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chants vicieux du prince; il mourut en 1089, et après sa mort Guillaume lâcha la bride à toutes ses passions, et prit pour ministre un homme avide et sans conscience, nommé Ralf, dont il fil un justicier et un évêque, et à qui ses rapines valurent le surnom de Flambard ou Torche- Ardente , seul homme , disait-on, qui, pour plaire à son maître, ne craignait pas de provoquer la haine de tous *. Guillaume, par ses conseils, ordonna de réviser le cadastre au protlt du fisc, imposa sur les riches et sur les pauvres des taxes inusitées, et porta une main violente sur les bénéfices de l’Eglise. Ralf lui avait persuadé qu’il était le seul maître de ces bénéfices, qu’il pouvait les conserver et en percevoir les revenus durant la vacance des évccliés et en investir à son gré ses créatures.
Ces principes admis sans réserve par un roi sans pudeur et sans frein, donnèrent naissance à d’etTroyables abus, créèrent de graves embarras à ses successeurs, et provoquèrent, sous son règne, la résistance courageuse de l’archevêque Anselme, ancien abbé du Bec, honoré pour sa science et pour scs vertus par Guillaume le Conquérant , et appelé par Guilhaume le Roux , dans la crise d’une maladie dangereuse, au siège primatial de Cantorbéry. On put apprécier alors avec quelle vigueur le Conquérant avait subordonné l’autorité ecclésiastique en Angleterre à sa propre puissance, et dans quel but il avait séparé la justice des comtes de celle des évêques. Dans cette première lutte pour un intérêt religieux entre le roi et le primat, l’archevêque eut pour adver-