Miguel, Hitl. de Marit Slnart, ï. I, i
Ati LIVRE iv. CHAPITRE III.
Le parlement écossais députa auprès d'elle . |K)iir l'éclairer sur la situation du pays et pour la ramena dans le royaume, lord James, son frère naturel, l'un des premiers entre les lords de la congrégation et l'homme le plus influent de l'Ecosse, par le rang, la réputation et le caractère Marie. Stuart essaya sans succès de détacher son frère de l'alliance de l'Angleterre et du parti protestant dont il était le chef, et le congédia en promettant de le suivre. Elle s'y disposa en efl'et, emportant de France un douaire de 60,000 livres ; ramenée en Ecosse, non par son goût, mais par la nécessité, et appréhendant ce voyage comme la mort 2 : elle Vit demander un sauf-conduit à Elisabeth pour traverser son royaume, mais cette princesse le refusa, décidée à ne l'accorder que si la reine d'Ecosse accédait au traité Kcioyr d'Edimbourg. Marie Stuart résolut de revenir |>ar mer 1,0 et s'embarqua le \A août à Calais, avec ses oncles
Marie Sluart 1
tu de la maison de Lorraine, et beaucoup de noblesse. ÉtMie Brantôme était au nombre de ceux qui la suivirent jusqu'en Ecosse, et l'histoire doit à son récit quelques détails touchants... «La galère, dit-il, était sortie du port et, s'étant éie>é un vent frais, on commença à faire voile.... Elle, les deux bras sur la pouppe de la galère du coté du timon , se mit à fondre à grosses larmes, jetant toujours ses beaux yeux sur le port et le lieu d'où elle était partie, prononçant toujours ces tristes paroles:
I. Il avait te courage le plus ferme et l'habilctc la plus froide. D'un esprit judicieux, d'un caractère énergique, d'une conduite contenue ; ouvert, brusque, sans être incapable de dissimulation et de fausseté, il marchait ver* son bul avec- ce bon sens résolu qui v «on luit presque toujours vile et sûrement t/rf..
ibid.)
•2. Krautome, Maria Stuart.
KI.ISABKTH.
Adieu, France! adieu, France! je pense ne vous voir jamais plus l, »
Après cinq jours d'une navigation heureuse, elle parvint à l'entrée du Forth; mais un épais brouillard empêcha de distinguer la petite flotte qui ramenait la reine dans son royaume, et Marie Stuart entra dans le port de Leith, sous les mura d'Edimbourg, sans être attendue. A la nouvelle de son débarquement, on accourut de toutes parts, et les principaux lords lui tirent cortège jusque dans le palais de ses pères, à Holyrood, « où les bourgeois d'Edimbourg vinrent le soir chanter des psaumes sous ses fenêtres en s accompagnant de leurs violons pour célébrer le retour de leur souveraine et lui témoigner leur allégresse 9. »
Marie Stuart comparait alors a\ec une tristesse profonde ce pays, encore sauvage, où elle revenait après treize ans d'absence, avec celte brillante cour où s'étaient écoulés, dans un pays voisin, les beaux jours de son enfance et de sa jeunesse; cependant, surmontant sa douleur et ses sombres pressentiments, elle essaya de gagner les cœurs de ses sujets en choisissant ses conseillers parmi les chefs protestants et fit même venir le fameux Knox pour s'éclairer de ses avis ou se le rendre favorable. Mais il suffit des premières paroles pour reconnaître combien toute conciliation était impossible entre cette jeune, charmante et frivole reine, et le rude théologien qui exerçait sur l'Ecosse la souveraineté de la pensée et le despotisme d'une pas-