‹ Histoire d'Angleterre depuis les temps les plus reculés. 1Chapitre 114 sur 202 · Malh. Tari*, an. I · texte numérisé non relu

Malh. Tari*, an. I

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de défendre leur conquête, et l’on a vu que Henri 1" innova en faisant reconnaître sa fille Mathilde, veuve de l’empereur Henri V, pour l’héritière de la couronne. Mais en cela, il présuma trop de sa puissance; les droits de Mathilde furent méconnus après la mort de son («ère : tous les seigneurs qui avaient juré fidélité à la fille du roi et aux héritiers nés d'elle, donnèrent leur consentement à l’élection de son compétiteur, disant qu’il était honteux pour tant de nobles chrétiens d’être sous les ordres d’une femme.

fie compétiteur était Ktienne, troisième fils du comte de Blois et d’Adèle, tille du Conquérant. Il possédait de vastes domaines en Angleterre et en Normandie, et à toutes ces possessions il avait ajouté le comté de Boulogne, du chef de sa femme qui en était héritière. Le roi Henri I" avait cru , en le comblant de grâces et de richesses, assurer à sa tille un appui solide et fidèle; il lui suscita au contraire un rival redoutable. Les prélats et les barons dis|>osèrent à sa mort encore une fois du trône, mais le clergé, dans cette occasion, prit l’initiative, soit qu’il comprit que de puissants auxiliaires ne pouvaient manquer à Etienne qui s’était mis en possession des immenses trésors du roi défunt, soit qu’en préférant Etienne à Mathilde il ait cru travailler dans l’intérêt de sa propre grandeur.

L'Eglise était alors parvenue sur le continent à l’apogée de sa puissance : elle recueillait les fruits du génie dominateur «le Nicolas 1", et Grégoire VII : le pouvoir spirituel avait tout envahi , il se posait comme indépendant de tous les autres pouvoirs et s'attribuait la disposition des couronnes.

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Ces idées commençaient aussi à se répandre en Angleterre, où nous avons vu le clergé, par des causes diverses, moins hardi et plus subordonné qu’il ne l’était à la même époque en France et dans les autres Etals du continent. 11 tira, dans ces circonstances, avantage pour lui-même des prétentions d’un prince à qui sa naissance ne donnait aucun droit au trône, cl qui, avant d’y être ap|>elé par le libre choix des barons, se mit sous la protection de l’Eglise, demandant au clergé de lui reconnaître un titre à la couronne ou de lui en créer un par le sacre. Guillaume, archevêque de Canlorbérv, donna Fonction sainte à Etienne qui, apres cette cérémonie à laquelle assistèrent trois prélats seulement et un trèspetit nombre de seigneurs ' , prit le titre de roi.

Il avait de grands intérêts à ménager, soit en Angleterre, soit en Normandie, où les grands étaient favorables à son frère aîné Thibaut, comte de Blois, et il reconnut la nécessité de cimenter plus étroitement son union avec l’Eglise et de gagner les seigneurs et le peuple : il jura donc, dans deux assemblées nombreuses des prélats et des barons, tenues à Oxford en i 1 35 et en 1 1 3C>, de ne retenir ni les évêchés vacants, ni les abbayes, de rendre au clergé et aux laïcs leurs forêts respectives ; d’accorder à tout individu la permission de chasser sur ses propres terres; de remettre la taxe de deux schellings par bide pour le danegelt et de rétablir les anciennes lois. Etienne lit en outre intervenir en sa faveur l’assentiment du pape Innocent II, et produisit une lettre par laquelle ce pontife confirmait son accession au

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