‹ Histoire d'Angleterre depuis les temps les plus reculés (volume 2)Chapitre 133 sur 171 · I. Slrada, t il, I. ix · texte numérisé non relu

I. Slrada, t il, I. ix

d'Angleterre et lui demanda de l'argent et des soldats. Elisabeth et ses vieux confidents Burleigh et Walsingham reconnurent que l'intérêt du royaume était de soutenir t&*imh Henri IV contre la ligue et contre Philippe II; ils com- iin.ri iv. prirent qu'il fallait mettre obstacle au triomphe définitif ^|5g9j du catholicisme sur le continent, et qu'occuper en France les forces espagnoles, c'était les affaiblir dans les Provinces-Unies et garantir le sol anglais d'une seconde invasion l. La demande d'Henri IV fut accueillie, il reçut vingt mille livres sterling et quatre mille soldats qui rejoignirent sa petite armée en Normandie près d'Arqués, où il obtint un glorieux succès et se vit en état de reprendre l'offensive et de marcher sur Paris.

Tout souriait alors à Elisabeth : la destruction de la grande Armada mit le comble à sa gloire et à sa popularité : elle avait vaincu par sa marine, et sans l'assistance de l'armée formée en hâte, à l'approche du péril, d'une foule d'hommes accourus des divers points de l'Angleterre, pour la défense de leur pays et de leur religion, et qui avaient été réunis en deux camps, dont l'un aux environs de la capitale, sous les ordres du comte de Leicester, grand maréchal du royaume. Ce puissant seigneur, après avoir provoqué par sa présomption et son incapacité, le ressentiment et la haine des Provinces- Unies que son devoir était de secourir, avait été rappelé en Angleterre Tannée précédente 2 ; mais dans cette cir-

1. Waltingbacn écrivit alors tôt ttali d'Allemagne an tujel d'Henri IV ; » La bonne itaue de la cauie commune gtt en la vie et boo portement de ce roy. Le mil qui lui peut tdTeHir nous accablera loua qui courons la même fortune. • (15 octobre 4 589. State paper office.)

2. Leieeiiter, dit Home, est le teul mauvaia cboii qu'ait fait Êliubelb pour

iHi LIVRE IV. CHAPITRE III.

constance, comme en plusieurs autres, il sut rétablir auprès d'Elisabeth, par son adresse de courtisan, son crédit ébranlé par les plaintes légitimes dont sa conduite politique et militaire avait été l'objet. Il ménagea un nouveau triomphe à sa souveraine en la recevant au milieu de son camp à Tilbury, où Elisabeth passa l'armée en revue et reçut un accueil enthousiaste. Leicester se vit alors au point culminant de sa fortune. La reine créa pour lui une charge nouvelle ajoutée a toutes celles qu'il possédait déjà, et lui conféra une distinction sans exemple, en le nommant lord lieutenant d'Angleterre et d'Irlande '. Mais, en atteignant au faite, ce favori fameux touchait aussi au terme de ses grandeurs et de sa vie. Il avait licencié l'armée par l'ordre d'Elisabeth 2 et retournait à sa résidence de Kénilworth Morl lorsqu'il fut saisi d'un mal violent dont il mourut

du comte ■

de soudain. 11 fut un des hommes qui seleverent le plus haut sans aucun talent véritable et qui surent (,589* le mieux maîtriser la fortune sans mériter ses faveurs. Les écrivains contemporains lui ont refusé toute bonne qualité, toute vertu et ne lui accordent point d'autres avantages personnels que ceux des dons

commauder de» expéditions importante». Le» HollandaU le soupçonnèrent de tooloir abu»cr de l'autorité dont il était revêtu pour attenter h leur liberté. Leur défiance remonta jusqu'à la reine : celle-ci, convaincue de l'importance d'une alliance étroite avec les États-Généraux, rappela Leiccsler : il eut pour successeur dana le commandement général de» forre» de leire et de mer de» Province» L'oie», le fameux Maurice de Nasaau , prince d'Orange, fils de Guillaume le Taciturne, Agé de vingt ans seulement.

1. L'ordonnance elail prèle et n'atteudait plu» que la signature de la reine lorsque les remontrance» de Burleigh et du chancelier Baltoo la firent hésiter.

2. L'armée composée tout entière d'hommes de bonue volonté fut licenciée et reo»oyée dans ses foyers après la destruction de l'Armada espagnole.

extérieurs unis aux séductions d'une parole insinuante et adulatrice : ils lui imputent les forfaits les plus noirs, masqués sous les apparences d'une piété fervente 1 : on l'accuse, entre autres crimes, d'avoir fait périr sa pre mière femme pour contracter la royale alliance qui tentait son ambition *. Il fut remplacé dans le cœur d'Elisabeth par son beau-fils le jeune Hobert d'Evereux 3, comte ■uurd"',**",,,e d'Essex, en possession de tous les dons qui lui man- C4,mla d E*se*' quaient à lui même, courtisan généreux, guerrier habile et magnifique, le plus brillant et le premier des chevaliers du royaume, et que la plus haute fortune ne garantit pas contre une fin sanglante et prématurée.

La première grande entreprise militaire à laquelle il prit part fut une expédition tentée sur la côte de Portugal. L emolion causée par l'Armada de Philippe II avait été profondément sentie dans toutes les classes de la nation en Angleterre, et à la joie du triomphe avait suc-

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cédé le désir de la vengeance. Les communes s'associe- uni** rent en 1589 à ce sentiment général et présentèrent ie Portugal, une pétition à la reine, pour la prier de punir l'audacieuse lentalive de Philippe 11 contre son peuple en portant la guerre dans ses états. Elisabeth accueillit ce voeu; mais son Irésor, dit-elle, était vide; elle ne put qu'inviter ses sujels a faire les fonds nécessaires et à s'associer pour cette grande entreprise qu'elle promit de seconder, par l'envoi de quelques vieilles troupes et de

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