‹ Histoire d'Angleterre depuis les temps les plus reculés. 1Chapitre 186 sur 202 · I-IVHK IL CHAPIIKE IV · texte numérisé non relu

I-IVHK IL CHAPIIKE IV

Jean-Duns

Scol.

Guillaume

Ockam.

du philosophe de Stagyre, réputé infaillible; mais les plus grands théologiens de ces temps, Albert le Grand, Thomas d’Aquin, Jean-Duns Scot, Michel Seot-1 et Guillaume Ockam, se dévouaient et consacraient leurs veilles à l’expliquer et à le commenter.

Aucun philosophe de la Grande-Bretagne n’obtint, au moyen âge, une réputation égale à celle du franciscain Jean-Duns Scot, qui, après avoir étudié les diverses sciences enseignées à Oxford, surpassa, dit-on, tous ses contemporains dans l’art de la dispute scholastique , attira trente mille étudiants .à Oxford , |«r ses leçons sur Pierre Lombard, et reçut à Paris le surnom de Docteur subtil, après avoir soutenu victorieusement une dispute mémorable sur l'immaculée conception de la Vierge, contre les disciples d’Albert le Grand.

Guillaume Ockam, disciple de Duns Scot, atteignit une réputation presque égale à celle de son maître, en osant s’élever contre quelques-unes de ses opinions, fut surnommé le Docteur invincible et devint l’un des ehefs illustres de la secte des nominaux2. Ockam combattit les prétentions des papes à la domination tem-

\ . Michel Scol onlreprit Je traduire on latin les œuvres d'Aristote, sur l'invitation de l’empereur Frédéric 11, protecteur éclairé des savants du XIIIe siècle.

2. Les universités se partageaient alors sur le continent comme en Angleterre, entre la secte fameuse des réalistes et celle des nominaux : les premiers n'ad mettaient de réalité que dan» ce qu'il nommaient les universaux , c’est-fidire les idées générales, les êtres enlUelifs , et s'attac haient à la philosophie platonicienne ; les seconds ne voyaient dans les universaux que des mot», des noms, de simples abstractions de l’esprit et s’appuyaient de p»éf'*rence sur Aristote. Le plus illustre entre le* nominaux du XIIe siècle, est le breton Abcilard, non moins fameux par ses malheurs que par sa science et sou génie.

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l>orelle, et fut excommunié par trois d’entre eux dont il brava les foudres sous la protection de l’empereur Louis de Bavière, excommunié comme lui, et auquel il disait : « Prétez-moi votre épée pour me défendre, et ma plume vous soutiendra*. »

Mais entre tous les hommes célèbres de la Grande-Bre- nouer twon. tagne, au xiii* siècle, aucun, par l’importance, le nombre et l’utilité de ses travaux, n’est à comparer avec Roger Bacon qui appartenait, ainsi que Duns Scot et Ockam, à l’ordre des franciscains. II n’y eut point, au moyen âge, d’intelligence plus vaste que la sienne : aujourd’hui encore on demeure confondu à la seule énumération de ses découvertes, dont plusieurs demeurèrent longtemps sans usage et comme cachées. dans un siècle incapable de les apprécier. L’étonnement qu’elles excitèrent, joint à la jalousie des moines de son ordre, les tirent attribuer à des procédés magiques, et, victime de la science et du génie, il passa de longues années en prison, où il composa son grand ouvrage intitulé Opm Majus et dédié au pape Nicolas IV, qui lui fit rendre la liberté. Accusé bientôt après de tenir des opinions suspectes, il fut de nouveau étroitement renfermé durant douze ans, et passa ensuite rapidement de la prison à la tombe. Roger Bacon eut la gloire d’indiquer le premier l’expérimentation comme la base première des éludes scientifiques, et l’on évalue les sommes qui lui furent données jmur ses expériences à six mille livres pe-

I \Miarioii, tti$\ lit., filé par le docteur Henry, Itisl. d’Angl. — Aptes la mo l de ion protecteur, Ockam rétracta «es opinion» liardict, cl mourut peu apres son abjuration, en 1280.

sant d’argent, qui équivaudraient à trente mille livres sterling d’aujourd’hui. Bacon Ht faire des progrès à la mécanique, à l’optique et à l’astronomie; il donna une description de toutes les parties du inonde connu, avec une carte, sur laquelle étaient marquées les longitudes et les latitudes au moyen de méridiens et de parallèles comme on le fait aujourd’hui; il découvrit les lunettes et le télescope, le cours exact de l’année solaire et la fabrication de la poudre : il annonça la possibilité de construire des voitures qui rouleraient sans le secours des hommes et des animaux, et pressentit, deux siècles avant Colomb, l’existence du nouveau monde '. Il est inconcevable, dit un auteur moderne fort estimé, qu’un seul homme ait découvert tant de secrets importants dans un siècle d’ignorance et sans autres maîtres que son imagination et son génie, et il est plus étonnant encore que ces admirables découvertes soient restées si longtemps inconnues, et que ceux qui se sont donnés depuis pour les auteurs de ces inventions, aient obtenu les louanges qui n’appartiennent qu’à Bacon2.

Ce grand homme partageait la croyance générale de son temps à l’alchimie et à l’astrologie , et poursuivit avec ardeur, à l’exemple de beaucoup d’hommes connus du siècle , la découverte de la pierre philosophale : celle-ci, à laquelle on attribuait la vertu de transmuter les métaux, fut ardemment recherchée par plusieurs rois d’Angleterre, et en par-

H. Bacon, Op. maj.y p. 180-186 et 236.

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