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résultats les plus odieux, et elle pourvut a sa sùrelé contre toute surprise par des mesures d'une grande énergie, resserrant ses alliances avec les princes allemands, fortiliant sescôtes et armant sa flotte. Ses alarmes étaient fondées et après la mort de Charles IX et l'avènement au trône de France du faible Henri 111, son frère, une ligue étroite se forma, pour renverser Elisabeth, entre le pape, le roi d'Espagne et le duc Henri de (mise, chef reconnu
4'Eli«Seih. du P&rti catholique français. Dans cette ligue entra le roi d'Ecosse Jacques VI, à peine âgé de quatorze ans et récemment échappé à la confédération anglo-protestante qui s'était emparée de sa personne après le supplice du régent Morton, condamné et décapité comme complice du meurtre de Darnley. Jacques, quoique élevé dans la religion protestante, annonçait hautement 1 intention do délivrer sa mère par les armes, et, sous la direction du comte d'Arran, il attendit, pour agir, le succès de l'invasion projetée en Angleterre par le duc de Guise à l'aide des subsides du pape et de Philippe II ». Pour faire face à tant de périls, Elisabeth redoubla de vigilance, de ruse
%a P0,,,"iue et d'activité. Elle avait resserré ses relations avec la cour de France, en faisant espérer sa main à Catherine de Médicis pour son quatrième fils le duc d'Anjou 2 , et en l'abusant, comme elle l'avait déjà fait deux fois pu de fausses promesses. Elle députa l'habile Walsingham auprès de Jacques VI pour le détacher du parti de sa
En Ecosie. mere> et resserrant ses liens avec les adversaires du comte
1. Papiers de Simancas. Lettre de Jacques VI citée par M. Mignet. Util. 4t Marie Slvart, c. IX.
2. Ce prince, connu d'abord comme duc d'Alençon, avait pris, après IWnemenl de Henri III. le titre de duc d'Anjou.
Kn France.
irArran, elle médita, do concert avec eux, une expédition en Ecosse; elle soutint les Provinces-Unies dans D,n*1"
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leur lutte avec Philippe II, et lorsqu en 1585, 1 assassinat du prince d'Orange, Guillaume le Taciturne, à Delft, eut mis en péril l'indépendance des Provinces-Unies, que ce grand homme avait affranchies, Elisabeth lit alliance avec les états généraux contre Philippe II et leur envoya six mille hommes sous les ordres de son célèbre et brillant favori , le comte de Leicester. En France, enfin, où la mort prématurée du duc d'Alençon faisait tomber la succession à la couronne dans la branche protestante des Bourbons, et où les chefs de la ligue catholique avaient forcé Henri III de s'unir à eux, Elisabeth se rapprocha du roi de Navarre, héritier présomptif du trône et excommunié par le pape Sixte-Quint.
Des périls plus grands , peut-être parce qu'ils étaient plus cachés, menaçaient Elisabeth : le fanatisme religieux préconisait l'assassinat lorsqu'il avait pour bulle triomphe de l'Eglise et l'extirpation de l'hérésie. Le double assassinat de Coligny et l'exécrable massacre de la Saint-Barthélemy avaient trouvé de nombreux apologistes dans tous les ordres de l'Etat : et le meurtre du prince d'Orange, soudoyé par Philippe II, était devenu un titre d'honneur pour le meurtrier, dont la famille fut anoblie. Elisabeth en butte à de semblables attentats, n'ignorait pas qu'aux ennemis innombrables qu'elle avait en Europe se joignaient de cœur la plupart des catholiques anglais dont un grand nombre partageaient les sentiments d'un gentilhomme gallois, appelé Parry, qui pensa faire une action sainte en l'assassinant, et qui fut trahi par un complice avant d'exécuter son proje
hoiiiiciilr. Elisabeth crut alors sa sécurité attachée* a la ruine du catholicisme dans son royaume : elle mit tout en œuvre pour l'en extirper avec l'aide du parlement ; aux conjurations et aux complots, elle répondit par des |>orsécutions, et le parlement passa deux bills, dont l'un défendait, sous les peines les plus sévères, le séjour des étudiants dans les séminaires étrangers, déclarait coupable de haute trahison tout prêtre catholique anglais, qui se trouverait dans le royaume après le délai de quarante jours cl passible d'emprisonnement à la volonté de la reine quiconque ne le dénoncerait pas. L'autre bill, en cas de mort violente de la reine, privait Marie et ses descendants de tout droit à la succession à la couronne.
Les dangers sans cesse renaissants d'Elisabeth, de si grands efforts pour la renverser en délivrant Marie, tant de ligues et de complots qui avaient pour but principal le rétablissement du catholicisme dans la Grande-Bretagne , et que rendait plus redoutable encore la vengeance excitée par le sentiment profond de la conduite injuste et déloyale d'Elisabeth envers sa royale captive, sont autant de premes que la politique la plus froide et la plus calculée est souvent en défaut lorsque ses actes sont opposés à la justice et à la morale : Marie Stuart, prisonnière en Angleterre, était plus forte et plus redoutable pour Elisabeth qu'elle ne l'eût été dans les fers de ses ennemis en Ecosse ou dans l'exil sur le continent : ses longues épreuves ramenaient à elle L'opinion que ses égarements lui avaient aliénée, et elle était devenue l'objet d'une compassion enthousiaste qui entraînait ses amis
ÊL1SABETH. i.i.»
et ses partisans a des entreprises audacieuses par lesquelles plus d une fois le trône de sa rivale fut ébranlé. C'est ainsi qu'Elisabeth fut fatalement entraînée à ne plus voir son salut que dans la mort de sa captive, et à prendre, dans l'intérêt de sa sûreté, une résolution sanguinaire qui devint, pour sa conscience, un sujet de poignants remords, et pour sa mémoire une taclie éternelle.
Depuis longtemps la triste Marie ne se faisait plus
1 n 1 1 Situation
«nie faiblement illusion sur sa destinée. Déjà deux «le
Marie Sluai
années auparavant, et lorsque son fils était tombé en Ecosse au pouvoir de la confédération anglo-protestante, elle avait adressé à Elisabeth une lettre admirable par l'éloquence de ses plaintes et de son désespoir : « Ne craignez plus rien de moi , disait-elle , je vous proleste sur mon honneur que je n'attends aujourd'hui d'autre royaume que celui de mon Dieu , lequel je me vois préparé pour la meilleure On de toutes mes aftlictionset adversités passées...» Elle la conjurait de lui rendre la liberté dans quelque lieu de repos pour préparer son âme à Dieu... « Votre prisou sans aucun droit et juste fondement a jà détruit mon eorps : il ne nie reste que lame, laquelle il est en votre puissance <!e captiver... Donnez-moi ce contentement avant de mourir, que voyant toutes eboses remises entre nous, mon âme délivrée de ce corps ne soit contrainte <l'epandre ses gémissements vers Dieu pour le tort que \ous avez souffert m être fait ici-bas »
Mais Elisabeth s'était trop avancée vis-à-vis d'elle dans
I Ubanuff, Cnrrftpondttnce de Marie SluntL t. v, i>. 318 a 33R.
la voie de l'injustice pour oser, quand bien elle l'eût vuulti, rien relâcher de ses rigueurs : chaque nouveau complot qui arrivait à sa connaissance rendait la surveillance plus étroite autour de sa captive et, dans le cours de l'année 4585, lorsque la ligue de ses ennemis à l'étranger et à l'intérieur paraissait plus que jamais menaçante, Marie Stuart fut transférée du château de Wingtield dans les sombres murs de Tutbury , puis un peu plus tard à Chartley et mise sous la garde sévère de l'inflexible sir Amyas Paulet. Aucune douleur a cette é|K>que ne lui fut épargnée. Comme reine, l'espérance l'abandonnait, et comme mère son âme était remplie d'une grande amertume, par la conduite du jeune roi son fils qui se laissait guider par ses adversaires , et abandonnait sa défense pour négocier avec sa cruelle ennemie. Jacques VI d'ailleurs avait adopté sincèrement les doctrines de la réforme, et Marie Stuart, dont la foi demeura toujours inébranlable au milieu de ses épreuves, s'indignait de penser que son propre tils ferait asseoir le protestantisme sur le trône d'Ecosse... « Je le désavouerai pour mon tils, dit-elle dans son courroux, le déshéritant, non-seulement de ce qu'il tient, mais de ce que par moi il peut prétendre ailleurs.» Elle donna suite à ce projet lorsqu'elle apprit le traité d'alliance défensi>e conclu l'année suivante contre hr ligue catholique entre lui et Elisabeth , tt elle annonça l'intention formelle de transférer tous ses droits sur l'Ecosse et sur l'Angleterre au grand défenseur du catholicisme en Europe, à Philippe II : elle agissait ainsi , disait-elle, pour la d charge de sa conscience et pour
KIISAHK1II. 4.*>N
la restau ration, dans l'Ile, delà foi catholique à l'aide du |irioce le plus zélé et le .plus capable de la rétablir '. Quant à elle, brisée par la douleur et le corps affaibli par les maladies et par une si longue captivité, elle ne demandait, déjà depuis une année, à Elisabeth qu'an peu de liberté et de repos pour son àme et son corps si affligés avant l'heure proebaine de sa lin
Le terme de ses épreuves n'était pas éloigné, et il ^jj'10' fut avancé par une vaste conspiration. Les principaux Bah,,,iî,on conjurés étaient un Jobn Savage, ancien officier an- »'»*«> glais au service de l'Espagne, le prêtre Jobn Ballard, et Uabington, gentilbomme catholique qui donna sou nom à ce complot, où entrèrent avec eux onze autres personnes, et dont les iils étaient tenus par l'artificieux ministre de la reine, Walsingham , qui en avait pénétré le secret.
Déjà la perle de l'infortunée reine était résolue. Burleigh et Walsingham, ses plus ardente ennemis après Klisabelb, ne cherchaient qu'un prétexte pour la frapper; cette conjuration tramée contre la vie de la reine d'Angleterre devait le leur offrir, dans le cas où ils réussiraient, par quelque artifice, à donneraux conjurés Marie Stuarl pour complice. Walsingham mit tout en œirvrc dans ce but; il l'entoura de traîtres et d'espions, il feignit de se laisser abuser par Itabington, et il lui donna, à son insu, des facilités secrètes pour entretenir la reine d'Ecosse par écrit et pour obtenir son aveu eu lui montranl sa délivrance et le rétablissement du catboli-