité les Anglois à s'emparer de leur île; mais cette entreprise, mal con* duite, ne réussit point. L'ile de Saint-Domingue, dé- 4;hirée par des discordes civiles, gémissoit sous la tyrannie des commissaires de la convention, et, pour s'y soustraii^, imploroit la protection du gouvernemeai

Il8 HISTOIRE D'ANGLETERRE.

. britanuique. Le général Williainson partit de la Ja-

'^^ * maïque au mois de septembre, pour se rendre maitre de la ville et des forts de Jérémie, qui ne firent aucune résistance.

Indes Dans rinde, la nouvelle de la déclaration de guerre prientar j^^ parvint qu'en juin à Calcutta. De ce manient les hostilités commencèrent. Les Anglois s'en^parèrent de tous les établissements françois situés, le Iqlig de la côte, et de tous les vaisseaux qui se trouvoient dans les ports. Ils attaquèrent Pondichéry; cette place se rendit au colonel Braithwaite. Tous les autres comptoirs françois du Bengale et de la côte de Malabar tombèrent également au pouvoir des Anglais , et le pavillon de France ne reparut plus sur le continent indien.

La révolution françoise con^ptoit de très ardents prpsélytes en Angleterre parmi les membres des clubs, composés, pour la plupart, de théologiens politiques. Ces hommes se passionnoient dé bonne foi pour des théories dont ils n'aperce voient ni les principes ni les résultats. C'est une chose hors de doute que laconven-tion avoit renversé toutes les idées qui fondent et maintiennent l'ordre social : un législateur qui prétend élever la liberté sur les ruines de la morale n'entend ni Tune ni l'autre.

Projet En Ecosse , les zélateurs de la réforme avoient eu le coiiv^n- P**^]®^ ^® former une convention nationale;, et, comme tion na- j^Is sc rapprochoicnt , dans l'organisation de cette assemen Ecosse, ^lée, du Système des républicains françois, ils excitèrent l'attention du gouvernement. On arrêta les diefs ; on instruisit leur procès, on s'arma contre eux d'une vieille loi d'Ecosse dont le texte assez vague se prêtoit à des applications arbitraires. M. Muir et M. Palmer

GEORGES m. iig

furent condamnés à ]a déportation ; mais Topinion pu- r— — blique se souleva contre le jugement ; il étoit rigoureux ^^ ' et même injuste. La bonne réputation des deux hommes qui le subirent, et le rang qu'ils occupoient dans la société , méritoient plus de ménagement et plus d'indulgende.

Les cours de Berlin et de Pétersbourg démembrèrent une seconde fois la Pologne sous des prétextes que les circonstances fournissoient à leur ambitieuse cupidité. Vainement la diète de Grodno réclama-t-elle contre cet abus de la force ; vainement implora-t-elle Téquité des autres puissances; il fallut composer avec des spoliateurs dont les prétentions étoient appuyées par deux ou trois cent mille hommes. Le rpi de Prusse et la czarine arrachèrent encore chacun un lambeau de ce misérable pays.

Le parlement rentra le 21 janvier. Le roi, dans sa 1794. harangue , insista sur la nécessité de pousser, sans dé- Parle-

1 1 X • ^ ' % ' ment.

CQuragement, une guerre dont le succès mteressoit 4e maintien de la constitution et des lois de la société civile. Il représenta le système qu'avoit adopté le pouvoir usurpateur qui gouvernoit la France comme abusant des ressources de ce pays et tendant à les épuiser.

Ce discours fut applaudi de tous les amis du ministère : on rédigea des adresses de remerciement dans les deux chambres, et les amendements proposés pour saisir Toccasion d'une paix honorable furent repoussés par de nombreuses majorités.

Des troupes hessoises débarquées dans l'île de Wight Dcbat§. y demeuroient stationnées jusqu'à ce que le gouvernement les employât. Elles occasionèrent des débats très l'opposition soutenoit que Tintroduction de

lao HISTOIRE D ANGLETERRE.

troupes étrangères dans le royaume étoit une mesure '^ illégale et qui requéroit Tassentiment des chambres. Les ministres et leurs partisans répondoient qu'aucune loi ne justifioit cette assertion , et que le gouvernement n'avoit pas excédé son pouvoir. Une augmentation dans la marine fut adoptée. On combattit la proposition de porter l'armée de terre jusqu'à soixante mille hommes. M. Pitt, pour prouver qu'une moindre force seroit insuffisante, montra les François changés en une nation armée tout entière. Le 2 février, ce ministre mit sous les yeux de la chambre un état des dépenses qu'entrainoit la continuation de la guerre, et l'aperçu des voies et moyens pour y subvenir; il évalua les troupes' de l'intérieurdu royaume à cept quarante mille hommes, et les troupes étrangères à la solde de la Grande-Bretagne à quarante mille. Il calcula que les besoins de l'état demandéroient au-delà de vingt millions. Le 17 février, le marquis de Lansdown, après une déclamation emportée contre le ministère, fit la motion d'une adresse au roi. « Sa majesté sauroit, dit lord Lansdown, « que si le projet de soumettre la France est irréfléchi , « celui de la désabuser n'est pas plus sage. Un peuple « raisonnable ne se bat point contre des idées. Je ne juge « point les dogmes de la révolution françoise, et je pense « même qu'une nation ardente n'a pu s'arrêter sur la * pente où des hommes exagérés l'ont poussée ; mais « je soutiens que, si cet édifice est aussi mal assis qu'on « le prétend, il faut l'abandonnei* à sa propre fragilité. « Quant à la coalition, je n'en attends rien; il est de la « nature de ces sortes de ligues de se dissoudre avant fi que d'avoir rien entrepris. C'est l'effet infaillible et né- « cessaire de la discordance des intérêts. Ces motifs réu-

GEORGES Iir. i2ï

« nis me font désirer qile sa majesté ne refuse point d'en- jr*

« trer en négociation avec la république françoise. » ^^

Cette motion fut rejetée par io3 voix contre i3. Les ministres triomphoîent au parlement ; mais la guerre les embarrassoit. li'étoit urgent de mettre en état de défense tous les points accessibles. M. Pitt demanda que la milice ftlt augmentée; qu'en outre il se ftt, dans chaque comté, deslevées de volontaires. On accepta ces deux propositions. Mais le parti que les ministres prirent, sans l'aveu du parlement, de requérir une levée de compagnies d'hommes à cheval et de fantassins , fut traité, par l'opposition , de mesure inconstitutionnelle : on leur reprocha sur-tout d'avoir fait annoncer, dans les feuilles publiques que ceux qui n'açquiesceroient pas à cette réquisition seroient regardés comme des ennemis du gouvernement.

Cette question fut mise aux voix, et décidée pour le ministère.

M. Pitt proposa, le premier avril , un bill d'encoura- Proposîgement pour tous ceux qui s'attacheroient au service de Jj^^piu* l'état pendant la guerre. Il fit adopter un autre bill pour autoriser les François à s'enrôler dans l'armée britaunique, et pour employer, comme ingénieurs, les officiers de cette nation qui demanderoient à servir. Ces mesures élevèrent au plus haut degré l'influence du gouvernement , et répandirent dans toutes les parties du royaume un esprit belliqueux.

On disputa violemment au sujet des traités de subsî- Traités de des conclus avec les princes de la coalition. M. Grey ^'"^"des. témoigna la crainte que le roi n'eût pris des engagements avec des princes dont l'ambition étoit de se mêler çles affaires d'un pays qui n'appeloit ni leur concours ni

ia;t, HISTOIEE DANGLETERRE.

— ~~"~ leur interventioi^. Jje traité qui stipuloit pour le roi de *79^' Prusse un subside j^us considérable devoit essuyer aussi plus de contradiction. On s étendit sur les causes de la guerre, sur la perspective d^s chances qu'elle préaentoit, sur ses prétendus avantages qui, judicieusement appréciés , ne compenseroient pas les sacrifices. On prouva que les puissances auxquelles on paypitdes subsides, fort indifférentes au succès de la cause commune, en s'occupoient que de leurs intérêts particuliers.

Succès Malgré toutes ces représentations, la majorité fut

Biinisière. toujours pour le ministère.

Dîfficul- La guerre contre la France engagea l'Angleterre dans

iITé*^^^ quelques difficultés, qui pou voient devenir assez graves, Uois. avec les États-Unis d'Amérique. Peu de temps avant la rupture ouverte entre la république françoise et la Grande-Bretagne, le gouvernement anglois avoit ordoqné la saisie de tout navire américain qui porteroit du grain en Frsmce. L'ordre ajoutoit qu'en s'emparant de la cargaison du bâtiment, on en rembourseroit la valeur. Les Américains se plaignirent d'un procédé qui, disoîent-ils, «attentoità leur indépendance. » Bientôt tin nouvel ordre émané du gouvernement britannique enjoignit de saisir tous les vaisseaux américains portant des vivres ou des munitions aux colonies françoises , et de forcer tous ceux qui partoient des îles angloisçs à déclarer, sous caution, qu'ils d^poseroient leur chargexncnt dans des ports anglois ou neutres.

En conséquence de cette mesure, on arrêta , dans l'espace de cinq mois , plus de six ceat^, bâtiments américains. Les États écvjvirent pour témoigner lepr mécouT lentement. Après un embargo de trente jours, mis sur

OrORCES Iir. |23r

les Vaisseaux angloîs, ils envoyèrent à'Londr^, enqua-* ,

Lté de ministre plénipotentiaire , M. Jay, grand-jngé des États-Unis^ et tous les différents s'arrangèrent à la satisfaction des deux gouvernements. '

La France annonçoit toujours le projet d'une dec* Alarmes cente en Angleterre ; mais le ministère anglois craignoit vernebien moins lapparition de ses armées que l'invasion dé ^®'^*. ^"' ses doctrines. La cause des révolutionnaires françois les liant, par une complète identité de principes, aux partisans de la réforme du parlement d'Angleterre, ceux-ci redoubloient d'exaltation et d'audace. Leurs sociétés se multiplioiènt; elles entretenoient, avec les jacobins françois, un commerce secret, que d'adroites précautions déroboient à la vigilance du gouvernement.

On a déjà dit que le bras de la j ustice s'étoit appesanti sur une société de ce genre en Ecosse, et que ce jugement avoit été censuré. M. Adam fit connoître à cette occasion , 4ans une des premières séances du parlement, que son intention étoit de proposer des change^ ments aux lois criminelles de l'Ecosse, et notamment aux appels de la cour du justicier.

A l'intérêt d'une amélioration générale dans le sys- Motions tème de ces lois se joignoit le désir d'y faire entrer une Changeclause en faveur de MM.Muir et Palmer, pour autoriser mentsau^

^ . . - . * lois cri-

a revenir sur les jugements prononcés en 1 793 , et pour minellei, rendre les condamnés aptes à former un appel fondé sur Terreur de la loi.

Cette motion fut rejetée.

M. Sheridan parla pour M. Palmer, en présentant une pétition par laquelle ce dernier réclamoit contre un jugement précipité. M. Dundas déclara que toutes ces démarches étoient vaines, l'ordre de déportation étant

•^■~'*" signé. Cette réponse causa beaucoup d'agitation dans '79^* la chambre. On se plaignit d'un empressement qui ressembloit à la passion ; on proposa d'empêcher le départ du bâtiment; mais cela ne fut point appuyé. Le lo; M. Adam demanda la révision du procès. M. .Fox et M. Sheridan attaquèrent le jugement. Il fut énergiquement défendu par Tavocat-général d'Ecosse, par M. Pitt et M. Windham : 77 voix contre 24 repoussèrent tous les efforts de l'opposition. Le résultat fut le même à la chambre des pairs.

Orateurs Leg deux premières sociétés politiques en Ancleterre

séditieux . i i . w

conduits étoieot le club de X Instruction constitutionnelle et la soa la Tour. çj^|.^ j^ Correspondance. Depuis la formation de ces sociétés, le gouvernement a voit eu les yeux sur elles; et lorsqu'il se crut éclairé par des documents assez positifs pour lui donner le droit de porter contre elles une accusation légale, il fit arrêter et conduire à la Tour quelques uns de leurs orateurs reconnus poyr les plus dangereux.

Le 12 , un message royal informa les deux chambres que les sociétés de Londres, unies à plusieurs autres qui partageoient leurs espérancfes, avoient ourdi clandestinement un complot pour former une convention qui représentât le peuple d'Angleterre; que leurs papiers avoiént été saisis , et qu'ils seroient placés sous les yeux du parlement.

Proposi- M. Pitt, en proposant une adresse de remerciement à fiuspen- sa majesté, demanda le renvoi des pièces aux membres r;ilr ^'"^ comité secret. Le comité fit son rapport le 16. Le corpus, ministre, après s'être étendu sur les faits et sur leurs •conséquences inévitables, proposa la suspension de la loi à'habecks corpus. La minorité jeta des cris sur cette

GEORGES llf. taS

{proposition : rien ne prouvoit la nécessité d^iKie mesure extrême; Tétat .s'acmoit contre un péril ima{;inaire. '^*

On soutint les ministres avec une chaleur égaler M. Windham alla jusqu'à dire que , si les lois existantes ne sufEsoient pas pour conjurer Forage révolutionnaire^ • • il falloit en porterd autres, plus efficaces et plus rassurantes. Ce discours irrita M. Fox; il réfuta le vœu de ]Vf ; Windham comme une menace alarmante pour tous Xeis amis de la libertés M. Pitt répliqua très vivement. .«'Loin de nous, dit-il, ce quon se plaît à nous siippo^ .« ser! le gouverpismenl saura se défendre de toute ri*- « gueur illicite. Il n^ portera jamais Atteinte au droit Rqn a le peuple de se réunir pour s'occuper d'objets jft- avoués pair les lois, et pour demander le redressement « des abus ; mais il ne souffrira point que la démagogie « mette ses réyes[ ^itjieux à \^ place de la constitution j« britannique^ «/ . - ■ * . . ' ' '

^ , .l[|P..I:tiU ne fut f^^ lA^ins combattu dans la chambrerhaute. Lord Thurlow.lifti dopna s& v^iX; mais ilne vo*- 4pit,.ajouta-tri]|, qfi'^vec la f^résomption que la mesure i^oirnéicess^i^Wj, .flî.qiU('<>n:aypiCadquis la preuve dek Jguts,qui, dans^iSbp opinion, reptroiept^dan^la catégèr ^i^ de^ séditipns., e^ i^cip dans qçlle;de3 crimes d'^tat^ f ., ,4prè^ la cony^r^ion^du bill en loi , 1^ ejaalubrea adop»- La propos .ti^rpnt une,£[d.j?fsse, auroi popr déclarer l^ur ferme! rér *^ll\^^ .^qlutipi^de punir les feuteurs dç la, conspiration qu-on leur avpit décçuverte/^t pour investir sa majesté d'une rplnis grandeétend^e de pouvoir, afin .quaueiin eni^emi .du^gjouvernement n'échappât ;à la sévérité des l^Si ! » . Trei;&e men^hr^ç^^.Jâ société de n^orme furent mis Treize j^Ur^ccusatiçin, LeSîprpçè^.comiiïençèi'wt par celui de ^^^^^^ ;Thomas Hardy ^ pi'é^ejt u , comme ^s icwa^plices « de neuf société ,

)36 HISTOIRE o'aN^GLE/TERRE.

ndes de traliison. On attendoit révénetnent de ce pm- ^' ces avec une sollicitude d'autant plus vive, qu'indépeipréforme dàmment des treize accusés, plusieurs sociétaire»^ non sont mis juQÎng fbugucux et plus iàiportants^ é^ent désignés sation. BU procureur-général, et qu'oii ne doutoit pas qu'ils ne fussent incessamment enveloppés dans la même proc^ ^ure. La lecture de raolè d'accusation duraneuf heures ; après quoi les témoins fment adfuis à d^o^er. Ce qu'il y jeut d'heureuTS pOQy'Xl^omas Hardy, c'est qu'aucun des téqioins dignes dd><;o»6aûee ne-le chargea personnèJlc!- •ment; qu'en qualité de secrétaire de la société, sa fonc- .tMiii se bornoit à tenir le registi^edfes séances; que lés séanoes étoient publiques, et que la réforme, parletnentaire en avoit été le seuJ objet îipparent. 1/e jury rféclara TJbopias Hardy non oo^ipable. -

Ils sont • L« prooè» de M. Horfiê Tooké JFut ïé second, et finit absous, jg même par l'absolution de Taccusé. Le ^i^vë^tlëinein f(e<<âési6ta de teinta poursuite iïhét4ê|uhËi^ et fês-sHitres prfsooiîievftftiçeûf tnis en libeMlé.'"' ••'• • ^" '' .')-;ul ;> nlK rnnion>dôSf>pi^sd^tt^0 îligttééS'déûti-é-la Freln<*<*fe ftk soutenue duns/la^fervewrdeliêiH^s t^Éâfëres'di^^- ^ibto, certes lâffé^blique étëhIpe*dûè!*«ibis'#e^fc«ê^ ploi^^ pour relâcher lës' noéiid^' de ffe'Coalitioià',^ dfeS f(f ni -içeyens quii^ feii-etft pas* inutilé^i^ï^tté^â-coiip ^é-^duc tiô Brunswtet^CjftiïttWiê commandëfeèfit^iyrtiéîeé^fWîW- «iéflfle; Il s'éi:4ibBr ckis l^élëtibris^ ëini^fes ëfltl^êltf WHlicfe «irtePiittS^f à 4'dd€fas*diii*de l'éêhangfer dfe^ prîsônfcîéfS^^ «ti'Eiiédérk><îu»iflteume:pà>roissDtt>I^*à'^è retirefe êe'lli coalitio^n si quetqu^uiie des puisdâ«k;èâ'-é?è^tifédéi^êé^'bë n T aicn^moit à rindemniser de^ frai^tpl^il'ne pouvoit plus ';|,'" u^ppbrter. Que cette dédlaratiôtiifût'smcîèrerou non, H ^ ^ Ifat comyenu , ^iè t<raité sigtié^ le^6 ^mt; ^ntre les toIs

.'•^ i aoiiiz

GKORGEs m. liy

d'Angleterre et de Prusse, et les états-généraux des Pro ' ^ "" ' ' virices-TJnies^ que la cour de Berlin fourniroit une ar- '^* tnée de soixante-deux mille quatre cents hommes , pour Tentretien de laquelle on lui paieroit une somme de deuji millions deux cent mille livres; que là Hollande ooncotirroit à ce subside pour une somme de quatre cent mille livres, et que le reste sôroit à la charge de l'Angleterre.

L'armée des Autrichiens dans les Payè-Bâà alloît Succès «ntrer en campagne, quand il s^éleva des contestations rarméé sur le droit de commander en chef. Le duc d'York refusa ^«^«^F^^ de servir sous le général Clayrfair, et déclara qu'il soutiendrait son rang, à moins que l'empereur ne com^ mandât en personne. L'empereur se rendit à Bruxelles, '-et de là rejoignit l'armée. Pendant deux ou trois mois, lés avantages et les pertes se balancèrent des deux dotés. Le 26 juin , tandis que le général Jôurdan assiégeoh Charleroi, les alliés firent une attaque ^ur tous ses postes, dans les plaines de Fleurus. Complètement bat- -tus par les François, ils furent poussés en désordre jusqu'aux portes de Halle. Le reste de la campagne ne ftlt qu'une suite de succès pour les républicains: Ilseiitrètent en varriqueurs à Charleroi. MoreaU s'en^para •''/./ •d'Ypt^e^, et défit le général Clayrfait; Ostèndé téral 'lés . j ^ Franîebis avec une joie qui prouva combien le$ Beïges ^tbleiat fatigués àe la domination autriéhienne'.Gàhd, TVfalitaes, Bruxelles, Anvers, Louvâîn, Namur, se soumirent ou furent emportés. Le Brabant et la Fltfndk'e iitttriehienne passèrent en peu de jours sons les lois • ^

françoises. 1 ; ■ ■ . ..[... ...

Lés alliés hé réussiss6ient pas mîèux sur lés fron- PrUe de ^i^reè' d'Allemagne. Un engagement opiniâtre eut lieu-, Trêve»

rà8 HISTOIRE d'Angleterre.

- ks 12 et ï 3 juillet, entre les Fraaçois et les Prussicn<r« ^ , Ces derniers furent défaits et mis en déroute. Les Im-

par les ^ , . . ^^ . . ,

François, penaux soutinrent, avec une infériorité constante, plusieurs combats qui les épuisèrent. Ils furent obligés de repasser le Rhin. Les Prussiens se retirèrent sur •Mayencep Une armée françoise prit Trêves le 8 aoûtl Les alliés étoient maîtres de I^andrecy, de Condé, du Quesnoi , de Valenciennes : à la première sommation ils {les évacuèrent.

Déeoura- . L'empereur avait quitté l'armée , tellement découragé . • de* pa^ les événements, et si mécontent du roi de Prusse, Tempe- qu'on ne doutoit pas que les conseils d'Autriche ne le détachassent de la coalition . Le comte Spencer et M. Thomas Grenville furent envoyés de Londres pour soutenir la constance de ce prince dans les engagements qu'il .ayoit pris. Ils y parvinrent au moyen d'un subside i^Çonsidérable^ Les François faisoient la guerre à toute ~ J'Europe , qui ne leur résistoit qu'avec l'or de l'An- ..gleterre.

. . Ils s'étoient emparés d'Aix-la-Chapelle, de Cologne^

4e Coblentz, et de plusieurs autres places qui bordent

IpRhin.

I^e d"c .^ i^ duc d'York, après avoir aidé le prince d'Orange à

se retire. ;fflettre,en sûreté Bois-le-Duc et Breda, porta son armée

Je long du Dommel. Pichegru s'y présenta, le i4.sQp-

fç^bre, avec des forces imposantes. Le duc sentit;toiU

.Iç, désavantage de la position qu'il occupoit, et se retira

.§ur Qrave. ;. , , : . . ' .

Capitula- • Les Frauçois s'avançoient vers la Hollande : la ter-

tion de ^^^^ ^^j gg répandoit de toutes parts leur en fçicilitpit

,r : . Ja conquête. Le duc d'York étoit venu camper sous les

tfv . r i^urs de îîiinégue. L'ennemi passa le Waal ^ attaqua

les postes anglois, et chassa devant lui des cohps d'étni- ~

grés françois , qui ne cédèrent le terrain qUe pied à pied. ^/xV

Nimégue fut investi , se défendit mollement, et capi- tionda

tula. Mastricht, pressé par Kléber, se rendit le 14 fio- tJ^JJ^ vembrCy après quarante jours de siège. La Hollande se retrouvoit dans la crise de 1671.

Les républicains triompboient également sur une ^^^P^

blicaint

autre froiftière. Vainqueurs des Espagnols à Saint-Jean- ëgale-

meiitTÎ torienz

de-Luz, à CoUioure, ils attaquèrent et prirent Belle- """^ ''**^

garde avec sa garnison de six mille hommes. Pour réparer cet échec, les Espagnols rassemblèrent lelite dé ^P*«^* leu)rs troupes, et marchèrent contre les François, qui les rencontrèrent à Spanilles, le 17 octobre. Ces derniers y remportèrent une victoire qui fut achetée par la mort de leur général Dugommier. Figueras se rendit sans résistance, quoique cette place eût une garnison de dix mille hommes. L'armée d'Espagne, salis faire d'autres tentatives, se tint derrière une ligne de postes fortifiés, dans une étendue de près de quarante lieues; mais elle y fîit sans cesse inquiétée par les François, qui forcèrent les lignes sur douze points à la-fois. Il s en feUut bien peu qu'en cette occasion l'armée ne fut entièrement détruite.

Le roi de Sardaigne eut encore moins à s'applaudir Campd^ que d'autres puissances de s'être déclaré contre les pfémont. François* Ceux-ci réduisirent la ville d'Oùeille, située sur le golfe de Gênes, défirent un grand corps d'Autrichiens et de Sardes combinés, pénétrèrent dans le Piémont, emportèrent un fort retranchement au col de Tende, pendant que le général Dumas balayoit le passage du Mont-Cenis, serendoit maître des redoutes et ai. * 9

fl3p HlSTOI^i: ^•^vVGLKTEBRR.

— — des batteries qyi «iefeiidaieat la looitfagiie) etHasçoil ^^ Tannée sarde à précipiter sa retraite en abandonnant ses munitions et ses qaaaos.

L*o«ii4re Les François furent moins benreux s^r un autre âé*-

e![tbattue went : ik avoient à combattre un ennemi difiSdle ^ ?•«• vaincre. Malgré les désastres de Toulon, ils étoient ve-

< rHowe. Aus à bout d'armer une flotte , qui , bloquée loQg^temps dans la rade de Brest par iamiral Howe, profita de soôt • éloi^ement pour se mettre en mer. La flatte angloiâç la poursuivit , et les deujc escadres se trouvèrent en* prér sence, le 28 de mai, sur la côte de Bretagne. A la suite , de plu-sieurs manœuvres qui donnèrent l'avantage à^ vent à Iamiral anglois , les flottes combattirent en ligne jdans.la jnaitinée du premier juin. Les François avoient .vingt-six vaisseaux, et les Anglois vingt-cinq. M ohoc jFut violent, et les François le soutinrent avec intr^ir 4ité; mais le centre étoit à peine engagé que la ligoe fnnemie se rompit. L'amiral françois disparut, et fut jsuivi de la plupart des vaisseaux de son avant-garde qui pouvoient porter la voile. Six vaisseaux françoia tombèrent au pouvoir du vainqueur : le Juste, quatrevingts canons; ha Saas- Pareille y idem; lAmérique^^ soixante-quatorze ; ï Achille^ idem ; V Impétueux ^ idemç Ifi NortJwmberland^y idem : le Vengeur coula bas au moment où les Anglois s'en «mparoient. Cette victoire enivra de joie le peuple britannique. L^amiral Howe fut comblé de louanges et félicité par tous les partis. £b revers essuyés par nos armées de terre. Tannée 1794 $urpassoit 1777 ou 1781; elle égaloit 1769 en succès obtenus par nos babiles et vaillants amiraux.

La Corse Cette année File de Gorse^fut réunie , du consentement

se réunit • 1 ^ 1 «xi

^ ]^ unanime des représentants de cette nation^ a la cou-

jcscotOEs m. «Si

-^ iï^Ang^ieiÊerre. Ou rédigea pour ieUe uqe cjDastku- , -

taon coiiforiske à scelle du pays qui Tadoploit. ^^^*

- La superjonté des Anglois sur mer assura la pnospe- Bretagne. rUe dedeurs armes daus les AutiUes. Au mois de mars, Succès

des armes

cinq mille hommes , commandés par sir Charles Orey, angloises furent tranispdrtés à la Martinique pour en assiéger les ji^^fuei! fbris.>Une{pu?nisonfrançoiseles défendait : elle futforcée de capituler après une courageuse résistance. La Oua* deloupe, Marie-Galante, la Desirade, Sainte-Xiude, les Saintes , se^rendirei^t également. La fièvre jaune régnoit à la Guadeloupe : «Ue affaiblit la garnison angloise aa point que^Victor Hugues ,.parti de Brest avec deux mille hosomes, reprit cette Ile sans beaucoup d'efforts. Tout ce que firent Jes AnglcHS pour la reconqmcir f ut inutile.

^Gn des caraçtèr/es de la guerre civile est presque tou* Guerre jours la cruauté des yainqueurs : la guerre intérieure y^^^^ de la Vendée n'a cessé d'en fournir des preuves. Outrés des l>arbaries de la convention, les Vendéens y répondoient par des barbaries. Quand le fer et la flamme eurent dévasté cette misérable contrée, 1^ gouvernepiént crut la guerre éteinte; c'étoit mal connoitre les effets de la persécution :.la guerre se ralluma, plus adiarnée, plus sanglante; et le François républicain ne rencontra d'invincible que le François royaliste, ' Comme la convention reconnoissoit, pour principe La conessentiel et fondamental, une égalité sans restriction, ^^^^^^ Mns limites, elle appliqua le principe en admettant trois dédans son sein trois députés de Saint-Domiogue, dont Saint-Doiepr<emier.étoit nègre et les deux autres mulâtres. Elle ™iQgue. décréta Tal^lition de l'esclavage dans toutes les .posses-^ lit Fesdasiopsirancoises. vageda^t

* , , toutes leg

La cherté des denrées faisoit murmurer la classe in- posses-

l3!l HIfTOIftB d'aNGLBTERRB/

'" digénte. La convention établit un maximum, absusdle

'7^^* en politique, mai» utile au maintien de sa popularisé, françoi- ^^ mots bien public^ humanité ^ fraternité y reparoistes. soient dans tous ses décrets, et la tyrannie dana tous les actes de son pouvoir»

Jacobins. Deux factious divisoient depuis long-temps Tassem^ Giron- blée, les jacobins et la Gironde. Les premiers étoient ^^' ' des hommes ignorants , sanguinaires , impitoyables ; les seconds des j urisconsultes éclairés , des métaphysiciens , des littérateurs. La Gironde afficha pour les jacobins un mépris qui les exaspéra. Le parti mitoyen, plus alarmé de Fambition des girondins qu effrayé de la perversité des Danton^ des CoUot^ des Robespierre y eut Timpru* dence de s'unir avec eux pour abattre une faction orgueilleuse, grossit leur puissance, et prépara leur domi- . nation. A Tépoque dont nous parlons ils étoient les maîtres de rassemblée.

La chute de la Gironde laissa la puissance entre les mains d'un triumvirat composé de Robespierre, de Danton et 4/e Barrère. Tout ce qu'il y eut de cruel dans Famé de Sylla se retrouvoit dans Tame de Robespierre; Danton, effréné démagogue, eût peut-être été plus barbare s'il eût été moins dissolu; Barrère n'étoit qu'un lâche.

Y ,, Une coalition entre des hommes qui se connoissoient

entre Ro- assez pour sc mépriser et se craindre ne se soutint que .**et*'^"' quelques jours. Danton étoit le héros du club dit des BamoD. CardeUerSy formé d'une colonie de la société des j^co* Jrins. Ce fut un forftiit, aux yeux de Robespierre, que nation de Fambitieuse prétention de l'égaler. Il enveloppa Danton Danton, j^^^ ^^^ ^ ^^^ conjurations que le bomité de salut puc

GBORGEf Ilf. iSS

bfic tenoit toujours prêtes , et Iç fit assassiner par ses ^* juges. Sans doute il étoit dans les décrets de la justice '^ éternelle que Fauteur de ce tribunal de sang y jRït amené kii-méme , car Danton se glorifioit de cette exécrable institution.

Les sophistes du dix-huitième siècle avoient ébranlé ,^"**.® ^

ï^ ^ ^ ^ la raison*

toutes les croyances religieuses ; mais les uns s'étoient couverts des voiles de l'anonyme , les autres déguisoient leur attaque sous des concessions hypocrite^s. La convention nationale, dédaignant ces considérations pusillanimes , professa Fathéisme avec une horrible franchise. . Les temples ne furent ouverts qu'à des prédicateurs im-r pies; bientôt après on les ferma tout-à-fait, en proçla^ mant la raison comme la seule divinité .qui méritât les hommages d'un peuple de philosophes.

Robespierre sentit les conséquences d'un système quimettoit les passions à l'aise. Peut-être aussi, comme on l'a dit, voulut-il porter tous les yeux vers le ciel pour les éloigner de la terre , où sa position commençoit à l'épouvanter. Quoi qu'il en soit , il fit décréter une fête en l'honneur de l'Être-Supréme, et s'y montra dans l'auitude d'un grand-prêtre, invoquant le Dieu qu'il outrageqit.

Dans toute la république l'existence de Dieu fut prodamée comme^une découverte. On grava cette déclaration sur la porte des temples, et Robespierre, qui la veille étoit athée, proscrivit quelques hommes que son théisme n'avoit pas convertis.

La tyrannie de ce monstre touchoit à sa fin. Ses en- Suppfic« nemis, placés* dans l'alternative de le perdre ou d'être' ^j>iv!*e!*' j^erdns, résolurent de le devancer. Le 9 du meis de ther-

ii4 HI8T0IKV »'AVC^LETERKC.

-^^ — - nrid^f ( !Éf jwXttty il lirt décrété d-aocusaftioii ,* rt fe leH»- '7^^* demain il moncif sur PédMÉfeàd, aii milieu àdt maiiH dictioâë de tout Pafris.

L'atmée àê sa dictfeitih'e ftit tm srécie de crimes^. L-'bis^

toire dira qu'un jongleur sans nom, sans talents^ iaxraf

cotûrâge, et sans ame, opprimoit la France, pendant

qu'un mitticnde soldats françoisfaisoit trembler Fëch

fope. I

Supplice La mort âe Robespierre ouvrit les prisons dont le sol

Fouquier- ^^ ^' répTiWique étoît couvert. Leis ju^es et les |ttré9

Tainville. diï tribun-al révolutionnaire parurent à leur tour sur fcf

banc des accusés; et Taffreux Fouqpiier-TaiAviite, eri,

allant afu supplice, entendit les imprécations' des nièresy

des orphelins , des veuves^. *

La modération fit place à ta violence dans leS' mesurée dtt' goiïVei^neiùent.

Situation ' M'. Burfcé, à l'aspect^ de la France révolutiofnnmrô,^ Pologne, ^i^i^oWçoît Sa prochaine radiation? de la carte àes erO*^ pif è^ ; et , pour le dire eh ptf^sâfèt ,• cet oracle a protiV^ ju^qù'âr quel point la passfion égarôî* uYi bon esprit.' Burke étiôit ttop sût dé n'êtifè pa^' démenti par l'événiôiûèût ^'ii eût appliqué cette pridittioù à^ la Pologfdéj Telle étoit la situation de ce malheureux pays, encore? trne fMs morcelé par la Prusse etila Russie, qû^it lui fut impossible de supporter ttn joug qui ë'âppês(âttitfàsoit èf foute heure. Kosciûsfco, pajtriôte ai*dënt et brave, ap-^ J)rela ses concitoyens .à la liberté. Deé milliers dé Polo-' nois accoururent aussitôt se rangei* soUs ^tt étendard.* ï\ attaqua les Prussiens, les chassa de ce qu'île appeloîeht kurs dernières acquisitions , et nïarcba sur Craco^ vi'e, que les Russes abandonnèrent. Suwaroff s'avançoilj .^ .^êc une armée russe. Les Polonois furent enveloppés

et -tailiës en j^éfi^; Kostôiu^iK),. blessé giaveiaêïlt, fut — *-7fait priëottoliier. Varsovie de déSeù^k etkeore cfomre^Ié ^^^ Vaîhqtteur, Inais^ ûe put lui désister. Su^a^roff fit mas- '*

Èstctet tous ceux qu'on prit les arioes à la main. Le sort delà Poiogne* fut décidé. • i

Le jf-oi- Stanislas, sans pafrie, satis dùTtÈtoiiùéy reçut Tordre de se rendre àGrodno , pûAit y vivre pensionnaire ^ obscur de l'impératrice , et surveillé par des espions ^û'nne poliee inquiète attàclioit à seà pas?.

Le parlement d'Angtetérl-e étoit rentré depuis la fin «795. de déceinbre 1 794. Le 5 janvier, M. sWid^fr fit nhe mo- Parletion pour la révocatiofit de Pacte qui $tispendoit \hàt>em . ëorpusi Le procureijtf- général au conti^aire en demanda pour réla prolongation, il s'agis^oit de savoir* si les derniers pro* ^^^^^^J^ Ces avaient révélé Texiàtencé d'une conjaration contré s»on de k stoeté de ïétM. M* Sb^idan a^rguoit de labsoitt^ioft Vo^^ éeê^ accuses ponr dlémotitrer que ces complots étoient un rêve de la frayeur des mihistres. On lui répondoit que ces accusés, quoique renvoyés faute de preuves décisives, restoient chargés de présotnptions trop bien acquises et de préventions quUs ne tarderoient point à jastifier â'ils de ûatimt^t de la sécufrité du gouverne^ ment.

Le maintien dé la âii^peîisfoÉ èâ€ttÀ daûd la chambre Elle est des communes, à la majorité de loS voîit- contre 53. Les^ rejetcc. débats de la ehambi^'-hante se terxninèi^ent par uh même ifésnklif ; mais lesf pàirâ t^pnedantis si^îiéreb t lide protes^ tation énergique.

La Grande-Bretagne et FAtitriche étoient, de toutes les puissances CoâKdées côiitre la France, lés seule j dont Taction ne Se fût pai intei*rompue. Wsons rrfieux ,* FA^igt^teri^ étoit la seule ; ear rAûtriche n'agissoit f^ue

t36 HIlTOltA D'ANCLBTBaU.

mue par les subsides qu'elle recevoit. Ces subsides dc-r <795« venoient la tâche la plus épineuse du œ^oistère.

An0meti- L augmentation de la marine fut la première mesure d«4a 9" *' proposa. La marine, pour faire face aux besoins

marine, de Tannée, demandoit quatre-vingt-cinq mille matelots et quinze mille soldats, Oe nombre se trouvoit réduit; et M. Pitt y afin de le compléter sans recourir à la presse, pensa que chaque navire marchand pourroit^ lorsqu'il mettroit à la voile, fournir des hommes en proportion de son tonnage; et qu'en outre il seroit possible d'en lever un sur chaque paroisse du royaume. Ce plan fut adopté, sauf quelques modifications.

Le 4 février, la chambre reçut un^message du roi sur la nécessité d'un emprunt de quatre millions pour l'empereur, a ce prince, disoit sa majesté britannique, ne « pouvant qu'à l'aide d'un pareil secours persévérer « dans sa coopération au soutien de la cause de l'Eu-» * rope, »

Pëbats Aumilieu de la discussion que ce message occasiona ,

\ l*o«îa- quelques membres reprochèrent au roi de Prusse l'em-^

sion des ^, . , , . • ,., .11,

iubsidei. ploi du subside qu il recevoit de 1 Angleterre. Au lieu

de participer activement à la guerre dont on lui payôit

les frais , sa majesté prussienne s'agrandissoit des débris

de la Pologne; et c'étoit pour favoriser des usurpations

que la Grande-Bretagne lui prodiguoit ses trésors [

D'autre3 orateurs s'élevèrent contre la conduite da ministère autrichien : il leur paroissoit déraisonnable de se fier plus à cette cour qu'à celle de Berlin.

M. Pitt avoua que les plaintes étoient fondées par rapport à fa Prusse ; mais il prouva que l'intérêt de l'Au-^ (riche devenoit la caution de sa sincérité.

Malgré l éloquente opposition de M. Fox, le 9)i«is<

GEOKGBf m. ' 1)7

tke obtint une majorité considérable. L*état des besoins ^

de Tannée montcMit à vingt-sept millions cent quarante- ^^* cinq mille livres sterling ; et les voies et moyens propo* ses laissoient un déficit de quatre cent mille livres, que le ministre remplit par plusieurs taxes nouvdies. - L'opposition renouvela ses efforts , dans les deux ^.^^"^^^ chambres, pour que le ministère s'occupât d'une paci- tion pow ficatîon honorable. L'état actuel des choses en France ^^7r dlïi prétoit à ce parti des armes puissantes : il présentoit la nëflociarévolution du 9 thermidor comme la chute de la faction i^^pr^nee. anarchique , et même comme la défaite des principes qu'elle essayoit de propager. De plus , il étoit évident que le retour du gouvernement françois à des idées de justice et d'ordre alloit redoubler 1 ardeur de ses troupes, et rendre plus improbable le succès des armes de la coa-^ lition.

Ces arguments ne furent d'aucun poids. L'esprit de kl nation repoussoit tous moyens de réconciliation avec le peuple françois ; aussi les motions furent-elles éca^;^ tées par de nombreuses majorités. /

Le procès que -M. Hastings soutenoit depuis sept ans F» ^^ fut enfin terminé. Les pairs » au nombre 'de 29, décla- ^"^^bi* rèrent que sur les deux premiers chefs l'accusé n'étoit Hastingi. point coupable ; sur quelques autres ils se partagèrent ; ^ ^J^ ils le disculpèrent entièrement sur le reste. Le 2 3 avril, le chancelier pronohça le jugement en ces termes: «War« « ren Hastings , vous êtes absous de toutes les accusa* « tions portées contre vous par les communes. »

La compagnie des Indes remboursa les frais de ce procès, qui s'élevèrent à soixante-dix miUe livres sterling; de plus, M/ Hastings reçut d'elle une somme as« ^e^ considérable.

l38 HiSTOIia »'iUK1>LeTERllB.

^^ C0Mè affairé dceé^i lbn|p46itep» toute UAïqlëtecMt '^^ BMtt la Imsneurdé là puniàm a^oit HAmàtïukitik dapa^Moj

En p«rtent! des éébatd de la ckaiÉbra des eonaôiaaes

à loccasion do'la amriney aolijs aorioiis dû iUra mea*

tiott d'aà vé|g(lemeat ^i nérvte df âtrei cité <»aime tou*

efasBot ua point coaelitntiDnael;

M». Kt^ Au nwis d'avril - il emlit éfcéî fait à FamMéd r^t«7srn^

<j«K<< dttf d*tm prêt exti^aordinaîre squs Taveadu parlietaQieat.Cen4 JJj*f mesure fut improuvée forteipeiity et devoit l'être* Elfcl

prise sans toEidoit è persuedér au^ soldats qu'ils tedoîeut. de tan»

^'^parlc?" béraîité du roi ce qur soirtmt du trésor public; et de ment. plusylaléf^latureétaatabrS'en sesetou, elle a^oitdmt de regarder comme litie injure cet ocibii de- son aiitêK rité^ M. Pitt^ attaqué sar ce laât , pria la chalqbre de île considérer dans cette distribution qu'un secours* tem» p6riare jii^ifié par lanéoéteilir. « Ce seeours, ajaata^^l , « ees^e avec sa causé , tandis qn'ukie augmentation àd « paie votée par le parlemeÉt eût été dmraUe. « C>» se paya de cette réponse,. qooicpf'eUe ne lût pas^ satisM zatsaBfcOa

UmtiQe (8 avril. ) Le piÔDce d^ Galles épou^a^ la prfÉfee^

iltà^, Gaifèline, fille du dae à» Brunswick.

: Le 37, un message r<yf al invita les commune^ & volcif^ en fovëur.desrépouï a» tftfvenu. conforme à lent ràtùg. En même t»mp»^ le toi ftiisoit ébserver â la cb^âibré^ que oette eOBstitutioa i^ revenu n'atteindi<oi« pàs^ sofer but si le fHrinoe n'était libre de se» ëmbarrârâ pébunîai^ re^ ^ f ouf efoi9 sa majesté n'eacéndoit ))as propioser qu^on payât les detVee du priaee sou fils ; il y serdt pourvu sur le laveutt de ce pnnee et Mtr les produits du da^^ çhé deCornouailles.

f«*éftïtt ée'i*if5^ôdo'li<fré?^. ' ^ ^'^

- 6ur celte ^tûiaé' àevoit èîre ptïêe céiié èé 'j[S^666 Somme hvté^i pt)**!* subVèBÎr àf Fefxtinëttoti' dte» dettëj^, *më "^„rî?nkr âik*e^tioÀ de éôhiiÈi^^^^të^ncftÈ^Éiié^ pal» lé 'paytélfiëii«> tretien

Mi'Wilbelrforcé téproduiSi<? ^ nïotioii (yot# Fièfetei nfaUon, Ad» de te traite deâ noirs ,• <oujou!»s eottibat?«<ié' pctf fe et Texédrttnei^de des AûttHe», et lotqotfîS ajôtttirte! ^de^^

É'aïkiéiièrati^Ob étt B&tt des CafbDliqtiéii îrltodeSé if'ÎM -d*"*»tânçôîf paru âarvMftrfge. Dëbé^rrâS^éfe de (^uèltjueé' ettfraf^ ^ent!^ Téd pâft déd' actresf du parlëMeàt , iïd afvôieire edpéi^é ment des qu-uti entier affrâtaéhissétiateilt ^?tfîvrok ces càneè^itmS ^^^^^^^' partielles, et cfrfenfin ils récèûvreroiént fa piteiiie jouis-? d'Irlande. Sance dés droits communs Wl atfires crto-J-en^. De long^ dék^ ii»i4l!ôîent hat iin^paVieHce r quelques tins eWre^^ tinrentiies relatik)tîs ËVeétè^i^Vdluti^ÉlbâSi^es frabeèis/ et' CiëuX^d ,• dans' Fîv^e^sé de leurs prèiteierS suceèà , se , ûàitêièM qùf'ett cultivant le dépil des mécontents, tA4 pfé«-viendroieta^ k Sëparef Fli^Èfdé d« tcSte de FA^glé* ^ri<e. Dés côrreàpôndaiices livrées riû gouvérnèmenfbtitaiiûique loi doimoiëÉit-qfïekïiifescrérîùteS à ëët égàî?d, lorsqé^ le roi E^dmâ^ vreé-rûH diriande iè comte Fltz- Wilifatos?, un des* whi^gs que léUF ^loignettïettt pour lès' principes de là rttohitiw' fraéléoisé avoit rapprochés du ministère. Fitz -Williams étoit affable, généi*eux •' coijdliafnt ; ces ^tiàtltéè convénoiênt afu pays' dont on lui <x)tlfiôit PddMinisIràfimi ; èHes ëvbfi^t éétél*j»âné le choix dé sa mëjésté*

Le parlement d'Irlande rentra le iîl jantiéV: it Wîv <âtÉl le Tièe-f'éi par les adressés léèj plds flatteuse^'. Les sriibsides fiirent votés avec empi^essement. L'cuicasion'

t'4fO HI8T0IB.B D'ANaLETEBBK.

' intlaneet. M. Grattan, avocat de cette cau^e, demanda '^ la permission de présenter un bill tei^dant à 'rendre plus favorable la conditioti des personnes qui professment la religion romaine. Une très grande partie de la chambre accueillit cette motion : on nomma des conimissaires à qui lexaipen du bill fut renvoyé. Les Irlan* dois, et même les non-catboliques , s'en réjouissoient lorsqu on apprit que le gouvernement anglois était . absolument contrairie à cette émancipation. Lord Fitz- Williams eut beau représenter combien l'attente des Irlandois étoit vive; il eut beau prouver qu'une espé^ rance permise et déjouée devenoit une déception indigne du gouvernement ; on ne l'écouta point. Il déclara qu'il ne seroit point auprès des Irlaildois l'organe d'une injustice qu'il condamnoit ; et, sur cette déclaration, il fut rappelé. Lord Gamden.le remplaça.

Ce changement enflamma les esprits dans le parlement d'Irlande. On vota des adresses à lord Fitz- Williams ; et par le. tour qu'on donnoit à ses louanges on fit une satire prématurée de l'administration de son successeur. Le jour du départ de Fitz- Williams fut un jour de deuil; les boutiques restèrent fermées; on l'escorta jusqu'au vaisseau qui l'emmenoit ;,il reçut d'innombrables témoignages de vénération et de reconnoi&sance.

A son retour à Londres, il eut de graves altercations avec le ministère sur les causes de son rappel ; on l'accabla de tous les arguments employés contre la libération des catholiques.

Louis XIV, au faite de sa puissancç, avoit échoué dans le projet de conquérir la Hollande : il désola ses» provioiçes , il la força dé s'abymer sou5 les eaux; m^

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il ne la soumit point. La république françoise eut Tain^ ' bition d'y parvenir. '^*

Les circonstaùces favorisoient cette entreprise. Le Lm Fran. stathoudérat, ifelevé par les armes de la Prusse, àvoit ^^J|^*" rempli les Provinces-Unies d'une aversion si déclarée les Pro* jkjur la «maison d'Orange et pour tous ses partisans , ^nS? que plusieurs d'entre elles manifestoient ouverten!kent là volonté de reconnoltre la république Françoise et de renoncer aux liaisons des états-généraux avec l'Angle* terre. Un Guillaume III eût mieux conduit les affaires.

Après la prise de Nimégue , les François se mirent en mouvement pour traverser les fleuves qui séparentie Brabant de la Hollande. Les Anglois et les Autrichiens leur disputèrent le passage, et les forcèrent de rétrogra-' der. Une gelée qui survint leur permit de franchir le Waâl sur plusieurs points à4a«fois; mais les Anglois, $ous les ordres du général Dundas , les rejetèrent en^ tore vers l'autre rive. Enfin Pichegru , qui commandoit une armée nombreuse, rendit inutiles toutes les tentatives des alliés, qui ne tardèrent pas à faire leur retraite, poursuivis et serrés de près par l'ennemi. Le général Walmoden , devenu commandant en chef dépuis le re» tour du duc d'York en Angleterre , prit position entre Amheim et Nimégue; il en fut débi^squé presque aussi* tôt, et se replia sur Deventer. Son armée se trou voit dans une plaine inculte et couverte de neige , sans effets de 'campement, sans équipages,' sans moyens de subsister; elle eut beaucoup à souffrir de ce dénuement et des rigueurs de la saison jusqu'à Brème, où les troupes furent embarquées pour retourner en Angleterre. . Les François s'emparèrent de Boterdam et d'Utrecht. Le stathouder quitta précipitamment La Haye, prit une

f^f BI9T0IW p'iJIOilfWrERRB.

l^rque ^ ^Scbwdîog , e% gagqa le pcfft d'iS^mv^ch. Amf^ sterdam reçut les François avec des ^pplaiidis^ioeptf le^ de3 |C4rU 4e joie. ii'jUegi^e^ae redoubla quaJijidil^igf néf^ Fifimff^ ^roclam» r^i^dépc^iKbiioe 4ep ¥^Qymei&ih' JI/iî#6. ÏOvM^s 9 f^ «d^^dwt que Ja Hollande jqiiU 4? pe JbieiMait , les qoatce pr^viiice^ des plus iB9^(mU^tftf facwt.^^cmpéea ipar leis vsiinqiieiir^. Une immense ter ^i^itâan 4e drap^ et devîvxres fit aeiMir aux.HolUuidQÎp que )fii hh^té leur coût^oit cher, e^ qu'il falipit ^clper fer.li piUi^ }^£mt prix qu'ils ^e crayoient Tainitié des rér publ΀aii]i6 Ihwçois : lo^is leur aniippsité cantine le «ta- |lH>ii4^ Q^oU^siMjfi&ite; Q«t ^oUsso^t tonle^ le» formée fl'un ^uvecMinent qu ils axaient proscrit; on leur doojikoit une QonstîtMtkia où ha droits de Xhomme a étoîen^ •pa« ouldjliés.

Le roi de Le wi de Pms^ Ae cherchait qu'un prétexte poir fait^a ^^^^^ ^ coalitioo; il isai^it celui -oî. Depuis quelque

paix avec temps 3a correspondance avec 1^ république irançoise bfiqne ^ûudoit les bases d'^n traité qui fut conclu , le 5 avrili,

françoise. ^eutre les deux puissances , et dottt les islauses essenr itielles étoient à Tavantage de la république, puisquf le roi lui cédoit tout son terrkoire à la gauche du Rhin, «ans qu'elle perdit jrien de ;oe qu'eUe possédott sur la live droite. 11 fut ioaovienu que Je nord de TAUemagne eeroitregaidé comme neutre, et que «toute hostilité cesfieroit à compter du jour de la ratification du traité, t Le roi de Proisse avoit.éte le premier ^ se déckuaer -contre la i?^ublique fisançoîse : îl fut ie premier à la coconnqjktre.

Faix de L'Espague demanda la paix, etl'obtint. Çllexecomiut

TEspag ne J«c répuUîques Ibançoise et batav« , et promit de s'em-

ron.

4^f<H^E^ HI. fll^}

les Anglois contre la France. La rép^blicp;!^ ob^gfiçjll '^ ^ s^s jçuusj^ £P .alliés y tajot «lle.insfi^nQil; d'éppi^van^. France. . £^e se lUt^ «)én|i^ t^n li^CMii^iit d'avoir désarmé )^ fj^uws t^ ks WGv^ém^; apaî# fcetjte pacifijca^HHi ;^ pç^uyoil: 4ir^ Wi<^rf9 ijqid'vii vfipjt^ m de TanUe^

' - , ^ • . ,. . Uonde

pH^ dai»9 1^8 fiiHi;9s4<^par't)E^Wited^di^yoientiQiettfe pi;Qr Q^ibe. wi!^^emHif^ ffmvw^ Mw le fpfor d-ui^ issf^cFecMw décisive; et dans cette espérance trois mille hommes» t»At AngloJiS.^H'iéDaigi:^ fir^Dçpiff) 4^sceAdJreAtàQpiber^ saiis les.or4^(^4e «ir B<irU$e:WaFr6P).^;irgé decett^ (B^^pédition. Us sfeiDparèr^Dt d'an forA, et jeur petite aprpaée se growit d'uo gi*ai\d nomjbre d'habitants du p?yç ilU^queU oi;i 4Î3tril>ua des.^rfif^es. Le général Hoche marr ^oi^rcoplx^^ivc;; il jsurpât leur ca«np peBda;Qt ia.puic; pi|6$q^e touç i^s ^îgT'^ ^furent tués ou faits prisour ii^FS. Du nombre de xses derniers étoit le jeune Somr breuil , fils ddi {[ouveriieur des lavalid^s. Ce bravci» jeigne hçmw(e ^m^xïàà la perniissioa dall^ >Qsqu'à la'frér gQ«te ai^oise, «n promettajut, sur rbonneur, quilre* .vjfQndroit se livrer ^ ses juges, a Allez, nippsieur, lut à dit généreusement le général Boche, allées , et ne re* « venez pas ( i ). » C'4toit lui rendre la liberté. S<^^nem) fie se crut point dégagé de sa parole , rejoignit les pri^ fionniers , parut au tribwial de deux représentants axv inés,desyengeanc<es.de lafiouvwlioo, et roçi^t kirs^i^

.(i) Je n*ai lu ce trait 4ans aucune relation de laffaire de Qufbe* von; mais un officier François, M. de M..., me la raconté. M. de M. . . . ayoît entendit la réponse du fanerai fioehe.

{Note de fauteur^

"" iBans pàlir, après af oîr embrassé son frère, qtiè le Mbué

' coup foudroya ( i ) .

Cette entreprise mal conçue ne fut pas mieux con-* duite. Il a paru plus simple à quelques écriTainâ fran^ çois de calomnier les intentions de notre çouvemement, que de découvrir les vraies causes du désastre de Qui* beron dans une évaluation superficielle des forces qu'on 8*étoit flatté de rassembler, dans des rapports inexacts, et dans Tempréssement du ministère britannique à les adopter.

Campa* Lcs Opérations de Tannée françoise, du côté des Pays- 1e Baii'^ Bas, s'ouvrirent parle siège de Luxembourg. Beddèr, qui Bhin. 'défendoit cette place, capitula le 7 de juin. Il fut permis à la garnison de rentrer en Allemagne , sous la condition de ne pas servir contre les François jusqu'au prochain échange. Il ne manquoit aux François que de prendre Mayence , pour étendre leurs limites jusqu'au Bhin. Jourdan l'investit par la rive droite; maisÇlayrfait l'obligea de repasser le Mein et d'abandonner son artillerie de siège aux Autrichiens, qui se rendirent maî-^ très de tous les ouvrages que les François avoient con-^ struits devant Mayence. En ce moment s'opéra la jonction de Wurmser et de Glayrfait : réunis, ils reconquirent le Palatinat et ]a plus grande partie du pays entre le Rhin et la Moselle. Jourdan et Picbegru les arrêté-^ rent , mais ne purent empêcher Mahein de tomber en leur pouvoir. Les Autrichiens firent des efforts inutiles pour^ pénétrer jusqu'à Luxembourg.

R^or^- Le premier effet de la mort de Robespierre , au sein nîsatioD jg j^ convention nationale, fut de rassurer et d'adoucir

an gou-

(i) li*historîen se trompe. Le second fils de M. de Sombreuil a p^ii sur l'ëchafaud le même jour que son père. ( Note du traducteur, )

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