‹ Histoire d'Angleterre depuis les temps les plus reculés. 1Chapitre 112 sur 202 · I. Malmcsbuiy. — 2. Idem · texte numérisé non relu

I. Malmcsbuiy. — 2. Idem

HENRI 1"

circonstances, qu’il connaissait les principes fondamentaux de la religion, auxquels se mêlaient alors de grandes puérilités que le roi ni les prêtres ne distinguaient souvent pas des préceptes sérieux de la morale. A cette époque où une civilisation naissante luttait contre les grossiers vestiges de la barbarie, une ignorance profonde et une étrange confusion dans les idées se cachaient quelquefois sous des formes cultivées et polies, et le clergé ne se prononçait pas avec moins de force contre les cheveux longs et les souliers ]>ointus que contre les plus hideux excès de la débauche et de la cruauté La religion ne consistait le plus souvent qu’en des pratiques extérieures; le roi, qui sut, dans l’occasion et par politique, faire violence à ses penchants vicieux, ne fit rien pour les déraciner, et s’il eut plusieurs des qualités d’un grand prince, il n’eut aucune des vertus de l’homme privé et du chrétien. Trois vices capitaux le dominèrent, dit l’annaliste Hoxcden, la cupidité, l’avarice et la cruauté2.

4 . Il faut I ire a ce sujet, dans Ordcric Vital, le curieux discours que le prélat Scrioo, évéque de Sécz, tient dans la ville de Carcnlan au roi fleuri. Aptè# lui avoir exposé avec force tous les crimes dont gémit l'Eglise en Normandie, l'évéque ajoute : « Les prévaricateurs endurcis ont tourné l’extérieur négligé des pénitents en appareil de luxure. Ces fils obstinés de Réliai sc couvrent la télé de la chevelure des femmes, tandis qu'ils portent au bout de leurs pieds des queues de scorpions, et marchent ainsi, femmes par la mollesse, et scorpions par l’aiguillon. Cette espèce d'hommes a été désignée sous la forme de saule* relies, il y a mille ans, par Jean dans l'Apocalypse qu’il publia à Palhmos... C’est pourquoi, glorieux monarque, je vous prie de donnera vos sujets un louable exemple, et qu'ils voient surtout par vous-inéinc comment ils devront sc coiffer. » A ces mots le roi et tous les grands obéirent avec joie, et le prélat tira aussitôt de sa manche des ciseaux et tondit de sa propre main d’abord le roi, puis le comte de Meulan, et plusieurs autres seigneurs: tous les assistant! se firent tondre & l’cnvi. (Ordcric Vital, VI.)

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