Froissard, Chroniqutt, r. CCLXXXIV-CCXCV
ÊDOIARI) III. 31
courait en foule pour combattre sous la bannière royale et dont il tua environ vingt mille hommes.
D'autres succès suivirent pour les Anglais cette première victoire et bientôt l'Aunis, la Saintonge et le Poitou tombèrent en leur pouvoir.
Le lendemain même du jour où Edouard triomphait de la France à Crécy, les Anglais vainquirent en Angleterre les Ecossais. Ceux - ci, après avoir chassé Baliol, voyant le roi Edouard engagé en France , crurent le moment propice et franchirent en armes la frontière. A vicloirc leur approche, la reine Plnlippa de Hainaut, secondée par des Angkii l'archevêque d'York, convoqua les milices îles comtés du !„ é^smu nord et, à leur tète, arborant pour étendard un crucifix, NeTiUAcroîf elle rencontra l'ennemi à Nevils cross, près de Durham, le mit en déroute et lit prisonnier le roi David Bruce.
Edouard poursuivait alors le cours étonnant de ses succès en France. Son premier soin, après la journée de Crécy, avait été de s'assurer d'un port important voisin de l'Angleterre, qui lui ouvrit pour toujours l'entrée du pays. Dans ce but, il alla mettre le siège devant Calais; les habitants de cette ville, réduits par la famine à capi- siéae tuler après une longue et courageuse défense, sont som- dc niés de livrer à Edouard six d'entre eux, sur lesquels (*347) ce roi puisse assouv ir sa vengeance. A celte nouvelle, le peuple éclate en sanglots. Mais alors, dit Froissard, se leva le plus riche bourgeois de la ville, qu'on appelait sire Eustache de Saint-Pierre, et il s'offrit le premier pour le salut de ses concitoyens Après lui, un autre
1. Ouand sire EuaUche de Sainl-Pierrc oui dit celle parole, clncun l'illa jouirr (adorer) de pitié, et plusieurs homme» cl femmes se jelaicnl a ses pied»,
bourgeois, nommé Jean d'Aire, se dévoua aussi généreusement et <lit : qu'il ferait compagnie à son compère, sire Enstache. Ce noble exemple fut suivi par les deux frères Wissant et enfin deux autres bourgeois se dévouèrent aussi. Tous les six, la bart au col, portant les clef» de la ville et conduits par le gouverneur, Jean de Vienne . au canif) anglais , furent présentés au roi Edouard par Gautier de Mauny, l'un des plus illustre» cbevaliers de son armée, qui intercéda pour eux. Mais le roi était dans un courroux extrême à cause de la grande perte d'hommes qu'il avait faite devant Calais, il imposa silence au sire de Mauny et demanda le bourreau. Alors, dit Froissard, la noble reine d'Angleterre, qui était enceinte, et pleurait si tendrement de pitié qu'elle ne se pouvait contenir, se jeta à genoux par devant le roi son seigneur, et dit : «Ha! gentil sire, depuis que je repassai la mer en grand péril, si, comme vous savez, je ne vous ai rien requis, ni demandé, or vous prié-je humblement et vous requiers en propre don, que pour le lilsde sainte Marie et pour l amour de moi, vous veuillez avoir de ces six hommes mercy. » Le roi attendit un peu a parler, et regarda la bonne dame sa femme qui pleurait à genoux, et le cuMir lui ammolit, car a\ec peine il l'eut courroucée au point où elle était. Ainsi dit : «< Ha! madame, j'aimerais bien mieux que vous fussiez antre part qu'ici. Vous me priez si fort que je ne vous ose refuser : tenez, je vous les donne, faites-en votre plaisir '. .»
pleuraient leiidnimnil, cl (Mail grand' y'nïù de lit Mie tt eui ouïr, écouler ci regarder. (Kroissard, Chronique?, c. CCCVI.) 1, Kioi>>ard, Hhroniquet. c. CctAM.