‹ Histoire d'Angleterre depuis les temps les plus reculés. 1Chapitre 166 sur 202 · SI · texte numérisé non relu

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Rupture d’Edouard 1' et de Philippe le Del.

celle-ci, pour vérifier la prédiction de Merlin, fut ceinte d’une couronne dérisoire.

Les autres chefs gallois sc soumirent sans résistance et la fusion des deux peuples commença ' : ainsi furent suspendues les guerres perpétuelles et les ravages, résultat de leur rivalité. Edouard, après avoir soumis les Gallois, fit de louables efforts dans le but de les civiliser, et pour cimenter leur union avec l’Angleterre, il donna à son fils , né à Carnarvon dans le pays conquis, le nom de prince de Galles, qui depuis lors fut toujours porté par l’aîné des fils des rois d’Angleterre.

Après avoir achevé cette conquête, Edouard passa sur le continent où il demeura trois ans; il fut choisi comme arbitre entre Jacques d’Aragon et le fils de Charles d’Anjou, tous deux compétiteurs au trône de Sicile, après la sanglante journée des vêpres siciliennes, si fatale aux Français ,J. Le roi d’Angleterre soutint les droits de Jacques, à qui la souveraineté de la Sicile fut accordée.

Des troubles occasionnés par la corruption des magistrats et par la trop longue absence du roi, rappelèrent Édouard dans son royaume et, bientôt après, éclata une rupture entre lui et le roi de France, Philippe IV dit le Bel, fils et successeur de Philippe le Hardi. Une querelle

A. Quelques historiens ont accusé Édouard du massacre des hardes gallois dont les chants entretenaient dans le peuple, le souvenir de sa gloire cl dosa nationalité. La supposition de ce Tait, qui n’est nullement pruuvé(a), a inspiré au poêle Gray, une élégie qui est un des chefs-d’œuvre de la poésie anglaise.

2. Tous les Français qui survécurent à cette révolution en Sicile, furent expulsés de File, et Charles d’Anjou, qui essaya et» vain de la reconquérir, mourut, dit-on, du chagrin de l’avoir perdue.

(*) l.es jjifujavov* «lu pu* <1r Galle» l’ont est-nttfmr* ron*i.!éré ,-onitnc «loulcat — Vor t.juil» Ücg. ; cité par Sliaron Turner «lan* *on Histoire tV Angleterre a» m» tfe» tige.

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entre les matelots des deux nations avait donné lieu à de sanglantes hostilités dans lesquelles une Hotte française fut détruite et ses équipages massacrés; à cette nouvelle, Philippe lit citer à sa cour Edouard, comme duc de Guyenne, pour répondre de ces offenses, et il fit alliance avec ltaliol, roi d'Ecosse, qui se disposait à secouer le joug de l’Angleterre. Edouard, retenu dans son royaume par une insurrection du pays de Galles et par les menaces de l’Ecosse, envoya, pour gagrter du temps, son frère Lancastre, auprès du roi de France; Philippe demanda que, comme garantie d’une réparation prochaine et pour satisfaire aux exigences féodales, Edouard lui remît le duché de Guyenne, s’engageant à le restituer au bout de quarante jours ; mais il s’en vit à peine maître qu’il viola sa promesse et s’en déclara légitime possesseur. Edouard indigné, ajourna sa vengeance jusqu’à la conclusion de la guerre, peu loyale mais acharnée, qu’il faisait alors à l’Ecosse. Cette guerre fut le [dus grand événement du règne d’Édouard Pr, et commença des luttes nationales qui se prolongèrent durant des siècles; il importe, pour les faire comprendre, de remonter ici à leur cause première.

Guillaume II, roi d’Ecosse, prisonnier du roi Henri II, n’avait racheté sa liberté qu’en lui faisant hommage nonseulement pour les comtés qu’il possédait en Angleterre, mais aussi pour son royaume. Aucun des successeurs de Henri II, pendant cent dix ans, ne se prévalut, à l’égard de l’Ecosse, d’un semblable avantage : mais en i 2HG, la mort prématurée d’Alexandre III ouvrit à l’ambition d’Edouard une carrière nouvelle, et profitant de l’état de l’Ecosse, il résolut de faire revivre des droits ou-

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iH LIVRE II. CHAPITRE IV.

bliés depuis tant d’années. Ce pays, au xin' siècle, était partage entre quelques puissants seigneurs, chefs des grandes familles nommées clam. Tous les membres d’un clan étaient aveuglément dévoués à un chef héréditaire; ils ne reconnaissaient d’autre autorité que la sienne, et le pouvoir royal était sans vigueur en face de vassaux si puissants, unis presque tous entre eux par les liens du sang et par l’amour de l’indépendance, et qui se prêtaient mutuellement contre le trône un appui formidable. A la mort d’Alexandre 111, la couronne appartenait à une jeune enfant de trois ans, nommée Marguerite, unique fruit du mariage de la fille d’Alexandre avec le roi de Norwcge, Eric. Cette enfant, connue dans l’histoire sous le nom tic la Vierge de Norwége , fut appelée en Écosse, à la mort de sa mère, |>our recevoir l’héritage d’Alexandre 111, son aïeul. Édouard, qui déjà songeait à établir son autorité dans le pays, s’empressa de négocier un mariage entre son fils et la vierge de Norwége; mais la jeune reine mourut avant d’arriver dans son royaume, et le roi d’Angleterre vit s’évanouir avec elle les espérances qu’il avait conçues; ce fut alors que, |>our arriver à son but, il s’appuya sur le honteux traité arraché, cent ans auparavant, au roi d’Écosse captif.

Edouard i" La mort de la petite tille d’Alexandre III avait laissé le

cnïre'Tt's haine vacant; treize prétendants se disputèrent la cou-

prtieuJanu ronne. L’Ecosse se vit alors menacée d’une effroyable

au Irûne . . ......

d’Ecosse, guerre civile, et Ions les barons, pour la prévenir, choisirent Edouard comme arbitre. Ce rôle convenait trop bien à ses desseins secrets pour qu’il ne s’empressât de l’accepter: il assigna le château de Norham sur la Tweed comme lieu de réunion pour la noblesse et le clergé d’Ecosse.

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A peine l’assemblée fut-elle réunie que le grand justicier d’Angleterre prit la parole et déclara qu’en vertu de droits légitimes fondés sur l’hommage rendu par plusieurs rois d’Ecosse à ses prédécesseurs, Edouard réclamait de tous les membres de l’assemblée la reconnaissance de sa suzeraineté. Cette exigence souleva une vive opposition et l’on se sépara sans rien décider; mais, trois semaines apres, dans une seconde assemblée, tenue en face du château de Norliam et sur la rive écossaise de la Tweed, les barons d’Ecosse se soumirent et reconnurent Edouard pour suzerain. Ayant ainsi établi son autorité, ce prince choisit parmi les prétendants celui chez lequel H crut rencontrer le moins d’énergie. Deux rivaux, tous deux du sang royal, riches et puissants, se disputaient la couronne : l'un était Robert Bruce, dont le petit-fils régna plus tard, et l’autre Jean Baliol; ce dernier fut choisi par Edouard et lui rendit aussitôt hommage pour tous ses États. 11 ne tarda pas à reconnaître qu'il n’avait reçu du puissant médiateur qu’un pouvoir nominal et qu’il n’était qu’un simulacre de roi. Edouard agissait en maître avec lui, et plusieurs fois Baliol fut cité devant sa cour à Londres : comme il hésitait à comparaître, le roi d’Angleterre exigea qu’il lui remît trois de ses forteresses et lui envoya, sous de frivoles prétextes, de nouvelles citations humiliantes pour sa couronne.

Baliol se lassa de subir ces affronts, et, s’alliant avec le roi de France, il déclara ouvertement son refus de comparaître. « L’insensé, s’écria Edouard, puisqu’il ne veut pas venir, nous irons le trouver'. » Baliol s’était

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