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Mais existait-il, en réalité, un parlement? N'y avait-il pas là, sur les bancs des communes, bien des membres qui, comme tout le monde le savait, n'avaient pas le droit d'y siéger, bien des membres dont les élections étaient entachées de corruption, ou qui avaient été imposés par intimidation à des électeurs pleins de répugnance pour eux, ou qui avaient été nommés par des corporations sans existence légale? Est-ce que les corps constituants n'avaient pas été remaniés au mépris des chartes royales et d'une tradition immémoriale? Est-ce que les offîciaux électoraux n'avaient pas été partout les agents sans scrupules de la cour? En voyant comment le principe de la représentation nationale avait été systématiquement attaqué, il ne savait en vérité de quel nom appeler la réunion d'hommes, qu'il voyait autour de lui. Cependant, il n'y avait jamais eu une époque où il importât plus au bonheur public que la réputation du parlement fût irréprochable. De grands dangers menaçaient la constitution ecclésiastique et civile du royaume. C'était un fait de notoriété publique, un fait qui n'avait pas besoin d'être prouvé, que l'acte du test, ce rempart de la religion, et l'acte de Yhabeas corpus, ce rempart de la liberté, avaient été désignés pour la destruction. Avant de faire des lois sur des questions si importantes, dit-il, assurons-nous au moins que nous sommes réellement une législature. Que notre première occupation soit de rechercher la manière dont les élections ont été conduites, et veillons à ce que cette enquête soit impartiale; car si la nation s'aperçoit qu'elle ne peut obtenir aucune réparation par des voies paisibles, nous pourrions peut-être avant longtemps être les victimes de la justice que nous refusons de lui rendre. » Il conclut en proposant qu'avant d'accorder aucun subside, la chambre prît en considération les pétitions envoyées contre différentes élections, et retirât tout droit de voter aux membres dont la nomination serait contestée.
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Les Whigs auraient incontestablement désiré voii tolérer les dissidents , et persécuter seulement les Catholiques romains; mais les Whigs étaient en petite minorité, et très-découragés. Ils se tinrent donc le plus possible à l'écart, turent même leur nom de parti, s'abstinrent d'exprimer leurs opinions particulières devant un auditoire hostile, et soutinrent invariablement toute proposition tendant à troubler l'harmonie qui existait entre le parlement et la cour.
La colère du roi fut grande lorsque les résolutions du comité de religion furent connues à Whitehall. Nous ne pouvons pas le blâmer de cette colère contre la conduite des Tories. Puisqu'ils étaient si bien disposés à requérir la rigoureuse exécution des lois pénales, ils auraient dû soutenir le bill d'exclusion ; car placer un Papiste sur le trône et insister ensuite pour qu'il persécutât à mort les ministres de cette religion, hors de laquelle, selon ses principes, il n'y avait pas de salut, était une chose monstrueuse. En mitigeant, par une application plus douce, la sévérité des lois cruelles d'Elisabeth, le roi ne violait aucun principe constitutionnel. 11 exerçait simplement un pouvoir qui avait toujours appartenu à la couronne. Il ne faisait que ce que firent après lui une suite de souverains, tous zélés pour les doctrines de la réformation : Guillaume, Anne, les princes de la maison de Brunswick. S'il avait permis que les prêtres catholiques romains, dont il pouvait épargner la vie sans porter atteinte à aucun intérêt, fussent pendus et écartelés, pour avoir accompli ce qu'ils considéraient comme un devoir, il se serait attiré la haine et le mépris même des hommes aux préjugés desquels il eut fait une concession si honteuse, et s'il s'était contenté d'accorder aux membres de son Église une tolérance pratique, en usant largement de son incontestable prérogative du droit de faire grâce, la postérité l'aurait unanimement applaudi.
Les communes réfléchirent probablement qu'elles
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fonde, spéculative et pratique à la fois des affaires commerciales, la clarté et la vivacité avec lesquelles il exposait ses vues, attirèrent bientôt sur lui l'attention des homjnes d'État. Le gouvernement trouva en lui un conseiller éclairé et un esclave sans scrupules ; car, à ses rares qualités intellectuelles, il joignait des principes relâchés et un cœur sec. Alors que la réaction tory était dominante, il avait consenti à se laisser nommer shérif, avec le parti pris bien déterminé d'aider aux vengeances de la cour. Les jurés nommés par lui ne manquaient jamais de rendre des verdicts de culpabilité, et un certain jour, après une boucherie judiciaire, il arriva que des chariots, chargés des membres des Whigs écartelés, vinrent, à la grande horreur de sa femme, s'arrêter devant sa belle maison de Basinghall-Street , pour recevoir des ordres. On avait récompensé ses services par le titre de chevalier, par la robe d'alderman et par les fonctions de commissaire des douanes. ïl avait été nommé membre du parlement par Banbury, et, quoiqu'il fût uo membre nouveau, c'était sur lui que comptait particulièrement le lord trésorier pour la direction des aflaires de finances dans la chambre basse '.
Malgré leur consentement unanime à accorder à la couronne un subside nouveau, les communes n'étaient nullement d'accord quant aux sources d'où ces subsides devaient être tirés. On avait immédiatement décidé qu'une partie de la somme demandée serait fournie au moyen d'une taxe additionnelle sur le vin et le vinaigre, imposée pour un terme de huit années ; mais cela ne suffisait pas. On mit en avant divers plans absurdes. Un grand nombre de gentilshommes campagnards proposaient d'imposer une lourde taxe sur toutes les maisons nouvelles que l'on bâtirait dans la capitale,
1 Roger North , Vie de sir Dudley North. — Vie de lord Guildford. 166. — M' Culloch, Littérature de l'économie politique.
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Les pairs prirent d'abord en considération la situation de quatre de leurs membres qui, décrétés d'accusation sous le dernier règne, n'avaient jamais été jugés, et qui, après un long emprisonnement, avaient été admis à fournir caution par la cour du banc du roi. Trois de ces nobles étaient catholiques romains; le quatrième était un protestant d'une grande influence et d'une grande réputation, le comte de Danby. Depuis qu'il était tombé du pouvoir et avait été accusé de trahison par les communes, quatre parlements avaient été dissous; mais il n'avait été ni acquitté, ni condamné. En 1679, les lords avaient débattu, au sujet de sa situation, la question.de savoir si une mise en accusation était ou n'était pas annulée par une dissolution du parlement. Ils avaient déclaré, après de longs débats et un examen très-complet des précédents, que l'accusation était toujours pendante. Ils annulèrent maintenant cette décision. Quelques nobles Whigs protestèrent contre cette mesure, mais sans résultat. Les communes acquiescèrent silencieusement à la décision de la chambre haute. Danby reprit son siège parmi ses collègues et devint un membre actif et puissant du parti tory '.
La question constitutionnelle sur laquelle les lords prononcèrent ainsi deux décisions diamétralement opposées dans le court espace de six ans sommeilla plus d'un siècle, et fut réveillée enfin par la dissolution qm eut lieu durant le long procès de Warren Hastings. I) fallut alors décider laquelle des deux décisions, celle de 1679 ou celle de 1685, devait être tenue pour la loi du pays. Ce point fut longtemps débattu dans les deux chambres, et les plus grands talents de jurisconsultes
• Procès-verbaux des lords, 18, 1 9 mars 1679; 12 mai 1685.
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