Ibid
ÉDOl AUO IV. 207
Seconde énoque île la guerre civile, «le l'avènement d'Kdouard IV an
rétablissement de Henri VI.
1461 - it;o.
La forltinc avait prononce'*, à ta journée de Towton, en ra\cur de la maison d'York contre celle de Lancastre. Marguerite, cependant, ne se laissa jamais abattre par l'adversité, et semblait même puiser un nouveau courage dans ses revers : elle demanda des secours à l'Ecosse et à la France, promettant à l'une Bcrwiek et à l'autre Calais, si Henri, par leur assistance, recouvrait sa couronne. Après trois ans de sollicitations et d'efforts, elle réussit à ramener de France deux mille bommes, et fit avec cette faible troupe et un corps de volontaires écossais, une dernière invasion en Angleterre, terminée, le 17 mai 1464, dans le Northumberland, par une nouvelle défaite des lancastriens à Hexham. Le duc de Somerset, leur chef, eut la tôte tranchée sur le champ de bataille, et vingt-cinq seigneurs qui servaient sous »■"««•««»
É Ile \ lia ni.
ses ordres furent exécutés à York. Marguerite se cacha Henri vi
dans des lieux sauvages inaccessibles. Elle ne trompa ,,r?ù»nn!er.
la poursuite des soldats ennemis que pour tomber au (ii#4) pouvoir de brigands qui la dépouillèrent sans la connaître. La reine leur échappa et s'enfuit, emportant son fils, dans la profondeur d'une forêt. lit, dit un chroniqueur contemporain, un autre brigand se présenta tout à coup devant elle; épuisée de fatigue et har-
NoutcIIc défaite des
die par le désespoir, elle s'avança vers eet homme tenant le jeune Edouard par la main : « Ami, lui dit-elle, je confie a ta loyauté le fils de ton roi. » Le brigand ne trahit pas cette confiance héroïque. 11 cacha la reine et son fils et les conduisit au quartier des lancastriens , d'où elle s'embarqua pour la Flandre avec deux cents exilés : elle y trouva protection et asile à la cour de Bourgogne. L'infortuné Henri VI errait alors de retraite en retraite, il fut trahi par son bote, sir James Harringlon , dans le comté de Lancastre, • où il s'était réfugié, et fut vendu à son mal. Conduit à Londres et livré au comte de Warwick, gouverneur de la \ille pour Edouard, le malheureux roi fut mené ignominieusement par les rues, les jambes liées sous les flancs d'un cheval, et ensuite enfermé à la Tour.
Edouard, fidèle observateur des préceptes de Machiavel, fut sans pitié pour ses ennemis à l'heure de la victoire; il s'adoucit plus tard par calcul, et fit de la clémence un ressort politique. Vindicatif par nature, et dissolu autant que cruel, ses passions ne soutiraient point d'obstacle?. 11 devint épris d'Elisabeth Gray, veuve d'un chevalier lancastrien, sir Thomas Gray, proscrit par lui et tué à Saint-Alban. Edouard conçut |K)ur elle une violente passion en la voyant à ses pieds l'implorer pour qu'il rele\àt ses enfants de la sentence dont il Mariage ava'^ frappé leur père. 11 mit soudain tout en œmre d El^«dlV î>our ,a 8(^uire> et n'ayant pu la corrompre, il l'épousa
Elisabeth en secret. Elle était fille de Jacquette de Luxembourg,
Ci m v
duchesse douairière de Bedford, et de son second mari.