‹ Histoire d'Angleterre depuis les temps les plus reculés (volume 2)Chapitre 116 sur 171 · Hume, 214. — S'r>|>p, etc · texte numérisé non relu

Hume, 214. — S'r>|>p, etc

plus grand soin, dit' passait pour imprenable. La duc do Guise conçut l'espoir de s'en emparer dans un temps où iw la garnison était loin de redouter une attaque. Guise

de Calai» . .....

par le iluc

dissimula soigneusement son projet ; il dirigea divers ,,cGuue' corps de troupes vers la frontière, puis les réunissant <lbhH) tout à coup à peu de distance de Calais, il fondit sur cette place avec toutes ses forces et l'assaillit brusquement par terre, tandis <|ue des vaisseaux français croisant dans le canal et subitement réunis en rade devant la place, la foudroyaient par mer et battaient ses fortifications en brèche. Plusieurs forts se rendirent, la citadelle fut à son tour emportée*, et cette ville qui avait retenu Edouard IQ près d'une année sous ses murailles, retomba en huit jours aux mains des Français. Sa chute fut ressentie de toute l'Angleterre comme une honte pour le règne et comme une calamité nationale pour le pays : l'impopularité de Marie s'en accrut, et elle en conçut une douleur amère qui hâta les progrès du mal dont elle était minée sourdement.

L'Ecosse était alors étroitement unie à la France par suite du mariage de la jeune reine avec le dauphiu. La cour de France* et surtout les Guises, oncles de Marie Stuart, s'étaient hâtés de conclure cette union, et, aux articles du contrat, ils en avaient ajouté quelques uns de secrets dont la découverte fut, dans la suite, fatale à l'infortunée reine d'Ecosse. Après avoir ouvertement reconnu le comte d'Arran. duc de Chàtelleraull, pour son héritier, au cas où elle mourrait sans enfants,, elle signa trois articles qui transmettaient après elle sa couronne au dauphin et déclaraient nul l'engagement qu'elle venait de prendre. Henri II obtînt aussi la coo|»éralion de

l'Ecosse dans la guerre que lui faisail L'Angleterre , et ce dernier royaume vit ses frontières menacées. Ce nouveau danger rendit le parlement docile : non-seulement il n'éleva aucune plainte contre les abus que la reine avait faits de la prérogative en levant des taxes par des moyens irréguliers pour soutenir une guerre impolitique, il. lui accorda encore les subsides nécessaires pour la continuer. Le parlement passa aussi un acte pour confirmer les aliénations de terres que la couronne avait faites ou même pourrait faire encore durant sep! années, et un membre des communes s'étant récrié sur les conséquences d'un tel acte qui étendait outre mesure la prérogative de la couronne, il fut mis en prison comme ayant manqué de respect envers la majesté royale.

La guerre avec la France, entreprise sans motif suffisant, fut de peu de durée : une division de la flotte anglaise porta le ravage sur les côtes de Bretagne et une escadre de dix vaisseaux contribua puissamment, en Flandre, au gain de la bataille de Gravelines par les Rspagnols, sous le comte d'Egmont, et à la déroute des Français en les foudroyant sur le rivage.

Les deux principales armées de France et d'Espagne, sous les ducs de Guise et de Savoie, étaient alors en présence sur les frontières de la Picardie : des deux côtés, la paix était désirée, et au milieu des négociations entamées à ce sujet, survint la mort de la reine d'Angleterre. Elle languissait, affligée d'hydropisie depuis plu- Mon

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sieurs années, et la souffrance aigrissait encore son humeur difficile. Sa fin fut hâtée peut-être par la dou- (l538) leur de l'abandon où la laissait son époux, par de poignantes inquiétudes pour le maintien du culte auquel

elle avait sacrifié l'affection de ses sujets, et par l'amer chagrin qu'elle ressentit de la perte de Calais, l'un des plus beaux fleurons de sa couronne. Sur le point de mourir, elle dit aux assistants : « Ouvrez mon corps, et vous trouverez Calais écrit sur mon cœur. » Elle eut des qualités, elle fil, dans le bien comme dans le mal, ce qu'elle crut dicté par son devoir, et si une étroite et sombre superstition n'eut perverti son esprit, elle aurait pu laisser après elle un nom généralement respecté. Sensible à l'honneur national, elle connut aussi l'amitié, et l'étroite affection qui l'unissait au cardinal Pôle était réciproque : il expira le lendemain de la mort de Marie et parut heureux de ne pas lui surv ivre. Le cardinal avait remplacé Cranmer sur le siège de Cantorbéry : il était doux et bienveillant; mais il fut entraîné, par l'esprit du siècle aussi bien que par la reine sa parente, dans la voie des rigueurs auxquelles, quoique à regret, il, eut le malheur de souscrire. Si elle eût vécu, la religion réformée aurait disparu, peut-être noyée dans des flots de sang, et aucun obstacle n'eût été apporté à un projet conçu pour l'exterminer dans toute l'Europe, par les rois de France et d'Espagne, qui se réconcilièrent dans ce but !. La haine du protestantisme et une violente passion pour

I . Ce projet fut mûri au printemps de M 58 , dans le* conférences priées de PcrreHOl, étéque d'Arras, plus connu dans l'histoire sous le nom qu'il porta ensuite, de cardinal Granvclle, avec le cardinal de Lorraine h Péronne. Le secret de celle conspiration fut découvert accidentellement h celui même que sa destinée appelait à la faire avorter. Selon l'usage de ces temps, le jeune Guillaume de Nassau, prince d'Orange, fut envoyé à Paris a la Icte des otages qui furent donnés pour garantir l'exécution du traité de Cateau Cambresis (signé en 1559). Il fut reçu avec les honneurs qu'on rend à un souverain indépendant, et traité avec le respect du à sa haute naissance. Henri II lui laissa une entière liberté

Philippe II, le plus grand persécuteur des protestants, furent les principaux mobiles des actes de Marie et leur imprimèrent une même direction. La persécution religieuse est, à proprement parler, toute l'histoire de leur règne, et cette princesse, qui eut des \ertus privées, mais qui fut libre, pour son malheur, de s'abandonner dans la vie publique, à ses penchants vindicatifs et cruels, reçut son nom sinistre de la postérité, qui la nomme encore, non sans justice, Marie la sanguinaire : The bloody Mary.

Le parlement, sous son règne comme sous les précédents, n'eut qu'une ombre d'autorité : il donna sa sanction à quelques mesures sages, favorables au commerce national el soumit les marchands du Steel yard, dont les

comme a un homme qui avait vécu dans l'appartement de l'empereur, qui connaissait toutes les pensées de ce grand monarque, et qu'on croyait alors admis dans les conseils les plus secrets du roi son nouveau mallre, comme il l'ava-l été dansceui de Charles Y. A une partie de chasse, Henri el le prince étaient dans la même Toiture, le roi parla à Guillaume comme a quelqu'un qui connaissait I» stipulations secrètes existant entre les deux couronnes pour l'extirpation de l'hérésie. Guillaume parla peu, el, habituellement modeste et taciturne, il put se taire sans affectation. Cachant ainsi son ignorance, il put, sans recourir au mensouge, laisser l« r»i de France lui dévoiler peu a peu toute l'éteudue des desseins des deux monarque* alliés. «J'appris, dil-il, de la propre bouche du roi Henri que le duc «l'Allie étail convenu avec les ministres français des moyens à prendre pour exterminer tous ceux qui étaient suspects de proteslanlisme en r ranec, dans les Pay-lks et dans loule la chrétienté, en établissant partout une inquisition plus sévère et plus cruelle que celle d'Espagne. J'avoue que je fus ému de pilié en songeant que tant d'hommes de bien étaient dévoués au massacre, et je résolus de faire tous mes efforls pour chasser l'armée espagnole, instrument de ses ..dieux projets, d'un pays auquel j'étais lié par les uœuds les plus sacrés (o). ■

(■) Apologie d« fiail., prise* d'Orange. 13 décembre 1580, des» Dnmont, corrtip. diplom., t. v, p.rt. i, p 302. — V«iJ«r Vinkt, TromkU, d„ F*j»-B*,, i, 180. — Yvigrsur, I. Ml. e. il, part. Il, p. 35. — CiUtioa eitreile de Msolutosh, Union t U'An$ltUrr; lègue de Mirie.

bénéfices étaient énormes à acquitter les mêmes droit* que les autres étrangers : la reine suspendit , à la prière de l'empereur, l'exécution de cet acte du parlement, elle abusa de sa prérogative en s'emparant de presque tous les monopoles. Le luxe n'avait fait encore que peu de progrès en Angleterre, où cependant l'on commençait à comprendre les avantages des communications pour l'aisance générale, et la première loi qui imposa aux paroisses l'entretien des grands chemins, date de celte époque Une autre loi pourvut au maintien de l'ordre dans le royaume et à sa défense en cas d'invasion, elle régla le nombre de chevaux, d'armes et de harnais que chacun devait entretenir en proportion de sa fortune 2.

Les Anglais poursuivirent avec succès, sous ce règne, leurs excursions maritimes : ils avaient récemment découvert un passage à Archangel, par le nord de la Nouvelle-Zemble , et ils établirent un commerce lucratif avec la Moscovie, dont le czar envoya à la reine une ambassade solennelle.

À. Hume, Hist. d' A :>•/.. règne de Marie. 2. Idem.

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