‹ Histoire d'Angleterre depuis les temps les plus reculés (volume 2)Chapitre 16 sur 171 · KM MAKI» II · texte numérisé non relu

KM MAKI» II

occasion pour l'éloigner de sa personne. L'expédition échoua malgré le concours du roi de Portugal : Lancastre se relira en Guyenne, et plus heureux dans les négociations que par les armes, il réussit à marier sa tille Catherine au prince Henri , héritier du trône de Castille.

L'Angleterre fut en son ahsence le théâtre de grands Memce événements et fut menacée par les Français d'une re- 'd'inï^»' doutable invasion. Le roi Charles VI et ses oncles avaient de* *******

ordonné dans ce but d'immenses pré|>aratifs. L'année Angicierr*. d'invasion devait être composée de vingt mille chevaliers et d'autant d'arbalétriers; quinze cents vaisseaux, réunis au port de l'Ecluse, furent destinés a ce trans- |K>rt : ou voulut en outre une ville toute prête pour recevoir Tannée à son débarquement : le connétable Olivier de Clisson en fit construire une de trois mille lias de diamètre dans les forêts de la Bretagne ; elle pouvait être démontée et formait la charge de soixantedouze vaisseaux L'entreprise avorta par la mésintelligence des princes français, et les frais énormes qu'elle avait coûtés furent perdus sans aucun fruit pour la France. Mais la menace d'un prochain débarquement avait répandu la terreur sur la cùte opposée, et le duc de Glocester mit à profit ; <>ur son ambition l'irritation du peuple anglais et son effroi : il rendit les ministres responsables des dangers du pays, obtint leur renvoi et fit poursuiv re par les lords et les communes le chancelier Sutfolk, comme coupable de s'être enrichi contre son serment aux dépens du roi et du royaume et d'à- Giocster voir apposé le sceau de l'Etat à des pardons illégaux : **'^are Sutfolk, après trente années de loyaux services, fut cou- i,ouvo,r-

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damne ù la restitution et à la prison. Ce ne lut |»as le terme des humiliations du monarque : les lords et les communes, à l'instigation du duc de Glocester et du comte < l'A ru m li 1 , lui refusèrent tout subside jusqu'à ce qu'il eût souscrit à la nomination d'un conseil suprême de onze membres, où entra Glocester, avec son complice Arundel, et qu'ils dirigèrent à leur gré.

Justement irrité et indigné de rabaissement de la majesté royale en sa personne, Kichard tenta de secouer le joug; il s'éloigna, parcourut les comtés du nord et fit rédiger secrètement, par plusieurs juges du royaume, une note qui établissait l'illégalité du nouveau conseil de régence et mettait la volonté du souverain au-dessus des lois; mais le secret fut trahi. Glocester prévint le péril par sa promptitude : étroitement ligué avec quatre des principaux seigneurs du royaume, les comtesd'Arundel, de Nottingham, de Derby et de Warwick, il |>arut tout à coup avec une armée aux portes de Londres, raffermit son autorité chancelante et convoqua un parlement où il fit exclusivement élire ses créatures et ses partisans, et devant lequel il traduisit pour crime de trahison les confidents de Richard et les juges qu'il avait consultés. Ce parlement, justement nommé le parlement impitoyable, condamna au supplice des traîtres, malgré inpiiopMe. le» termes du statut d'Edouard III, les amis et conseil- (1388) *ers ^U m&lheureux prince. Un grand nombre furent exécutés et parmi eux Tressilian, sir Nicolas Bamber et un vieux chevalier, sir Simon Burley, ancien gouverneur de Kichard et qu'il aimait comme un père. La reine se jeta aux pieds de Glocester pour sauver ses jours et l'implora longtemps : Glocester fut inexorable. Burley

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mourut sur l'écbafaud »; quelques autres aeeuses, et parmi eux le due d'Irlande, se dérobèrent à la mort |>ar la fuite.

La guerre continuait avec la France et l'Ecosse. D'importants succès du comte d'Arundel, amiral de la flotte anglaise sur les côtes de Bretagne, ne compensèrent point pour l'Angleterre la défaite de son armée sur la frontière d'Ecosse à Olterburn. Le comte de Douglas, chef de l'armée ennemie, périt dans cette journée; mais les Anglais furent battus, et le vaillant Henri Percy 2, leur général, surnommé Hotspur (brillant éperon), fut fait prisonnier.

Ces événements eurent peu d'influence sur la conduite des partis à l'intérieur, où l'ambitieux Glocester, après avoir versé beaucoup de sang, croyait sa puissance affermie; il s'abusait, et son règne fut court. Le 3 mai de Tannée suivante, le conseil étant assemblé, le roi entra et s'adressant à son oncle : « Dites-moi mon âge? demanda-t-il au duc. — Votre Grandeur, répliqua Glocester, est dans sa vingtrdeuxième année. — Eb bien donc, dit le roi, j'ai assez d'âge pour m'occuper de mes affaires. » Il congédia sur-le-cbamp le conseil, s'empara des sceaux et des clefs du trésor, et publia, tout ensemble, une amnistie générale et une proclamation annonçant que désormais il tiendrait lui-même les rênes de l'État.

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