I. Il unie. // $t. d' inglclcrrt, uçm ét Henri VI
Ainsi commença cetle guerre affreuse «lans laquelle le nombre des chefs massacrés fut immense et constamment hors de tonte proportion avec les pertes de chaque armée. « A mon souvenir, dit Philippe de Commines, quatre-vingts princes du sang royal d'Angleterre périrent dans ces convulsions; sept ou huit batailles furent livrées dans le cours de trente ans : l'Angleterre fut dévastée par les Anglais aussi cruellement que la France l'avait été par la génération précédente, et ceux que le glaive épargna allèrent subir de nouvelles souffrances en pays étrangers. » J'ai vu moi-même, dit encore Commines, le duc d'Exeter, beau-frère du roi d'Angleterre, marchant nu-pieds à la suite du duc de Bourgogne et mendiant son pain de porte en |>orte ». Les plus illustres familles d'Angleterre furent anéanties dans cette lutte effroyable, et deux générations des familles de Somerset et de VVarwick périrent sur le champ de bataille ou sur l'échafaud.
Durant les cinq années qui suivirent la première babille «le Saint-Alhan, le pouvoir passa tour à tour, selon l'état de la raison du monarque, de la mine Marguerite au dur d'York qui, reconnu protecteur du royaume, par le parlement, en 1455, fut écarté de l'administration, l'année suivante, par le roi lui-même, dont la santé donna de nouveau quelques espérances. Mais Henri oublia bientôt jusqu'au nom de son fils, et les deux partis ' reprirent les armes. Inquiète des dispositions de la ville de Londres, toujours favorable au duc d'York, Marguerite se rapprocha «les comtés du nor«l, et clic établit sa cour à Coventry.
t. Mémoire*.
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vidoire L'année royale, vaincue à Hlore-Heath, en septembre VnmétnpU ml victorieuse en octobre, à Ludlow. Leduc d'York a Ludlow. sc f^tira en Irlande, les Nevilles cbercbèrent un refuge (i 150) sur le continent, et Warwick rentra dans son gouvernement de Calais, place dont la possession, dit Pbilippe de Commines, mettait alors plus de force qu'aucune autre dans les mains d'un prince chrétien.
Le premier usage que Marguerite lit de sa victoire fut la convocation d'un parlement à Coventry pour proscrire le duc d'York et ses adhérents, qui furent déclarés coiqKiblp de trahison. Mais bientôt la fortune changea encore une fois : le duc d'York reparut tout à coup sur les côtes d'Angleterre, avec une armée d'Irlandais renforcés par une troupe nombreuse d'insurgés gallois. Warvvick débarqua en même temps dans le comté de sa iMtii« Kent, et fit à Londres, aux acclamations du peuple, une NorilMmpte». entrée triomphale. Les forces réunies du jiarli d'York de Henri vi. rencontrèrent, à Northampton, l'armée royale; celle-ci fut vaincue avec un grand carnage de la noblesse lancastrienne : le roi tomba aux mains des vainqueurs qui lui prodiguèrent les marques extérieures de la soumission et du respect dus au sang royal, mais dont toute la puissance passa au duc d'York. Le parlement, convoqué à W estminster, cassa les actes du parlement de Coventry, déclarant l'élection de ses membres illégale. Peu de jours après l'ouverture de ce parlement, Richard, duc d'York, entra dans Londres au son des trompettes, à la tète d'un nombreux cortège d'hommes d'armes, et faisant porter devant lui un glaive nu en signe de la souveraineté. 11 se rendit à la chambre haute où le roi et h s lords avaient coutume de siéger pendant la session
du parlement, s'avança vers le trône et y porta la main comme pour en prendre possession; puis son conseil présenta en son nom, à la chambre, un écrit par lequel il réclamait les couronnes d'Angleterre et de France et la souveraineté de l'Irlande, comme fils d'Anne Mortimer, fille de Roger, comte de Mardi, tils et héritier de Philippa, fille de Lionnel, duc de Clarence, troisième fils d'Edouard III, et comme ayant au trône des droits préférables à ceux de Henri de Lancastre qui l'occupait, et qui descendait de Jean de Gand, quatrième fils d'Edouard III.
Les lords combattirent ces prétentions : la plupart avaient revu des dons et des concessions territoriales pendant les soixante années durant lesquelles la maison de Lancastre avait occupé le trône; ils craignaient, en la dépouillant de la couronne, agir contre eux-mêmes et être dépossédés par la maison rivale. Ils firent donc \aloir leur serment d'hommage et de fidélité au roi Henri VI, et ils opposèrent au duc d'York les actes antérieurs du parlement qui avaient substitué la couronne à la maison de Lancastre, dans la personne de Henri IV, et enfin la prescription de temps. Ils parvinrent à faire adopter un compromis par lequel la dignité royale et la possession de la couronne furent maintenues à Henri VI avec cette clause, qu'elles passeraient après lui au duc d'York et à ses héritiers; aucune mention n'y était faite «de du jeune prince de Galles et de ses droits comme héri- " ^ tier légal. L'exercice entier de la puissance souveraine ,a fut en même temps transmis à Richard d'York, et le duc
au Irùne
parlement déclara qu'obéissance lui était duc par tous «Prè*
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les lords et par les communes, comme s'il était roi de
nom aussi bien que de fait. (uco)
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La fortune souriait à co prince, et sa chute était prochaine. La reine Marguerite, toujours réfugiée clans le nord avec son fils, protesta contre ce qu'avait fait le parlement de Londres, déploya tous ses efforts et toutes ses séductions pour maintenir fidèle à Henri VI la noblesse des comtés septentrionaux, et parvint à rassembler vingt mille hommes pour arracher le roi à ses ennemis. Northumhcrland et ClitTord la rejoignirent avec leurs vassaux des frontières; tandis que le duc d'York, plein d'une trompeuse sécurité, confiait la garde de la personne du roi au duc de Norfolk et à Warwick, et s'avançait à la rencontre de la reine avec une année très-inférieure en nombre. 11 s'arrêta dans un de ses châteaux près de Wakefield. Son fds aîné, Edouard, comte «le March, lui amenait des renforts que la prudence commandait d'attendre; mais le duc, pour un motif que les historiens n'ont pas suffisamment éclairci \ sortit imprudemment de sa forteresse et s'aventura dans la campagne, à Wakefield-Green, avec sa faible troupe, exposée île deux cotés aux attaques de l'ennemi. Les lancasitffaiie triens se tenaient à peu de distance en embuscade, et du «lue d'York lorsqu'ils virent les yorkistes dans la plaine, ils fondirent
WikefieM- sur eux de toutes parts, rompirent leurs rangs, et, avec 4 m*. 1" déroute, commença un hideux carnage. Le duc d'York (MGO) l^ril dans cellc Journé« si fatale à son parti; il fut lue dans le combat , disent les uns , et prisonnier selon d'autres, il fut accablé d'outrages, puis décapite de sang froid 2. Ses restes sanglants furent l'objet d'actes
1. Scion Hume, le «lue obéit Uns cctlc circonstance a un faut point 4'btl ncur.