Instructions secrètes
2, Henri IV répoodit avec une généreuse colère, que, »M devait cire <klpntrillé, il aimait mieux que ce fût l'arme au poing ei par se» ennemis que \>*r ses amis.
SOS MVKK IV. CIIANIHfc III.
rnîM Heori IV : il Tut signé à Meliui (mai 1596 . La reine <u Mriun. s'e„gagea .*! fournir au roi un secours en argent et quatre (I59«, mille soldats, mais ce chiffre fut rédull à «feux mille par un article secret et postérieur. Os troupes auxiliaires, maintenues a la solde d'Elisabeth, «levaient être ex elusivement employées a la défense de la Picardie et ne pas s'écarter à plus de cinquante milles de la Bretagne. On convint des deux parts de ne pas conclure avec Philippe une paix séparée I n second traité d'alliance offensive et défensive fut signé quelques mois plus tard entre la France et les états généraux, et cette dernière clause y fut également spécifiée.
C'était surtout par ses Hottes qu 'Elisabeth continuait à frapper Philippe II dans les deux inondes : le génie» maritime de l'Angleterre s'éveillait; à l'émulation pour les grandes découvertes se joignaient alors, clans les âmes, l'entraînement de la vengeance, la soif de l'or et des conquêtes : la nation tout entière partageait l'enthousiasme de ses grands marins; elle ne reculait devant aucuu sacrifice et ne fut point découragée par l'avorteinent de la grande expédition dirigée sur le Portugal après la ruine de l'Armada. De toutes parts on vil se produire de nouveaux offerts, des tentatives chaque jour plus hardies. r\i^Ji"ioi?Mii«- ^n IW4» Richard Hawkins, fils du fameux marin de ce ■ iiiine*. nom, franchit le détroit de Magellan et vint échouer sur
(1594.1590) les côtes du Chki Jean de Lancastre fut plus heureux : avec quatre vaisseaux équipés et armés par les commerçants de Londres, il enleva trente-neuf bâtiments à len-
I. Il fut convenu «lue le plus loi po>»it»le ou mettrait mit pied une ■ pour porter a frai» commun- la Rue ne les étui» .le la couronne J'K* pagne SiMiimidi, XIX p. 139.)
ELISABETH. SOH
nenii, prit Fernambouc sur la côle du Brésil, et revint chargé de richesses en Angleterre. L'année suivante («595) Walter Raleigh, en disgrâce alors auprès de la reine', voulut, par quelque grande action, regagner sa faveur : il rêva de renouveler, dans la Guyane, les exploits et les succès merveilleux de Pizarre au Pérou et commanda une expédition dont il lit lui-même les frais : il s'empara de l'Ile de la Trinité, remonta le tleuxe de rOrénoque, puis revint, satisfait d'une exploration rapide dans une contrée inconnue. Sir Francis Drake et sir John Hawkins dirigèrent cette même année une expédition plus considérable sur l'isthme de Darricn ou de Panama I mais les Espagnols avaient été informés de leurs desseins ; Drake et Hawkins trouvèrent la cote fortifiée, et |>erdirent tous deux la vie (huis cette entreprise. Fssex les vengea l'un et l'autre; il sut persuader à la reine de porter un coup terrible à Philippe 11, au cœur même de sa puissance, en Espagne. I ne tlotte immense de cent ^^'mJ1*' soixante-dix vaisseaux, dont dix-sept de premier rang, fut réunie et armée a plymoulh : elle portait sept mille soldats et huit mille matelots : les Hollandais y joignirent une escadre de vingt voiles et quelques troupes. L'expédition compait, parmi les chefs, Francis Vere, George Carter, Walter Kahigh, lord Thomas Howard. Toute la tlotteétait sous les ordres de lord Rtïingham, grand amiral d'Angleterre; le comte d'Kssex commandait les troupes. La reine l'avait laissé partir à regret et avait donné des ordres secrets pour le prémunir centre
I . Italeigh atait séduit une Jos lilles d'Iionncui de lu reine lorsqu'il Teignait une admiration pa«»niunoe pour les iliariups >uraimc< île >a un (liesse.
les emportements de son bouillant courage. La flotte appareilla le 16 juin 1396 et fit voile pour Cadix, dont la rade et le port étaient remplis de bâtiments richement chargés sous la protection des forls de la côte et de nom breux bâtiments de guerre. Essex, arrivant en vue de la place, insista pour une attaque soudaine des bâtiments de la rade. Son avis prévalut et, bravant la défense de la reine, il combattit héroïquement aux premiers rangs où Walter Raleigh rivalisa d'audace avec lui. Les Anglais .» ^ * dispersèrent les vaisseaux ennemis, prirent terre sous
Prise de Cadix
p«r le une pluie de feu et conduits par Essex ils marchèrent sur
comte d'Emi
Cadix, qu'ils emportèrent l'épée à la main et où ils firent un butin immense l. Six mois plus tard Philippe l! reçut un nouvel échec sur un autre point du continent : son armée perdit en Flandre, contre le prince Maurice de Nassau la sanglante bataille deTurnhout (janvier 4397), et les troupes auxiliaires, sous Francis Vere et sir Robert Sydney contribuèrent pour une grande part à sa défaite.
Cette année, si heureusement ouverte pour les confédérés protestants, vit encore les Anglais tenter contre l'Espagne les chances d'une nouvelle expédition maritime. H n'était bruit, dans le royaume, que d'un nouvel ar mement fait à grands frais dans les ports du Férol et de la Corogne et destiné à venger les désastres de l'Armada, et à porter une armée en Irlande où fermentait la rébellion. Elisabeth résolut de le détruire : elle forma une nouvelle flotte de cent vingt voiles 2, portant six mille
4. Les rapports du temps évaluent la perle de Philippe 11, tant dans la ville que sur la Ootle, a 20 millions de ducats. Bircli, ut supri, II, p. 07
2 Dix-sept bilitnenU seulement appartenaient a la reine : tout le reste eiait fourni par des souscriptions parties lieres.
hommes de troupes : Essex en eut le commandement en chef et sous lui les plus vaillants capitaines de terre et de mer commandaient les escadres et les troupes. La flotte sortie de Plymouth le 7 juillet 1597 se dirigea sur la côte d'Espagne, mais avant d'y atteindre elle fut dispersée par une affreuse tempête. Essex voyant beaucoup de ses vaisseaux détruits ou fortement endommagés, congédia la majeure partie de ses troupes; il renonça à l'attaque des ports espagnols et borna ses espérances à l'enlèvement de la flotte des Indes Eipé(ji,ioil qu'il attendit aux Açores et dont Irois gallions seulement ™"
aux Açore».
très-richement chargés tombèrent dans ses mains, le reste lui échappa et trouva un refuge dans le port d'Angra à Tercère1.
La reine fut irritée du peu de succès de l'entreprise : Essex s'en aperçut au retour et fut blessé de son accueil : il s'offensa de trouver quelques-uns de ses ennemis ou de ses rivaux promus à de grandes charges ou à de hautes dignités durant son absence. Le fils de lord Burleigh, Robert Cécil, nommé, malgré Essex, secrétaire d'État l'année précédente, avait obtenu récemment le titre recherché de chevalier de Lancastre : le lord amiral avait été créé comte de Nothingham et c'est à lui que la reine
I. Home, en rappelant un grave swjet de plainte donné dam celte expédition par Waller Raleigb au comte d'Easex, dit que ce fut le premier germe de l'animosiié violente qui les divisa. On voit au contraire, par le fait même, tel qu'il «si rapporté dans les mémoires du temps, que cet deui grands rivaux élaienl depuis longtemps brouillés, et Birch cite h ce sujet on trait qui fait an comte le plus graod honneur. Raleigli lui ayant désobéi en attaquant malgré ses ordres, avant son arrivée, Tlle de Fayal, Tune des Açores, Essex fui invité à le traduire pour ce fait «levant une cour martiale. ■ Je le ferais, répondit le comte, s'il n'élait mon ennemi, a Birch, II, 360.