‹ Histoire d'Angleterre depuis les temps les plus reculés (volume 2)Chapitre 138 sur 171 · Voyes ci-dessus p^e · texte numérisé non relu

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IHeu et à ln couronne, aux luis du royaume et nui libertés des sujets, et il présenta deux bills pour les abroger. Instruite de cette nouvelle désobéissance, la reine offensée manda devant elle l'orateur, lui intima de nouveau la défense de recevoir de semblables bills sur toute question politique ou religieuseet d'en permettre la discussion. Les commîmes se soumirent sans réplique : Morrice perdit sa charge et demeura plusieurs années en prison.

lin dépit de tes rigueurs et de toutrs ces violations de ce qu'elles considéraient avec raison comme leurs privilèges, les communes répondirent généreusement aux demandes de leur souveraine et lui accordèrent d'abord deux subsides et quatre quinzièmes : les pairs firent plus encore : considérant les armements formidables de Philippe II et tous les dangers de la situation, ils offrirent trois subsides et six quinzièmes et demandèrent une conférence à l'autre chambre dans le but de l'exhorivUi ter Sl,jvrtî |(,„r exemple. .Mais plusieurs membres des

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dent «iian.hieH communes se récrièrent contre cette initiative que pre-

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aux naît la chambre des lords en matière de subsides, et se fondant sur les anciens usages, ils réclamèrent, pour leur chambre, la priorité dans la mise en délibération de tout projet relatif a l'établissement des impôts et des taxes. Cette question donna lieu à de longs débats dans lesquels furent entendus François Bacon, Hobert Cecil et Walter Haleigh : le premier osa dans cette circonstance, et la seule fois de sn vie \x ni être, montrer en face du pouvoir un mouvement d'indépendance chaleureuse : il s'éleva contre la requête de la chambre des lords et trouva exorbitants les subsides demandés. «Il faudra, dit-il, pour les acquitter que les gentilshommes xendent leurargeu-

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terie et les fermiers leurs brocs d élai n : « Nous sommes in pour sonder les plaies du royaume, non pour l'écorcher vif : quant aux dangers que nous ronrons, les voici : nous mécontenterons le peuple et compromettrons la sûreté de sa majesté, qui a besoin de l'amour de ses sujets beaucoup plus que de leur argent : nous ferons espérer aux rois si s successeurs une semblable condescendance et nous établirons ainsi un précédent malheureux pour nous comme pour nos descendants; lisez l'histoire, vous y verrez que la nation anglaise ne se distingua jamais par la bassesse, la soumission et la facilité a accorder les impôts. » Bacon termina en proposant, si la chambre accordait les subsides demandés, de les répartir sur l'exercice de six armées afin d'en alléjjer le poids •» Cecil et Raleigh, appuyèrent la proposition des lords et ce dernier termina les débals en présentant un compromis, par lequel les communes voteraient comme d'elles-mêmes et de leur propre mouvement les subsides que l'autre chambre les invitait a accorder, et consentiraient à la conférence demandée par les lords, mais seulement dans des termes généraux et sans faire mention de son objet spécial. Ce compromis fut accepté d'une voix unanime et la chambre vola les trois subsides requis et les six

1. D'Ewes, ul êupra, i>. 4M. Ce* parole* de Français. rWnn offensèrent h reine (Bireli, Mémoire* de la reiar filinibelh) : elles eurent un flrand retentissement (a) dont Bacon s'effraya lui-même) cl an le vil descrier précipitamment l'opposition pour s'onrnlrr dans le parti de la emir. Désaveu*, ejeuse», lâche* prières, rien ne lui coûta pour fléchir Elisabeth, cl il réussit a foire oublier qu'il avait «te conragnu citoyen un jour, en protestant qu'il s Vieil montre tel maigre lui.

(•) Btn Jontoa, qui entendit p»rUt B*on, lui rrnd ermm* ontenr an m»nnifi.fu« témoigt aga •I lit «n termimnt ; L» rraiolc <!• I«M teai qui léiwwmimf «««I «n'il n* cr«.»t parW. l.nrH Ctaipkrtl, «** ém rti—ièVr »«««».

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< | ii m/i fines en décidant qu'ils seraient partagés et répartis sur l'exercice des quatre années suivantes *.

Tels furent les principaux incidents de cette session qui caractérise le rôle des parlements au xvr3 siècle sous les Tudors et dans laquelle, malgré le langage ferme et hardi d'un petit nombre de membres appartenant la plupart au parti puritain, les communes ne montrent qu'un faible souvenir de leur rôle sous les Plantagenets. sans faire pressentir encore l'importance nouvelle ni la Hère attitude qu'elles prendraient bientôt sous les Sluarts. La dissolution de ce parlement par la reine (avril 1593) Abjurait précéda de peu de mois seulement un événement consi- Htnriiv dérable, l'abjuration de Henri IV, qui ouvrit à ce prince les portes de Paris, mais qui lui enleva, pour quelque temps du moins, l'amitié d'Elisabeth et son assistance l. La cour d'Angleterre se montrait toujours partagée, ainsi que le gouvernement, entre deux partis puissants à la tête desquels était le vieux trésorier d'Elisabeth, lord Burleigh, et son jeune favori Essex. Le premier, voyant le roi d'Espagne usé par l'âge et par l'excès des plaisirs, son grand général, le prince de Parme au tombeau, et Henri IV réconcilié avec la majorité des catholiques français et par conséquent en état de résister par lui-même aux forces espagnoles et aux derniers efforts de la ligue, inclinait à s'abstenir de prendre une part active dans

1 . Ce remarquable compromia, proposé par Waller llaleigh cl adopté par la chambre, a échappé a l'historien Hume comme a Lingard, et uc se voit pai daai leprécieut recueil ded'Ewcs, l'annaliste det parlements de ce règne. Je l'ai (routé dans Cobbett'i, parliamentaTy hislory of England, vol. Vt p. 887-888.

2. Cette princesse écrivit, dans cette grtve circonstance, à Henri IV une lettre sévère que Camden nous a conservée et qu'elle termine ainsi : « Votre bonoe mtmii a la vieille mode, je n'ai que faire de la i ouvelle. Annales.

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affaires. Il suffisait à sa prudence que la guerre civile et la guerre étrangère occupassent sur le continent les Français et les Espagnols, et que Philippe II fût mis ainsi dans l'impuissance de rien entreprendre contre l'Angleterre. Essex au contraire, ardent, martial et ambitieux, insistait pour qu'Elisabeth continuât ses secours à Henri et ne manquait pas non plus de motifs sérieux à l'appui de son opinion. Il importait, disait-il, que ce prince ne fût pas amené par la nécessité à traiter avec Philippe II : une prompte paix, conclue entre la France et l'Espagne, aiderait celle-ci à réduire les Pays-Bas; l'Angleterre aurait ensuite à soutenir seule tout l'effort de ses armes Elisabeth reconnaissait la force de ces raisons; mais elle était avare de ses propres ressources; il lui répugnait d'accorder gratuitement à Henri ce qu'elle espérait lui vendre; elle offrait donc de mettre des troupes dans Calais, dans Dieppe, dans Boulogne et quelques autres places de la côte, et pour prix de son assistance elle demandait que Calais lui fût rendu. L'honneur seul, quand même l'intérêt de la France l'eût permis, défendait au roi de souscrire à cette condition humiliante 2, et la négociation était encore ouverte lorsque, par line attaque hardie autant qu'habile, Calais tomba aux mains des Espagnols. La chute de cette place, citadelle avancée contre l'Angleterre, et sa possession par les ennemis les plus acharnés de son peuple et d'elle-même décidèrent enfin Elisabeth à conclure un nouveau traité avec

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