‹ Histoire d'Angleterre depuis les temps les plus reculés (volume 2)Chapitre 121 sur 171 · Utire d'Elisabeth h Mario Siuwl. (Mac-Into»b · texte numérisé non relu

Utire d'Elisabeth h Mario Siuwl. (Mac-Into»b

i'M\ LIVRE IV. CHAPITRE III.

combattre, à l'aspect de l'armée des lords. Bottiwell alors, désespérant de vaincre , se sépara de la reine Marie siuart et s'enfuit rapidement jusqu'à Dunbar. Marie Stuart prisonnière tonij,a au ^voir des lords, et ayaht imprudemment LochieTeu. éclaté contre eux en menaces, ils la retinrent prisonnière et l'enfermèrent au château de Lochleven. appartenant au comte de Douglas, frère utérin du comte de Murray : elle y demeura sous la garde de leur mère, lady Marguerite Erskine, sa mortelle ennemie.

Des papiers importants et très-compromettante pour Bothwell et Marie Stuart tombèrent en ce moment dans les mains des seigneurs confédérés. Deux complices du meurtre de Darnley furent saisis et racontèrent les circonstances de l'attentat : Tordre fut aussitôt donné de saisir Bothwell à Dunbar et de le conduire à Edimbourg pour y être puni comme assassin du roi. Bothwell poursuivi chercha un refuge dans les Orcades et les Shetland, de là gagnant la mer du Nord, il fut jeté par la tempête sur la côte de Norwége, arrêté comme pirate et enfermé dans la forteresse de Malmoë où il mourut après une captivité de neuf années.

L'union la plus étroite s'était établie en Ecosse entre les chefs de la noblesse et les chefs de l'Eglise. Knox lit retentir la chaire des plus terribles accusations contre Marie Stuart : ses collègues et lui invoquaient déjà les doctrines égalitaires pour refuser aux souverains le privilège de l'impunité et cherchaient dans l'Ancien Testament des exemples de dépositions des rois , tandis que d'autre part , dans les écrits de quelques

K1.ISAUETII. 437

hardis publicistes, la révolte des sujets était érigée en droit, et le pouvoir royal abandonné à la volonté publique. Les lords furent moins violents et se montrèrent plus respectueux pour la royauté : Marie cependant ayant déclaré qu'elle renoncerait plutôt au trône qu'à Bolhwel, ils la forcèrent, sous peine d'être traduite en jugement, à déclarer par écrit qu'elle abdiquait en faveur de son fils et conférait la régence au comte de Murray son frère. Les lords confédérés procédèrent immédiatement au couronnement du jeune prince qui fut reconnu roi sous le nom de Jacques VI. La puissante famille des Hamilton, leurs clients et vassaux, n'assistèrent point à cette cérémonie et se plaignirent qu'on eut fait violence à la reine; mais nul n'en témoigna plus de courroux que la reine Elisabeth qui vit dans l'emprisonnement et la déposition de Marie Stuart une grave atteinte portée à l'inviolable majesté des rois. La colère d'Elisabeth s'exhala en menaces dont ne s'émurent en Ecosse ni les lords du conseil, ni le régent, et Murray répondit fièrement à l'ambassadeur d'Angleterre , Throckmorton , qu'il approuvait tous les actes des seigneurs confédérés, qu'investi de la régence par la reine sa sœur et par eux, il était décidé à maintenir leur œuvre : «Je réduirai tout le monde, dit-il, à l'obéissance au nom du roi, ou j'y perdrai la vie. » Murray tint parole et prenant pour modèle les anciens chefs qui avaient conduit le peuple d'Israël '„ il se saisit des plus forts du royaume et rendit toute résistance inutile.

<. UHre df Tbroïkmorloii a Oeil.

L'espérance n'était pas encore ravie à la reine, un l»arti puissant, celui des Hamilton, lui demeurait Adèle et n'attendait qu'un moment favorable pour embrasser sa défense. Tout à coup le bruit de son évasion se répandit : Marie Stuart , à l'aide de l'aîné des Douglas et d'un page, était parvenue à sortir de sa prison et à franchir le lac qui l'entourait de toutes parts. Elle s'élança, libre et joyeuse, sur un cheval préparé pour elle sur la rive opposée, et courut sans s'arrêter jusqu'au château des Hamilton, à quelques lieues de Glasgow; déclarant alors son abdication nul h comme arrachée par la violence, elle se vit en peu de jours à la tète d'une armée de six mille hommes accourus de toutes parts sous son étendard et entourée d'une multitude de chefs rebutants ou fidèles. Le régent Murray était alors presque seul et sans défiance à Glasgow : il y fit preuve de la plus froid»' habileté, gagnant du temps en négociations avec la reine, et convoquant sous main les principaux chefs presbytériens et leurs partisans. Lorsqu'il \?ut ainsi réuni quatre mille hommes, il marcha rapidement au-devant de l'armée royale grossie chaque jour par de nouveaux renforts.

La reine désirait éviter une bataille dont la perte devait la laisser sans ressource, et dont le gain l'aurait mise dans la dépendance absolue des Hamilton, déjà trop puissants et rendus plus exigeants par la victoire. Elle se retirait s*r Dumharton, place réputée imprenable, où elle comptait s'établir, et déjà elle était parvenue à Langside sur la Clyde lorsqu'elle rencontra l'armée presbytérienne commandée par Murray.

le laird de Grange, Hume et Morlon. Celle-ci avait Bataille sur l'année royale l'avantage d'une position excellente : uuc«ide. les Hamilton néanmoins, emportés par leur bouillant courage, voulurent combattre et leur déroule fut complète. L'infortunée reine, témoin de ce dernier revers, dirigea sa fuite vers le sud et fit seize milles au galop sans s'arrêter. Parvenue sur la frontière , au Faite golfe de Solway , elle bésita, disent quelques histo- Mari/siuart riens, entre un embarquement pour la France et AaJ"ivrre son passage dans le royaume voisin ; cependant il n'est pas prouvé qu'elle ait eu le choix, et qu'elle eût trouvé sur la côte un navire en état de mettre à la voile pour le continent. Elle exprima la volonté de chercher un asile à la cour de la reine d'Angleterre, qu'elle nommait sa bonne sœur. Ses amis intervinrent, et l'archevêque de Saint-André la conjura à genoux de changer de résolution. Mais la plus grande crainte de Marie Stuart était de tomber dans les mains de ceux qui la poursuivaient, et elle aima mieux, dit un ancien auteur, se confier à la mer et à la protection d'Elisabeth qu'à la foi de ses sujets Elle lui envoya un de ses secrétaires et écrivit au gouverneur de Carlisle ; puis, sans attendre la réponse de la reine, elle traversa le golfe de Solway sur un bateau pêcheur, et débarqua, le 16 mai 1508, en Angleterre avec une suite peu nombreuse, au port de Workington, d'où elle se rendit à Carlisle. Là elle chargea de nouvelles lettres pour Elisabeth lord Herries, son ami constant et son plus fidèle conseiller; elle priait la reine d'Angleterre de l'admettre en *sa présence et de l'aider à

Page 1