LETTRES ET SCIENCES
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ticulier par le premier Edouard. Le célèbre Raymond Lulle <|ui en avait, disait-on, le secret, fut attiré par ce prince auprès de lui, et on assure qu'il trouva le moyen de lui fournir des sommes considérables par des procédés inconnus. Cette recherche était alors inséparable de celle de l’élixir de vie , et l’art de la médecine, quoique rempli de pratiques vaincs, empiriques et supertitieuses , avait cependant déjà fait des progrès en Angleterre au xin* siècle : plusieurs universités avaient adopté les règlements de la fameuse école de Salerne, instituée en 1237'; déjà les meilleurs traités des médecins arabes étaient traduits, l'anglais Gilbert, médecin du xur siècle, en profita et publia lui-méme de savants ouvrages fort admirés de son temps.
Aux noms illustres de cette époque il faut joindre celui de l’historien Mathieu Paris, moine de Saint- Albans, qui fut le digne successeur des deux grands historiens du xne siècle, Guillaume de Malmesbury et Orderic Vital, et qui les surpassa l’un et l’autre par l’énergie avec laquelle, quoique prêtre et familier d’un roi, il flétrit les vices de son temps et surtout ceux de la cour et du clergé. Il fut doué d’un esprit aussi flexible qu’étendu et accessible à toutes les formes du beau et du vrai : on lui a rendu ce témoignage, qu'il fut à la fois poète élégant, éloquent orateur, philosophe et logicien subtil, excellent historien, et tant de talents réunis étaient couronnés
I. Ces règlements exigeaient huit années d'études, dont trois consacrées h la philosophie et cinq a la médecine, avant d'élrc admis à subir un examen pour obtenir la licence ou le droit d’cxcrccr la profession de médecin.
Mathieu
Paris.
l.IVRF. II. «'il VI’ITIIK 1\ .
par la simplicité, l’innocence et la pureté des mœurs1. Il obtint, malgré la lîère indépendance de sa plume, l’estime du ,pape Innocent IV, <|ui le chargea d’une grande et difticile mission en Norwége, l'amitié de Henri III dans l’intimité duquel il vivait , enfin l’admiration et la faveur de saint Louis qu’il représenta en qualité d’ambassadeur, et quoique, par scs talents, par sa réputation, par son crédit, il ait pu aspirer aux plus grandes dignités, il mourut à Saint-Albans eu 1259, après y avoir vécu quarante ans simple et modeste historiographe3.
iai m«r»l Les auteurs contemporains nous ont dépeint avec de
noieicrre. sombres couleurs l’état moral et la situation matérielle de l’Angleterre au xu” et au xin* siècle, et c’est en s’appuyant d’eux qu’un grand écrivain a pu dire des mœurs de cet âge. quelles réunissaient toute la dissolution des temps les plus efféminés et toute la barbarie des temps les [dus sauvages3. Mais à côté de beaucoup de crimes et de scandales, il y avait aussi de grandes vertus, un zèle ardent, quoique mal éclairé pour les travaux de l’esprit, des efforts louables pour asseoir la société sur de larges bases en harmonie avec