I. Hume, Ut St. d AnyUau
Malgré tous ses efforts, le régent ne put empêcher L'armée royale d'entrer dans Compiègne et il conduisit la sienne en Normandie pour couvrir cette province. Le chemin de Paris étant libre, Charles VU marcha sur cette ville dans l'espoir qu'elle lui ouvrirait ses portes ou qu'il en forcerait l'entrée, et il prit d'abord possession de Saint-Denis. Là, Jeanne d'Arc perdit sa célèbre épée, trouvée à Saintc-€atherine de Fierbois et à laquelle le roi attribuait lui-même une vertu singulière. Elle en eut un chagrin extrême et reçut d'autres avertissement* plus sérieux dont il n'est pas fait mention dans la plupart des historiens. C'est à son conseil qu'ils ont imputé l'attaque de Paris, tandis qu'au contraire elle répugnait à ce fait d'armes et ne l'entreprit qu'à la requête des capitaines français *. Le siège commencé et l'assaut étant donné à la place, elle s'y montra, comme toujours, insensible au danger, où elle se jeta plus avant que personne, et elle eût voulu poursuivre l'attaque jusqu'au bout : blessée d'une flèche, elle demeura plusieurs heures étendue au pied de la muraille, et elle insistait encore pour persévérer; mais cette fois elle ne fut pas crue, il fallut que le duc d'Alençon l'enlevât lui-même de vive force et la mit en sûreté. Paris demeura quelques années encore au pouvoir des Anglais.
De retour à Saint-Denis avec l'armée qui, ayant fait de
1. Jeanne «l'Arc avait en horreur les femmes de mauvaise vie qui suivaient les armées ; ayant surpris l'une d'elles au milieu des soldais, dans le camp, devant Saint-Denis, elle la frappa du plat de son épee, qui se rompit dans se* mains: « Elle eut mieut faii, dit le roi, de frapper dessus avec un bon Uaiou. .