‹ Histoire d'Angleterre depuis les temps les plus reculés (volume 2)Chapitre 130 sur 171 · Hallait». ti$t. MUffi!. d'AnjM., c. III · texte numérisé non relu

Hallait». ti$t. MUffi!. d'AnjM., c. III

et de son ministre le due d'Albe , les bùeliers de 0rJ|Bu,,e l'Espagne et les massacres de la Franee et de la Flan- purtoww*. dre forcèrent une multitude de familles à s'expatrier : des milliers d'émigrés de ces divers pays et aussi de la Suisse et de l'Allemagne abordèrent en Angleterre : une foule d'hommes exilés sous le règne précédent revinrent aussi dans leur patrie, et leur foi, exaltée par le ressentiment de leurs longues souffrances, tit naître, au sein du protestantisme anglais, plusieurs sectes d'un esprit sombre et violent. On vit grandir alors le nombre de ces chrétiens ardents et sévères, qui, d'après leur projet arrêté de purifier l'Eglise anglicane des restes de la discipline et des cérémonies du catholicisme romain , furent nommés puritains : ils condamnaient la suprématie épiscopale, blâmaient encore plus généralement l'usage de la croix dans le baptême, de l'anneau dans le mariage, de la musique et des vêtements sacerdotaux dans le culte public, et menaçaient d'une scission éclatante dans l'Eglise. Elisabeth les vit avec d'autant plus d'ombrage qu'au milieu des périls dont l'environnaient les princes catholiques du continent et une portion considérable de ses sujets, il jetait à ses yeux de la plus haute importance que l'union fût maintenue entre les protestants.

Favorisés cependant par plusieurs membres du conseil, et entre autres par Burleigh et Walsingham les puritains étaient nombreux dans la chambre des com-

4. Strype.^nwak*,.!, 433. — Walsingbam et les autres ministres d'Elisabeth, si ardents à poursuivre et a frapper les catholiques, montraient beaucoup plus d'indulgence aui dissidents protestants. Dans l'incertitude où cbacun était touchant 11 succession de la touronne, ils prévoyaient le cas où elle tom-

munes, où les premiers signes d'opposition sérieuse à la couronne éclatèrent en 1571. Un puritain, nommé Strikland, ayant fait plusieurs motions tendant à rendre l'Eglise indépendante des cérémonies extérieures, à supprimer la pluralité des bénéfices et à contester la prérogative de la reine en matière religieuse, fut sévèrement réprimandé par le conseil, et reçut la défense de reprendre son siège à la chambre sans une permission royale. Vers le même temps, des mesures sévères furent prises contre les dissidents. Elisabeth affectait de se montrer impartiale, comme l'avait été son père, entre les catholiques et ceux dont les opinions fermes et avouées étaient hostiles à sa prérogative : elle priva de sa chaire un célèbre docteur puritain nommé Cartwright, qui refusait de se conformer à l'Eglise anglicane et proclamait des doctrines incompatibles avec la suprématie de la couronne La reine, à cette occasion , fit décréter un bill par lequel tout ecclésiastique qui n'aurait pas reçu les ordres conformément aux formulaires d'Edouard ou d'Elisabeth, serait privé de son bénéfice, à inoins qu'il ne souscrivît les trente-neuf articles de la foi anglicane.

berait en partage a un catholique, et ils redoutaient le retour des sanglantes persécutions auxquelles les protestants avaient été en butte sous Marie Tudor. Ils étaient résolus a opposer une énergique résistance, et ils ne pouvaient compter, pour les soutenir dans cette lutte, sur aucune force, autant qae sur le ca* raetère sévère et inflexible des puritains d'Angleterre, semblable a celui de* réformateurs écossais, h l'aide desquels les lords de la congrégation avaient renversé l'ancienne religion, malgré tous les efforts de la reine régente Marie de Guise, soutenue par la France. Voyez Hallam, Hist. eonslit. d'Angl., c. 1*.

I. Les disciples de Cartwright, dit M. Hallam, apprirent de leur maître à réclamer une indépendance ecclésiastique aussi entière que le clergé romain l'avait usurpée au moyen âge. ïlx$t. eonstit. d'Angl. , c. III.

La politique rigoureuse d'Elisabeth a l'égard des dissidents fut soutenue, dans les premières années de son règne, |>ar le primat Parker, homme austère et inflexible. Son successeur Grindal partageait quelquesunes de leurs opinions; il répugnait à leur appliquer les peines portées par des lois rigides , et désobéit même sur ce point aux ordres d'Elisabeth qui le flt interdire par la chambre étoilée, et emprisonner dans sa propre maison. Après sa mort, elle nomma au siège de Cantorbéry Witgift que plusieurs écrits véhéments contre les non conformistes avaient signalé à son choix. Il répondit à son attente, et voyant la haute cour ecclésiastique sans force et sans autorité suftisante, il détermina Elisabeth à en créer une autre plus arbitraire qu'aucune des précédentes et à lui donner des pouvoirs illimités *. En conséquence, quarante- Cour quatre commissaires, dont douze étaient ecclésiastiques, de u hau,e

^ * ' commission

furent établis en tribunal permanent qui eut le royaume eccie*i«»iique. pour ressort. Ils avaient le droit de poursuivre, partout (iss-i) et de toute manière, les crimes, les hérésies et les schismes, et de punir toutes les infractions à l'uniformité du culte; ils étaient autorisés à faire des recherches non -seulement par les voies légales, mais aussi par le moyen des emprisonnements prolongés et de la torture. Tout suspect amené devant eux devait prêter, s'il en était requis, le serment appelé ex officio, par lequel il était tenu de répondre à toute question, dûtil s'accuser lui-même ou dénoncer ses amis et ses proches a. Cette cour était également juge des infrac-

1 >>al.,//i'*/. rfc* Purî/ain*.

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