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ignominieux et barbares. Sa tête, séparée «le son corps, fut couronnée par dérision d'un diadème de papier : Marguerite en rassasia ses regards et la fit ensuite clouer à Tune des portes de la ville d'York. ClitTord, plus barbare qu'elle, et qui |>ortait dans les batailles le ressentiment furieux de la morl de son père, tué dans la journée de Saint- Alban, rendit haïssable, par sa cruauté, la piété filiale elle-même. Il atteignit dans la poursuite, et arrêta un bel adolescent d'environ douze ans, vêtu en prince, et que son gouverneur, prêtre vénérable, éloignait du champ de bataille ensanglanté. Frap|>é de ce splendide costume, ClitTord demanda son nom. A cette question, l'imprudent jeune homme tomba a genoux et implora la vie : « Epargnez-le, s'écria le vieux prêtre, et peut-être sera-t-il un jour en état de vous récompenser, il est fils de prince. — Fils d'York! s'écria ClitTord, ton père a tué le mien, je te tuerai, toi et toute la race, » et, en achevant ces mots, il lui plongea son épéc dans le cœur. Le lendemain, douze chefs du parti d'York, et avec eux le comte de Salisbury, périrent à Fomfret sur l'échafaud. Le représentant du titre des familles d'York et de Mortimer était maintenant KdouarU, comte de Mardi, fils aîné de Richard d'York, héritier de ses droits, de ses talents et de son ambition, mais non des qualités généreuses qui jetèrent un voile sur ses fautes et le rendirent cher aux Anglais.
Ce prince se préparait à venger la mort de son |>ère, l'assassinat de son jeune frère et le meurtre juridique de ses partisans tombés sous le fer des bourreaux, et, soutenu par les habitants des frontières du pays de Galles, toujours fidèles à la maison de Mortimer, il marchait
20 i LIVRE III. CHAPITRE V.
déjà contre l'implacable Marguerite, lorsque, menace sur ses derrières par les Irlandais et les Gallois qui suivaient les bannières des comtes de IVmbrokc et d'Ormond , il se tourna contre eux, les força au combat et les vainquit le 2 février 44«>i à Mortimer's-Cross , près d'Hcrefortl. Sir Owen Tudor, mari de la reine douairière de France, fut fait prisonnier et décapité le lendemain. Quinze "<îê ' jours plus tant une nouvelle bataille fut li\rée à Saint- * Alton; les yorkistes y furent défaits à leur tour, le roi *i tcnr,etnce fut repris par les siens et ne lit qu'échanger ta captivité MirCueriic. contre une servitude. L'implacable et victorieuse Mar- (1461) guérite fit, sur-le-champ, mettre à mort les seigneurs à qui le duc d'York a>ait confié la garde du monarque.
Elle ne jouit pas longtemps de sa victoire; inquiétée par les dispositions des habitants du sud, elle se rapprocha encore une fois de la frontière du nord, pendant qu'Edouard entrait dans Londres et recevait la couronne, non d'un parlement régulièrement convoqué, mais des at clamations du peuple de la capitale, toujours favorable à la maison d'York. Un grand nombre d'évêques, de lords, de magistrats et d'autres notables furent as- E.inuani sémblés ensuite au château de Uaynard. Là l'élection
populaire fut confirmée. On essaya de donner au fait accompli l'apparence du droit, et le nouveau duc d'York fut proclamé à Londres , le lundi , roi sous le nom d'Edouard IV ».
Non moins a\ide de vengeance que de victoires, il alla sur-le-cbamp à la recherche de l'armée laneas-
trienne, et la rencontra près de Towton, à huit milks