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comaincii, de reconnaître que les violences auxquelles son gouvernement se porta envers les catholiques et les puritains ne furent point au nombre des abus contre lesquels protestèrent ses parlements K C'est un des problèmes historiques les plus difficiles à résoudre que de savoir comment un peuple d'un caractère grave et reliftti raligifvi ffieux passa trois fois d'un culte à un autre sans guerre A» p»j*. Virile, sans profonde secousse, rompant avec Home sous Henri VIII, adoptant la doctrine du protestantisme avec Edouard VI, revenant au catholicisme sous Marie pour le rejeter de nouveau sous Elisabeth. D'excellents esprits ont conclu de ce singulier phénomène dont l'histoire moderne n'offre peut-être aucun autre exemple, qu'il n'y avait dans la nation, vers le milieu du xvr siècle, qu'une très-faible minorité, soit de catholiques fervents *, soit de protestants très-zélés, et que la très-grande masse du peuple flottait incertaine entre ces deux religions, ne considérant comme essentiels que les points qui leur étaient communs à l'un et à l'autre.
Cette opinion semble confirmée par plusieurs faits particuliers à l'histoire de ce royaume où les doctrines de WiclefT, le grand précurseur de Luther, s'étaient infiltrées et répandues longtemps avant la révolution du xvr siècle. Déjà au commencement du xv, ses secta-
1. Voyn à ce sujet le» réflexion» judicieuse» de M. HjIUiii. Hi»l. cv»tl. d'Anyl., c. IV ei v.
2. Le cardinal ftcnlivoglio, dit M. Macaulay, dan* le compte qu'il donne de l'état de l'Angleterre a celle époque, éralue, non sant raison, au trentième feulement de la population le nombre de» catholique» tre»-»erieu». landi» qu'il porte aut quatre cinquième» le nombre de ceut qui auraient ét* aisément ramené» au catholicisme »i ce culte eût prévalu dan* l'Élai. (E*!t*i *»r la vit il lord nnrleiyh, par Nare.)
ÉLISABKTH.
teurs, nommés lollards, étaient nombreux dans toutes les classes de la nation, et nous avons vu sous Henri IV, les communes provoquer, par deux pétitions relatives aux biens d'église, l'exécution des mesures qu'ordonna plus tard Henri VIII, et l'appropriation d'une grande partie de ces biens aux besoins de l'État L'autorité de la cour romaine n'avait eu en aucun temps des racines aussi profondes en Angleterre que dans les états du continent, et déjà depuis plusieurs siècles, le parlement avait décrété contré les prétentions du Saint-Siège soit touchant la juridiction soit en matière de discipline et de collations de bénéfice par les célèbres statuts des provisions et de prœmunire -.
Les esprits furent ainsi préparés à admettre la révolution commencée par Henri VIII; mais qui ne fut consommée que sous le règne suivant. Nous avons vu celleci rendue facile dans les hautes classes par l'affaiblissement de la noblesse décimée et ruinée dans les guerres civiles, par le soin que prit Henri de l'intéresser à ses réformes en lui donnant une large part dans les dépouilles des biens d'église, par la soumission traditionnelle et effective des cvêques au siège primatial dont le roi disposa selon ses vues : elle s'accomplit sans secousse dans les régions inférieures parce qu'elle y fut d'abord presque invisible et qu'elle s'opéra ensuite lentement et par des degrés insensibles, le clergé ayant conservé sa hiérarchie, et le peuple ses églises, ses sanctuaires, ses jours fériés, un grand nombre de ses céré-