‹ Histoire d'Angleterre depuis les temps les plus reculés. 1Chapitre 168 sur 202 · ÉDOUARD I · texte numérisé non relu

ÉDOUARD I

royaume. Edouard était alors sur le continent et soutenait avec succès le comte de Flandre, son allié, contre Philippe le Bel. Instruit de la défaite des Anglais à Stirling, il signe une trêve avec la France, hâte son retour, et marche pour la seconde fois en Ecosse.

L’armée de Wallace était déjà désunie : l’ambition des chefs, la jalousie que leur inspiraient la gloire et l’autoritqdn protecteur paralysaient ses forces; cependant les Ecossais acceptèrent la bataille près de Falkirk; une première charge de la cavalerie anglaise ne put les ébranler; mais Edouard ayant fait avancer scs archers,

’ Défailli

le désordre pénétra dans l’armée ennemie , et une <i.» seconde charge acheva de rompre les rangs écossais ; J i «ikT.k vingt mille hommes périrent dans cette fatale journée,

et l’Ecosse fut de nouveau la proie du vainqueur. Toute résistance n’était cependant pas étouffée; les insurgés, encore maîtres des comtés du nord, nommèrent régents l’évêque de Saint-André et Jean Comyn pour exercer l’autorité au nom de ltaliol, qu’ils regardaient toujours comme roi. Ceux-ci envoyèrent an pape Boniface VIII une pressante requête, le suppliant de déclarer l’Ecosse sous sa protection : le saint-siège intervint, mais les barons anglais repoussèrent sa médiation. Philippe le Bel abandonna lui - même la cause des Ecossais , ses alliés, et fit, aux dépens du comte de Flandre, la paix avec Edouard en lui restituant la Guyenne qu’il retenait frauduleusement. Edouard , libre d’autres soins, reprit alors plus vivement la guerre contre l’Ecosse Soumission

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et les insurgés, vaincus sur plusieurs points, deman- r&rossc. durent enfin la paix, qui fut signée au commencement )304 de l’année 1 30 1. Wallace lutta seul quelque temps en-

Meurtre

«le

Jean Comyn.

Nouvelle révolte Je l'Riosir.

core pour l’indépendance de son pays, et du fond des forêts il inquiétait l’ennemi; enfin il fut trahi, livré aux Anglais et conduit à Londres. Condamné à mort, ce grand homme subit sa sentence avec l’héroïsme qu’il avait montré pendant toute sa vie. Les outrages que la rage impuissante des bourreaux accumula sur ses restes inanimés rendirent son supplice plus flétrissant encore pour l’Angleterre ; et l’Ecosse, remuée jusque dans ses entrailles par un héros sorti de son sein , rendit un culte à sa mémoire, et ne laissa point éteindre l'ardeur généreuse dont il l’avait enflammée par son exemple.

Edouard, cependant, convoqua un nouveau parlement écossais à Perth, où l'on régla le sort du pays; l’Ecosse fut partagée en quatre districts gouvernés chacun par deux justiciers appartenant aux deux nations. Sous ce gouvernement, la paix régna pendant trois ans, et les vaincus se résignaient en apparence à la domination étrangère, lorsqu’un événement tragique réveilla en eux l’amour de l'indépendance. Deux nobles écossais se disputaient sourdement la couronne : Itobert Bruce, petit-fils du rival de Baliol, et Jean Comyn, dit le Houx, qui avait été régent du royaume. Comyn fut soupçonné d’avoir révélé un projet de révolte, et dans un entretien qu’ils eurent sans témoins à Dumfries, dans l’église, une querelle éclata entre les deux rivaux et Comyn tomba sous le |>oignard de Bruce. Le meurtrier fut aussitôt poursuivi par la puissante famille des Comyn, condamné par le roi d’Angleterre et excommunié par le saint-siège. Mais déjà l'Ecosse s’était soulevée à sa voix; Edouard alors lit jurer a son armée que s'il mourait, nul ne songerait a l’ensevelir avant que son lils

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n’cùt écrasé les rebelles; puis, pour la troisième fois, il envahit l’Écosse. Bruce s’était fait couronner à Scônc en 1306 et tenta tle défendre sa couronne. Vaincu six fois, il se retira dans les montagnes, et de là il passa en Irlande; les principaux rebelles furent mis à mort. Bruce cependant, supérieur aux revers, tenta de nou- \eau la fortune, reparut en Écosse et souleva encore le pays. Le roi d’Angleterre, quoique affaibli par l'âge et la maladie, résolut d’anéantir les rebelles et se mit en marche pour l’Écosse ; mais arrivé près de la frontière, il expira au mois de juillet 1307. A son lit de mort, il ordonna à son fds de continuer la guerre, et comme gage de la victoire il voulut, dit-on, que ses os fussent portés à la tète de l’armée pendant la campagne. Ses restes, néanmoins, furent ensevelis, et sur sa tombe on grava : Ici repose le marteau de l’Ecosse

Au milieu de scs nombreuses et sanglantes guerres, Edouard n’avait rien négligé pour affermir son autorité dans son royaume ; il réprima les brigandages, s’efforça de réformer les mœurs des magistrats et défendit aux juges d’accepter aucun présent des parties. Les juifs subirent sous son règne de cruelles persécutions : ils étaient accusés d’altérer les monnaies et d’exiger de leurs débiteurs un intérêt exorbitant; en un seul jour, deux cent quatre-vingts individus de cette race malheureuse furent pendus à Londres. Peu d’années après, toute la population juive du royaume fut dépouillée de ses biens et chassée d’Angleterre.

Cette barbare persécution fut un des moyens qu’É-

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