CatndcD, part, l, llistor. Elisab. Angl. Hegin., p
repousser la rébellion et à remonter sur le trône. Elisabeth tint conseil : Cecil passa sous silence les motifs d'honneur et de justice qui faisaient un devoir à la reine d'accorder asile à Marie dans le rovaume sans reslreindre sa liberté ou de loi permettre d'en sortir sans lui causer aucun mal : il n'exposa que le motif religieux et politique et montra combien il importait au maintien de la religion protestante en Angleterre et de l'autorité encore mal affermie d'Elisabeth, que sa rivale catholique, héritière présomptive de la couronne, et qui déjà avait élevé des prétentions à son sceptre, ne fût ni envoyée en France, ni rétablie sur le trône en Ecosse, ni laissée libre eiV Angleterre1 : un seul parti restait à prendre, celui de l'y retenir captive et de la mettre ainsi hors d'état d'intriguer et de nuire.
Ce parti qui conciliait, du moins en apparence, la politique d'Elisabeth avec ses vœux secrets, fut celui qu'elle adopta : elle refusa donc de voir la reine d'Ecosse jusqu'à ce qu'elle se fût justifiée de toute participation au meurtre de Henri Darnley, son époux, et elle offrit de
Fnquwe fa*re ouvrir sur ce point capital des débats publics detur I* ™orl vant une commission présidée par le duc de Norfolk
Daruicy. dont Marie, après plusieurs refus , accepta l'arbitrage.
(1568) EHe fut alors conduite avec honneur, quoique contre son gré, et sous escorte, dans L'intérieur du royaume, de Carlisle a Holton.
I. Si in Galliam Iransmiltcrelur timebaul ne cognai i Guisii jus quo ilU »»glicam rcndicaral denuo persequercnlur, c\ quoJsm opinione illam mulluni |>osse in Anglia, npud alios relip.ioni» nomme, apud alins juobaliililale juri» rt anud plc!0»q<it« insano rcruin no»andarum studio. (Camden, ibid , <3(ï.
Elisabeth fit inviter le régent Murray et les chefs de son parti à venir à York, devant la commission nommée par elle, produire leurs allégations et leurs preuves contre leur souveraine et justifier aussi leur propre conduite envers elle. Murray vint accompagné du comte de Lennox, père de Darnley et de quelques-uns de ses principaux partisans. Des papiers de la plus haute importance, contenus dahs une cassette d'argent, appartenant à Marie Stuart, et très-compromettants pour elle, étaient tombés au pouvoir de son frère : s'il les eût publiés, ils l'eussent déshonorée et perdue 1 : mais le régent Murray hésitait à avilir la mère de son jeune souverain : il la ménagea dans sa déclaration devant la commission d'Elisabeth et ne donna connaissance des écrits si dangereux pour sa sœur qu'au duc de Norfolk, président de la commission, et qui inclinait déjà pour l'infortunée reine. Instruite cependant de la direction inattendue donnée au procès par la conduite mesurée de Norfolk et du principal accusateur, et alarmée des symptômes menaçants d'une révolte des catholiques dans le nord, Elisabeth évoqua la cause à son propre tribunal , à Westminster, et après de longs débats et des révélations accablantes pour Marie, Elisabeth, satisfaite de l'avoir humiliée en établissant sa culpabilité par des preuves irréfutables, ajourna l'heure qui devait consommer sa ruine. Elle mit brusquement fin au procès et fit rendre par son conseil privé un arrêt équivoque qui, d'une part, déclarait insuffisants les témoignages produits par le régent Murray
I Marie el »cs défenseurs nièrent que. ces papiers fussent de »o main, mais leur authenticité ne put être mise en doute. Voyez à et sujet Hume, Mac-lnlosb cl Nifliiet.
4ii LIVRE IV. CHAPITRE III.
Captiviu contre Mario, tandis que d'autre part il absolvait Murray iriestmri. l>our sa conduite envers elle. Elisabeth continua cependant à faire peser sur sa royale prisonnière l'inculpation du meurtre, s'autorisant, pour légitimer ses rigueurs, de ses soupçons, et surtout des mouvements insurrectionnels des catholiques anglais dans les comtés du nord. Elle rendit pour ces causes la captivité de Marie Stuart plus étroite et la lit transférer dans le comté de SlafTord, de Bolton à Tutbury. Déjà cependant elle recueillait des fruits amers du sa politique froide et impitoyable. L'indignation que les excès d'une passion poussée jusqu'au délire avaient soulevée contre sa rivale, avait fait place, dans la conscience publique, à des sentiments très-diuerents. Les catholiques, qui attendaient de la succession de Marie Stuart au trône le rétablissement de leur culte, tirent cause commune avec elle, et la reine Elisabeth, en la retenant prisonnière contre toute espèce de droit, fournit un motif légitime aux murmures et des prétextes à la révolte : les longues souffrances de Marie Stuart, le prestige du rang d'où elle était tombée, l'éclat d'une beauté incomparable désormais vouée aux larmes, la pitié enfin, tout contribuait à épaissir le voile qui couvrait encore ses anciens égarements : les catholiques de la Grande-Bretagne et du continent ne virent plus en elle qu'une reine infortunée, victime d'une jalousie cruelle, que la femme calbolique comme eux et fidèle, en Nulle à une |>ersécution barbare : la dignité, le courage et la constance chrétienne, qu'elle déploya dans ses épreuves, achevèrent de la réhabiliter aux yeux des hommes : ses fautes alors, quelque énormes qu'elles fussent, parurent rachetées par ses douleurs, et la compassion inspi-
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rée |»ar son infortune devenant pour un grand nombre un culte enthousiaste, donna lieu à des complots dangereux et sans cesse renaissants : Elisabeth en tin vit Marie Sluart prisonnière au cœur de ses états, plus redoutable peut-être pour elle que lorsqu'elle était libre et en possession de deux trônes.
Suite du risjxe d'Kli salie lu jusqu a la mort do Mark- Stuati.
Les premiers troubles , dont la captivité de Marie insuireciion Stuart fut la cause ou le prétexte, éclatèrent dans le ""'"'"l"" nord, où les puissants lords catholiques, Percj, comte AngUienr. de Northumberland et Neville, comte de Westmorcland, (iscs) firent insurger plusieurs milliers d'hommes en annonçant qu'ils allaient faire reconnaître le droit de Marie Stuart à l'héritage d'Angleterre, la tirer de prison et restaurer la vieille religion du royaume. Ils publièrent aussi que les membres les plus illustres de la noblesse, le duc de Norfolk, les comtes d'Arundel et de Pembroke étaient d'accord avec eux : ce n'était |>as, disaient-ils, contre leur souveraine qu'ils avaient pris les armes, mais contre Cecil et les hommes nouveaux qu'ils accusaient d'égarer la reine et de bouleverser l'Etat. Aucune force n'était en mesure d'arrêter les premiers progrès de celte insurrection formidable; l'armée rebelle gagna ou soumit plusieurs villes et s'avança sans obstacle vers le nord jusqu'à' Hornard-Castle , dont elle s'empara.
Elisabeth avait déjà pris d'énergiques mesures jxmr faire face au péril : elle fit conduire Marie Stuart en lieu plus sur, à Coventry, donna Tordre de saisir et d'incarcérer ceux dont elle redoutait la complicité avec les rebelles, arma une flolte de sept vaisseaux pour intercepter les secours qu'ils attendaient du continent, leva plusieurs corps d'armée, donna au comte de Sussex le commandement général des forces de terre avec l'ordre d'étouffer la rébellion. Cernés de toutes parts, les insurgés perdirent bientôt courage : ils se dispersèrent cl leurs chefs cherchèrent leur salut dans la fuite. Les comtes de Northumberland et Westmoreland se réfugièrent en Ecosse : le premier fut arrêté et renfermé àLochleven, pour être plus tard livré à sa souveraine irritée, «juî fit tomber sa tète; le second passa en Flandre et mourut en exil.
Cette rébellion fut châtiée par des exécutions nombreuses et cruelles, et son issue malheureuse devint Irèsfatale à la cause de Marie Stuart et au parti catholique en diminuant la confiance en ses forces et en exallant celle de ses adversaires.
Le régent Murray avait conçu les plus vives alarmes de l'insurrection des comtés du nord de l'Angleterre :
régent e
d'Ecoiie. il savait que les catholiques composaient encore la majeure partie de la population anglaise, et il craignit qu'ils ne parvinssent à remettre Marie Stuart en liberté. 11 eûl préféré qu'elle eût été laissée sous sa garde en Ecosse, où dominait le protestantisme, et, de concert avec les prinpaux lords presbytériens, il écrivit à Elisabeth en lui demandant avec instance de remettre Marie Stuart entre leurs mains. Cette négociation durait encore lorsque
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Murray périt assassiné a Perth, > ictime de la vengeance d'un homme de la maison de Hamilton. Sa mort soudaine releva les espérances du parti catholique et livra l'Ecosse aux dissensions et à la guerre civile. Les catholiques y furent contenus, mais les diverses factions protestantes, le [varti du roi et celui de sa mère, saisirent et perdirent tour à tour le pouvoir dans des luttes sanglantes qui moissonnèrent les hommes d'Etat et les guerriers les plus illustres de ce pays, où trois régents, Murray, Lennox et Morton, périrent successivement de mort violente.
L'Angleterre elle-même, après la rébellion des comtés du nord, fut agitée par des complots dans lesquels entra, ^ pour son malheur, l'illustre duc de Norfolk. Ce puissant di!Yuc Seigneur* héritier de la famille catholique de Howard et de No,Wk' fils du comte de Surrey, dernière victime de Henri VIII, (:i71) avait été élevé, sous Edouard VI, dans la communion protestante à laquelle il demeura attaché, moins par conviction que par politique. Sa naissance, ses talents, sa fortune et son mérite personnel faisaient de lui l'un des hommes les plus éminents de l'Angleterre, et nous l'avons vu choisi par la reine Elisabeth pour présider à York le tribunal devant lequel avaient comparu Marie Stuart et ses accusateurs. Son cœur, dès cette époque, inclina pour elle, et il avait conçu l'espoir de l'épouser et de la rétablir sur le trône. Trahi par Murray, puis dénoncé par Northumberland comme l'un des comlices de la rébellion, il fut renfermé à la Tour, où il demeura une année prisonnier; mais il recouvra ensuite, avec sa liberté, toute la faveur d'Elisabeth. Fasciné néanmoins par un attrait plus fort que sa rai-
U<> MVItK IV. <:h\itihe III.
son, et cédant à d'irrésistibles entraînements, il conspira de nouveau et Marie Stuart entretint par son entremise une correspondance secrète avec le pape et le roi d'Espagne l. Arrêté une seconde fois, Norfolk fut conduit devant une commission de vingt-huit pairs et condamné à mort comme complice d'un projet tendant à délivrer la reine d'Ecosse en favorisant le débarquement de dix mille Espagnols et du duc d'Albe sur la côte d'Angleterre. Elisabeth recula devant l'exécution de la sentence; elle hésitait à envoyer à la mort l'homme le plus populaire du royaume, le chef de la noblesse anglaise, son parent, et longtemps son ami et son sujet fidèle. En vain l'inflexible Burleigh fit valoir la raison d'Etat à l'appui de l'arrêt rendu et fit déclarer par la chambre des communes que l'existence du duc était incompatible avec la sûreté de la reine : elle révoqua deux fois l'ordre fatal, et s'il faut en croire un écrivain d'un grand poids2, le bruit d'une conspiration ourdie pour soustraire Norfolk à l'échafaud put seul décider la reine à l'y abandonner. Sa mort acheva de ruiner le parti de Marie Stuart en Angleterre.
La défaite des grands comtes du nord avait porté le découragement dans le parti catholique ; l'issue désastreuse de la conspiration de Norfolk contint la haute noblesse dans l'obéissance, et les destinées du royaume continuèrent à être régies par les hommes nouveaux qu'Elisabeth avait introduits dans son conseil. Ceux-ci