‹ Histoire d'Angleterre depuis les temps les plus reculés (volume 2)Chapitre 119 sur 171 · ibid · texte numérisé non relu

ibid

sion populaire1. Vainement elle déclara qu'elle n'entendait contraindre ou gêner personne dans sa religion, réclamant pour elle-même une tolérance que les ardents sectaires qui l'entouraient n'étaient pas disposés à lui accorder : «J'aimerais mieux, disait Knox, voir débarquer dix mille ennemis en Kcosse que d'y voir célébrer une seule messe. » Et lorsqu'on sut, le dimanche suivant, que la messe avait été dite pour la reine dans sa chapelle privée, le peuple s'agita, les ministres firent entendre des menaces et le fanatique Lindsay pénétra dans le palais d'Holyrood avec une troupe furieuse, demandant le sang des prêtres. Tels furent les débuts de Marie Stuart au milieu d'un peuple qui n'avait avec elle aucune conformité de mœurs ou de crovances. Les orages de son règne sortirent d'abord des difficultés mêmes de la situation, puis de ses imprudences et de «es fautes et aux cruelles disgrâces que celles-ci attirèrent

I. Comme la reine parlait d'ouvrir des confcrencci p >ur ta religion entre le* défenscurt de l'ancienne cl de la nouvelle doclrinr, Kuot répondu brusquement : « Les papistes ignorants ne savent point argumenter avre calme, et parmi eux les habiles se gardent bien de lai^er examiner les fondements de leur croyance. Ils se savent impuissants à soutenir leur opinion s'ils n'ont le feu et l'épée pour auxiliaires et leurs propres lois pour jugés. Je suis donc fondo à vous dire. Madame, qu'ils n'Acceptent jamais la discussion qu'autant qu'ils sont eux-mêmes jiif.cs et parties. ■ La reine ayant été avertie pour allier, Knox lui dit en la quillant : Je prie Dieu, Madame, qu'il accorde a vous cl aux vôtres et au peuple d'Ecosse les mêmes bénédictions qu'il accord* jadis a Deborali au milieu du peuple d'Israël. • Les papistes murmurèrent et ireni Lièrent, et les saints furent dans la joie, espérant qu'elle consentirait du moins a entendre des sermons. Mais eh cela ils furent déçus, et M. knot ayant été interrogé par quelques amis familiers touchant son opinion sur la reine, il répondit : m S'il n'y a point eu elle uu esprit d'orgueil, une volonté pleine de rase» et un cœur endurci contre Dieu et sa parole, mon erreur est grande. » (Caldwood, Hiiloire A* l'Bftiu ti'Ecoftt.)

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sur sa tôie la fortune inflexible ajouta ses rigueurs.

Elisabeth était alors dans cette première et paisibhpériode de son règne que les poètes ont appelée ses jours alcyoniem et dont le calme ne fut interrompu que par une courte intervention dans les troubles de la France. La reine douairière, Catherine de Médicis, avait été reconnue régente de ce royaume pour son fils Charles IX, âgé de dix ans seulement à la mort de François II. Elle avait d'abord louvoyé entre les partis, s'appuyant tantôt sur les Guises et sur les catholiques, tantôt sur les princes bourbons, le roi de Navarre et Condé, qui, avec l'amiral de Coligny, étaient à la tète du parti protestant. La guerre civile éclata en 1562 : les Guises et Montmorency tenaient à cette époque, en leur pouvoir ^e l*WlU la régente et le jeune roi, Paris et la plupart des grandes cu FVa,,cevilles du royaume : les protestants dominaient dans plu- i5C2. sieurs provinces et ils étaient maîtres de la Normandie presque tout entière. Les deux partis négocièrent avec les étrangers; les Guises s'appuyèrent sur Philippe II et le duc de Savoie, Condé négocia avec les princes allemands et avec Elisabeth. Cette princesse était en paix A\\

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avec la France : mais elle prétendit, avec sa duplicité habituelle, que tous ses efforts ne tendaient qu'à soustraire

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la régente et son tils a la tyrannie des Guises, et qu en s'alliant pour cet objet aux protestants et à Condé leur chef, elle ne violait aucune des clauses du traité de Cateau-Cambresis : elle s'engagea donc par la convention d'Hamptoncourt, à les assister de cent mille couronnes et Co,,Tcn,,on

1 <! Hamploocourt.

d'un corps de six mille hommes moyennant la remise de quelques places fortes du littoral de la Normandie, et le mois suivant, en exécution de ce traité, le comte de

ll\ HF IV. t.HAlTUlE III.

Warwick parut a\ec une année anglaise «levant l«* Havre dont les protestants s'étaient emparé et que Condé livra aux Anglais. Mais bientôt la convention d'Amboise mil fin à cette première guerre civile : le connétable de Montmorency vint alors assiéger le Havre, ou périssait l'armée anglaise privée d'eau douce el décimée i>ar les fièvres. Warwick capitula et rendit la ville aux assiégeants. Deux envoyés d'Elisabeth 1 vinrent alors en France chargés de rétablir la paix entre leur souveraine et le roi Charles IX qui avait atteint sa majorité 2. Ils invoquèrent sans succès l'engagement pris par la France à Cateau-Cambrésis pour la restitution de Calais : il leur fut répondu que la reine d'Angleterre avait annulé cette clause en s'emparant du Havre. Un nouveau traité fut conclu : par cet acte signé à Troyes le 14 avril 4564, Charles IX s'engagea à payer une somme de cent vingt mille écus; et Calais fut définitivement laissé à la France qui recouvra ses otages 3.

Cette courte guerre , en vue de laquelle le parlement anglais, convoqué en 1502, accorda un importai il subside, fut le plus grand événement politique des dix premières

A. Il» se nommaient Thom is Smith cl Troginort «n. <> dernier avjii trempe fort avant dans les intrigue» dont le rétullai fut l'alliance d'Flisabeib a*ec Coudé. Il fut arrêté a. nu que son collègue, a son anivée eu France, par IV -indu roi el il» ne recouvrèrent leur liberté que lorsque Charlc* IX eut résolu As négocier a Troyes. Voy. Mém. de Castelnau, I. v, c 4.

2. line orJonnanc* de Charles V Tuait la majorité de» roi» a 14 an*.

3. C'est |>ar le traité de Troyes que la F ranci rentra d'une manière définitive en posse»sion de la'villc de Calais, et elle en fut redevable surtout a Michel de Castelnau. son ambassadeur auprès d'Elisabeth. Celle-ci, avant «le ratifier ce traité, qu'elle considérait, dit-elle, comme peu honorable, parlait de faire trancher la léle a ses ambassadeur pour l'avoir aigué tau» l'avertir. Mail loul ce discours de la reine, dit Castelnau, n'était quarliûce, dont clic fiait pleine, etc. Mémoire*, I. v, c. S.

KLISABETH.

années du règne d'Elisabeth; et la paix étant rétablie, la reine d'Angleterre tourna de nouveau son attention sur l'Écosse et sur sa jeune souveraine. Elle n'ignorait pas que Marie, par sa naissance, comme petite -tille de Henri VII et sa plus proche parente, était appelée au trône après elle, et elle attachait une importance extrême à lui faire contracter un second mariage qui fût selon ses vœux et d'accord avec les intérêts de sa couronne. Ce mariage occupa tous les cabinets de l'Europe : plusieurs grands princes se mirent sur les rangs, et en première ligne don Carlos, prince des Asturies, fils aîné de Philippe II. Mais le mariage de la reine d'Écosse avec ce prince, héritier de l'Espagne, des Pays-Bas et du Nouveau- Monde, et qui semblait appelé à être, par son éducation - comme par sa puissance, le plus redoutable soutien du catholicisme en Europe, était trop contraire aux vues d'Elisabeth pour obtenir son assentiment. Elle conçut le projet de faire épouser à Marie Stuart son favori, lord Robert Dudley, fils de ce puissant duc de Northumberland, qui avait gouverné l'Angleterre sous Edouard VI. Marie répondit par un refus aux ouvertures d'Elisabeth, qui avait élevé Dudley au faîte des honneurs, le créant à la fois comte de Leicester et baron de Denbigh , et posant elle-même la couronne de comte sur sa tête pour le rendre plus acceptable à la reine d'Ecosse. Le choix de Marie Stuart était déjà tombé sur lord Henri Darnley, fils aîné du comte de Lennox, de la maison de Stuart : il descendait dans la ligne maternelle des Tudors et il était ainsi allié par le sang aux deux princesses assises sur les trônes d'Angleterre et d'Ecosse.

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